Le Pommier

  • Trois chercheurs - un paléo-anthropologue, un neurobiologiste et un philosophe - réunis, pour tenter de répondre à une même question, plus que jamais d'actualité: «qu'est-ce que l'humain? ». Le paléo-anthropologue, Pascal Picq, considère l'homme à l'intérieur du monde vivant, en insistant plus sur les continuités que sur les ruptures. Selon lui, comment ne pas faire descendre l'homme de son piédestal d' « animal doué de raison », quand on sait que les primates ont développé des techniques relevant de la culture? Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, interroge quant à lui le «miracle» de la sélection génétique qui a fait qu'à un moment de l'évolution quelques gènes se sont mis soit à fonctionner plus longtemps soit à se dupliquer et à s'exprimer là où ils ne devaient pas l'être, dans le cerveau." Enfin, pour nouer nature et culture, la philosophie, en la personne de Michel Serres, relaie les savoirs scientifiques en méditant sur le temps. Nous savons aujourd'hui évaluer la durée gigantesque requise par la formation de l'univers inerte, des vivants et de l'homme. Comment définir ce dernier, sinon comme un vivant parti à la conquête de ce temps ? Comme "le premier vivant en voie d'auto-évolution"?

  • Une entreprise apprend-elle comme un cerveau ? Faut-il renoncer à croire dans le libre-arbitre ? L'altruisme est-il fondé scientifiquement ? Nos facultés cognitives peuvent-elles résister à l'âge, voire être augmentées ... ? Les attentes et questions adressées aux spécialistes du cerveau sont exorbitantes.
    Les neurobiologistes sont volontiers enthousiastes et confiants : grâce à l'imagerie cérébrale et à la modélisation informatique, ils découvrent les formidables ressources de la plasticité cérébrale. Mais comment exprimer les promesses des neurosciences sans éviter les écueils du scientisme ou l'irénisme ?
    Nous avons choisi une formule qui évoque celle des bons pédagogues dotés du sens de la question, ne craignant pas le tâtonnement et le détour, pratiquant même l'ironie et l'humour. Voici une conversation qui suit les circonvolutions de son sujet !
    Confronté à trois candides gourmands de sciences, le neurobiologiste ne fait pas la leçon : il "parle" son savoir et débride ainsi la curiosité de ses interlocuteurs. Il s'agit d'éprouver scientifiquement et philosophiquement des opinions diffuses- des opinions qui conditionnent déjà de nouvelles conceptions ou stratégies dans le monde de l'entreprise, dans les milieux de l'éducation et de la santé ou dans les colloques universitaires.

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