Nicolas Bouyssi

  • La femme de travers

    Nicolas Bouyssi

    On ne va jamais plus loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va.

  • Feu

    Nicolas Bouyssi

    Après avoir construit le plancher, il ne faut pas oublier d'allumer la lumière.

  • Les algues

    Nicolas Bouyssi

    Un narrateur dépressif revient à la morte-saison passer quelques jours de vacances dans une station bretonne qu'il a connue autrefois. Dans l'hôtel, dans les rues du village, au bord de la mer, il promène sa pusillanimité et son mal à vivre parmi un échantillonnage d'humains particulièrement peu attirants : la patronne de l'hôtel où il est descendu, les quelques clients qui restent, une serveuse qui ne va pas tarder à mourir dans des conditions suspectes, quelques habitants du village, une bande de jeunes évidemment désoeuvrés. Tout cela est d'une tristesse sans nom cependant poussée à son comble et au-delà par ce que l'on devine de la folie du personnage principal qui cache dans sa chambre deux poupée grandeur nature dont l´une, Elisabeth, lui tient lieu de compagne et d'objet sexuel, tandis que l´autre, Pierre, représente leur enfant - auquel il achète couches et petits pots... Cette folie finira par éclater et se résoudre dans un bain de sang. Nicolas Bouyssi, avec Les Algues, va encore plus loin qu´avec ses précédents romans dans la description méthodique d´un monde défait, incompréhensible, sans plus de valeurs ni d'issue.

  • Le soleil est quelque chose de compliqué. Comme la Terre, on peut, de manière obsessionnelle, tourner autour. On peut aussi se faire croire le contraire. Les rayons du soleil sont une façon de rappeler ce qu'est le soleil. Il permet de bronzer, mais il faut s'en méfier. Il donne aussi des maladies et il crame. Le jour où le soleil disparaîtra, où il éclatera, tout finira, avec lui. Il n'y aura plus de Terre. C'est donc une série de nouvelles sur la mort, et elle est dédiée a Perec, le Perec sombre, celui de Un homme qui dort et de Série noire. Celui qui dit : « qu'est-ce qu'on se marre à kèche ».

    « Avant de se mettre à danser, il faut prendre le temps de bien construire la piste. » : antérieures aux romans de Nicolas Bouyssi, ces nouvelles drôles et pudiques, sont aussi des textes dapprentissage.

  • « Un beau jour s´est formé un système solaire qui n´est plus en mouvement parce que son mouvement est réglé. Pour qu´il se remette en mouvement, il faut quelque chose qui démolisse. C´est la raison pour laquelle l´homme fut inventé. » R.W. Fassbinder

  • Le gris

    Nicolas Bouyssi

    Ce premier roman met en scène un héros-narrateur plutôt paumé, marginal, désabusé et, tout de même, révolté. Il s'est délibérément écarté du chemin tracé, abandonnant tout travail salarié, habitant dans les appartements de tours promises à la destruction, et vivant d'expédients, notamment de vol. C'est-à-dire qu'il a conçu un système de pensée qui implique qu'il ne participe aucunement à la marche du monde tel qu'il va, qu'il refuse son économie et ses valeurs et qu'il va même jusqu'à le combattre activement. Ainsi s'est-il associé à trois autres marginaux comme lui, plus ou moins politisés. À eux quatre, ils braquent les camions de livraisons des supermarchés, trouvant dans leurs vols de quoi s'habiller et se nourrir, et procéder ainsi à un genre de redistribution sauvage.
    Mais notre héros, qui voudrait agir sur le monde, le changer, sent bien qu'il est dans une impasse et que les fondements politiques de leur comportement à lui et à ses camarades sont de moins en moins évidents, que tout cela tourne au petit gangstérisme. D'ailleurs ne devient-il pas peu à peu leur otage?
    L'histoire est celle de sa prise de conscience et de sa libération, notamment au contact d'une jeune femme dont la simple présence suffit à brouiller ses repères. Mais peut-être est-il déjà trop tard...

  • Compression

    Nicolas Bouyssi

    «Hélène m'a conseillé, afin de m'éviter le ridicule, de m'habiller suivant ses choix au commencement de ma treizième année. Hélène est une femme grande, qui me dépasse d'une tête. Hélène, depuis deux mois, habite 11, rue de Cléry. Hélène est, selon moi, une femme qu'on intimide trop facilement. Hélène est pleine de reproches à mon sujet. Hélène ne comprend pas que je me complaise à être en marge. Hélène pénètre chez moi à l'improviste. Hélène m'embrasse et me caresse la main. Hélène est quelque part dans cette ville, mais elle n'est pas chez elle, et elle ne me téléphone pas.»

  • En plein vent

    Nicolas Bouyssi

    Le héros a tout quitté de sa vie ordinaire, provisoirement, pour la reconsidérer et, éventuellement, la reprendre sur de nouvelles bases. Il convoque des amis pour leur dire ce qu'il pense d'eux - mais aucun ne viendra -, il s'égare dans une forêt et s'aperçoit à cette occasion qu'il a perdu tout contact avec la nature, il maltraite ses intestins qui le lui rendent bien. Et puis il rentre dans le rang, un rang lourd de menaces.
    Ce roman est écrit à la manière si particulière de Nicolas Bouyssi, soit une manière à la fois douce et implacable de cerner les pensées d'un personnage, de l'amener à formuler les raisons et les conséquences d'une crise intérieure qui remet en cause les fondements de sa propre vie. Ici, entre autres, une conjugalité qui ne dit pas son nom mais fait bien ressentir son poids, une insertion sociale vécue douloureusement, un réseau amical décevant.

  • Décembre

    Nicolas Bouyssi

    Afin de préparer une opération immobilière de rénovation d'un quartier plutôt mal fréquenté, du point de vue des autorités, le narrateur étudie, pour le compte d'un architecte-promoteur, les comportements de ses habitants. Passablement instable, ce personnage va des uns aux autres, des unes aux autres surtout, glaner des informations, réfléchir, interpréter. Cela l'amène à pénétrer pratiquement par inadvertance un réseau de type mafieux qui cherche à mettre la ville en coupe. Comme souvent avec Nicolas Bouyssi on évolue ici dans un monde qui est à la fois le nôtre et préfigure aussi un avenir quasi totalitaire, mais de ce totalitarisme rampant qui s'impose par les drogues médicamenteuses, les loisirs programmés, le travail, l'abrutissement par internet, etc. La révolte ne s'y exprime que par la folie ou la marge, toute tentative d'échapper à ce médiocre meilleur des mondes est vouée à l'échec. Désespérant, sombre, désabusé, ce roman est d'autant plus efficace et impressionnant que l'écriture de Nicolas Bouyssi y atteint une précision presque clinique.

  • La méthode est dangereuse, mais quand on est pris dans une certaine logique, il est difficile de ne pas la mener à son terme, ne serait-ce que par curiosité.

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