Noël Herpe

  • Avec ce livre, Noël Herpe poursuit son travail autobiographique sous la forme d'un récit fragmenté. Il y retrace son adolescence solitaire, hantée par de mystérieux rituels érotiques. Et par la passion d'un certain théâtre, découvert dans les pages de La Petite Illustration ou dans les 'dramatiques' de l'ORTF... Un répertoire délicieusement désuet, qu'il s'efforçait de faire revivre sur les planches avec une ferveur donquichottesque.

    'Ce sont les scènes en miniatures, effacées aussitôt que rêvées, qui entre ma dixième et ma vingt-cinquième année m'ont soutenu au-dessus du vide.' En les évoquant ici, ce n'est pas à la nostalgie que cède l'auteur ? mais bien à l'envie de déchiffrer la naissance d'un imaginaire.

  • "Il est un lieu, non loin de chez moi, que j'aime infiniment traverser à différentes heures de l'après-midi. Il se situe à la rencontre d'une petite rue, dont j'ignore le nom, et de la rue des Goncourt au bout de laquelle se trouve une poste. Entre les deux, quelque chose qui n'est même pas une place, et qui s'adosse à l'église Saint-Maur noircie et triste.

    En passant par là, je retrouve ce que j'ai tant goûté dans certains paysages de banlieue : le sentiment d'une persistance mystérieuse, cachée dans la nullité de l'endroit. Si le néant pouvait s'incarner, il aurait ce visage de pierres grises, de poussière et de silence. Cela me trouble surtout à la tombée du jour, lorsque s'allument les réverbères, et que tout ce petit théâtre s'enfonce dans l'ombre. Ce que j'éprouve alors, je ne puis l'appeler autrement que l'amour."

    Dans ce nouveau volume de son journal , Noël Herpe poursuit son entreprise autobiographique, fidèle au parti pris de s'écrire au quotidien, comme s'il cherchait à déchiffrer les rythmes souterrains de sa vie, ou les fils d'un récit invisible.
    L'inertie des années 1990 et la mort du père, que décrivait Journal en ruines, ne représentent plus ici qu'un souvenir. Au milieu des années 2010, un nouveau rapport au monde se dessine, que cristallise la figure d'Édouard, un garçon insaisissable, tandis que l'imprévu, l'étrange, l'autre entrent en scène.

  • «J'ai voulu que ce journal décrive à sa manière un désir de récit : celui qui m'a traversé pendant toute ma jeunesse, pendant toutes ces années où je ne savais écrire que sur les oeuvres des autres.» Dans les années 1990, Noël Herpe, jeune critique, croise les fantômes du cinéma et de la littérature d'après-guerre, et fréquente l'avant-garde du moment. Il collectionne lectures, films, rencontres, psychanalyses et expériences des limites. Il écrit de nombreux articles pour la presse, mais aucun livre ni aucun film.
    En secret, il tient un journal où alternent mondanités parisiennes et amours platoniques, balades en collants et nostalgie de l'enfance... Au début des années 2000, la mort de son père vient mettre un point final à ce journal singulier et mélancolique, à la fois portrait de son auteur et reflet d'une époque.

  • Que sait-on d´Éric Rohmer, sinon qu´il incarne une manière très française et très raffi née de faire du cinéma ? De lui, on connaît quelques titres : Ma nuit chez Maud, L´Amour, l´après midi, Les Nuits de la pleine lune... On sait aussi combien le cinéaste aimait fi lmer de jeunes et jolies femmes, les « rohmériennes », d´Arielle Dombasle à Rosette, de Pascale Ogier à Marie Rivière... On se souvient encore qu´il lança plusieurs acteurs, qui devaient faire leur chemin sans lui : Jean-Claude Brialy, Fabrice Luchini ou Pascal Greggory.Mais sait-on par exemple que l´ensemble de ses vingt-cinq longs métrages ont attiré en France plus de huit millions de spectateurs, et quelques millions d´autres autour du monde ? Sait-on qu´un autre homme, Maurice Schérer, se cachait derrière le pseudonyme d´Éric Rohmer, tant il aimait s´inventer des doubles et masquer son visage derrière ses films ?Voici la première biographie d´Éric Rohmer : puritain et esthète, catholique pratiquant et amoureux de la beauté sous toutes ses formes, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et homme de télévision, citoyen désengagé, nostalgique de l´Ancien Régime - qui aura fi ni par voter écologiste. Un homme riche de ses contradictions, et de l´extraordinaire diversité de ses curiosités artistiques.Nourri d´archives inédites, ce livre dessine le portrait d´un grand metteur en scène qui fut également écrivain, dessinateur, compositeur, producteur et parfois même acteur ! Un véritable homme-orchestre, pour qui le cinéma fut la somme de tous les arts.

  • Quand il publie ses Mémoires, en 1860 à vingt-deux ans, Jules Léotard est en pleine gloire. Il vient d'être sacré par la presse, à Paris, Berlin, Londres, New York, 'roi des trapézistes'. Les femmes se battent, sous le praticable où il exerce son art, dans l'espoir d'approcher le 'corps sublime' que le jeune homme entraîne depuis l'enfance dans les gymnases.
    Le Toulousain a été formé par son père au 'système gymnique' mis en place par Amoros. Sa spécialité est rapidement trouvée : le trapèze volant, dont il est l'inventeur moderne et le représentant d'époque le plus virtuose, enchaînant dans les airs, à quelques mètres au-dessus des têtes, les numéros, les pirouettes, les sauts. À vingt et un ans, Léotard monte à Paris et débute au Cirque d'Hiver. Le Second Empire aime ces spectacles du corps, où la peur et le brio, le risque et la vitalité sont mis en scène dans leurs rapports délicats, avec un éclat inédit propre à la fête impériale. Les foules se pressent devant ses jeux de jambes et leur galbe, habilement souligné par la tenue mise au point par le trapéziste lui-même : un maillot et un collants blancs moulants.
    Considéré comme l'homme le plus attirant de son temps, il laisse cette trace de tissu révélatrice à la postérité : aujourd'hui encore, le justaucorps des trapézistes se nomme leotard en anglais.
    Ces Mémoires oscillent entre le récit d'une vie d'exercices, d'une pratique de la gymnastique, et les commentaires, souvent drôles, ironiques, sur la fabrication d'une gloire et ses effets parfois déroutants, celle d'un art autant que d'un corps.

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