Littérature générale

  • Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste.

    Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre.

    Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.

  • Multiples, les figures du père et de la mère traversent ce numéro. Recommencements d'Hélène Dorion, Le feu de mon père de Michael Delisle et C'est le coeur qui meurt en dernier de Robert Lalonde font partie des oeuvres analysées dans cette édition qui interrogent la thématique de la filiation et du poids de l'héritage familial. Puis, un portrait du poète franco-ontarien Éric Charlebois, lui aussi fortement préoccupé par les thèmes de l'enfance et de la filiation, est signé par Catherine Voyer-Léger. Ailleurs dans la revue, l'écrivaine, poète et essayiste France Théoret (en couverture) évoque sa « Généalogie littéraire » dans la rubrique « Le livre jamais lu » et commente ses entretiens avec Louky Bersianik réalisés en 2006 et récemment publiés.

  • Cette poésie est un mélange audacieux de motifs tels que l'anecdote et le tableau de genre, le paysage et l'escamot (pop-up), où l'usage de la forme fixe délimite la façon d'être d'un poète qui signe là son douzième recueil.


    La ville ne chante pas, l'avion au sol risque d'être balayé par les vents, et tristes en novembre, les prusses recueillent les reflets tombés des nuages, et les têtes noires des mésanges ont dérivé, ont déserté la mangeoire ; leur chant n'est plus que pas perdus ; le sentier, bras croisés dans la boue de la rivière - sauvetage d'un dauphin, à midi, au centre-ville - l'eau reprend son souffle, courbée comme un arc.

  • Fasciné par l'histoire, les cartes géographiques et les photographies aériennes du paysage culturel acadien, Serge Patrice Thibodeau se permet un livre audacieux où la prose poétique entretient un dialogue impromptu avec le récit et le document d'archives, l'anecdote et la science, l'archéologie et le merveilleux.

    Dans L'isle Haute : en marge de Grand-Pré, le poète construit un paysage par fragments, vu du ciel, inspiré par une photo de Grand-Pré prise de la Station spatiale internationale.

  • Replongeant dans l'univers de Prague, en République tchèque, le nouveau recueil de Serge Patrice Thibodeau, Seuils, réunit des poèmes qui tournent autour de l'amour et de l'absence.

  • Remarquée pour sa musicalité, son lyrisme ample et expansif, la poésie de Serge Patrice Thibodeau prend dans ce recueil un tout autre tournant. Loin des fresques symphoniques auxquelles le poète nous avait habitués dans ses recueils antérieurs, Que repose se rapproche davantage des suites pour violoncelle seul ou des petits ensembles de musique de chambre propres au langage intimiste et contemplatif. Le vers est ici à peine murmuré, au bord du chuchotement, la strophe courtise l'ellipse. Le ton colérique, mélancolique ou tourmenté, que l'on connaissait au poète depuis des années, laisse la place au désir d'articuler une parole poétique délivrée de la révolte, de la tristesse et de l'indignation. Il en résulte une tension adoucie visant à la joie, sereine plutôt qu'exaltée, émanant du repos du corps, de l'esprit, de l'âme et surtout, du coeur.

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