Editions France Agricole

  • Le statut du fermage est le cadre juridique le plus répandu car il a su démontrer en près de 70 ans son efficacité. Il permet aux exploitants de produire en toute sécurité et il garantit au bailleur le bon entretien des terres et le paiement d´une redevance.
    Mais il s´agit d´un outil de gestion de l´entreprise agricole complexe, auquel les exploitants et ceux qui les conseillent doivent s´adapter. Au fil des réformes, le législateur tente de répondre aux nouvelles aspirations des parties aux contrats, aux exigences de l´Union européenne, aux réalités du marché et de la mondialisation.
    Les auteurs ont tenté de dresser un état des lieux du statut du fermage et de donner aux exploitants-preneurs, aux propriétaires-bailleurs comme aux juristes, les clés essentielles pour appliquer les règles fondamentales et établir un cadre clair pour chacune des parties au contrat.

  • Extrait
    Avant la Première Guerre mondiale, l’automobile est presque absente des campagnes françaises. On voit parfois quelques autos traverser le paysage. Fumantes, bringuebalantes, pétaradantes, elles effraient populations et animaux. De plus, elles sont extrêmement chères, l’équivalent de 100 000 euros pour un modèle courant. Elles sont donc réservées à quelques privilégiés des grandes villes. À la campagne, très rares sont ceux qui peuvent en posséder une. Pour les agriculteurs, le prix d’un véhicule motorisé est sans commune mesure avec celui d’un bon cheval.
    Tout change lors de la Première Guerre mondiale. Avec les taxis de la Marne et les camions de la « voie sacrée », l’emploi des véhicules motorisés trouve un sens, démontre son utilité, acquiert une justification. Et, après l’hécatombe, la pénurie d’hommes valides comme de bêtes de somme pose de gros problèmes de transport dans les campagnes.
    Viennent les années 1920. Les constructeurs comprennent que l’automobile a un avenir dans le monde rural. Ils ajoutent à leur catalogue des modèles plus solides, au fonctionnement plus simple, à la mécanique plus fiable ; dessinent des carrosseries adaptées ; proposent de petits utilitaires. Et, surtout, les prix baissent et deviennent presque abordables.
    On voit de nombreux produits agricoles transportés vers les villes par des camions ou des camionnettes sur des routes enfin carrossables. À la ferme, les agriculteurs franchissent le pas. La voiture, souvent avant le tracteur, devient un outil qui sert aussi à aller au marché ou à la foire. L’automobile a posé les jalons de sa conquête du monde rural.
    Avec la Seconde Guerre mondiale et le début des Trente Glorieuses, une étape est franchie. Voitures, fourgonnettes, camionnettes et camions deviennent indispensables au monde rural. Les agriculteurs en ont besoin pour tout transporter, les familles pour briser leur isolement, les villages pour se désenclaver.
    Les années 1960 puis 1970 assistent à la toute-puissance de l’automobile dans le monde rural. À la ferme, elle sert à tout et il n’est plus question de s’en passer. De plus, elle ajoute à son rôle essentiellement utilitaire celui d’un objet de loisir.
    Des années 1920 à l’aube des années 1970, cet ouvrage raconte cette histoire, avec des photographies et des documents d’époque souvent inédits. Il se veut comme un aperçu de la motorisation du monde rural français en dehors du travail de la terre, et non un panorama exhaustif de tout ce qui y a roulé. Alors, roulez campagne !



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