Fayard

  • Le parfum

    Patrick Süskind

    • Fayard
    • 13 Septembre 2006

    « A vue de nez, un chef d'oeuvre. » Bernard Pivot « Dans la France du XVIIIe siècle, un nabot nommé Grenouille découvre le meilleur parfum du monde. De cette idée feuilletonnesque, saturée de détails et de cascades ethno-olfactives, Patrick Süskind, jeune romancier munichois, a fait Le Parfum, le nouveau best-seller européen. Patrick Mauriès, LibérationLe Monde « Un conte, philosophique sans en avoir trop l'air, qui exhale un fort parfum de talent et d'originalité. » Pierre Démeron, Marie-Claire « Tout le monde a déjà envie de lire ce parfum étrange qui restera unique dans la littérature d'aujourd'hui. » Sylvie Genevoix, Madame Figaro

  • CHAIRE D'HISTOIRE DES POUVOIRS EN EUROPE OCCIDENTALE, XIIIe-XVIe SIÈCLE  « Nous avons besoin d'histoire car il nous faut du repos. Une halte pour reposer la conscience, pour que demeure la possibilité d'une conscience - non pas seulement le siège d'une pensée, mais d'une raison pratique, donnant toute latitude d'agir. Sauver le passé, sauver le temps de la frénésie du présent : les poètes s'y consacrent avec exactitude. Il faut pour cela travailler à s'affaiblir, à se désoeuvrer, à rendre inopérante cette mise en péril de la temporalité qui saccage l'expérience et méprise l'enfance. Étonner la catastrophe, disait Victor Hugo, ou avec Walter Benjamin, se mettre à corps perdu en travers de cette catastrophe lente à venir, qui est de continuation davantage que de soudaine rupture. » Patrick Boucheron est historien. Il est notamment l'auteur de Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Conjurer la peur : Sienne, 1338. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013), Prendre dates (avec M. Riboulet, Verdier, 2015) et a dirigé l'Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009). En août 2015, il a été nommé professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle.

  • Le pigeon

    Patrick Süskind

    • Fayard
    • 18 Mars 1987

    " Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût encore lui arriver rien de notable, sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie. " Qu'est-ce qu'un événement?

    Que se passe-t-il, en somme, quand il se passe quelque chose dans la vie d'un homme?

    Tel est au fond le sujet, étonnamment simple et profond, de ce nouveau conte philosophique et cocasse de l'auteur du Parfum.

    Patrick Süskind est né en 1949 à Ambach, en Bavière. Il a fait des études littéraires à Munich et à Aix-en-Provence et exerce le métier de scénariste. Outre le Parfum, best-seller mondial, il a écrit une pièce de théâtre à un personnage, la Contrebasse.

  • Penser l'après-Covid est vital. Deux scénarios sont envisageables. Le premier est celui d'une aggravation de la crise sanitaire, économique et sociale, faute de réponses adaptées. Le scénario alternatif est celui de la maîtrise, même imparfaite, de la pandémie et d'une refondation de l'économie mondiale sur des bases plus saines et durables.
    Pour définir où se fixera le curseur entre ces deux scénarios, tout dépendra des politiques économiques et sanitaires mises en oeuvre - de l'entreprise à l'économie mondiale en passant par un nouveau paradigme du travail et de l'emploi.  Première solution : le repli sur soi, le protectionnisme et la guerre des monnaies, terreau de tous les populismes. Seconde solution : la prise de conscience que la coopération et la solidarité sont les seuls piliers d'une sortie de crise par le haut.
    La politique à mettre en oeuvre ne peut pas être réformiste. Il faut des ruptures. Ce livre court et incisif en propose huit (revenu universel de base, transition énergétique, décentralisation, syndicalisme...). Il dessine ainsi le « chemin de crête » étroit qu'il est possible de suivre pour sortir de cette crise historique de manière équitable et pérenne.
    Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est professeur associé à l'École d'Économie de Paris. Olivier Pastré est professeur d'économie à l'université Paris-VIII et président d'IMB Bank (Tunis). Ils sont tous deux membres du Cercle des économistes et ont publié ensemble Sorties de crise (Perrin, 2009).

  • 11 mai 2020. Le commissaire Visser-Bourdon prend son service et se demande à quoi va ressembler ce premier «  jour d'après  ». À 52 ans, dont trente de carrière dans la police, il n'aurait jamais imaginé devenir un jour l'un des gardiens de cette France confinée par nécessité. Il repense aux deux mois qui viennent de s'écouler, aux contrôles d'attestation parfois houleux, au dénuement des collègues sur la voie publique, sans gants ni masque. Aux nuits à essuyer des tirs de mortiers de feux d'artifice dans les cités de l'Essonne, au trafic de drogue qui se réorganise en livraison à domicile.
    Le commissaire a tenu le cap. C'est un homme de terrain, un pragmatique. C'est d'ailleurs ce qui a fait sa force quand il a géré la «  Jungle  » de Calais et ses 10  000 migrants. Toujours aux côtés de ses hommes, quitte à prendre des coups dans les moments difficiles, il est écouté et respecté. Patrick Visser-Bourdon, marié et père de trois enfants, est à la fois un homme de poigne et de dialogue, sans illusion et lucide, quelqu'un à qui on ne la fait pas, passé par l'antiterrorisme, les «  stups  », le SRPJ de Versailles. Le commissaire sait que la vie est faite de zones de gris, à l'heure où chacun voudrait imposer ses certitudes. Bienvenue dans sa vie de flic.
     
    Patrick Visser-Bourdon est commissaire dans l'Essonne, en banlieue parisienne. Passé par le SRPJ de Versailles, l'antiterrorisme au 36 quai des Orfèvres et la brigade des stupéfiants, il a également été en poste à Calais pendant plus d'un an, où il a piloté le démantèlement de la Jungle fin 2016.
    Journaliste, Jean-Marie Godard est rédacteur en chef du pôle «  sécurité globale  » de l'agence AEF info, après avoir été reporter au bureau français de l'agence Associated Press, puis collaborateur des magazines Society et Marianne. Il est l'auteur de Paroles de flics (2018) et Bienvenue aux urgences (2019), aux Éditions Fayard.
     

  • Au tournant du siècle, l'Occident se rêvait sur les chemins de la croissance et du progrès, porté par la mondialisation et la révolution technologique. Il aura fallu moins de deux décennies pour que le rêve vole en éclats. Chômage, précarisation de l'emploi, baisse du niveau de vie, creusement des inégalités, poussée de la pauvreté, déclassement des classes moyennes... Les salariés sont exaspérés. Non seulement ils sont les grands perdants des bouleversements qui secouent la planète, mais ils redoutent aussi d'être bientôt «  débranchés  » par un robot... Et s'ils finissaient par se révolter  ?
    Les auteurs analysent les mutations profondes qui sont à l'oeuvre dans l'économie mondiale et fondent aujourd'hui la colère des classes moyennes et populaires. Ils proposent des pratiques nouvelles afin que la belle formule de capitalisme «  inclusif  », qui fait les délices des think tanks et autres cénacles, trouve enfin sa traduction concrète. Les Européens peuvent et doivent ouvrir la voie d'un nouvel âge du capitalisme, loin des excès et dérives du système actionnarial anglo-saxon qui mène et désormais menace le monde.

  • « Je n'aime pas beaucoup sortir, mais j'aime penser. Ou l'inverse : je n'aime pas beaucoup penser mais j'aime sortir. On sort trop et on ne pense pas assez. Ou l'inverse : on pense trop et on ne sort pas assez. Peut-être écrirai-je un jour un traité de l'inversion dont le sujet ne sera pas l'homosexualité mais la contradiction. Toute chose est-elle égale à son contraire ? Ce sera la première question posée sur le rebord de la baignoire, avant de penser à sortir. Je suis beaucoup sorti et j'ai peu pensé. Ou j'ai beaucoup pensé et je suis peu sorti. Ce recueil en deux parties est le résultat de plusieurs années de sorties et de pensées, tentative de retrouver et de conserver le temps perdu à sortir et à penser. »P. B. Patrick Besson est né le 1er juin 1956 à Paris. Il fait son service militaire au 1er régiment de spahis et siège au jury du prix Renaudot. Parmi ses romans parus aux éditions Mille et une nuits, Marilyn Monroe n'est pas morte, L'Orgie échevelée, La Titanic et Come Baby (prix Duménil). Il est chroniqueur au Point.

  • À bord de l´avion Paris-Brazzaville, Christophe, cadre dans une grande compagnie pétrolière, reconnaît une passagère : Blandine de Kergalec, officier de la DGSE ayant quitté le service Action deux décennies plus tôt après un scandale. Passionné d´espionnage, Christophe la suit dans la capitale congolaise. Il surprend sa rencontre, dans un dancing au bord du fleuve, avec un militaire rwandais. Le jeune homme se trouve alors impliqué dans un règlement de comptes brutal, à multiples facettes. Par un jeu troublant de flash-backs et de points de vue alternés, l´auteur piège son lecteur dans un labyrinthe qu´il ne sera pas près d´oublier.
    Patrick Besson propose un tableau fascinant de l´Afrique subsaharienne, espace du romanesque intense, où chacun considère autrui comme une source inépuisable de légendes, de mystères, de pouvoirs occultes. Description détaillée et fiévreuse de la jungle urbaine équatoriale, thriller politique, roman d´amour et de colère, Mais le fleuve tuera l´homme blanc se présente comme l´oeuvre la plus accomplie d´un auteur qui, depuis son premier livre paru en 1974, quand il avait dix-sept ans, n´a cessé d´étonner par ses ouvrages, ses chroniques et ses engagements.

  • Résister. Par les mots et dans l'action ; avec ou sans armes. C'est ce que firent les protestants français au cours de la Deuxième Guerre mondiale, après avoir pris leurs distances à l'égard du pacifisme et de certaines équivoques du régime de Vichy.Forts de leur connaissance de la situation religieuse allemande et de leurs liens privilégiés avec des figures de la résistance spirituelle, dont le théologien Karl Barth, ils se montrèrent lucides face au nazisme. Et, forts de leur mémoire huguenote, ils se rangèrent parmi les premiers défenseurs des juifs. Pourtant, à leur tête, et parmi d'autres pasteurs ou membres des classes dirigeantes, Marc Boegner tarda à s'éloigner d'un maréchal Pétain auquel le liait une connivence initiale.En suivant l'engagement de ces hommes et de ces femmes, Patrick Cabanel retrace l'histoire de cette minorité sentinelle qui tenta d'alerter la France puis de se tenir aux côtés des nouveaux persécutés, dans les camps de Vichy comme dans les terres de refuge. Patrick Cabanel est directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il s'est particulièrement intéressé à la IIIe République et au protestantisme à propos desquels il a écrit de nombreux ouvrages de référence, dont Histoire des protestants en France (Fayard, 2012).

  • Puta madre

    Patrick Besson

    • Fayard
    • 27 Février 2013

    En l´espace de quatre jours, fuyant la femme avec qui il s´est pacsé, Maximilien, qui a le malheur de se prénommer comme d´infortuné Habsbourg proclamé empereur du Mexique par Napoléon III et qui se fit fusiller par les autochtones en 1864, se réfugie à Cancun. Le trop-plein de margaritas et stimulants locaux pallie le jet-lag et le manque de sommeil que lui valent quatre relations sexuelles plus ou moins torrides avec quatre partenaires différentes, un viol par le parrain de l´endroit, enfin son implication involontaire dans le double meurtre de son ex-compagne et d´un fameux metteur en scène hollywoodien.
    Avec son sens de l´efficacité narrative, ses dialogues justes, l´art consommé de confectionner un piège dans lequel le lecteur se trouve inextricablement pris avec les personnages, Patrick Besson les immerge dans le seul exotisme qui vaille ici : celui de la mort en maraude le long des plages à la blancheur de coke et parmi certaines des plus belles femmes du monde.

  • 1974

    Patrick Besson

    • Fayard
    • 4 Mars 2009

    1974 : la Grèce des Colonels devenue celle des routards. Le narrateur se souvient de sa rencontre au cap Sounion, à dix-huit ans, avec un beau et ambigu couple nordique. Les Etats-Unis avant la chute du mur de Berlin, vus par deux pianistes européens de l'Est : les fantasques frères Kundera. La Suisse et la Bavière, dans les années 80, traversées par un écrivain communiste dépensant l'argent du Parti avec des créatures interlopes. Un père divorcé englouti, à Paris XVe, dans le temps où il était marié avec la mère de son fils. Belgrade agité et défait d'aujourd'hui, bien connu de l'auteur : le meurtre sadique d'une journaliste française est élucidé, non sans mal, par un vieux commissaire vert et une jeune inspectrice gay serbes. Le festival du livre de Nice hanté par les rêves africains d'un romancier entre deux âges que fascine une serveuse Fang. Au fil de ces nouvelles, dont la publication dans la presse (VSD, L'Humanité, L'Idiot international, Madame Figaro) s'étend sur plus de deux décennies, Patrick Besson (Dara, Les Braban, Belle-soeur, parus aux éditions Fayard) repasse à l'encre ses souvenirs crayonnés, les vrais comme les faux, d'une plume féroce et allègre, secrètement tendre.

  • Non seulement le plus grand (et le plus radical) des réformateurs a été un Français, Calvin, mais encore le protestantisme a eu dans notre pays un très vif succès, notamment auprès des élites, avant que le pouvoir, loin de basculer dans la religion nouvelle, ne décide de rester fidèle à Rome, et les Français avec lui, fût-ce contre leur gré. S´ensuivra une longue et inexpiable guerre civile, l´intervention des puissances étrangères. Jamais un protestant n´a joui en France des mêmes droits, de la même bienveillance que les catholiques, même entre l´édit de Nantes (1592) et sa révocation (1685). Y compris lorsqu´il n´est pas persécuté, il se trouve persécuté.
    La Réforme n´en imprime pas moins une forte marque sur la société française ; elle touche à peu près toutes les catégories, de certains princes du sang à d´humbles agriculteurs.À l´occasion de l´assemblée du désert qui a lieu cette année le 2 septembre, l´un des tout meilleurs historiens du protestantisme évoque avec la science la plus sûre et la plus récente les destinées d´une partie du peuple français qu´on oublie encore trop souvent.

  • « L´époque : fin du XXe siècle, début du XXIe. Le lieu : presque toujours Paris. Les rencontres : une photographe (Bettina Rheims), une actrice (Vanessa Paradis), un académicien (Jean d´Ormesson), un acteur (Jean Yanne), une princesse (Charlotte Casiraghi), une Russe (Elena Lenina), une romancière (Françoise Sagan), un mensuel (Playboy), deux académiciennes (Élodie Frégé et Sofia Essaïdi), une fille (Mazarine Pingeot), une star (Sophie Marceau), un photographe (Helmut Newton), un juré Renaudot (Frédéric Beigbeder), un festival (Cannes), une comédienne (Emmanuelle Seigner), un mort (Jacques Martin), une ex-première dame (Carla Bruni), un biographe (Patrick Poivre d´Arvor), une pop star (Michael Jackson) et une cinéaste (Maïwenn), le tout écrit dans ce style endiablé que mes lecteurs connaissent bien et que j´invite mes non-lecteurs à découvrir. » Patrick Besson Recueil inédit

  • « Ce livre n´est pas une autobiographie, pas davantage des Mémoires. C´est seulement un humble témoignage, le récit d´un parcours improbable que le passage du temps m´a donné envie de partager. Mon histoire a commencé dans des conditions tragiques et s´est poursuivie dans la barbarie. J´ai connu l´indigence, la brutalité de parents malades, la désespérance sociale. La misère a nourri mon enfance et mon adolescence. Elle a aussi fait de moi un homme.J´ai grandi dans une cabane sans eau ni électricité, au fond de la forêt landaise, partageant mon quotidien avec ma mère alcoolique et ses compagnons violents. Pour me sauver, j´ai dû quitter cet enfer, seul. J´ai commencé à travailler très jeune, d´abord comme balayeur, puis comme ouvrier mécanicien, avant de gravir un à un tous les échelons.Ma réussite, ce n´est pas d´être devenu PDG. C´est de n´avoir jamais renoncé, d´avoir continué à apprendre et à me construire malgré l´adversité, puis d´avoir aidé les autres à s´accomplir. C´est aussi d´avoir eu l´intuition, justement à cause de ma candeur, d´un projet innovant : certains métaux radioactifs de l´usine dans laquelle je travaillais pouvaient permettre de lutter contre le cancer. Cette idée, que personne n´avait eue avant moi, est peut-être sur le point de révolutionner ce qu´on appelle la radio-immunothérapie, une thérapie ciblée très prometteuse pour combattre la maladie.Je passe parfois pour un idéaliste, mais le fait est que certains de mes rêves se réalisent. Et puisque rien n´est jamais joué d´avance, peut-être cette histoire ne fait-elle que commencer. »P.B.Patrick Bourdet sait qu´il doit beaucoup à tous ceux qui ont cru en lui et lui ont permis de quitter l´enfer de la cabane. Mais ce qui frappe dans son récit, c´est son audace et sa capacité jamais entamée à rêver. L'histoire d´une incroyable ascension hors de tout parcours scolaire, telle que la France en connaît trop peu. 

  • Et si Trafalgar n´avait jamais existé ? Telle est la thèse provocante de Patrick Villiers qui sert de fil directeur à cette histoire de la France sur mer de Louis XIII à Napoléon Ier. La marine française a souvent été mal comprise : considérée comme une marine de batailles, elle a pu être vue comme défaillante sous certains aspects et sacrifiée aux forces de terre, comme ce fut le cas sous Napoléon Ier. Or, c´est le commerce qui est au fondement de la marine : dès le XVIIe siècle et la mise en place d´un empire colonial français, les convois sont à l´origine d´une économie visant à procurer des revenus à l´État. La marine est par ailleurs une précieuse arme complémentaire de l´armée de terre à l´origine de nombreuses victoires françaises.
    Dans cette synthèse passionnante, Patrick Villiers mêle l´économie, la stratégie et la tactique, les portraits de grands personnages parfois oubliés et la vie quotidienne des armateurs, des corsaires et des flibustiers.Patrick Villiers est professeur émérite en histoire moderne à l´université du Littoral Côté d´Opale, fondateur de Centre de recherches en histoire atlantique et littorale, et vice-président de la Société française d´histoire maritime. Ses ouvrages ont par cinq fois été récompensés par l´Académie de marine. Sa biographie de Jean Bart (Fayard) a reçu le prix Acoram 2013.

  • Stupeur en ce mois de mai 2058 : le document donné à l´épreuve d´explication de textes de l´agrégation d´histoire est un faux. Un faux ? Pas exactement : une « forgerie », un texte ayant la forme d´un document ancien, mais ne cachant nullement qu´il est une imitation moderne. Les étudiants ont donc commenté le texte d´un historien célèbre qui s´était essayé à écrire, en 2011, le texte perdu d´une conférence sur la colonisation française prononcée en 1896 dans un petit village du Limousin.  Mieux qu´aucune archive, le texte exposait ce qui aurait pu être dit en pareille circonstance. Mais les historiens attendent-ils seulement des documents d´histoire qu´ils confortent ce que l´on sait déjà ? Les candidats au concours de 2058 sont les premiers à en douter. Ils sont bientôt rejoints par deux historiens très âgés qui leur rappellent un précédent méconnu : au concours de 2011 justement (quelle coïncidence !), on avait donné à commenter le texte d´un érudit moderne qui avait lui aussi inventé la source qui lui manquait.  Par quelle mystérieuse opération un « texte » devient-il un « document », et un « document d´histoire » un « bon texte » pour ceux qui prétendent l´enseigner ? À quoi sert l´érudition et comment concilier l´exigence du chercheur et l´efficacité du pédagogue ? Quel rôle les historiens confèrent-ils à l´imagination ? Deux historiens, Sylvain Venayre et Patrick Boucheron, tentent de répondre à ces interrogations en utilisant les objets mêmes que ces questions soulèvent : le jeu et la fiction.

  • Stuttgart, février 1875. Verlaine est venu attendre Rimbaud dans sa chambre pour lui parler. Depuis le coup de feu de Bruxelles, les deux poètes ont bien changé : Rimbaud a décidé de se lancer dans le « business » et d´abandonner la poésie, qui n´était qu´une grande plaisanterie, tandis que Verlaine a trouvé Dieu et arrêté de boire, découvertes qu´il aimerait faire partager à son ancien amant. Patrick Besson imagine dans ce dialogue absurde et hilarant ce que les poètes auraient pu se dire lors de leur dernière rencontre avant que Rimbaud entame sa deuxième vie, celle d´un infatigable voyageur.

  • Et si la monnaie était une chose trop sérieuse pour être confiée à nos banquiers centraux ?Mario Draghi (zone euro), Janet Yellen (États-Unis) et quelques autres, encore inconnus hier, sont devenus les nouveaux maîtres du monde et jouissent désormais d'un pouvoir fou.En 2008, ils ont voulu éviter un désastre encore plus grave que celui de 1929 en injectant des milliers de milliards de dollars ou d'euros dans l'économie. Aujourd'hui, on compte sur eux pour faire repartir la croissance, combattre la déflation, résoudre les problèmes d'endettement des États ou empêcher l'éclatement de l'euro.Mais nos banquiers centraux ont échoué à faire redémarrer la machine. Pis encore, en nous inondant de liquidités, ils jouent un jeu dangereux. Par leur inconséquence, ils nous ont installés dans l'ère de la crise financière permanente, où chaque secousse sera suivie de répliques encore plus courtes et dévastatrices.Les auteurs décortiquent l'engrenage infernal dans lequel les banques centrales nous entraînent et expliquent à quoi pourrait ressembler une « bonne » politique monétaire, créatrice de prospérité, de richesses et d'emplois. Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est professeur à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus Le capitalisme est en train de s'autodétruire, La France sans ses usines et Croissance zéro, comment éviter le chaos ?

  • Au milieu du xiiie siècle, à Paris, un poète-jongleur vieillissant et son jeune ami écolier tombent amoureux de la même prostituée palestinienne dans un bordel de la rue Bordelle, l'actuelle rue Descartes. Non loin de là, dans son palais de la Cité, Louis IX, le futur Saint-Louis, prépare sa prochaine croisade. Saint-Sépulcre ! raconte aussi la vie d'un chevalier errant entre Péronne, Chypre, Aigues-Mortes et Constantinople. Ainsi que la prise et l'occupation, un siècle et demi plus tôt, de Jérusalem. Dans la lignée de Dara (Grand Prix du Roman de l'Académie française, 1985), La Statue du Commandeur (1988), La Science du baiser (1997) et Les Frères de la consolation (1998), Patrick Besson donne, avec Saint-Sépulcre !, sa vision toujours tourmentée, insolite et gourmande de l'Histoire et des histoires.

  • Y a-t-il eu, face aux juifs, des chrétiens différents, capables de s´extraire plus vite de cet antijudaïsme pluriséculaire dont on sait qu´il a frayé la voie à l´antisémitisme dans l´Allemagne luthérienne comme dans la France catholique ? Il semble que ce fut le cas des protestants français. Calvin a été le premier à parler autrement des juifs et de leur salut et, en dépit d´exceptions, ses héritiers l´ont suivi, parfois sous les traits d´un millénarisme philosémite.

    L´histoire a fait le reste. Marquée par les tribulations, l´exil et la fidélité, elle a rendu les huguenots français, nourris de l´Ancien Testament, exceptionnellement proches des juifs. Les deux minorités se croisaient dans le Livre, dans la diaspora européenne, dans la modernité. La Révolution française a fait des uns et des autres des citoyens de plein droit, la République laïque les a vus actifs dans plusieurs de ses chantiers. Expérience unique de judéo- protestantisme, que les antisémites et les maurrassiens ont violemment dénoncée. Les protestants ont été dreyfusards. N´avaient-ils pas eu leur affaire Calas ? De même, pendant les années noires, les replis secrets des Cévennes ont accueilli par centaines les nouveaux parias de Vichy, tandis que l´Eglise réformée rappelait publiquement la solidarité des chrétiens et des juifs. Il y a désormais une mémoire partagée, même si le conflit israélo- palestinien est venu troubler les choses.

    Ce sont ces affinités électives entre deux minorités situées tantôt à la périphérie, tantôt au coeur de l´histoire de France, que ce livre a entrepris de décrire.

  • Cessons de nous voiler la face : les prévisions de croissance retrouvée que nous égrènent, depuis 2009, les gouvernements successifs sont une vaste plaisanterie. 2 % de croissance en 2016 : même pas en rêve ! Pas plus qu´en 2017, en 2018 ou en 2023... La croissance qu´a connue la France à la fin du xxe siècle, fondée sur les gains de productivité et le progrès technique, n´était pas la règle d´un monde nouveau mais l´exception d´une histoire têtue.
    Ce livre démontre, au travers de brefs détours théoriques et de multiples anecdotes, que les rêves de croissance de nos gouvernants sont de funestes chimères. Faut-il pour autant se décourager ? Bien sûr que non. La France ne tombe pas. Elle est au seuil d´un nouveau modèle de développement. Soit elle refuse d´affronter cette réalité et Billancourt, désespéré, pourrait bien basculer dans la violence la plus légitime. Soit elle change de logiciel, elle s´adapte à son nouvel environnement et elle s´ouvre de nouvelles pistes de création de bien-être.Ces nouvelles pistes peuvent permettre à notre pays, non pas de raser gratis dès demain, mais d´offrir à sa jeunesse des perspectives qui lui ôtent toute envie de s´enliser dans le triangle des Bermudes que délimitent aujourd´hui le repli sur soi, l´expatriation et la violence.  Chef économiste de Natixis, professeur à l´université Paris-I Panthéon-Sorbonne, Patrick Artus est membre correspondant du Conseil d´analyse économique auprès du Premier ministre. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus Le capitalisme est en train de s´autodétruire, La France sans ses usines et Les Apprentis sorciers.

  • Henri de Régnier

    Patrick Besnier

    • Fayard
    • 29 Avril 2015

    L´image d´Henri de Régnier est souvent réduite à quelques traits schématiques : académicien, poète à monocle, mondain, mari trompé, connaisseur de Venise.
    Mais la vérité est plus complexe, d´où sans doute la formulation mystérieuse de Picabia : « Henri de Régnier a toujours marché sur la tête. » Proche de Mallarmé, ami d´André Gide, de Pierre Louÿs et Debussy, il est un témoin essentiel de la vie intellectuelle entre 1890 et 1914. Après 1918, ses échanges avec Proust, son amitié avec Paul Morand qui voyait en lui « le plus grand gentleman des lettres françaises », sa collaboration avec les meilleurs illustrateurs de l´époque lui donnent une place dans l´après-guerre.
    Au-delà de l´auteur brillant de La Canne de jaspe et de La Double maîtresse, sa biographie fondée sur de nombreux documents inédits révèle un homme curieux, sensible et ironique.Professeur émérite à l´université du Maine, Patrick Besnier a publié des travaux sur Alfred Jarry, Edmond Rostand et Raymond Roussel.

  • Le massacre des Yazidis par l'État islamique n'a pas d'autre nom : c'est un génocide. Dans les camps de réfugiés du Kurdistan irakien, Le Père Desbois et Nastasie Costel ont interviewé plus de cent survivants. Ces esclaves de Daech ont observé leurs tortionnaires et vu les lieux tenus secrets de l'organisation. Sexe, meurtres et argent, leurs révélations fracassent les apparences. Ceux qui se présentent comme des « soldats de Dieu » n'ont pour ambition que le pouvoir. L'EI ne promet pas le Paradis après la mort, elle l'offre sur terre. Pour cela, il leur faut des outils : les Yazidis. Les hommes, inutiles lorsqu'ils refusent de prêter allégeance, sont éliminés. Les femmes deviennent esclaves sexuelles ou reproductrices, dont la progéniture viendra grossir les rangs de l'organisation. Les enfants, des soldats. Avec retenue, émotion et intelligence, le Père Desbois se penche une fois de plus sur la mémoire des oubliés des guerres, nous plongeant au coeur de ce qu'il convient bien d'appeler par son nom : un génocide « utilitaire ». La voix, humaine, qu'il manquait. Le Père Desbois, président de Yahad in Unum, a consacré sa vie aux recherches sur la Shoah, au combat contre l'antisémitisme et à l'enracinement des relations entre catholiques et Juifs. Il est l'auteur de Porteurs de mémoire : Sur les traces de la Shoah par balles (Michel Lafon, 2007). Nastasie Costel est originaire de Roumanie. Descendant de déportés, il dirige aujourd'hui les recherches de l'association sur le génocide des Roms. Il préside Roma Dignity. Tous deux ont initié ce qu'ils appellent : Action Yazidis.

  • Depuis des mois, « la » question s'invite dans le débat : la création de l'euro ne fut-elle pas une tragique erreur et ne faudrait-il pas « en sortir » au plus vite ? Après le Brexit, le Frexit ? À Paris comme à Londres ou à Rome, le divorce semble consommé entre l'Europe et des citoyens qui ne croient plus que l'Union européenne soit capable de leur garantir prospérité et emploi, et encore moins de relever les défis des années à venir. La belle idée de fraternité européenne a cédé la place à un euroscepticisme vengeur, fondé sur les déceptions accumulées depuis la création de l'euro et le rejet des classes dirigeantes. Malfaçons originelles, dérives de la gouvernance... Les auteurs analysent comment l'Europe est arrivée au bord de la dislocation mais surtout pourquoi une « sortie » de l'euro serait une véritable folie qui pénaliserait d'abord les plus fragiles. Ils formulent aussi des propositions à la fois économiques et institutionnelles pour sauver l'euro et faire de l'Europe un pôle de prospérité et de stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible. Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est Professeur à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus La France sans ses usines, Croissance zéro, comment éviter le chaos ? et La Folie des banques centrales.

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