Gallimard (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « L'horizon de la route disparut au bas du pare-brise... » : dès les premiers mots, ce livre engage le lecteur dans un autre monde qui, bientôt, se révèle celui de l'abbaye qu'une équipe de cinéastes - dont fait partie le narrateur -, vient filmer, quelques jours avant qu'elle ne soit abandonnée par ses moines, trop âgés et trop peu nombreux pour y constituer une communauté vivante. Le monde des hommes de la foi, du silence et du recueillement rencontre ainsi, au cours des quatre journées que dure le tournage, celui des hommes passionnés par les jeux de la lumière, des sonorités, de l'immobile beauté des pierres. L'affrontement auquel donne lieu cette rencontre, est vécu d'abord comme fascination, puis devient peu à peu contagion irrésistible, ineffable, atteint une intensité presque amoureuse, prend enfin une dimension humaine déchirante au moment crucial de la séparation. Le livre se déroule avec la remarquable lenteur d'un film, aux séquences extraordinairement fouillées, dans la lucidité cruelle propre aux lentilles de caméra. Il s'en dégage pourtant une gravité et une noblesse quasi liturgiques, qui apportent au récit, d'un bout à l'autre, des contrastes psychologiques et sensuels tout à fait saisissants.

  • Dans un grand jardin au sud de Paris, mêlé aux étudiants de toutes les nations, le narrateur se livre aux joies raffinées de la contemplation des jeunes filles. Des Africaines, des Suédoises, des Japonaises font de la gymnastique sous ses fenêtres, s'ébattent sur les pelouses et dans la piscine. Au cours de longues promenades dans Paris, vers le Panthéon, vers la Seine, les chevelures féminines répandues sur les épaules, les manteaux de fourrure, forment des toisons qui lui inspirent des transcriptions poétiques, et l'entraînent vers une étrange rêverie surréaliste, où les femmes et les animaux se confondent parfois. De cette ronde féminine se détachent trois silhouettes : Jana, longue, brune, secrète et farouche, l'accompagne dans la ville ; Lise, une jeune Normande du pays d'Auge, opulente, est l'amie des randonnées campagnardes et maritimes, des parties de chasse ; enfin, Laura est une jeune écolière vosgienne, d'une enfantine spontanéité, rencontrée au bord d'un lac montagnard. Le narrateur voudrait être avec Jana à Paris, partir pour la montagne avec Laura, se réfugier au bord de la mer avec Lise. Ses évocations érotiques alternent avec des scènes de chasse : fasciné cette fois par les toisons animales, le narrateur s'enivre d'une ambiance brutale et pure. Une révolution en hiver dans la neige, un Paris insolite envahi par les troupeaux de biches, de cerfs, martelé par les bottes des policiers, l'aident à percer le secret de Jana et à découvrir ses préférences.

  • Grégoire, un professeur, a atteint l'âge de la retraite, et aborde la vieillesse avec sérénité. Il a le sentiment d'avoir réussi sa vie, et échappé à la solitude. Peu à peu, ses sensations se sont aiguisées, raffinées, approfondies. Grégoire exerce son pouvoir dans une maison de retraite normande, proche de la mer, dirigée par une directrice monstrueuse de vitalité, d'égoïsme et de vénalité. Surnommé le Mage, il s'emploie à soulager les vieillards par sa parole, et par ses mains, au cours des séances qu'accorde sa philanthropie ambiguë, insolite et charnelle. Au contact d'une très jeune femme, à laquelle il a donné des répétitions de français quand elle était adolescente, il retrouve des forces vives qu'il prodigue dans une exaltation mêlée d'angoisse. Ce premier et dernier grand amour éclate aux approches de la décrépitude et de la mort. Autour du Mage, avançant vers l'abîme où quelques-uns sombrent déjà, le troupeau des vieillards de la maison : Geneviève, l'exquise amie, Marguerite qui rêve son passé et le transfigure, la frêle et rougissante Rose Lieuvain, Jeff et Girard les pitoyables pantins et, surtout, le comte méprisant, stoïque et suicidaire, enfermé dans sa solitude et ses traductions de Faulkner. Le Mage échappera-t-il au naufrage de la vieillesse, et supportera-t-il d'être démasqué par la lucidité terrible du comte, ou les sarcasmes des nouveaux pensionnaires ? Cette longue chronique d'enthousiasme et d'agonie est rythmée par les bourrasques périodiques, épiques et sanglantes, d'automobiles jetées sur l'autoroute qui relie Paris au rivage normand, par le suicide des hommes, ainsi que par les bonaces et les furies plus universelles de la mer. Les événements les plus inattendus surgissent, sensuels, mortels et telluriques. L'ensemble impose son réalisme vigoureux, pétri tout à la fois de chaleur humaine, de sauvagerie, d'émotion vraie, et de fantastique. L'abîme est le troisième, indépendant et dernier volet, de ce que Patrick Grainville appelle son « Autobiographie mythique » c'est-à-dire l'histoire souvenue, sentie, projetée, d'une vie qu'il a la satisfaction d'avoir vécue jusqu'au bout, du moins sur le plan de la littérature. Dans l'incertitude de connaître la maturité et la vieillesse, il s'est empressé de les imaginer, de les raconter. L'abîme achève donc dans une polyphonie étonnante de jubilation, de terreur, de magie et d'agonie, l'existence préludée dans La Toison (1972), et plus largement orchestrée dans La Lisière (1973).

  • « L'horizon de la route disparut au bas du pare-brise... » : dès les premiers mots, ce livre engage le lecteur dans un autre monde qui, bientôt, se révèle celui de l'abbaye qu'une équipe de cinéastes - dont fait partie le narrateur -, vient filmer, quelques jours avant qu'elle ne soit abandonnée par ses moines, trop âgés et trop peu nombreux pour y constituer une communauté vivante. Le monde des hommes de la foi, du silence et du recueillement rencontre ainsi, au cours des quatre journées que dure le tournage, celui des hommes passionnés par les jeux de la lumière, des sonorités, de l'immobile beauté des pierres. L'affrontement auquel donne lieu cette rencontre, est vécu d'abord comme fascination, puis devient peu à peu contagion irrésistible, ineffable, atteint une intensité presque amoureuse, prend enfin une dimension humaine déchirante au moment crucial de la séparation. Le livre se déroule avec la remarquable lenteur d'un film, aux séquences extraordinairement fouillées, dans la lucidité cruelle propre aux lentilles de caméra. Il s'en dégage pourtant une gravité et une noblesse quasi liturgiques, qui apportent au récit, d'un bout à l'autre, des contrastes psychologiques et sensuels tout à fait saisissants.

  • Dans un grand jardin au sud de Paris, mêlé aux étudiants de toutes les nations, le narrateur se livre aux joies raffinées de la contemplation des jeunes filles. Des Africaines, des Suédoises, des Japonaises font de la gymnastique sous ses fenêtres, s'ébattent sur les pelouses et dans la piscine. Au cours de longues promenades dans Paris, vers le Panthéon, vers la Seine, les chevelures féminines répandues sur les épaules, les manteaux de fourrure, forment des toisons qui lui inspirent des transcriptions poétiques, et l'entraînent vers une étrange rêverie surréaliste, où les femmes et les animaux se confondent parfois. De cette ronde féminine se détachent trois silhouettes : Jana, longue, brune, secrète et farouche, l'accompagne dans la ville ; Lise, une jeune Normande du pays d'Auge, opulente, est l'amie des randonnées campagnardes et maritimes, des parties de chasse ; enfin, Laura est une jeune écolière vosgienne, d'une enfantine spontanéité, rencontrée au bord d'un lac montagnard. Le narrateur voudrait être avec Jana à Paris, partir pour la montagne avec Laura, se réfugier au bord de la mer avec Lise. Ses évocations érotiques alternent avec des scènes de chasse : fasciné cette fois par les toisons animales, le narrateur s'enivre d'une ambiance brutale et pure. Une révolution en hiver dans la neige, un Paris insolite envahi par les troupeaux de biches, de cerfs, martelé par les bottes des policiers, l'aident à percer le secret de Jana et à découvrir ses préférences.

  • Grégoire, un professeur, a atteint l'âge de la retraite, et aborde la vieillesse avec sérénité. Il a le sentiment d'avoir réussi sa vie, et échappé à la solitude. Peu à peu, ses sensations se sont aiguisées, raffinées, approfondies. Grégoire exerce son pouvoir dans une maison de retraite normande, proche de la mer, dirigée par une directrice monstrueuse de vitalité, d'égoïsme et de vénalité. Surnommé le Mage, il s'emploie à soulager les vieillards par sa parole, et par ses mains, au cours des séances qu'accorde sa philanthropie ambiguë, insolite et charnelle. Au contact d'une très jeune femme, à laquelle il a donné des répétitions de français quand elle était adolescente, il retrouve des forces vives qu'il prodigue dans une exaltation mêlée d'angoisse. Ce premier et dernier grand amour éclate aux approches de la décrépitude et de la mort. Autour du Mage, avançant vers l'abîme où quelques-uns sombrent déjà, le troupeau des vieillards de la maison : Geneviève, l'exquise amie, Marguerite qui rêve son passé et le transfigure, la frêle et rougissante Rose Lieuvain, Jeff et Girard les pitoyables pantins et, surtout, le comte méprisant, stoïque et suicidaire, enfermé dans sa solitude et ses traductions de Faulkner. Le Mage échappera-t-il au naufrage de la vieillesse, et supportera-t-il d'être démasqué par la lucidité terrible du comte, ou les sarcasmes des nouveaux pensionnaires ? Cette longue chronique d'enthousiasme et d'agonie est rythmée par les bourrasques périodiques, épiques et sanglantes, d'automobiles jetées sur l'autoroute qui relie Paris au rivage normand, par le suicide des hommes, ainsi que par les bonaces et les furies plus universelles de la mer. Les événements les plus inattendus surgissent, sensuels, mortels et telluriques. L'ensemble impose son réalisme vigoureux, pétri tout à la fois de chaleur humaine, de sauvagerie, d'émotion vraie, et de fantastique. L'abîme est le troisième, indépendant et dernier volet, de ce que Patrick Grainville appelle son « Autobiographie mythique » c'est-à-dire l'histoire souvenue, sentie, projetée, d'une vie qu'il a la satisfaction d'avoir vécue jusqu'au bout, du moins sur le plan de la littérature. Dans l'incertitude de connaître la maturité et la vieillesse, il s'est empressé de les imaginer, de les raconter. L'abîme achève donc dans une polyphonie étonnante de jubilation, de terreur, de magie et d'agonie, l'existence préludée dans La Toison (1972), et plus largement orchestrée dans La Lisière (1973).

  • La tendre et voluptueuse héroïne de « La Dame aux Camélias », roman, puis drame, d'Alexandre Dumas fils a existé. Le tout-Paris de son temps, la "Belle Époque" du XIXe (le règne du roi-citoyen Louis-Philippe 1er) l'a côtoyée. Elle ne s'appelait pas Marguerite Gautier, mais Alphonsine Plessis, plus connue sous le nom de guerre (en dentelles) de Marie Duplessis. Armand Duval a existé. Et c'était Alexandre Dumas fils lui-même, jeune, beau, ardent, et cruel. La vie réelle de Marie Duplessis est aussi pittoresque, sensuelle, sentimentale et, en fin de compte, pathétique, que celle de la fictive Marguerite Gautier, qui a fait pleurer des millions de spectateurs dans le monde entier.

  • Un des plus grands parmi les poètes français, François Villon, étudiant parisien, fut aussi, de son propre aveu, un homme de sac et de corde. Mais l'auteur de la Ballade des dames du temps jadis, de la Ballade de la belle Heaulmière aux filles de joie, de la Ballade des femmes de Paris, fut aussi un grand coureur de jupons. Et si la vie amoureuse du "Roi des Vagabonds" (comme était appelé Villon dans un film que Hollywood lui consacra) fut aussi mouvementée que sa vie de "mauvais garçon" triste et railleur, voué "aux tavernes et aux filles" et menacé par la potence, où finirent, du reste, la plupart des compagnons de sa jeunesse...

  • Un petit flic rêvait d'être un grand flic. Mais son rêve se brisa à cause d'un beur de 15 ans abattu stupidement au cours d'une patrouille.

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