Gallimard Audio

  • "Vous en avez de la mémoire..."
    "Oui, beaucoup... Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée."
    Christian Gonon restitue la poésie, le trouble et le mystère de ces souvenirs de femmes.

  • «Et parmi toutes ces pages blanches et vides, je ne pouvais détacher les yeux de la phrase qui chaque fois me surprenait quand je feuilletais l'agenda : "Si j'avais su..." On aurait dit une voix qui rompait le silence, quelqu'un qui aurait voulu vous faire une confidence, mais y avait renoncé ou n'en avait pas eu le temps.»

  • "J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d'autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie." À travers ce monologue, Jean-Louis Trintignant fait résonner les douleurs tues de l'enfance. Avec pudeur, émotion et sobriété, il nous introduit au coeur même de l'intime. Une lecture délicate et bouleversante.

  • Un jour, deux inconnus qui prétendent avoir retrouvé le carnet d'adresse de l'écrivain Jean Daragane insistent lourdement pour le rencontrer. Daragane leur accorde un rendez-vous et le voilà embarqué malgré lui dans l'enquête que ces deux jeunes gens mènent sur un certain Guy Torstel. Si Daragane a tout oublié de Torstel, ce nom en fait ressurgir d'autres. Ceux de Jacques Perrin de Lara, de Roger Vincent, de Colette Laurent, d'Annie Astrand. Une maison aussi, habitée par de drôles de gens, à Saint-Leu-la-Forêt. Et enfin l'affaire du Combinatie, une sombre histoire de contrebande de cigarettes et de règlements de comptes remontant aux années 50. Autant de souvenirs qui appartiennent tous à un moment très précis de l'enfance de Daragane pendant lequel, quasiment abandonné par ses parents, il fut laissé entre des mains peu recommandables. Cette période longtemps occultée se reconstitue peu à peu et finit par livrer sa clé : la figure aimante et troublante d'Annie Astrand, et cet inexplicable projet d'enlèvement du jeune Daragane, par elle échafaudé, et qui tourna court.

  • "Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L'Éternel Retour."
    Patrick Modiano.

    La rencontre entre Denis Podalydès de la Comédie-Française et le texte de Patrick Modiano s'écoute comme une évidence. Fluide, hypnotique, sensible, la voix du comédien nous happe dans les volutes du souvenir, le clair-obscur des confidences, la ligne de fuite du temps.

  • Mêlé de près à une affaire criminelle dans l'atmosphère trouble du Paris de la guerre d'Algérie, Jean rouvre une enquête classée sans suite et tente de mettre au clair les circonstances qui l'ont conduit à fréquenter la bande de l'Unic Hôtel et une certaine Dannie dont il était amoureux. En recoupant ses souvenirs avec les pièces d'un dossier de la brigade des moeurs, Jean, vraisemblablement le dernier témoin de cette affaire, explore au fil de ses déambulations nocturnes cet espace entrouvert où la mémoire rejoint l'oubli. La rencontre entre Denis Podalydès et le texte de Patrick Modiano s'écoute comme une évidence. Fluide, hypnotique, sensible, la voix du comédien nous happe dans les volutes du souvenir, le clair-obscur des confidences, la ligne de fuite du temps.

  • Thérèse, une jeune fille solitaire de dix-neuf ans, croise dans le métro une femme qui ressemble étrangement à sa mère, disparue depuis des années. Tourmentée par son passé, elle décide de la suivre, partant ainsi à la recherche de ses origines. La voix de Valérie Karsenty épouse la fragilité de Thérèse. Elle nous fait vivre avec intensité et émotion ses tourments et sa solitude. On retrouve toute l'atmosphère mystérieuse du roman de Modiano et son héroïne, hantée par les fantômes du passé, nous apparaît dans toute sa sensibilité.

empty