Grasset

  • C'était l'année de toutes les promesses. C'était il y a trois ans  : il y a un siècle.   Avec Emmanuel le magnifique, le changement c'était pour toujours. Réformes profondes, transformations nouvelles et guerres de position. A coup de grands discours, dits d'une voix jésuite, Emmanuel en imposait.
    Mais l'histoire a ses raisons et ses soubresauts. Ce n'est pas facile de triompher longtemps, même après avoir chassé François le petit et Nicolas le flambard. Dans cette nouvelle chronique, moqueuse, tragique, hilarante, Patrick Rambaud nous offre un règne malmené. Cette France est décidément ingouvernable  ! Du cow-boy de la Contrescarpe, un certain Benalla, à la vacance de Monsieur Hulot, idéaliste et foutraque ; du madré duc de Lyon, le sieur Collomb, autrefois enamouré, qui prend la poudre d'escampette, au gilet jaune anonyme qui veut s'emparer de Paris : c'est l'effondrement.
    Les rues de le Capitale ne désemplissent pas, ouvriers, infirmières, médecins, retraités, une colère à pied qui gronde et menace... Sans parler même de Donald le dingue, du perfide Johnson, et des nouvelles routes de la soie...
    Chaque président espère sa chronique puis la redoute : c'est le prix douloureux de la gloire. Et dans les temps nouveaux, le deuxième épisode est déjà une deuxième saison...

  • Au début du ixe  siècle, «  nous étions à l'âge des ténèbres. Le palais des doges n'avait pas encore remplacé la lourde forteresse où s'enfermaient les ducs. Les Vénitiens étaient ce peuple de marchands réfugiés dans les lagunes, pour se protéger des barbares. Ils ne voulaient pas affronter des ennemis mais cherchaient des clients  : aux uns, ils vendaient des esclaves, aux autres du poivre ou de la soie. Leur force, c'étaient les bateaux - dans une Europe encore aux mains des évêques et des Papes.  »
    Venise la récalcitrante excite les convoitises et s'exaspère du pouvoir de Rome. Le 31 janvier 828, le doge de Rialto envoie deux tribuns en mission à Alexandrie pour ramener par tous les moyens la dépouille momifiée de saint Marc... Sous la protection d'un évangéliste de cette renommée, Venise pourra traiter d'égale à égale avec Rome et fonder ainsi une république de mille ans... Le roman d'une époque méconnue, racontée avec brio et ironie par Patrick Rambaud.

  • Un soleil nouveau s'est levé sur la France. Est-ce Austerlitz  ? Ou bien le sacre  ? Au printemps de l'an de grâce 2017, Emmanuel le Magnifique est entré dans l'histoire, costume de banquier et sceptre à la main  : jeune prince à la voix grêle, aux régiments start-up, annonçant un monde rénové. Fini, les rois fainéants  ! Adieu, les rois chevelus  ! Aux oubliettes, François le Petit, gaffeur, trempé, roi de la parlotte à l'embonpoint d'employé modèle. Aux barbaresques, Nicolas le Flambard, et son cortège d'embrouilles à talonnettes  !
    Après le dernier règne socialiste, voici la nouvelle saison du Royaume made in France  : inattendue, pleine d'espoirs, impérieuse. Make France great again  ! Dans le temps nouveau, Arcole est sur le câble, et les ennemis se nomment Plenel et Bourdin, non Mélenchon et Olivier Faure...
    Entre House of cards et Game of thrones, voici la chronique facétieuse, attendue, hilarante, d'un règne si neuf qu'il ressemble au précédent. Petit guépard deviendra peluche  ?
    Chaque président espère sa chronique par notre grognard de la littérature  : Voici le président servi  !

  • L'ambitieux

    Patrick Poivre D'Arvor

    • Grasset
    • 26 Février 2020

    Élu à moins de 30 ans, Charles figure parmi les plus jeunes députés de l'histoire de France à rejoindre les bancs de l'Assemblée nationale, une prouesse qui a fait de lui la coqueluche des médias, toujours avides de fraîcheur dans un monde politique grisonnant et dominé par les vieux appareils. Charles tranche, sa vitalité réveille et son audace détonne : tous les projecteurs sont braqués sur ce jeune loup qui rêve aux ors de l'Élysée.
     
    Pour l'aider dans son ascension vers le pouvoir suprême, Charles peut compter sur deux génies protecteurs qui oeuvrent en coulisse: la vivace Florence, sa maîtresse, une journaliste rusée, jamais à court de stratagèmes, qui règne sur la première chaîne télé de France ; et sur son père, Jean-Baptiste d'Orgel, un acteur célèbre aimé du public, qui connaît mieux que personne le Paris des arts et des médias.
     
    Mais plusieurs menaces planent sur les ambitions de Charles : l'ombre de son histoire familiale qui se dessine sur fond de drame, de fureur et d'assassinats ; le spectre d'un beau-père, plein d'amertume et d'aigreur. Il y a aussi les chausses trappes de ses rivaux, la découverte d'un enregistrement pirate qui compromet gravement le président en exercice sous les traits duquel on reconnaitra aisément un ancien président de la République, les infortunes du quotidien ; mais plus dangereux encore est l'arrivée de Blanche dans sa vie, une sulfureuse écrivain à succès, qui risque de briser l'alliance tacite qu'il a conclue avec Florence...
     
    Entre les eaux froides du calcul politique et les flammes imprévisibles de la passion, entre le rêve de gloire à portée de main et l'amour vrai à portée de coeur, Charles saura-t-il trouver le juste-milieu ?

  • La bataille

    Patrick Rambaud

    • Grasset
    • 27 Août 1997

    Au début des années 1830, Balzac travaille à un ouvrage : les Scènes de la vie militaire, scènes parmi lesquelles il place un récit, La Bataille. En décembre 1834, il en parle encore avec assurance. Il promet un tableau de Paris au commencement du XVème siècle, une histoire du temps de Louis XIII, et, toujours, cette fameuse Bataille dont il précise l'époque, en y ajoutant Vue de l'Empire, 1809. Quelle bataille ? Wagram ? Marengo ? Arcole ? Non, Essling. En 1833, il écrit à Madame Hanska : "Là, j'entreprends de vous initier à toutes les horreurs, à toutes les beautés d'un champ de bataille ; ma bataille, c'est Essling. Essling avec toutes ses conséquences. Il faut que, dans son fauteuil, un homme froid voie la campagne, les accidents de terrain, les masses d'hommes, les événement stratégiques, le Danube, les ponts, admire les détails et l'ensemble de cette lutte, entende l'artillerie, s'intéresse à ces mouvements d'échiquier, voie tout, sente, dans chaque articulation de ce grand corps, Napoléon, que je ne montrerai pas, ou que je laisserai voir le soir traversant dans une barque le Danube. Pas une tête de femme, des canons, des chevaux, deux armées, des uniformes ; à la première page, le canon gronde, il se tait à la dernière". Bousculé par mille personnages, mille sujets, Balzac ne nous donnera jamais sa Bataille. La voici, racontée avec talent par Patrick Rambaud. Il nous conte ces deux journées féroces et folles, qui laissent quarante mille morts dans les blés... Quel aventure ! Une fois le Danube franchi, un matin de mai, vous chevaucherez avec Lannes, Bessières et Masséna ; vous sentirez la chaleur des incendies, vous connaîtrez Lejeune et les états-majors... Un roman audacieux, dans la tourmente.

  • Le maître

    Patrick Rambaud

    • Grasset
    • 2 Janvier 2015

    « C'était il y a vingt-cinq siècles dans le royaume de Song, entre le Fleuve Jaune et la rivière Houaï : Tchouang naquit les yeux ouverts et sans un cri. Il était froissé, édenté, chauve, puisque les nouveau-nés ressemblent aux vieillards : les hommes entrent en scène aussi démunis qu'ils en sortent... » Bienvenu dans la Chine du Vème siècle avant Jésus-Christ. Un monde poétique et violent, où « tombe » soudain cet enfant, fils du Surintendant des présents et cadeaux. Dans ce royaume gigantesque, l'or est partout, la faim aussi, les princes et les rois ont des esclaves, des éléphants, des nains, ils écoutent des poèmes, font commerce de femmes et d'épices, lisent Confucius....
    Avec son immense talent, Patrick Rambaud nous conte la vie de cet enfant, curieux, libre, attentif à la vie, aux métiers, à la pratique du monde ; bientôt inventif et sage ; au plus près du peuple. C'est ainsi qu'il deviendra le plus grand philosophe chinois, Tchouang Tseu, donnant son nom à son livre légendaire, suite magnifique d'histoires vivantes, où l'on croise des bouchers, des seigneurs, des tortues, des faux sages...
    C'est un destin inouï que nous raconte le grand romancier de La Bataille - à mi-chemin de la fable et de la philosophie. On rit, on apprend, on découvre, on s'étonne, dans ce monde dont le vrai prince est un philosophe...

  • Jetez-moi aux chiens

    Patrick Mcguinness

    • Grasset
    • 15 Janvier 2020

    Au sud de Londres, quelques jours avant Noël, est retrouvé le cadavre d'une jeune femme étranglée. Le narrateur, Ander, officier de police, enquête sur le crime avec son assistant le grassouillet Gary. Suspect : M. Wolphram, voisin de la victime, ancien professeur de lycée en retraite. Il se dit innocent.
    Au fur et à mesure que les interrogatoires se multiplient, Ander est pris d'un sentiment de déjà-vu. Il se remémore sa propre éducation dans un pensionnat privé connu pour ses problèmes de harcèlement  : M. Wolphram y avait été un de ses professeurs. Solitaire et marginal, passant ses journées à écouter de la musique, il devient la proie de la presse à scandale et des réseaux sociaux. Ils le harcèlent d'injures. Le voici assassin, pédophile, à lyncher. Une journaliste sans scrupules alimente le scandale en publiant des témoignages biaisés sur celui qu'on surnomme désormais «  le loup de Chapelton  ».
    Dans ce subtil mélange d'enquête et de remémoration, Ander en vient à se rappeler une autre affaire où Wolphram avait été mêlé, et où il s'était révélé bienveillant. Défaut majeur dans ce temps où les chiens des réseaux sociaux aboient et réclament la mort d'hommes vite désignés à leur vindicte. Au fait, coupable, l'est-il ou non, le gentil professeur  ?
    Dans la lignée du mystérieux et puissant Cent derniers jours, un faux livre policier, un vrai livre littéraire, dans la lignée de Graham Greene. Le roman du harcèlement.

  • « Le Prince s'aperçut que le pouvoir était une maladie mortelle. La flèche du comte Macron était empoisonnée et il sentit ses os se refroidir. Dans son bureau, François l'Hésitant songeait à son destin. Puis il rédigea le discours qu'il devait prononcer aux fenestrons le soir même. Pour dire quoi ? » Rien ne va plus au royaume de France : le duc d'Évry bouillonne, Nicolas le Flambard ne s'est jamais résolu à la perte du Trône, le duc de Cherbourg recherche un dangereux Abdelkader Youssouf Cruchon, mademoiselle de Montretout se cache et ne montre plus ses dents... 2016, année difficile. Entre House of Cards et Game of Thrones, il nous reste la chronique facétieuse, hilarante, terrible, d'un règne qu'on espère vite oublier. C'est compter sans le talent de Patrick Rambaud. Rire ? Oui, mais de tout, Majesté !

  • Pour l'amour du baroque

    Patrick Barbier

    • Grasset
    • 6 Novembre 2019

    Une histoire d'amour de plus de trente ans unit Patrick Barbier à l'époque baroque. Cet ouvrage en témoigne. Sous forme d'un dictionnaire de 60 entrées, l'auteur tente un tour d'horizon très personnel d'une époque passionnante quant à l'évolution des arts, de la musique,  de la société et des mentalités. Il donne à ceux qui aiment le baroque, comme à ceux qui le connaissent mal, des clés de compréhension pour mieux apprécier les oeuvres et les lieux. Pourquoi la courbe, le contraste, l'éphémère, l'illusion ou la mort sont-ils les maîtres-mots de cette période? Quelles différences y a-t-il entre castrat et eunuque, contre-ténor et haute-contre, rocaille et rococo? Quelles sont les caractéristiques essentielles du premier courant artistique vraiment universel?
      Dans un style vif, nourri d'anecdotes et d'exemples précis, Patrick Barbier n'aide pas seulement le lecteur à s'immerger dans le monde baroque, mais il en montre également les retombées actuelles dans les fêtes populaires, le cinéma, la joaillerie ou l'art contemporain.

  • Charles s'ennuie ferme sur les bancs de l'école. Mais au fond de lui, le jeune garçon sent que sa vie est ailleurs. Il brûle d'un appétit vorace et ses rêves sont hantés par les plus hautes destinées. A douze ans, Charles perd sa mère. Elle était tout pour lui : sa confidente, son inspiratrice, son idole. Sur son lit de mort, elle lui révèle qu' il n'est pas le fils de l'homme qu'il croyait être son père. Son père biologique se nomme Jean-Baptiste d'Orgel, un acteur connu du grand public. Le monde de Charles s'écroule, il ne lui reste que son ambition...
    Adolescent, Charles confronte son géniteur: Pourquoi les a-t-il abandonnés, lui et sa mère, sans jamais chercher à les revoir ? Et voici qu'une autre histoire de fils orphelin surgit, qui plonge ses racines dans les années 40 en Algérie. Guillaume, le père de Jean-Baptiste, y avait vécu une grande histoire d'amour clandestine avec une jeune algérienne, Amina, qui sera violée par trois fils de colons. Mais faire appel à un milicien factieux pour l'aider à punir les violeurs, quand on est fils du gouverneur général, ne peut que conduire à des tragédies...
    En aidant son jeune loup à accéder aux plus hautes marches du pouvoir, le vieux loup va venger sa lignée maudite : attaché de cabinet, député, ministre, le jeune ambitieux monte dans l'ombre d'un certain Victor Exbrayat, qu'il finira par trahir et par « tuer » pour prendre sa place.
    Des années de l'Algérie française aux palais nationaux, La Vengeance du Loup offre une grande fresque qui nous fait pénétrer dans les arcanes du monde politico-médiatique français.

  • Un jeune professeur est nommé en Roumanie en remplacement d'un confrère. Nous sommes trois mois avant la chute de Ceausecu, mais cela, il ne le sait pas.Guidé par Leo, un trafiquant au marché noir, il découvre un pays où tout est rare et rationné, de l'électricité à la liberté. Les seules choses qui prospèrent sont l'ennui et les petits arrangements. Tout le monde espionne tout le monde, on ne sait à qui l'on peut faire confiance. Ce roman que Graham Green n'aurait pas renié est celui de la déliquescence des vieilles dictatures qui tombent comme des fruits pourris.Et, au milieu de cette dangereuse morosité, survient l'amour pour une jeune femme qui va tout modifier.

  • « Moi, Président, je demanderai à Patrick Rambaud de ne pas m'écrire de chronique du règne de François Ier... » C'était impossible en effet : François Ier était pris, tout comme le méconnu François II, l'impossible François III. Et François IV fut roi de Modène. Patrick Rambaud s'est donc choisi un roi de haut calibre : François le Petit. Nicolas Sarkozy était romanesque à souhait, contourné, faux, kärcherisé, entretenant une cour volatile et dorée. Avec sa montre en plastique et ses costumes bleu trempés, François le Petit est théâtral : en son palais de confetti, avec son casque à visière, au côté de ses femmes... Pour sauver la France et de l'ennui et du médiocre, votez Patrick Rambaud !

  • La vie de famille

    Patrick Roegiers

    • Grasset
    • 15 Janvier 2020

    « Lorsque j'ai été mis à la porte de chez mes parents le jour de mes vingt ans, vendredi 22 septembre 1967, j'aurais dû comme Salvador Dali dans la même  situation me raser le  crâne et placer un oursin sur le dessus de ma tête, à l'instar de Guillaume Tell posant une pomme sur le front de son fils  ... »  
     
    Dans ce livre incisif et percutant, allègrement écrit, après avoir attendu longtemps, avec beaucoup d'amusement et une grande sincérité, Patrick Roegiers parle pour la première fois de lui-même, de ses parents, de sa famille, de son éducation, des fracas de son adolescence et des tumultes de son enfance. Sans nostalgie mais non sans émotion, il  raconte son histoire comme il l'a vécue et, surtout, telle que la reconstitue et la ressent inconsciemment la mémoire. Le portrait de sa mère, Gorgone moderne, Médée vengeresse, chargée d'une lourde hérédité et agonisant sa progéniture, est plus que saisissant. Le souvenir n'est pas le pardon. Le passé n'est jamais mort. C'est un fantasme du présent.

  • Il neigeait

    Patrick Rambaud

    • Grasset
    • 1 Septembre 2000

    « Je vous emmène en septembre 1812. Épuisées par des combats et par la faim, les armées de Napoléon arrivent devant les minarets de Moscou. La ville est démesurée, mais où sont les habitants ? La ville est riche, mais où sont les vivres ? Les greniers sont vides, les Russes ont décampé. A peine rencontre-t-on des marchands étrangers, et des comédiens français cachés dans les caves du Kremlin. Soudain, le feu. Le quartier chinois s'embrase, l'incendie gagne vite les maisons de sapin. Les pompes à incendie ont disparu. C'est un piège. Moscou va flamber pendant plusieurs jours. Quand la pluie apaise le feu, l'Empereur décide de s'installer dans les ruines, il croit que le Tsar va négocier une paix, mais non, ses troupes refluent un mois plus tard, grossies par des milliers de civils. Commence alors la fameuse retraite vers la Bérésina. La neige tombe. Les Cosaques harcèlent les égarés. Le froid devient épouvantable. Les fugitifs dépècent leurs chevaux, ils s'entretuent pour une pomme de terre gelée, se grignotent les poignets. Trois cent trente mille d'entre eux vont périr dans les steppes.J'ai voulu raconter comment des femmes et des hommes ont supporté cette aventure extrême, civils et militaires mêlés. Ils étaient courageux ou lâches selon les moments, parfois profiteurs, voleurs, amoureux, rusés, endurcis ou faibles. Au-dessus d'eux, Napoléon planait. Il rêvait à l'Europe, à sa monnaie unique, à sa dynastie. Il ne voyait plus la réalité. »P. R.Patrick Rambaud a écrit une trentaine de livres. Il neigeait constitue le deuxième volet d'une trilogie impériale commencée avec La Bataille, Grand Prix du roman de l'Académie française phis Prix Goncourt, en 1997.

  • Le bonheur des Belges

    Patrick Roegiers

    • Grasset
    • 5 Septembre 2012

    Voici le grand roman picaresque sur la Belgique, mené au pas de course par un héros de onze ans, sans prénom ni parents. S´y croisent en une succession d´aventures originales et inatten-dues Yolande Moreau, Victor Hugo à Waterloo, Jacques Brel qui chante la naissance du pays avec la Malibran. Mais aussi les Quatre fils Aymon à l´Exposition Universelle de 1958. Ou Hugo Claus, l´auteur du « Chagrin des Belges », dont cette fresque épique est le pendant joyeux. Echappée au tour des Flandres, tranchées de la guerre 14-18, école buissonnière en compagnie de Verlaine et de Nadar, c´est toute la Belgique du passé et du présent qui défile en une sarabande délirante.
    On rit, on s´amuse, on s´interroge...
    Tintin, Simenon, James Ensor, Marc Dutroux et le grand Bruegel sont de la partie. L´anachronisme se mêle ici à l´érudition et à la plus haute fantaisie. Plus que tout, Le bonheur des Belges est porté par une langue éblouissante. A la fois drôle, cruelle, torrentueuse, poétique et musicale. Elle est le coeur même de ce livre singulier, curieusement euphorique, à l´heure où la Belgique, petit pays génial et méconnu, s´interroge sur son avenir.

  • Patrick Weil est directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur d'un ouvrage de référence, La France et ses étrangers (Calmann-Lévy, Folio essais - plus de 20.000 exemplaires vendus). Après une note rédigée en 1995 pour la Fondation Saint-Simon, il a remis en 1997 un rapport à Lionel Jospin sur les politiques de l'immigration et de la nationalité. Patrick Weil est aussi directeur de collection chez Grasset.Qu'est-ce qu'un Français ? Ou plutôt : par quel mécanisme est-on français ? Parce qu'on est né de parents français ? Parce qu'on est né sur le territoire national, même de parents étrangers ? Et l'esprit même de cette « nationalité », a-t-il changé à travers les époques ? Sur quels concepts se fonde-t-il ? Ces question majeures, bien peu sont à même d'y répondre, préférant les représentations symboliques ou le fantasme aux vérités de l'histoire. Patrick Weil, lui, y travaille depuis dix ans. Il livre aujourd'hui une somme inouïe, parfaitement synthétique, novatrice par pans entiers, qui court de la Révolution à nos jours. Pour faire simple, sous l'Ancien régime royal et féodal, on est français par le sol - autrement dit par l'appartenance au territoire. Ce principe demeure peu ou prou sous la Révolution, jusqu'au code civil de 1803. Contre l'avis de Napoléon, s'impose un nouveau principe, celui de l'exclusivité du droit du sang : « est française toute personne née de père français ». C'est la première étape de la constitution du droit moderne de la nationalité. Suivront le retour du droit du sol en 1889 (qui s'ajoute sans se substituer au principe précédent) et la naturalisation largement ouverte de 1927. En réaction à cette ouverture, se développent les « crises de la nationalité française » : antisémites, sous Vichy ; et anti-musulmanes, plus récemment.
    Ne perdant jamais de vue les grandes évolutions, Patrick Weil traverse ainsi les régimes, les pensées, les césures de notre histoire, sans jamais esquiver les sujets sensibles : les femmes, les musulmans d'Algérie, la fausse opposition droit français / droit allemand. Les grands concepts se tressent au fil des pages - droit du sang, droit du sol, double droit du sol, naturalisation - montrant la constitution progressive d'un droit complexe, unique au monde, fondateur, magnifiquement mis en lumière pour la première fois.

  • Tristan Talberg, écrivain reconnu, se voit décerner le prix Nobel. Mais... il n'en veut pas. Misanthrope, en deuil d'une épouse aimée, il est pris de panique devant le vacarme médiatique provoqué par le prix et décide de s'enfuir de Paris. Réfugié chez des amis, traqué par la police qui pense à un enlèvement et par une meute de journalistes en quête d'un scoop, il doit encore fuir vers des horizons dont il ignore tout. Sur la route de Compostelle, il retrouvera le goût de vivre. Bouleversant et drôle à la fois, c'est le roman d'un amour fou où s'entrecroisent récit et lettres à une femme aimée.

  • « Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l'a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s'il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. (.) Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu'un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires. » P.R. Amusé, atterré, ébloui, agacé par la passion, l'amour et l'attention que suscite notre nouveau président - notre nouvel empereur, devrait-on dire -, Patrick Rambaud s'est lancé dans une chronique un peu particulière : conter, au jour le jour, l'éclosion de ce nouveau monarque, se fondant sur des faits vrais, mais dans l'esprit, avec la drôlerie et la cruauté de Saint-Simon. Dans cette chronique irrévérencieuse, on croise ainsi un souverain trépidant, une impératrice pincée qui règne sur son empereur, un dauphin de dix ans, des ministres empoudrés et fébriles, un duc de Bordeaux tragique, des barons à genoux. Rien n'échappe à la plume de notre chroniqueur, ni le short, ni le renouveau de la lampe Empire, ni les flagorneries des princes, ni les courbettes des petits marquis. ni, enfin, la folie amoureuse d'autres chroniqueurs et portraitistes un peu moins agacés.

  • "Que cent mille grâces vous soient rendus, Sire, pour avoir suivi le conseil que j'osai vous prodiguer à l'issue de ma dernière chronique : vous avez finalement dégagé. J'avoue, je n'avais pas le courage d'en reprendre pour cinq ans, tant ce travail de soutier épuise le style et le moral. La fin joyeuse de votre règne électrique, ô Désopilante Majesté, me permet d'entamer avec sérénité cet ultime volume de vos prousesse, lequel va relater par le menu l'affreuseté de votre dernière année sur le trône, matamoresque et dangereuse."Dans ce dernier volume de la Chronique du règne de Nicolas ier, Patrick Rambaud fait ses adieux irrévérencieux au Prince sortant, non sans observer les premiers pas, bien normaux et chahutés, de François IV et de la Marquise de Pompatweet...

  • « Après La Bataille, après Il neigeait, voici le troisième volet de ma fin d'Empire. Cette fois, je vous emmène en 1814. L'Europe envahit la France pour abattre Napoléon. Paris est assiégée, ses habitants voient apparaître des Cosaques entre les moulins de Montmartre. Nous suivons Octave, un agent impérial qui infiltre les milieux royalistes : réunis dans un Comité, des conjurés préparent en effet le retour des Bourbons. La capitale est bientôt investie, les armées étrangères défilent sur les Grands boulevards, et Octave se retrouve dans une situation trouble : les royalistes l'envoient espionner Napoléon, reclus à Fontainebleau, quand à Paris il espionnait les royalistes pour Napoléon. Il restera cependant fidèle à l'Empire, profitant de son rôle pour intoxiquer le nouveau gouvernement de Louis XVIII. Après bien des péripéties, ce témoin privilégié va assister à l'abandon des maréchaux, à la tentative de suicide de l'Empereur, à son abdication forcée, et il le suivra en exil à l'Ile d'Elbe, un rocher au large de la Toscane. Comment un homme qui a gouverné un continent peut-il supporter de régenter une sous-préfecture ? Il est entouré d'agents secrets et d'assassins, on vient le visiter de toute l'Europe comme un animal de zoo, il a peur, il joue, il déprime, il rêve, se maquille en arlequin pour un bal masqué que donne sa soeur Pauline, organise une Cour de pacotille. Pour la première fois, la seule de son aventure, l'Empereur devient humain. Cet épisode de l'île d'Elbe nous permet de le voir de près. En France, le soir dans les casernes, ses anciens soldats souhaitent son retour. Ils trinquent à l'Absent. » P.R.

  • Depuis le traumatisme de janvier 2015, la République n´a cessé d´être invoquée et convoquée,  notamment lors des immenses manifestations du 11 janvier. Fondement de notre société, socle de la citoyenneté et rempart de notre laïcité, elle fut aussi décriée. A force de ne pas tenir ses promesses, il lui fut reproché de favoriser l´entre-soi, le communautarisme, voire l´apartheid social. Après la Concorde... vint le temps de la discorde. C´est alors que la volonté de questionner Patrick Weil apparut comme une évidence. Historien de l´immigration et de la nationalité, directeur de Recherche au CNRS, professeur invité à l´Université de Yale et à l´école d´économie de Paris, il est un des rares intellectuels à pouvoir intervenir dans le débat public sur des sujets aussi brûlants que l´intégration, les migrations, la religion, le racisme, l´antisémitisme. Sans langue de bois, sans éviter les sujets qui fâchent, comme l´islam ou l´identité nationale, les frontières ou l'héritage colonial, il se nourrit de véritables recherches empiriques et d´une longue pratique des politiques publiques, à la différence de tant de ceux qui occupent la scène médiatique. Il donne ici du sens à la République, à savoir une direction et une orientation. Son récit savant et vivant d´une histoire partagée par tous les Français, quelque soit leur origine, ranime les valeurs républicaines. Contre les prophètes de la division, il nous donne les raisons d´espérer en un avenir commun.

  • Tout au long de l'époque baroque, Venise, Naples et Rome jouent un rôle essentiel sur le plan musical, tout en poussant l'art de la fête à des sommets inégalés. Dans cet essai vagabond, coloré et joyeux, Patrick Barbier nous plonge dans la vie quotidienne de cette Rome pontificale des XVIIe et XVIIIe siècles, théâtre d'un gigantesque bouleversement artistique. Le lecteur voyage, guidé par Patrick Barbier, au coeur des chefs-d'oeuvre musicaux de la Rome baroque. Entre anecdotes historiques et documents inédits, nous découvrons l'aristocratie romaine et ses plaisirs, les courses de chevaux et les carnavals, les palais privés et les soirées à l'opéra, mais aussi l'étonnante vie culturelle et les cérémonies somptueuses du Vatican.

  • "L´année qui court de l´été 2009 à l´été 2010 consacre la dégringolade de Nicolas Ier dans l´opinion. Les événements ne se succèdent plus pour s'effacer, mais ils se chevauchent et restent en mémoire. De la cruelle estocade portée au duc de Villepin, en passant par les déboires du Prince Jean à l'EPAD, ce ne sont que mensonges, rumeurs, coups de force et raclée électorale, jusqu'au feu d'artifice de l'affaire Woerth-Bettencourt que seules les vacances interrompent."P. R. 

  • Le chat botté

    Patrick Rambaud

    • Grasset
    • 23 Août 2006

    Ce roman raconte l'ascension d'un homme. Général en disgrâce, à vingt-cinq ans, il monte de Marseille à Paris au printemps de 1795. Il n'est rien et il veut tout. Comment va-t-il se débrouiller, dans ce pays livré au chaos après la chute de Robespierre ? C'est le temps de Barras, de Madame Tallien, des muscadins qui font la loi dans les rues avec leurs gourdins plombés. Les ouvriers de faubourgs meurent de faim et se soulèvent, mais les Parisiens dansent, il y a des bals aux carrefours, dans les salons, dans les églises et même dans les cimetières. Les femmes portent des toges transparentes, les salles de jeux et les restaurants (qu'on vient d'inventer) se multiplient autour du Palais-Royal. Les plus habiles s'enrichissent. A force d'intrigues, notre général va réussir. En une saison il écrase une émeute royaliste au canon sur les marches de l'église Saint-Roch, épouse la vicomtesse de Beauharnais et se retrouve à la tête de l'armée d'Italie. Sur la route de Nice où il part rejoindre ses troupes pour les lancer en Lombardie dans une guerre de pillage, il francise son nom italien. Désormais il va s'appeler Bonaparte.... Ce titre n'est pas tiré au hasard d'un conte de Perrault, mais des Mémoires de la duchesse d'Abrantès. Celle-ci, Laure Permon, était la fille d'une amie d'enfance de Laetitia Bonaparte. Petite fille, quand elle a vu pour la première fois le jeune Napoléon en uniforme, avec ses jambes maigres dans de trop grandes bottes, elle a éclaté de rire en s'écriant : « Le Chat botté ! » Le surnom est resté.

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