Presses de l'Université Laval

  • Cet ouvrage propose une approche criminologique de la délinquance sexuelle qui non seulement nous oblige à revisiter certaines de nos croyances, mais également remet en question une vision plus traditionnelle du phénomène proposée par la psychiatrie, la sexologie et la psychologie. L'auteur met en lumière les mythes, les croyances erronées et les conclusions hâtives responsables des dérives idéologiques, populistes et cliniques concernant la délinquance sexuelle ainsi que la réaction et les réponses sociolégales envers ce phénomène. Appuyé par la recherche scientifique, il remet en question plusieurs présupposés, notamment :

    - La délinquance sexuelle se limite aux agressions sexuelles ou aux violences sexuelles ;

    - Les adolescents ayant commis un délit à caractère sexuel seront les délinquants sexuels adultes de demain ;

    - Tous les délinquants sexuels sont de dangereux prédateurs sexuels récidivistes ;

    Les individus ayant commis un délit à caractère sexuel présentent une déviance sexuelle qui est responsable de leurs agissements ;

    - Tous les individus ayant commis un délit à caractère sexuel ont besoin d'une thérapie spécialisée pour délinquants sexuels ;

    - Les registres publics de délinquants sexuels permettent de prévenir les crimes sexuels.

    PATRICK LUSSIER est professeur titulaire de criminologie à l'Université Laval. Il a reçu en 2004 la médaille d'or du Gouverneur général du Canada pour ses travaux de recherche sur l'origine et le développement de la délinquance sexuelle. Il a collaboré à plus de 100 publications scientifiques sur le phénomène de la délinquance sexuelle.

  • La vie politique municipale québécoise a été l'objet d'âpres débats depuis une décennie. La succession de scandales politico-administratifs qui a frappé nos municipalités a démontré toute l'importance de s'attarder aux enjeux liés à ce palier de gouvernements. Au-delà même de ces scandales qui ont montré un côté sombre de nos municipalités, celles-ci regorgent de services de proximité vitaux pour les populations et sont souvent la source d'innovation et de vitalité sous-estimée par les médias et aussi par les citoyens eux-mêmes. L'objectif de ce livre est donc de permettre au lecteur de mieux comprendre l'histoire, les fonctions, les institutions et certains enjeux qui façonnent la vie politique municipale au Québec.

    Jean-Patrick Brady est chercheur postdoctoral à l'École nationale d'administration publique. Il possède un doctorat en analyse et management des politiques publiques ainsi qu'un postdoctorat de l'Université Laval en éthique appliquée. Il a publié différents ouvrages et articles, dont le livre : Groupes de pression et mouvements sociaux, publié aux Presses de l'Université Laval.

  • Les romans, nouvelles et récits des Amériques s'ouvrent de plus en plus aux altérités et ainsi se rejoignent dans leurs dynamiques. Leur structure narrative est fondée sur le schéma de Greimas et mène à la transformation de contenus à partir de temporalités/causalités qui s'enchaînent. Les causalités justifient des exclusions comme barbarie/civilisation. Elles sont fondées, selon René Girard, sur la mimésis d'appropriation et une violence réciproque menaçant la communauté et sur la production d'un bouc émissaire conduisant à une violence unanime. Cette dernière renforce l'homogénéité du groupe qui se construit sur des paradigmes binaires vie/mort, intérieur/extérieur et richesse/pauvreté. Ils sont aussi présents dans des textes fondateurs, Bible, Popol Vuh, Torah et Livre des Mormons. Cependant, la dynamique narrative d'exclusion est récemment déjouée par des auteurs comme Simone Chaput, Yann Martel, Paul Auster, Laura Esquivel ou Leanne Betasamosake Simpson. Pour déplacer la structure narrative causale justifiant l'exclusion, les textes contemporains des Amériques (Canada, Québec, États-Unis, Mexique, Brésil, Caraïbes) utilisent des techniques et des thématiques jouant du fragment, du hasard, du non-causal, des interprétations multiples et de la réincarnation. Ils s'inscrivent dans une dynamique à la fois postcoloniale au sens de Homi Bhabha et multiculturelle au sens de Will Kymlicka. Ils ouvrent sur un transculturalisme où égalité et différence marchent de concert dans la reconnaissance des altérités, le partage des savoirs et la multiplication des images de soi allant jusqu'à l'affirmation d'une normalité queer.

  • Le discours athée subit d'importantes transformations au xixe siècle : il ne se limite plus à être l'arme de combat qu'il incarne traditionnellement - fer de lance de la pensée progressiste dûment conformé à la cible bien découpée de la divinité chrétienne. Désormais, il peut s'adjoindre ou tolérer des propositions à caractère religieux ou spiritualiste, donnant prise à des motifs plus ou moins précis de croyance.

    En ce cas, il semble l'expression d'un constat général selon lequel il ne suffit pas à l'homme contemporain de signer ou de contresigner la mort de Dieu, mais il lui faut en plus composer avecelle, c'est-à-dire la compenser par quelque biais, par quelque objet.

    Plus que tout autre discours, la littérature née de la sensibilité romantique appuie ce constat : elle se donne à lire comme le lieu privilégié de cette compensation symbolique. C'est en elle que l'espoir moderne d'une relève spirituelle de l'Écriture divine par le discours humain semble le plus agissant - en même temps que le plus clairement condamné, par l'opération même de l'écriture, à participer à la dissémination du divin. C'est aussi en elle que le tremblé de l'inquiétude existentielle et théologique que suscite souvent le thème de la mort de Dieu, par contraste avec la vigueur affichée par beaucoup de programmes de réformation sociale et de refondation politique, se fait le plus vivement sentir.

  • Le vieillissement de la population est souvent traité, dans les discours politiques et médiatiques, comme une catastrophe démographique, un lourd fardeau social ou financier pour la société. La vieillesse dérange, étant perçue la plupart du temps comme l'opposé de la jeunesse, de la modernité, de la beauté, de l'efficacité, de la productivité, de la rapidité, de l'utilité sociale, de l'autonomie, entre autres. Les représentations négatives et les mythes sur le vieillissement influencent les rapports intergénérationnels et les perceptions sociétales des enjeux politiques. Les mythes et représentations négatives ont aussi des impacts directs sur les orientations et politiques publiques, les services offerts et la qualité des soins et plus généralement sur les conditions de vie des aînés.

    L'ouvrage collectif est soutenu par deux regroupements scientifiques québécois s'intéressant aux enjeux sociaux du vieillissement : l'équipe de recherche en partenariat VIES (Vieillissements, exclusions sociales et solidarités) et le CREGES (Centre de recherche et d'expertise en gérontologie sociale). L'ouvrage regroupe 28 courts chapitres qui font la lumière sur différents mythes persistants sur des thèmes variés liés au vieillissement, par exemple : sexualité, travailleurs âgés, deuil, violence, hébergement, mobilité, technologie, itinérance, autonomie, proches aidants, bénévolat, retraite, pouvoir politique, participation sociale, vieillir en prison, vieillir avec un handicap, etc.

    L'ouvrage cible le grand public, les étudiants des niveaux collégial et universitaire.

  • Si le référendum constitue le mode d'expression le plus authentique et le plus direct de la volonté des électeurs, l'idée de confier au peuple le soin de trancher des questions importantes suscite, encore aujourd'hui, de vives controverses.

    Sous l'influence de la démocratie représentative, la volonté majoritaire est en quelque sorte canalisée par différentes particularités liées au format de la procédure, et les risques de personnalisation du vote, d'instrumentalisation du libellé des questions ou d'influence disproportionnée des ressources investies contribuent largement à modifier l'environnement au sein duquel se forme cette volonté.

    Les tensions que génère l'expression par référendum s'avèrent encore plus vives lorsque différents peuples, nations ou demos coexistent au sein d'un même Etat. Fruit d'une démarche collective, cet ouvrage propose une réflexion sur la spécificité de la pratique référendaire dans ces Etats plurinationaux, où le référendum peut prendre une dimension existentielle comme outil d'affirmation des nations minoritaires tentant d'acquérir plus d'autonomie.

  • Ce livre porte un regard critique sur le discours de la santé publique américaine à propos de la différence raciale. Ce manuscrit s'est appuyé sur l'analyse de documentsparus dans ce domaine entre 2001 et 2013. La race a été vue dans ce contexte comme le produit du racisme et comme un objet pris en charge par le discours pour marquer la différence. Suivant la perspective de Michel Foucault, le racisme s'est développé parallèlement à l'affirmation d'un pouvoir sur la vie. S'inspirant également des études postcoloniales et des cultural studies, ce livre suggère la relative permanence en santé publique d'un régime racialisé de représentations. De plus, la racialisation a tendance avec la sanitarisation et l'idée de culture à naturaliser la différence et à lui donner un sens, reproduire l'ordre symbolique et constituer des identités. Par ailleurs, la racialisation apparaît tiraillée entre des pouvoirs antagonistes. Enfin, ce livre dessine les contours de qui pourrait donner lieu à une santé publique postraciale.

  • L'histoire de la projection, que retrace ce petit livre, est une histoire sans fin qui accompagne la recherche de l'illusion dans des mondes virtuels. Les moments clés, ses personnages, profanes ou savants, revivent ici par des dialogues qui s'inspirent directement de leurs écrits ou de leurs pratiques.

  • Le vieillissement de la population et les politiques publiques visent à éclairer les débats concernant les enjeux liés aux importants changements démographiques. En présentant un ouvrage diversifié, tant par son approche multidisciplinaire que par ses méthodes, ce volume s'illustre par ses contributions dans plusieurs champs des politiques publiques, dont la santé, les retraites, les soins de longue durée, le marché du travail et les transports. Le vieillissement de la population et les politiques publiques incluent aussi une section sur les leçons d'ailleurs pour améliorer nos politiques et une autre qui traite des grands débats entourant la question des changements démographiques et l'action publique. Ce livre s'avérera un outil indispensable pour les étudiants, universitaires, analystes et décideurs publics qui désirent approfondir leurs connaissances sur les conséquences du vieillissement de la population.

  • Les Nations-Unies ont récemment promulgué la mise en vigueur de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Ce traité international, contraignant pour les États qui le ratifient, est un évènement charnière. Il marque, dans l´histoire, le résultat des luttes du mouvement de défense des droits humains des personnes différentes dans leurs corps et fonctionnalités, et vivant des situation d´exclusion et d´oppression sociale systémiques. Il ouvre sur des enjeux sociétaux contemporains ancrés dans une transformation radicale du sens du handicap. Il invite à la prise de conscience de la responsabilité de chaque société de procéder à une métamorphose inclusive fondée sur l´égalité des possibilités de contrôler sa vie pour chaque citoyen, quelles que soient ses différences.

    Une fois engagée sur son fil, la funambule doit maintenir son équilibre dans l´instant qui passe et aller jusqu´au bout. Pour chaque être humain, ce bout de la vie est ancré dans l´inconnu du futur et interdépendant de l´ensemble des fils qui tissent la toile, plus ou moins efficace, de la solidarité sociale de sa collectivité.

  • Dans les Amériques, du xixe au xxie siècle, comme on le constate dans les textes littéraires, médiatiques et publicitaires, des dynamiques se recoupent. On passe de l'invention des États-nations à la mondialisation et de la valorisation de l'enracinement à la légitimité des déplacements géosymboliques. Comparer le Canada, le Québec, les États-Unis et les Amériques latines révèle des exclusions et des intégrations rejoignant les perspectives de René Girard. Elles sont fondées sur l'opposition intérieur/extérieur à laquelle se greffent civilisation/barbarie, soi/les autres, durée longue/Nouveau Monde/instant, etc., orientant des récits de légitimation fondateurs. De nos jours, ces catégories sont déplacées par la reconnaissance des autres ouverte au tiers-inclus, au transculturel, au multiculturel et à l'interculturel. Le monde contemporain des réseaux complexes joue du " caméléonage " et du hasard face à un avenir technoculturel démocratique à inventer ensemble dans la gestion efficace des changements et le désir de s'appartenir.

  • Le présent ouvrage collectif rassemble des géographes et des juristes autour d'un dessein commun : l'intensification des échanges entre les deux disciplines et des liens les unissant. Ces auteurs contribuent ainsi au renforcement d'un dialogue interdisciplinaire qui fait déjà l'objet d'importants développements théoriques au sein des pays anglo-saxons. Cette legal geography (que nous avons traduit en français par géographie du droit) a impulsé la production de nombreux articles scientifiques et monographies au cours des dernières années.

    Ce livre se veut à la fois rassembleur (regroupant des chercheurs francophones et anglophones, géographes et juristes) et diversifié dans son contenu et ce, afin de témoigner du potentiel qu'offre la poursuite d'investigations scientifiques combinant un apport géographique et juridique conjoint. Il s'agit donc d'une fenêtre sur l'interface géo-légale, lieu de rencontre de ces deux disciplines où espaces et normes se conjuguent dans le développement de concepts et de dispositifs méthodologiques communs.

  • Entre le transculturel et le transdisciplinaire, comme entre le multidisciplinaire ou l'interculturel et l'interdisciplinaire, des convergences concernant la science, la société et l'esthétique se tissent. Afin d'établir des assises théoriques qui soutiennent et stimulent les échanges entre chercheurs, les auteurs conceptualisent les termes de trans, de multi et d'inter. Dans l'inter, on protège les limites conceptuelles et on impose l'homogène propre au nationalisme méthodologique qui conçoit ou expérimente la société et ses problématiques en fonction de la vision territoriale des Etats. Par le multi, on saisit les accommodements à partir de la flexité de départ. Par le trans, on échappe aux origines pour explorer les relations et les réseaux. Ainsi, de l'inter, au trans, en passant par le multi, on explore divers corpus esthétiques, médiatiques et scientifiques pour saisir les enjeux de la société des savoirs.

  • Ce collectif concerne l'historiographie acadienne dans le sens du regard que portent les historiens sur le passé acadien. II mobilise l'histoire en tant qu'elle est un retour de la pensée, de la conscience historique sur elle-même. Reliant en un tout l'histoire de l'histoire, la sociographie, l'épistémologie et la philosophie de l'histoire, il se veut une réflexion sur le métier d'historien en Acadie - qui examine donc ses fondements, ses objets, ses parcours, ses finalités.
    Ce livre se penche sur l'historiographie qui à la fois accompagne la Révolution acadienne (c. 1960-) et en découle. Pour autant, il ne manque pas de remonter aux origines de la discipline en Acadie et d'en sonder les suites plus généralement. II vise certes à grossir le corpus d'écrits de second degré, mais pas moins à faire découvrir une tradition intellectuelle qui remonte à 150 ans, tout de même. Une historiographie distincte et qui, se vouant à réaliser un destin ou encore à opérer une rupture, n'a eu de cesse de s'interroger. D'autant qu'en Acadie la rencontre du passé et du présent, s'ouvrant sur des possibles, éveille qui la phobie de la permanence, qui la peur de la fin d'une aventure unique en Amérique.

  • Par l'analyse de livres, de films, de revues savantes et de parcours touristiques et patrimoniaux au Québec, au Canada et au Brésil, on compare dans cet ouvrage des régions des Amériques selon des perspectives culturelles plus qu'historiques; on y découvre des analogies et des tendances, plus que des différences. Les comparaisons reposent sur des discours et des thématiques fondées sur des paradigmes tels que barbarie/civilisation, intérieur/extérieur, frontière/frontier. L'intérêt de ces comparaisons qui évitent de passer par la référence européenne est que, dans les rencontres entre immigrants et gens établis, ou entre autochtones et non-autochtones, une nouvelle identité équilibrée par le mouvement peut advenir. Cette identité tend vers le fluide du réseautage et échappe aux dualismes de souche/venu d'ailleurs, local/étranger, longue durée/courte durée.

  • Depuis plusieurs décennies, les sciences sociales cherchent à mieux comprendre le rôle des groupes d'intérêts et des mouvements sociaux dans le fonctionnement de nos démocraties. De multiples ouvrages ont été écrits sur la question, allant du pluralisme de Robert Dahl aux approches sur la gouvernance, en passant par le néo-corporatisme et les analyses des mouvements sociaux. Dans ce contexte, qu'en est-il du Québec ? Quels sont les groupes et les mouvements qui participent à la vie démocratique québécoise ? Comment fonctionnent-ils et quelles règles régissent leur participation ?
    Grâce à la participation de chercheurs de différents horizons, ce livre répond à ces questions. Dans un premier temps, cet ouvrage analyse différents courants théoriques portant sur le sujet. Dans un deuxième temps, une série d'études de cas est proposée afin de faire le tour des plus importants groupes et mouvements existant au Québec. Les nombreux apports de ce livre permettent de jeter un regard novateur sur les aspects centraux de la démocratie québécoise et de mieux comprendre les enjeux québécois actuels.

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