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  • La poésie est aussi propre à exprimer toute la beauté de la nature que toutes les laideurs dont l'homme la gangrène jusqu'à la menacer de destruction totale. De même, le poème peut être tout autant l'hymne à la grandeur de l'humanité que le pamphlet mettant à nu ses tares et ses hideurs.
    L'amour, la haine, la paix, la guerre...
    Dans la noblesse et dans la bassesse, dans ses conduites généreuses et magnifiques et dans ses actes d'égoïsme et de cruauté, dans les atrocités qu'il commet depuis toujours au nom des dieux qu'il vénère, l'homme estil ou non agi par quelque volonté divine invisible qui posséderait et actionnerait toutes les ficelles?
    Cette question inquiète, l'homme se la pose depuis qu'il a une âme, depuis qu'il est, justement, animé on ne sait par qui, ni par quoi, ni pourquoi.
    Patryck Froissart, poète, romancier, nouvelliste, brosse dans ce sombre recueil, sans concession ni réserve, un tableau désespéré de l'état de nos sociétés, et en fait porter la responsabilité à Celui ou à Cela qui habite l'homme.
    Lecture déconseillée aux dépressifs...

  • De publication en publication, Patryck Froissart saute allègrement du roman à la nouvelle, de la prose à la poésie, du conte fantastique au récit réaliste. Dans "Le feu d'Orphée", notre auteur alterne et file en un même ouvrage, sur un thème unique et obsédant, des textes de forme poétique, des récits d'apparence prosaïque, des contes du genre fantastique constituant autant d'épisodes successifs du combat surnaturel que mène le personnage contre le dieu solaire qui lui ravit régulièrement la femme idole. A chacun des enlèvements, des fugues et des disparitions de son icone, le héros de cette quête sans fin se lance à sa recherche dans les contrées les plus éparses, réelles ou imaginaires, mêlant rêve et vécu, délires et souvenirs, traversant les siècles, réincarnant l'idéale en une succession de personnages féminins, recréant leur idylle, toujours éphémère, dans les mythes les plus exotiques et dans les cultures les plus diverses. Le voyage hallucinant d'un personnage que dynamisent, paradoxalement, le rapt et l'intermittence de l'aimée...

  • Un jeune professeur est affecté au coeur du royaume des Mores.
    Naïf, velléitaire, pusillanime, volontiers soumis, manipulé par un narrateur scandaleusement amoral, il tombe amoureux de toutes les femmes qu'il rencontre et dont il accepte immédiatement l'emprise.
    Ainsi se saisissent de lui Dragana, Slave de Marseille, Albina, fausse Portugaise, la fière Atlante Damya, Tamchicht, jeune répudiée du village où il enseigne, la puissante Kahina de la médina proche, l'Espagnole Esperanza qui hante les bars de la ville, la Boraine Angèle Coquebin, ex-maîtresse de son père, qui mène de louches activités auxquelles elle a décidé de l'associer, et Tsaâzzoult, une montagnarde supposément candide qui a résolu de l'épouser et de le soustraire aux tentations immorales auxquelles le soumettent les précédentes.
    Ce récit initiatique, érotico-sentimental, fortement empreint d'humour et de dérision, constitue un roman facétieux sur fond de questions existentielles qu'il appartient aux lecteurs de découvrir.

  • Être là. Tel un enfant devant le maigre don qui s'y disposerait après un long temps d'accordage en tendant les mains vers sa mère avant que de pouvoir d'elle l'accepter puis seulement le recueillir dans ses paumes et dans son chant. Être là. Devant cela qui tarde à venir dans nos errances inquiètes, dans cet amas de sombre que nous trainons derrière nous, cheveux peignés au vent dans des sens trop indémêlables. Être là. Tel un enfant exténué ou las qui négligerait ses histoires anciennes qui usent et qui fatiguent. Être là. Tel un enfant qui ne chercherait aucun sens aux couleurs de son chant. Car tout chant vit de l'enfance et des saisons et des musiques qui, à elles seules, font sens, ici et maintenant. Et raison d'être, dans l'indivis et pour finir dans la seule permanence d'aimer.









  • Le poète écrit, le poème est cri.
    Le poète est Je, le poème est double jeu.
    A dire-lire en ce livre une tirelire de cinquante délires aux formes très variées, aux tonalités multiples, sur des thèmes éclectiques, volontiers hétéroclites.
    Patryck Froissart double-joue, démultiplie et tire sur tout larigot.
    Prosodie classique ou divers vers dits libres, ponctués et non.
    Rimes riches, suffisantes, pauvres, croisées, embrassées, plates, ou absentes.
    Lexique à huppe, mots désuets, termes modernes, ancien français, créole, brusque résurgence du rouchi de son enfance, impertinente irruption de ces mots qu'on dit gros.
    Bucolisme, érotisme, cynisme, épicurisme, romantisme, banditisme, lyrisme peut-être, et fantaisie jusqu'à la comptine enfantine.
    L'ensemble, contrairement à ses précédents ouvrages, n'a ni queue ni tête. C'est très bien ainsi. La poésie n'a nul besoin de queue, et se passe aisément de tête.


  • Démontrer la contemporanéité des douze fables les plus connues de La Fontaine est chose facile et souvent chose faite dans les multiples éditions partielles ou complètes, dans les exégèses, et dans les pages des manuels des lycéens consacrées à notre illustre fabuliste.
    Reprendre une par une les 240 fables, les analyser, les classer par thèmes, et montrer que chacune d'elles, sans exception, est transposable dans notre époque et en illustre parfaitement les moeurs, les coutumes et les comportements les plus actuels, telle est la tâche à laquelle s'est attelé Patryck Froissart, par ailleurs romancier, nouvelliste et poète.
    Le résultat de ce travail complexe et pointilleux a pour objectif corollaire d'amener les lecteurs à découvrir les 220 fables qui sont moins, ou peu, ou pas du tout connues bien qu'étant, dans leur quasi-totalité, tout aussi savoureuses que celles qui nous sont familières.

  • A quel point le bonheur d´aimer ou d´être aimé peut-il se conjuguer avec l´acceptation de se soumettre aux exigences de l´autre, voire naître et croître à mesure que ces contraintes se changent en un asservissement s´accompagnant d´humiliations, de brimades, et, à l´extrême, de sévices susceptibles de provoquer la mort ? C´est la question que posent les huit nouvelles de cet angoissant recueil de Patryck Froissart. La thématique du plaisir-souffrir est ici sous-tendue par le mythe de la femme fatale, de la sirène, de la Lorelei qui joue de la fascination qu´elle exerce pour précipiter les bateliers contre les rochers où se fracassera leur esquif.

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