Philippe Meirieu

  • « Pourquoi ne pas tenter de faire de nos classes le lieu de l'apprentissage, obstiné et joyeux à la fois, de la liberté de penser et de la capacité à fabriquer du commun ? »

    Face aux inégalités et aux injustices, à la montée des individualismes et des intégrismes, aux crises de toutes sortes qui menacent notre avenir commun, l'éducation peut-elle encore quelque chose ? Comment repenser notre École pour qu'elle soit en mesure de répondre à ces urgences ?
    Dans ce nouvel essai personnel et toujours engagé, Philippe Meirieu raconte son histoire de la pédagogie. Des « hussards noirs » de la République aux « enfants sauvages », de Rousseau à Montessori, Freinet et tant d'autres, il livre une fresque passionnante qui revient sur les rencontres, les travaux et les engagements qui ont contribué à forger ses convictions. En s'y décrivant à la fois comme élève et professeur, étudiant et chercheur, père de famille et citoyen engagé, il déploie cette polyphonie de rôles dont il importe de se saisir pour concevoir une éducation pour tous et, peut-être, parvenir enfin à apprendre à nos enfants à penser par eux-mêmes et à travailler ensemble à la construction d'une société plus solidaire. Une ambition que les éducateurs peuvent incarner, dans les moindres gestes, au quotidien.

  • L e métier de professeur ne serait plus un « métier d'avenir », dit-on. Peu reconnu et mal payé, suspecté par les parents
    et bousculé par des réformes contradictoires, l'enseignant d'aujourd'hui peinerait à trouver sa place dans la société.
    Pourtant, notre démocratie a besoin d'une École qui transmette avec exigence les moyens de comprendre le monde. Elle a besoin d'un système éducatif qui fasse de chaque citoyen un être capable de « penser par lui-même ». Elle a besoin d'une éducation qui forme nos enfants à la découverte de l'altérité et à la capacité de chercher ensemble la vérité. Notre démocratie a, plus que jamais besoin, de ses professeurs. Parce qu'ils sont, en réalité, le « métier de l'avenir ».
    /> Philippe Meirieu s'adresse, dans cet ouvrage à toutes celles et tous ceux qui veulent enseigner... aux professeurs d'école comme aux professeurs de collège et de lycée, aux professeurs des disciplines générales comme aux professeurs des disciplines technologiques ou professionnelles. Il les connaît bien. Il les sait animés par la passion de transmettre. Mais aussi irrités par la multitude d'instructions officielles qui pleuvent sur eux. Parfois inquiets de ne pouvoir faire face aux problèmes de discipline et aux récriminations des uns et des autres. Mais toujours soucieux d'être fidèles à la mission fondatrice qui est la leur : instruire et émanciper, former les citoyens de demain à une société plus solidaire.
    C'est pourquoi Philippe Meirieu s'adresse ici à eux. Sans rien cacher de ses inquiétudes. Mais sans renoncer à ses ambitions. Pour faire le pari du meilleur et parce qu'il est encore temps, grâce à l'engagement de chacune et de chacun, d'éviter le pire.

  • Chaque gouvernement charrie avec lui son lot de remèdes miracles pour réformer l'École : dédoublement des classes, méthode syllabique, semaine de quatre jours, réforme du baccalauréat, rétablissement de l'autorité, etc.
    Pêle-mêle, on invoque les neurosciences et les évaluations internationales, le bon sens de Descartes et la pédagogie de Maria Montessori.
    Afin d'y voir plus clair, Philippe Meirieu s'interroge : quels enfants voulons-nous former? Pour quel monde? Et comment faire en sorte que l'École de la République tienne sa promesse de justice et de solidarité?

  • Avec L'école mode d'emploi, Philippe Meirieu évoque les grands thèmes de la réflexion pédagogique contemporaine ; mais, plutôt que d'en présenter un nouveau résumé ou une ultime apologie, il les questionne à travers les aventures d'un élève parmi tant d'autres, qui se trouve confronté avec tous ceux qui, de Freinet à Legrand, de la psychanalyse à la pédagogie par objectifs, n'ont cessé de s'intéresser à lui.

    Au terme de ce parcours, des évidences se dégagent de L'école mode d'emploi : la fonction de l'école est bien la transmission des savoirs. Mais l'apprentissage ne se décrète pas, il s'effectue, pour chacun, de manière active et singulière. Et c'est l'apprentissage réussi qui, à l'école, est véritablement éducatif. Il restait encore à fournir des jalons qui permettent de passer à l'acte.

    C'est ainsi qu'est définie la « pédagogie différenciée » : elle se propose de briser la rigidité du fonctionnement habituel de la classe en élaborant des itinéraires d'apprentissage diversifiés et en mettant en oeuvre de nombreux outils (grilles d'évaluation, diversification des méthodes et des technologies, travail en équipe des enseignants, groupes de besoins, etc.).

    Plus profondément encore, elle permet d'associer l'élève à la recherche et à la définition de ses méthodes de travail ; la différenciation de la pédagogie est un moyen particulièrement précieux pour redonner vie et sens à l'éducation scolaire.

    La dernière édition de L'école mode d'emploi interpellera les enseignants et les formateurs, nourrira leur réflexion et les outillera efficacement pour l'action pédagogique.

  • Chacun s'accorde aujourd'hui à reconnaître que la vocation de l'École est bien de faciliter les apprentissages. Mais pour être établi, le consensus n'en est pas moins insuffisant s'il n'est pas accompagné de l'énoncé des moyens. Apprendre... oui, mais comment ? Les enseignants et les formateurs savent bien que l'exhortation, ici, n'est d'aucun effet, aussi péremptoire soit-elle.
    Avec le présent ouvrage, Philippe Meirieu poursuit et approfondit la réflexion entreprise dans L'École, mode d'emploi, mais il s'attache, plus particulièrement, à l'acte d'apprentissage... Il en débusque les représentations trompeuses, dénonce les illusions qui traînent à son sujet et tente d'établir quelques repères à partir desquels l'enseignant puisse élaborer, réguler et évaluer son action. C'est ainsi qu'il aborde aussi bien la relation pédagogique, la rationalisation didactique et les stratégies individuelles d'apprentissage. Il montre comment l'attention à ces trois dimensions permet de maintenir « l'équilibre écologique du système apprendre ».
    Mais l'originalité de ce livre tient aussi à sa forme : le lecteur s'y trouve mis en situation d'activité, confronté à des exercices, des récits d'expériences pédagogiques ou d'événements de la vie scolaire. À partir de là, l'auteur dégage avec lui quelques principes fondamentaux et propose toute une série d'outils qui pourront être utilisés par les instituteurs, professeurs, formateurs : des outils pour imaginer, construire et adapter une pédagogie véritablement différenciée, des outils pour pratiquer l'aide méthodologique, des outils pour travailler à la réussite de tous.
    Un livre qui dépasse le clivage théorie-pratique et qui est vite devenu une référence pour tous les « professionnels de l'apprentissage ».

  • Chacun sait bien, même si on ne l'avoue guère, que la réussite de l'acte pédagogique ne tient pas seulement aux qualités strictement scientifiques et didactiques de l'enseignant.
    Et c'est d'abord cela que Philippe Meirieu prend le risque d'expliquer dans cet ouvrage, devenu un grand classique des ouvrages de pédagogie.

    Il montre l'importance décisive des choix éthiques de l'éducateur, quand il se donne pour fin l'émergence de sujets libres, quand il oeuvre simultanément pour leur instruction et leur émancipation, quand il parvient à articuler le principe d'éducabilité et celui de liberté.

    L'éducation est ainsi une aventure imprévisible, une histoire toujours différente à écrire, et dans laquelle l'éthique n'est pas une « nouvelle matière scolaire » ni même un « supplément d'âme », mais bien ce qui oeuvre, à travers l'ensemble des activités que l'éducateur organise.

    À partir de cette approche, Philippe Meirieu aborde les thèmes majeurs de la réflexion éducative : l'universalité de la culture, la formation à la citoyenneté, la discipline et les sanctions, la place de la didactique et des apprentissages méthodologiques, la formation des maîtres, le travail en équipe, etc.
    Mais il les traite de manière originale, en une trentaine de chapitres dans lesquels il s'efforce de faire apparaître les enjeux essentiels.

    Ainsi, le livre peut-il se prêter à une multiplicité de lectures : certains le liront « comme un roman » et sans doute, à bien des égards, en est-il un , d'autres y trouveront un outil de réflexion individuelle ou collective, l'occasion de questionner leur activité, le moyen de faire le point sur bien des débats d'aujourd'hui.

  • C'est à partir de l'histoire de Frankenstein et de sa créature que Philippe Meirieu interroge cette représentation de l'éducation comme projet de toute maîtrise de l'autre, de contrôle total de son destin. Il montre qu'une telle perspective conduit tout droit à l'échec et à la mort, et il affirme que le pédagogue doit renoncer au dessein de « fabriquer l'autre » pour s'attacher aux conditions qui lui permettent, comme l'affirmait déjà Pestalozzi en 1797, de « se faire oeuvre de lui-même ». Pour cela plusieurs propositions concrètes sont avancées. Elles constituent autant de moyens d'« éduquer sans fabriquer » et font de cet ouvrage un véritable petit traité de pédagogie destiné à tous ceux qui veulent faire oeuvre éducative.

  • Les débats éducatifs s'organisent souvent autour de « lieux communs ». Issus de la tradition pédagogique, repris par les discours officiels, relayés par les médias, ils constituent une « vulgate pédagogique » bien connue : « l'élève au centre », « le respect de l'enfant », « les méthodes actives » ou « l'individualisation de la formation » sont ainsi présentés comme des évidences... avant de devenir des lignes de clivage, voire des objets d'épiques batailles idéologiques. Mais, ces « lieux communs » sont rarement explicités et l'on se garde bien de chercher comment ils sont apparus, dans quels sens ils ont été mobilisés et quelles différences, voire divergences d'interprétation, ils recouvrent. Que signifie « respecter un enfant » ? Qu'est-ce qu'un « élève actif » ? Que faut-il « individualiser » dans l'éducation et la formation ? Aussi est-il absolument nécessaire de regarder de près le sens et la portée de ces expressions. Derrière leur apparente simplicité, elles cachent des partis pris souvent contradictoires. C'est pourquoi il faut en débusquer les significations et, derrière les slogans, chercher les concepts. C'est tout l'enjeu de cet ouvrage : éclairer le pédagogue en lui permettant d'accéder aux véritables enjeux qui se cachent derrière les « lieux communs » pédagogiques. L'armer pour son métier, l'éclairer pour sa mission, lui fournir les « concepts clés » nécessaires pour mener à bien, le plus lucidement possible, l'entreprise éducative.

  • Plus que jamais les pédagogues sont sur la sellette. Soupçonnés de négliger la transmission des connaissances et de sacrifi er les exigences éducatives sur l'autel de l'égalitarisme. Accusés de négliger les enseignements des comparaisons
    internationales et des neurosciences pour mieux imposer leurs méthodes aventuristes. Écartés de la formation des maîtres dont on veut faire aujourd'hui les exécutants dociles des prescriptions
    offi cielles. Et pourtant la pédagogie n'a jamais été aussi nécessaire. Pour donner le goût d'apprendre à des enfants enrôlés de plus en plus tôt comme consommateurs compulsifs. Pour libérer nos élèves de la dépendance à l'égard de leurs prothèses technologiques et leur permettre d'accéder aux oeuvres de culture. Pour leur donner les moyens de se construire comme sujets, capables de s'engager dans des projets, de penser par eux-mêmes et de coopérer avec les autres.
    Ce n'est pas le moment de baisser les bras. La pédagogie, dès lors qu'on en comprend les enjeux et l'histoire, nous rend notre pouvoir d'éduquer. Elle nous permet de résister aussi bien aux vaines songeries des nostalgiques qu'aux coups de force des scientistes. De résister, aussi, aux dérives d'une société individualiste où le culte de la concurrence apparaît de plus en plus dangereux pour notre avenir.
    Pour l'avenir de notre École. Pour l'avenir de notre démocratie. Pour l'avenir de notre monde.

  • Philippe Meirieu, le plus célèbre pégdagogue contemporain, inspirateur de plusieurs réformes et de la création des IUFM, s'adresse aux parents angoissés par l'avenir de leurs enfants. Il veut, dans ce livre plein de bon sens et de conseils pratiques, les rassurer, les stimuler, donner du sens à leur rôle éducatif. Pour lui, le parent éducatif est comme un entraîneur au saut en hauteur. S'il place la barre trop bas, l'enfant n'apprend rien : il fait ce qu'il sait déjà faire. Si elle est placée trop haut, il se décourage. Ce qui l'aide à progresser, c'est d'estimer la hauteur supérieure à ce qu'il sait déjà faire mais qui demeure à sa portée. L'apprentissage est alors à la fois difficile et accessible. L'enfant a besoin d'aide pour franchir cette marche : des conseils, des encouragements, un dialogue constructif. Eduquer, c'est donc estimer la hauteur de cette barre et suppose "d'évaluer au jugé", mais également porter sur l'enfant un regard confiant sur sa capacité à franchir l'obstacle. Plein de conseils pratiques proposés en fonction des différents âges, ce livre s'inscrit dans une modernité de l'éducation à transmettre aux jeunes qui vivent avec des écrans, des portables, les réseaux sociaux. Il défend l'idée de "contraintes fécondes" à donner aux enfants pour qu'ils deviennent créatifs et autonomes.

  • Peut-être exista-t-il un temps où les enfants, en entrant en classe, se transformaient miraculeusement en élèves et « faisaient école » spontanément ?
    De toute évidence, ce temps n'est plus. Les enseignants constatent aujourd'hui, au quotidien, qu'il ne suffit pas qu'il soit inscrit « ÉCOLE » sur le fronton d'un bâtiment pour qu'il y ait « de l'École » dans l'école. On peut y interpeller le professeur comme le membre d'une bande rivale ou exiger de la maîtresse qu'elle remplace votre mère. On peut aussi se croire sur un plateau de télévision et considérer que la règle du jeu est bien d'éliminer « le maillon faible » !
    C'est que l'École, faute d'une verticalité qui ferait autorité, est livrée au mouvement brownien des intérêts individuels et perd progressivement sa légitimité.
    Philippe Meirieu part de ce constat et, loin d'en rester au registre de la plainte ou de la nostalgie, propose de réinstituer l'école en faisant d'elle une véritable institution capable de rendre possible la construction d'une démocratie authentique.
    Mais il ne se contente pas d'énoncer des finalités, il a voulu faire de ce livre un véritable « manuel de pédagogie », analysant successivement les principes fondateurs, les tensions constitutives du métier d'enseignant et les points sur lesquels asseoir une pratique réfléchie.

  • Pédagogue faisant référence dans le monde, l'auteur a pris le parti d'étudier à travers des oeuvres littéraires, les enjeux fondamentaux de l'éducation. De Perceval de Chrétien de Troyes à 1984 d'Orwell, de Giraudoux ou Montherlant à Primo Levi ou Russell Banks, il explore des oeuvres qui permettent d'entrer dans l'intelligence vive de l'éducation.

  • Les terribles attentats de 2015 et 2016 ont profondément secoué notre pays. Les enseignants, largement démunis malgré les récentes mesures prises par l'Éducation nationale, se posent un ensemble de « questions vives » : comment permettre aux élèves de distinguer le savoir et le croire ? Comment construire à l'école le respect de la liberté de chacun pour lutter contre l'assujettissement dans des groupes fanatisés ? Quel idéal offrir à ceux et celles qui, ne pouvant accéder à l'emploi et à la consommation, voient dans l'intégrisme religieux la seule manière de se donner une identité ? ... En vingt chapitres incisifs, tous construits à partir de situations réelles, Philippe Meirieu s'efforce de répondre à ces questions. Sans faux semblant ni langue de bois. Pour tous les enseignants et les ducateurs. Pour tous ceux et toutes celles qui veulent une démocratie où chacun et chacune ait sa place... et où nul ne soit plus jamais tenté par la violence barbare.

  • Au chevet de l'École malade se pressent les médecins de Molière. Chroniqueurs, philosophes, présentateurs de télévision, historiens ou romanciers, ils prétendent tous détenir le remède miracle : certains exhibent le clystère de la sélection, d'autres préconisent la saignée de la privatisation, d'autres encore suggèrent de vigoureux cataplasmes disciplinaires... Mais tous s'accordent à désigner le coupable, la pédagogie - ou le « pédagogisme » comme ils disent - qui aurait sacrifié toute véritable exigence disciplinaire pour promouvoir l'écoute béate des aspirations des élèves. L'École serait ainsi victime d'une massification galopante et démagogique, la violence en serait le lot quotidien et la qualité y serait devenue introuvable. Face à ces attaques, Philippe Meirieu et Michel Develay ont décidé de s'engager. Évoquant la figure d'Émile, le personnage emblématique du traité de Rousseau sur l'éducation, ils se proposent de passer au crible les discours actuels sur l'École et la pédagogie. Ils se placent ainsi résolument du côté de l'élève, en s'efforçant de distinguer avec lui ce qui l'aide à grandir de ce qui l'abîme, ce qui promeut son humanité de ce qui le condamne à la dépendance ou à la violence. C'est pourquoi ils prennent au sérieux les critiques et les objections qui mettent en question le rôle des Sciences de l'Éducation, la fonction de la pédagogie, la légitimité de la démocratisation du système éducatif, la référence aux Droits de l'Enfant, l'abandon des contenus disciplinaires. Sur tout cela, ils cherchent à comprendre le point de vue de leurs adversaires, rappellent les acquis des recherches en matière éducative, clarifient les enjeux essentiels et affirment leurs convictions. Écartant radicalement la tentation de traiter toujours l'échec par l'exclusion, ils dessinent ici, sur la question essentielle de l'École, les contours d'une « utopie de référence » pour une société qui en a terriblement besoin.

  • « Le mépris dans lequel beaucoup de nos intellectuels, certains enseignants et une partie de l'opinion publique tiennent la pédagogie, prépare la privatisation rapide du système scolaire. Inévitablement, les parents et les élèves qui ne trouvent pas à l'école une aide personnalisée au travail personnel, une réflexion sur le sens des savoirs et la formation à la citoyenneté se retourneront vers des filières spécialisées, des officines douteuses, quand ce ne seront pas des sectes millénaristes prêtes aujourd'hui à proliférer sur les décombres de la laïcité. Le service public d'éducation n'a pas d'autre choix : investir massivement dans la pédagogie ou périr. » Dans un débat qui n'a jamais été aussi vif, Philippe Meirieu ne mâche pas ses mots. Particulièrement exposé, souvent pris à partie pour ses projets de réforme, il s'adresse ici à quelques-uns de ses « amis politiques » : Jacques Julliard, Danièle Sallenave, Alain Finkielkraut, Catherine Kintzler, Régis Debray, Monique Vuaillat. Dans chaque lettre il reprend un thème de la controverse, s'explique et argumente point par point. Enfin, il interpelle tous les citoyens de la République soucieux de l'avenir de leur école. En vérité et sans concession.

  • Au chevet de l'École malade se pressent les médecins de Molière. Chroniqueurs, philosophes, présentateurs de télévision, historiens ou romanciers, ils prétendent tous détenir le remède miracle : certains exhibent le clystère de la sélection, d'autres préconisent la saignée de la privatisation, d'autres encore suggèrent de vigoureux cataplasmes disciplinaires... Mais tous s'accordent à désigner le coupable, la pédagogie - ou le « pédagogisme » comme ils disent - qui aurait sacrifié toute véritable exigence disciplinaire pour promouvoir l'écoute béate des aspirations des élèves. L'École serait ainsi victime d'une massification galopante et démagogique, la violence en serait le lot quotidien et la qualité y serait devenue introuvable. Face à ces attaques, Philippe Meirieu et Michel Develay ont décidé de s'engager. Évoquant la figure d'Émile, le personnage emblématique du traité de Rousseau sur l'éducation, ils se proposent de passer au crible les discours actuels sur l'École et la pédagogie. Ils se placent ainsi résolument du côté de l'élève, en s'efforçant de distinguer avec lui ce qui l'aide à grandir de ce qui l'abîme, ce qui promeut son humanité de ce qui le condamne à la dépendance ou à la violence. C'est pourquoi ils prennent au sérieux les critiques et les objections qui mettent en question le rôle des Sciences de l'Éducation, la fonction de la pédagogie, la légitimité de la démocratisation du système éducatif, la référence aux Droits de l'Enfant, l'abandon des contenus disciplinaires. Sur tout cela, ils cherchent à comprendre le point de vue de leurs adversaires, rappellent les acquis des recherches en matière éducative, clarifient les enjeux essentiels et affirment leurs convictions. Écartant radicalement la tentation de traiter toujours l'échec par l'exclusion, ils dessinent ici, sur la question essentielle de l'École, les contours d'une « utopie de référence » pour une société qui en a terriblement besoin.

  • « Le mépris dans lequel beaucoup de nos intellectuels, certains enseignants et une partie de l'opinion publique tiennent la pédagogie, prépare la privatisation rapide du système scolaire. Inévitablement, les parents et les élèves qui ne trouvent pas à l'école une aide personnalisée au travail personnel, une réflexion sur le sens des savoirs et la formation à la citoyenneté se retourneront vers des filières spécialisées, des officines douteuses, quand ce ne seront pas des sectes millénaristes prêtes aujourd'hui à proliférer sur les décombres de la laïcité. Le service public d'éducation n'a pas d'autre choix : investir massivement dans la pédagogie ou périr. » Dans un débat qui n'a jamais été aussi vif, Philippe Meirieu ne mâche pas ses mots. Particulièrement exposé, souvent pris à partie pour ses projets de réforme, il s'adresse ici à quelques-uns de ses « amis politiques » : Jacques Julliard, Danièle Sallenave, Alain Finkielkraut, Catherine Kintzler, Régis Debray, Monique Vuaillat. Dans chaque lettre il reprend un thème de la controverse, s'explique et argumente point par point. Enfin, il interpelle tous les citoyens de la République soucieux de l'avenir de leur école. En vérité et sans concession.

  • L'école est à la mode et chacun y va de son couplet. Mais la polémique fait parfois oublier l'essentiel : malgré les ravalements, la vieille maison n'a guère évolué en profondeur...

    Avec L'école mode d'emploi, Philippe Meirieu évoque les grands thèmes de la réflexion pédagogique contemporaine ; mais, plutôt que d'en présenter un nouveau résumé ou une ultime apologie, il les questionne à travers les aventures d'un élève parmi tant d'autres, qui se trouve confronté avec tous ceux qui, de Freinet à Legrand, de la psychanalyse à la pédagogie par objectifs, n'ont cessé de s'intéresser à lui.

    Au terme de ce parcours, des évidences se dégagent de L'école mode d'emploi : la fonction de l'école est bien la transmission des savoirs. Mais l'apprentissage ne se décrète pas, il s'effectue, pour chacun, de manière active et singulière. Et c'est l'apprentissage réussi qui, à l'école, est véritablement éducatif. Il restait encore à fournir des jalons qui permettent de passer à l'acte...

    C'est ainsi qu'est définie la « pédagogie différenciée » : elle se propose de briser la rigidité du fonctionnement habituel de la classe en élaborant des itinéraires d'apprentissage diversifiés et en mettant en oeuvre de nombreux outils (grilles d'évaluation, diversification des méthodes et des technologies, travail en équipe des enseignants, groupes de besoins, etc.).

    Plus profondément encore, elle permet d'associer l'élève à la recherche et à la définition de ses méthodes de travail ; la différenciation de la pédagogie est un moyen particulièrement précieux pour redonner vie et sens à l'éducation scolaire.

    Très dense et riche, L'école mode d'emploi de Philippe Meirieu apporte un éclairage neuf.

    L'école mode d'emploi interpellera les enseignants et les formateurs, nourrira leur réflexion et les outillera efficacement pour l'action pédagogique.

  • Après la faillite des grandes utopies politiques, la pédagogie reste le seul moyen d'éviter une explosion sociale. Une contribution au débat de l'éducation, pour en comprendre les enjeux.

  • « Il n'a jamais rien à faire ! La veille d'un contrôle, il commence à s'inquiéter... Pour réviser, il ne sait pas comment s'y prendre... », disent les parents. « Les parents ne sont jamais là... De toute façon, ils ne s'intéressent qu'aux notes... ou à faire le travail de leurs enfants à leur place ! », disent les enseignants. « Il faudrait qu'ils nous lâchent un peu les baskets... Et qu'ils soient là quand on a besoin d'eux ! », disent les enfants et les adolescents, s'adressant aussi bien à leurs parents qu'à leurs enseignants. Ainsi, les « devoirs à la maison » sont-ils souvent source de conflits, voire de parties de bras de fer interminables. Ce livre s'efforce de replacer cette question dans l'ensemble des problèmes scolaires d'aujourd'hui, sans langue de bois, et en renvoyant chacun à ses responsabilités. Il examine, point par point, tous les aspects concrets du travail personnel des élèves, et fournit une multitude de propositions que chacun pourra mettre en application immédiatement. Cet ouvrage, devenu un classique - augmenté dans la présente édition d'un nouveau chapitre consacré aux devoirs de vacances -, s'adresse aux parents d'élèves (de tous niveaux scolaires), aux enseignants, aux surveillants, aux animateurs de structures de soutien scolaire. Aux élèves aussi qui, du collège au lycée, y trouveront des outils pour apprendre efficacement à travailler. À tous ceux, enfin, qui considèrent que l'éducation est la clé de notre avenir.

  • Apprendre, pourquoi ? Comment ? Avec l'aide de tous les partenaires potentiels, en prenant en compte les cultures en présence, en intégrant l'importance du corps dans l'apprentissage, en développant prises de parole et de pouvoir.

  • Qu'est-ce qui fait courir un pédagogue ? Comment un professeur devient-il un militant et un chercheur en pédagogie ? Qu'espère-t-il vraiment en participant à des commissions ou des réformes ? En quoi son combat pour l'accès aux savoirs est-il solidaire d'un projet plus large d'émancipation de tous et de refondation de la démocratie ? Pourquoi décide-t-il de s'engager en politique? Qu'est-ce qu'un catho de gauche" vient faire chez les écologistes ? Et, au total, qu'est-ce qu'être aujourd'hui un pédagogue dans la Cité ? Considéré par les uns comme une des figures de proue de l'éducation et de la formation, accusé par d'autres d'avoir sapé les fondements de l'école, Philippe Meirieu s'explique ici. Interrogé sans complaisance par Luc Cédelle, il répond sans fard. Sans esquiver les coups ni les problèmes. Au plus près du plus juste. Il s'adresse à tous ceux et à toutes celles qui se demandent : "Que voulons-nous transmettre à nos enfants ?"et "Quel futur préparons-nous ?"".

  • L'autonomie est aujourd'hui une injonction tant scolaire que sociale : il faut former les élèves à « devenir autonomes », les citoyens sont invités à se « prendre en main » et à « être autonomes », l'évolution des technologies est censée contribuer à nous «autonomiser», etc. Mais qu'est-ce donc que l'autonomie ? Le premier mérite de ce livre est d'en fournir une définition stabilisée : l'autonomie est la capacité d'agir, de choisir et de penser par soi-même afin de se diriger dans le monde. Son deuxième mérite est de nous permettre de comprendre la surchauffe idéologique autour de cette notion : dès lors qu'il n'y a plus de consensus sur le but de l'éducation, l'autonomie en devient une finalité nécessaire. Son troisième mérite est d'insister sur le fait que l'autonomie n'est ni un don ni le résultat d'un développement naturel, mais suppose une interaction avec l'environnement et les expériences qu'il permet, l'intégration de normes sociales, l'acquisition de connaissances scolaires. Elle requiert bien une prise en charge, un ensemble d'interventions éducatives assumées qui sont, ici, très précisément décrites. Car c'est grâce à l'éducation que l'enfant peut devenir autonome.

  • Devant l'éclatement d'un monde en factions rivales qui n'arrivent à communiquer que par la violence, s'impose la refondation de l'école, basée sur le principe de la non-discrimination et sur celui de l'hétérogénéité qui rassemble des différences.

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