Théâtre

  • Le Cid

    Pierre Corneille

    Rodrigue et Chimène s'aiment et s'apprêtent à se marier. Mais lorsque le comte de Gomès, le père de Chimène, donne un soufflet à don Diègue, celui de Rodrigue, c'est au jeune homme que revient le devoir de laver, dans le sang, l'outrage fait à son vieux père. Rodrigue a « du coeur », mais il ne sait que faire : mourir sans offenser Chimène ? Se venger et la perdre ? Cruel dilemme.
    Le Cid est un poème amoureux. Corneille raconte l'histoire d'une jeunesse que ses aînés condamnent au renoncement et que les sentiments poussent à la révolte.

  • Cette pièce est inspirée du fameux mythe grec d'OEdipe et de la tragédie de Sénèque. OEdipe gouverne Thèbes. Dircé, fille de Laïus, l'ancien roi de Thèbes, est amoureuse de Thésée, mais OEdipe la destine à Hémon. Celle-ci refuse l'autorité d'OEdipe, se considérant comme l'héritière légitime du trône. C'est alors qu'on découvre qu'OEdipe est le fils légitime de Laïus, et que l'on réalise l'ampleur de ses crimes...

  • À la demande du vieux Pridamant, désespéré de ne pas retrouver son fils Clindor, le magicien Alcandre déroule le spectacle des aventures de ce dernier. D'un lieu à l'autre, et à travers le temps, des « spectres animés » figurent sa vie de picaro. Au service du fanfaron Matamore, Clindor courtise la même jeune femme que son maître, tout en déclarant sa flamme à une autre. Sauvé de justesse de la prison et d'une mort certaine, il réapparaît ailleurs, éblouissant, pour succomber bientôt à une fin tragique. À moins que tout ne soit qu'illusion...
    «Étrange monstre », selon les propres termes de Corneille, L'Illusion comique s'inscrit pleinement dans le courant baroque des années 1630. Son extravagance, sa bizarrerie ont surpris et séduit tous les publics. Brillant et vivant éloge de l'art dramatique, L'Illusion comique déstabilise autant qu'elle enthousiasme. La clé de l'originalité est toute entière dans la structure dite du « théâtre dans le théâtre ». De là, la variété des lieux dans un lieu unique, l'étalement du temps dans une durée très courte, la multiplicité des actions à l'intérieur de la même histoire. De là, cette pièce que son auteur présente comme le comble de l'originalité, alors qu'elle est, si l'on prend isolément situations, personnages et thèmes, l'une des moins originales de tout son théâtre. En somme, L'Illusion comique est la plus belle démonstration du brio de Corneille.

  • ACTE I
    SCÈNE PREMIÈRE.
    Damon, Théante
    Damon
    Ami, j'ai beau rêver, toute ma rêverie
    Ne me fait rien comprendre en ta galanterie.
    Auprès de ta maîtresse engager un ami,
    C'est, à mon jugement, ne l'aimer qu'à demi.
    Ton humeur qui s'en lasse au changement l'invite ;
    Et n'osant la quitter, tu veux qu'elle te quitte.
    Théante
    Ami, n'y rêve plus ; c'est en juger trop bien
    Pour t'oser plaindre encor de n'y comprendre rien.
    Quelques puissants appas que possède Amarante,
    Je trouve qu'après tout ce n'est qu'une suivante ;
    Et je ne puis songer à sa condition
    Que mon amour ne cède à mon ambition.
    Ainsi, malgré l'ardeur qui pour elle me presse,
    À la fin j'ai levé les yeux sur sa maîtresse,
    Où mon dessein, plus haut et plus laborieux,
    Se promet des succès beaucoup plus glorieux.
    Mais lors, soit qu'Amarante eût pour moi quelque flamme,
    Soit qu'elle pénétrât jusqu'au fond de mon âme,
    Et que malicieuse elle prît du plaisir
    À rompre les effets de mon nouveau désir,
    Elle savait toujours m'arrêter auprès d'elle
    À tenir des propos d'une suite éternelle.
    L'ardeur qui me brûlait de parler à Daphnis
    Me fournissait en vain des détours infinis ;
    Elle usait de ses droits, et toute impérieuse,
    D'une voix demi-gaie et demi-sérieuse :
    "Quand j'ai des serviteurs, c'est pour m'entretenir,
    Disait-elle ; autrement, je les sais bien punir ;
    Leurs devoirs près de moi n'ont rien qui les excuse."
    Damon
    Maintenant je devine à peu près une ruse
    Que tout autre en ta place à peine entreprendrait.
    Théante
    Écoute, et tu verras si je suis maladroit.
    Tu sais comme Florame à tous les beaux visages
    Fait par civilité toujours de feints hommages,
    Et sans avoir d'amour offrant partout des voeux,
    Traite de peu d'esprit les véritables feux.
    Un jour qu'il se vantait de cette humeur étrange,
    À qui chaque objet plaît, et que pas un ne range,
    Et reprochait à tous que leur peu de beauté
    Lui laissait si longtemps garder sa liberté :
    "Florame, dis-je alors, ton âme indifférente
    Ne tiendrait que fort peu contre mon Amarante."
    "Théante, me dit-il, il faudrait l'éprouver ;
    Mais l'éprouvant peut-être on te ferait rêver :
    Mon feu, qui ne serait que pure courtoisie,
    La remplirait d'amour, et toi de jalousie."
    Je réplique, il repart, et nous tombons d'accord
    Qu'au hasard du succès il y ferait effort.
    Ainsi je l'introduis ; et par ce tour d'adresse,
    Qui me fait pour un temps lui céder ma maîtresse,
    Engageant Amarante et Florame au discours,
    J'entretiens à loisir mes nouvelles amours.
    Damon
    Fut-elle sur ce point ou fâcheuse ou facile ?
    Théante
    Plus que je n'espérais je l'y trouvai docile.
    Soit que je lui donnasse une fort douce loi,
    Et qu'il fût à ses yeux plus aimable que moi ;
    Soit qu'elle fît dessein sur ce fameux rebelle
    Qu'une simple gageure attachait auprès d'elle,
    Elle perdit pour moi son importunité,
    Et n'en demanda plus tant d'assiduité.
    La douceur d'être seule à gouverner Florame
    Ne souffrit plus chez elle aucun soin de ma flamme,
    Et ce qu'elle goûtait avec lui de plaisirs
    Lui fit abandonner mon âme à mes désirs.
    Damon
    On t'abuse, Théante ; il faut que je te dise
    Que Florame est atteint de même maladie,
    Qu'il roule en son esprit mêmes desseins que toi,
    Et que c'est à Daphnis qu'il veut donner sa foi.
    À servir Amarante il met beaucoup d'étude ;
    Mais ce n'est qu'un prétexte à faire une habitude :
    Il accoutume ainsi ta Daphnis à le voir,
    Et ménage un accès qu'il ne pouvait avoir.
    Sa richesse l'attire, et sa beauté le blesse ;
    Elle le passe en biens, il l'égale en noblesse,
    Et cherche ambitieux, par sa possession,
    À relever l'éclat de son extraction.
    Il a peu de fortune, et beaucoup de courage ;
    Et hors cette espérance, il hait le mariage.
    C'est ce que l'autre jour en secret il m'apprit ;
    Tu peux, sur cet avis, lire dans son esprit.
    Théante
    Parmi ses hauts projets il manque de prudence,
    Puisqu'il traite avec toi de telle confidence.
    Damon
    Crois qu'il m'éprouvera fidèle au dernier point,
    Lorsque ton intérêt ne s'y mêlera point.
    Théante
    Je dois l'attendre ici. Quitte-moi, je te prie,
    De peur qu'il n'ait soupçon de ta supercherie.
    Damon
    Adieu. Je suis à toi.

  • Célidée se sépare de Lysandre pour mieux le reconquérir. Ce dernier fait semblant d'aimer Hippolyte, elle-même déjà aimée par l'ami de Lysandre, Dorimant.
    Entre jalousie et malentendus, les deux hommes s'affrontent en duel, jusqu'à ce que Célidée intervienne...

  • Cette pièce est la première tragicomédie de Pierre Corneille.
    Les princesses Caliste et Dorise sont toutes les deux promises respectivement à Clitandre et Pymante. Cependant, les princesses sont toutes deux éprises de Rosidor, lui-même amoureux de Caliste. Tandis que Dorise fomente le meurtre de Caliste, Pymante prépare celui de son rival, Rosidor. S'ensuit alors une succession de péripéties, qui feront éclater la vérité...

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