Le Livre de Poche

  • Edition enrichie (préface, notes, dossier sur l'oeuvre, variantes, chronologie et bibliographie)Don Gomès, père de Chimène, approuve le mariage de sa fille et de Rodrigue. Mais lorsqu'il apprend que le père de Rodrigue, don Diègue, a été désigné gouverneur du prince de Castille à sa place, il soufflette son rival. Don Diègue met alors la main à l'épée, mais il est trop vieux pour se battre et don Gomès le désarme : c'est alors à son fils que don Diègue demande de le venger. Rodrigue doit-il le faire comme le lui impose son honneur, ou conserver l'amour qui le lie à Chimène ?
    Jouée en 1637 au Théâtre du Marais, la pièce, qui était alors - genre à la mode- une tragi-comédie dont Corneille avait puisé le sujet dans une oeuvre espagnole, rencontre immédiatement un grand succès, mais déchaîne une querelle littéraire - la première du siècle - qui durera jusqu'en 1660. Entre-temps, le dramaturge aura remanié sa pièce en l'élevant à la tragédie, et si Le Cid marque dans l'histoire du théâtre une étape essentielle, c'est qu'avec lui se fonde un certain classicisme en même temps qu'apparaissent le «héros cornélien» et la dimension politique, pour Corneille, de toute vraie tragédie.

    Edition de Christian Biet. 

  • Dans une Arménie soumise à la Rome impériale, un jeune seigneur, Polyeucte, époux de la fille du gouverneur, se fait baptiser en secret à l´instigation de Néarque, son ami chrétien. Prié d´assister peu après à un sacrifice qui célèbre le retour d´un général romain, il perturbe le rituel en proclamant sa foi et entreprend de briser les statues du culte païen. Ni les prières de son épouse, ni les supplications de son beau-père ne lui feront renier son acte.
    Quand Corneille, dans le courant de l´hiver 1642-1643, porte sa tragédie à la scène, la singularité de son Polyeucte martyr - qui reprend l´histoire d´un saint authentique et s´inspire discrètement d´une pièce italienne - est d´associer la figure du chrétien et celle du héros de tragédie. «Si mourir pour son prince est un illustre sort, / Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort ?» Le martyre est ainsi une forme d´héroïsme. Mais la violence iconoclaste de Polyeucte est-elle d´un chrétien ou bien plutôt d´un fanatique comme le pensait Voltaire ? C´est peut-être de ce fanatisme que la pièce, aujourd´hui, tire son actualité.

    Edition de Claude Bourqui et Simone de Reyff. 

  • « Je n'ai plus que ce jour, que ce moment de vie :
    Pardonnez à l'amour qui vous la sacrifie, Et souffrez qu'un soupir exhale à vos genoux, Pour ma dernière joie, une âme toute à vous. » En vertu d'un traité, la Princesse d'Arménie Eurydice doit épouser le Prince héritier des Parthes, Pacorus, alors qu'un amour partagé mais secret l'attache à Suréna, le glorieux vainqueur des Romains, grâce à qui le roi des Parthes a retrouvé son trône. Le secret découvert, Suréna est sommé de renoncer à Eurydice et de se plier à la volonté de son roi.
    Héros parfait, Suréna est trop glorieux pour ne pas susciter la jalousie de son monarque, mais également trop amoureux pour lui céder. Politiquement coupable, mais humainement innocent, il est de son destin d'aller à la mort plutôt que de renoncer à aimer, comme celui de son roi est d'aller à la chute en se faisant tyran. En 1674, Suréna est la dernière pièce de Corneille. C'est également la plus tragique.

    Edition présentée et annotée par Georges Forestier. 

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