Remy Bijaoui

  • L'affaire Baudelaire

    Remy Bijaoui

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    • 1 Février 2021

    Le 20 août 1857, Charles Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » par le tribunal correctionnel de la Seine. En cause, prétendument inspirés par une imagination maladive, six poèmes des Fleurs du Mal jugés indécents, en raison de leur « réalisme grossier » et de « passages ou expressions obscènes ». Il fallut le combat de plusieurs générations de fervents lettrés pour faire annuler le jugement : suite à un arrêt de la Cour de cassation, la réhabilitation du grand poète n'interviendra qu'en 1949 !

  • Le 25 mai 1926, en plein Paris, Samuel Schwartzbard, Juif russe anarchiste, abat de sept balles de revolver le dirigeant nationaliste ukrainien, Simon Petlioura, qu'il estime responsable des terribles massacres perpétrés contre ses coreligionnaires - des massacres qu'il perçoit avec lucidité comme l'annonce de la catastrophe à venir. Une fois son geste vengeur accompli, l'homme se laisse arrêter sans résistance : il a tué avec préméditation et assume son acte en toute conscience.

  • Le procès Judas

    Remy Bijaoui

    • Imago
    • 31 Juillet 2000

    Il y a un mystère Judas. Frappé par l'énormité de l'accusation et le caractère unanime et passionnel d'une condamnation sans procès, Rémy Bijaoui cherche à rétablir la « vérité judiciaire » sur cette affaire. Avec le regard objectif de l'historien et la précision du juriste, explorant toutes les interprétations possibles de cette « trahison » déconcertante, il dénonce les idées reçues, dissèque les mobiles, pèse les charges de l'accusation et passe au crible d'une analyse acérée les propos des témoins - peu nombreux - et, bien entendu, ceux de Jésus lui-même.

  • Un essai sur les flammes de l'Inquisition par lesquelles de nombreuses personnes ont été dévorées.
    Tout est connu de l'inquisition et de son terrible tribunal, machine à broyer les âmes et à supplicier les corps, au nom du dogme intangible. Le mérite de l'auteur est de reconstituer la réalité concrète de ce système à travers quelques épisodes saisissants qui nous montrent les pouvoirs extraordinaires d'une institution sept fois séculaire. Avec le talent du conteur et la précision du juriste, Rémy Bijaoui nous propose une plongée dans les sombres eaux inquisitoriales?: le bûcher de Montségur, le martyre des Vaudois d'Arras (qui n'est pas sans rappeler l'affaire d'Outreau), les procès retentissants d'Espagne (Carrenza, Perez), le cas Giordano Bruno, la chasse aux sorcières, le grandiose autodafé du 30 juin 1680, l'inquisition de Goa spectaculairement révélée par le médecin français Charles Dellon.
    Immergez-vous dans la terrible réalité de l'Inquisition et laissez l'auteur vous guider au fil de plusieurs procès inquisitoires.
    EXTRAIT
    L'on sait que parmi les sorcières, il y avait beaucoup de sages-femmes : pas un village qui n'eût la sienne. Très vite, la croyance s'installa que ces « sages-femmes » tuaient les enfants avant le baptême pour servir Satan en reculant le jour du jugement dernier. Les murmures d'épouvante allaient devenir un cri de damnation et répandre - pendant plus de deux siècles - une terreur d'imagination qui, des campagnes, remontera aux sphères les plus élevées de l'Église et du royaume tout entier. On tremblait devant ces servantes de Satan, protégées par les charmes et les sortilèges, défiant l'Église de Dieu. On les voyait partout. N'importe quel événement accidentel ou tragique survenu dans un hameau était imputé aux sorcières. « Le soupçon s'attachait peu à peu à quelque vieille femme d'humeur acariâtre ; aussitôt on l'arrêtait, car, aux yeux des inquisiteurs, une simple menace telle que tu t'en repentiras, lancée négligemment, mais suivie du moindre malheur, suffisait à justifier l'arrestation et le procès. Tous les voisins accouraient en foule et se constituaient accusateurs ; celui-ci avait perdu une vache, cet autre avait vu sa récolte ruinée par la grêle ; les chenilles avaient ravagé le jardin d'un troisième ; telle femme avait souffert d'un avortement ; le lait de telle autre s'était subitement tari ; une autre encore avait perdu un enfant plein de vie ; deux amants s'étaient querellés ; un homme était tombé d'un pommier et s'était rompu le cou. » [...]
    La répression qui s'abattit sur elles fut, d'un bout à l'autre de l'Europe, implacable. Elle s'exerça sous l'effort combiné quoiqu'indépendant de l'Église et de l'État. Car - phénomène digne de remarque - dans un premier temps, les procès de magie et de sorcellerie relèveront indifféremment de la compétence des juridictions ecclésiastiques ou séculières. Peu à peu, dans toute la France, les juges épiscopaux, sous l'influence du Parlement, affirmeront leur primauté sur les inquisiteurs. En pratique, l'Église conservait l'initiative des poursuites : elle instrumentait sous l'oeil attentif du juge royal, qui de son côté enregistrait les interrogatoires de l'accusé et des témoins par l'inquisiteur. Mais, une fois la peine prononcée par le juge d'Église, l'hérétique était transféré dans les prisons royales pour y être jugé, non plus sous l'angle théologique, mais au regard d'un crime de lèse-majesté (le crime de sorcellerie) entraînant ipso facto un verdict de mort.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Édifiant !" Jean-Pierre Allali, Dafina.net
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Rémy Bijaoui est avocat au barreau de Paris. Il a publié plusieurs ouvrages sur la justice et l'histoire, dont Voltaire avocat (Tallandier), Prisonniers et prisons de la Terreur et Le Procès Judas (Imago).

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