Renee Gagnon

  • Emparée

    Renee Gagnon

    Laurette Gagnon, née Tétreault, est venue au monde en 1916. Elle a porté plus d'enfants qu'elle n'en a élevé. Treize. Elle a fait rouler la maisonnée. Son mari Arthur travaillait comme dessinateur de plans de maisons pour la Ville de Grand-Mère. Laurette a vécu le deuil d'un enfant, frappé par une voiture dans la fleur de l'âge. Elle mesurait environ cinq pieds et n'a jamais mis de talons hauts. Sa porte était toujours ouverte. Elle a partagé sa vie presque jusqu'à la fin avec trois de ses filles, qui habitent toujours la maison familiale. Elle est décédée des suites d'un trouble cognitif à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Elle aimait et était aimée.
    Je suis l'une de ses douze petites-filles et petits-fils.
    Ce livre en est un de fiction, de souvenirs et de faits.

    - R. G.

  • Séries de poèmes tendus et cassés, de blasons comme grattés, gravés sur l'os, Des fois que je tombe éprouve l'avancée d'un corps chancelant mais rapide, dont la parole progresse par secousses, dans une connivence inquiète entre mouvement et conscience. Les poèmes esquissent un monde élémentaire, fruste, qu'irradie un noyau de douleur en constant éveil. Ils sont les signes rétifs d'un corps puni, émotionnellement vidangé, en sursis, sacrifié autant que scarifié. Si les affects sont bruts et le sens inchoatif, Renée Gagnon réussit à tirer de cette passion décharnée un chant de piste sensible - chuchotis à fleur de nerfs, volés au ressenti informe.

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