Langue française

  • Cet ouvrage habilement construit d'Álvaro de la Rica se propose d'éclairer un aspect peu commenté de l'oeuvre de Kafka, son rapport à la Loi juive. À travers ses textes, principalement Le procès et La colonie pénitentiaire, mais aussi à travers la correspondance, le journal et les témoignages des proches de Kafka, Álvaro de la Rica analyse la complexité de l'attitude du grand auteur tchèque de langue allemande face à la Loi. Pour Kafka, nous dit de la Rica, elle n'est pas un simple moyen de répression, mais plutôt la promesse d'un sens caché. L'écrivain espagnol tente donc de placer l'oeuvre de Kafka au-delà du constat de l'absurde qui domine souvent nos lectures de l'oeuvre kafkaïenne et pousse sa réflexion jusqu'à une perspective prophétique, notamment par rapport aux événements de la Shoah.

    Puis, ces Sept méditations sur Kafka reviennent aussi sur le rapport conflictuel qui existe pour Kafka entre l'art et la vie. La conception quasi-religieuse de l'écriture - comme un devoir, une faute, ou un péché qu'il ne parvient pas à expier - la transforme en drame quotidien selon de la Rica, mais cette attitude l'amène également à une distance et donc à une réflexion constante sur notre réalité. La Loi est à la fois promesse, frustration et vertige pour Kafka, et cette complexité constitue sans aucun doute l'une des clefs pour cerner au mieux la puissance d'une oeuvre singulière et comparable à nulle autre dans son siècle.

  • Dimanche 24 août 1935. C'est jour de Pardon à Gastel Nevez, petit pays de Centre Bretagne célébré par les peintres de la toute proche Pont-Aven. Au bord de l'Aulne se pressent pèlerins et curieux, attirés par les réjouissances et les vertus de la fontaine miraculeuse. Installé à L'auberge de Pont-Aven, Paul, jeune peintre parisien, sème le désarroi chez l'appétissante Simone, propriétaire des lieux, déshabille la jeune couturière Katell, trop vite prête à poser pour lui, et rend folle la revêche Léna, épouse bigote de Lom Le Milliner, le minotier. En ce jour saint, toutes les licences sont pardonnées. Mais y aura-t-il un pardon pour Pomme et Corentin, les bâtards ? Et pour Niels le rebouteux, qui a perdu la mémoire dans les tranchées ? Y en eut-il pour ses parents, les mariniers hollandais, morts dans l'inondation de 1924, ou pour sa soeur, la trop belle Éva, mystérieusement disparue avec son amant François ? Et pour Anna la laveuse, dont le mari s'est pendu, et leur fils Yves, le métayer couvert de dettes qui rêve d'Amérique ? Marquée encore par la Première Guerre et durement touchée par la crise, la Bretagne fournit le terreau idéal pour ce grand mélodrame. Le noir désespoir en est éclairé par l'étrange propension au rêve des Bretons, les parfums de légende de la vie quotidienne, la sensualité de la nature et les réminiscences nostalgiques de Gauguin et Sérusier.

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