Vincent de Gaulejac

  • Les signes d´une crise profonde se multiplient dans les organisations et plus largement dans le monde du travail : stress, burn out, dépressions, suicides, perte de sens, précarité, pertes d´emplois, révoltes, manifestations, séquestrations, occupations ; autant de manifestations destructives qui semble toucher l´ensemble des entreprises et des institutions, privées et publiques... Mais peut-on encore parler de crise lorsqu´elle devient permanente ?
    Ce livre explore les sources de cette situation inquiétante. Il décrit les liens entre la dimension psychologique du mal être, les mutations organisationnelles et les transformations du capitalisme financier. La "révolution managériale" qui devait réconcilier l'homme et l'entreprise conduit à la lutte des places et au désenchantement. L'idéologie gestionnaire transforme l'humain en ressource au service de la rentabilité de l'entreprise. La souffrance au travail manifeste une nouvelle exploitation psychique, tout aussi réelle que l´ancienne exploitation du prolétariat dans le capitalisme industriel. La colère gronde chez les salariés confrontés à des restructurations, des réorganisations permanentes qui leur semblent aussi violentes qu'injustifiées.
    Dans les institutions publiques, la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) engendre désorganisation et désespérance. La frénésie modernisatrice, la culture du résultat et l´obsession évaluatrice créent un monde pathogène et paradoxal. Face aux violences innocentes de cette « nouvelle gouvernance », les salariés semblent n´avoir pas d´autre choix que de se révolter ou se détruire.
    Entre la colère et la dépression, d´autres voies sont pourtant possibles. En sociologue clinicien, l´auteur propose un diagnostic approfondi à partir duquel il définit les conditions qui permettraient de « travailler mieux pour vivre mieux ».

  • Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle.
    La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail. la société n'est plus qu'un marché, un champ de bataille où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. face à cette mutation, la politique, également contaminée par le " réalisme gestionnaire ", semble impuissante à dessiner une autre voie.
    Peut-on échapper à l'épidémie? peut-on repenser la gestion comme l'instrument d'organisation d'un monde commun? c'est justement la piste qu'ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.

  • Les sociétés hypermodernes exacerbent la nécessité de s'affirmer comme individu autonome pour se conformer à l'idéologie de la réalisation de soi-même. Beau paradoxe puisque chacun doit cultiver son identité personnelle en se conformant à l'injonction d'être un sujet responsable de lui-même, de ses actes, de ses désirs, de son existence sociale. Mais que signifie vouloir être soi-même?Cet ouvrage explore les conditions sociales et psychiques du processus de subjectivation par lequel un individu cherche à advenir comme sujet. Entre sociologie et psychanalyse, l'exploration porte sur les notions d'individu, d'identité, de sujet, adossée à des vignettes cliniques à partir de récits de vie. Il prolonge les réflexions de l'auteur sur une sociologie clinique attachée à comprendre, au plus près du vécu, comment se tissent les relations intimes entre l'être de l'homme et l'être de la société.D'autres livres ont abordé la question. Celui-ci a le mérite d'offrir, avec clarté, un parcours passionnant à travers les diverses approches du sujet (philosophiques, psychologiques et sociologiques). Il dessine les contours d'un être humain unifié, où psychique et social interagissent au lieu de s'opposer, où les déterminismes sociaux sont aussi les ingrédients de l'autonomie.Vincent de GaulejacDirecteur du Laboratoire de changement social, professeur de sociologie à l'université Paris VII-Denis Diderot, membre fondateur de l'Institut international de sociologie clinique, auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont La Névrose de classe, La Lutte des places, Les Sources de la honte, L'Histoire en héritage, La Société malade de la gestion.

  • C'est paradoxal ! : l'expression semble s'tre banalise. Elle exprime la surprise, l'tonnement, la colre parfois, devant des situations juges incohrentes, contradictoires, incomprhensibles. Quelques formules glanes ici et l illustrent cette inflation du paradoxal : Je suis libre de travailler 24 heures sur 24 , Il faut faire plus avec moins , Ici, il n'y a pas de problmes, il n'y a que des solutions , Je traite de plus en plus de travail en dehors de mon travail et inversement , Plus on gagne du temps, moins on en a ...L'ouvrage analyse la gense et la construction de cet ordre paradoxal . Il explore les liens entre la financiarisation de l'conomie, l'essor des nouvelles technologies et la domination d'une pense positiviste et utilitariste. Il montre pourquoi les mthodes de management contemporain et les outils de gestion associs confrontent les travailleurs des injonctions paradoxales permanentes, jusqu' perdre le sens de ce qu'ils font.Enfin, cet ouvrage met jour les diverses formes de rsistance, mcanismes de dgagement ou ractions dfensives mises en oeuvres par les individus. Pour certains, le paradoxe rend fou. Pour d'autres, il est un aiguillon, une invitation au dpassement, l'invention de rponses nouvelles, individuelles et collectives.Vincent de Gaulejac, professeur mrite l'universit Paris 7 - Denis Diderot, prsident du Rseau international de sociologie clinique, auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont La Nvrose de classe, La Socit malade de la gestion et Travail, les raisons de la colre.Fabienne Hanique, sociologue, professeur l'universit Paris 7 - Denis Diderot, chercheur au LCSP, vice-prsidente du RISC, auteur de Le Sens du travail, et (en coord.) La Sociologie clinique. Enjeux thoriques et mthodologiques.

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