William S. Messier

  • Avec son numéro 118, la revue XYZ invente le road short story ! David Dorais, qui dirige ces dix « Nouvelles de la route », parle plus poétiquement d'une « Odyssée en fragments ». Des auteurs de renom tels que Samuel Archibald, Raymond Bock, Anne-Marie Boivin, Nicolas Charette, Jean-Simon DesRochers, Jean Pierre Girard, Catherine Mavrikakis, William S. Messier et Suzanne Myre se sont inspirés du sous-thème qui leur a été attribué (le casse-croûte, l'autoroute, l'accident, la voiture, le motel, le motorisé, le Madrid, etc.). Le voyage est fascinant. Hors dossier, la rubrique « Thème libre » met à l'honneur un texte de David Clerson et la section « Intertexte » voit Renald Bérubé poursuivre sa traversée de la nouvelle américaine, amorcée dans le numéro 115 (automne 2013).

  • Considéré dans ce texte: After Life. La philosophie derrière Seinfeld. The Office. L'art du malaise en humour. L'imaginaire de la fin dans les téléséries. Jim Carrey et la mort. Apprendre à être une bonne personne.

  • Si vous demandez à Dave Langevin, il vous dira que ça fait longtemps que les signes sont là. Il suffisait d'écouter les paroles, d'être attentif aux chansons qu'il faisait jouer dans la fourgonnette de l'équipe avant les matchs dans les villes voisines. Quand les abeilles tueuses déferlent sur Granby, Dave les attend déjà depuis un moment. Le coach, lui, n'a rien à faire des théories fumeuses de son assistant. Jamais il n'aurait pensé qu'une ville aussi paisible puisse devenir la scène des horreurs des derniers jours. Policier à la retraite, il sait pourtant que tout ce qui dort n'est pas tranquille, et qu'on ne se prépare jamais assez contre les dangers invisibles. Le basketball et ses fondamentaux, c'est aussi la paranoïa d'une collègue aux comptes recevables convaincue que le mobilier bouge pendant la nuit. C'est cette chance en or pour un athlète déchu de revivre ses années de gloire. C'est le souvenir d'un âge où on croit encore qu'il y a en nous une légende sportive en puissance. C'est la révélation que tout dans le Québec ordinaire est potentiellement grandiose ou inquiétant. William S. Messier s'intéresse au sport, mais aussi au destin de ceux et celles qui gravitent autour des vestiaires et des gymnases. Dans Le basketball et ses fondamentaux, il fait entendre les voix drôles et touchantes d'une galerie de personnages à la fois proches de nous et fondamentalement étranges, qui tous ont éprouvé, à un moment ou à un autre, l'intense conviction que c'est en racontant et en jouant qu'on se réinvente, malgré l'esprit qui s'emballe, les abeilles tueuses et les fautes personnelles.

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