Yanny Hureaux

  • Elle dort. Le dimanche l'a épuisée. Un beau dimanche. Celui de la "visite" du père divorcé à sa fille de neuf ans. Elle dort. Elle est le soleil de son papa. Son papa qui conduit la Renault 4. Elle n'entend même pas le choc. Effroyable. Ni la sirène de l'ambulance. - La petite, docteur ? - Courage, Monsieur. Elle est morte. Ce drame, Yanny Hureaux l'a vécu au soir du 6 janvier 1974, sur la "pénétrante urbaine", à Charleville-Mézières. Il le raconte. Il pousse un cri. Il est au-delà de la pudeur, aux limites de la raison. Déballage, diront certains, trop affreux pour être vrai, diront les sceptiques. C'est vrai, même si c'est insoutenable. Et nous, qu'aurions-nous fait à la place de Yanny Hureaux ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Elle dort. Le dimanche l'a épuisée. Un beau dimanche. Celui de la "visite" du père divorcé à sa fille de neuf ans. Elle dort. Elle est le soleil de son papa. Son papa qui conduit la Renault 4. Elle n'entend même pas le choc. Effroyable. Ni la sirène de l'ambulance. - La petite, docteur ? - Courage, Monsieur. Elle est morte. Ce drame, Yanny Hureaux l'a vécu au soir du 6 janvier 1974, sur la "pénétrante urbaine", à Charleville-Mézières. Il le raconte. Il pousse un cri. Il est au-delà de la pudeur, aux limites de la raison. Déballage, diront certains, trop affreux pour être vrai, diront les sceptiques. C'est vrai, même si c'est insoutenable. Et nous, qu'aurions-nous fait à la place de Yanny Hureaux ?

  • La beuquette, carrefour des parlotes et des cancans est le poste favori de Y. Hureaux. Ces chroniques quotidiennes publiées dans L'Ardennais racontent un pays, son actualité, son et ses histoire(s), ses habitants...

  • Le pain de suie

    Yanni Hureaux

    Ils goûtèrent le pain fait avec la farine des autorités occupantes. De la féverole pourrie, de la souillure d'épeautre. Une honte. Le pain était couleur rat, gluant. Il puait le moisi.
    - Je ne peux pas, soupira petit Victor.
    - Mange ! gueula Gaston. Tu ne vois pas ce qu'il nous a coûté !
    Ils le mangèrent.
    - Infect, dit l'aïeul. Du pain de suie.
    Ainsi fut baptisé le pain des Allemands.

    1914. À Torémont, petit village des Ardennes, les Emouchet préparent la noce de leur fille Jeanne Marie. Mais la guerre éclate et bientôt les Allemands surgissent pour s'installer en maître. Bravant l'impitoyable loi de l'occupant, les Emouchet assurent leur survie dans les profondeurs de la forêt.
    Au printemps 1915, une étrange rencontre fait basculer leur destin...

    Inspirée de faits réels, cette chronique sur une année de l'invasion et de l'occupation est aussi un magnifique hymne à la terre et à la paysannerie.

    Disciple d'André Dhôtel, billettiste à L'Ardennais, Yanny Hureaux a déjà publié chez Lattès Bille de Chêne, le récit savoureux de son enfance forestière.

  • "Mon père profitait des regains pour remplir un seau de cuisses de grenouilles rousses. Afin de ne pas s'encombrer d'une charge inutile, les roussettes étaient découpées vivantes, sur le fil de la faux. Je me contentais de livrer les bestioles au bourreau, sans broncher. Dans le seau, les pattes continuaient, si j'ose dire, à fonctionner. Comme celles des canards décapités.
    Ce sont les nerfs, m'expliquait grand-père.
    Et si on coupe la tête à un homme, il peut toujours courir ? Tranchante réponse :
    A quoi tu vas penser, maboule ! Les temps n'étaient pas aux sentiments inutiles, aux problèmes sans importance. Une seule chose comptait : survivre." L'après-guerre, dans les Ardennes. Le jeune Yanny, huit ans, s'initie aux rites de la terre et aux mystères de la forêt. Cette chronique des racines, émouvante et drôle, servie par une plume étincellante, s'inscrit dans la grande tradition de la littérature.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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