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  • Un quart de siècle après sa naissance, la Communauté européenne progresse moins rapidement dans le développement de sa dimension sociale que dans sa dimension économique. Le milieu des années 1980 a cependant marqué une rupture : sous l'impulsion de la nouvelle Commission, la construction de l'Europe sociale est progressivement devenue prioritaire. Dans des domaines aussi divers que la liberté de circulation des travailleurs et des citoyens, l'égalisation des chances entre hommes et femmes, les actions en faveur de l'emploi, du dialogue social, de la protection des travailleurs et des consommateurs, de la mise en place d'un espace éducatif européen, etc., les avancées ont été des plus importantes depuis 1985 et se poursuivent désormais à un rythme soutenu. D'ici la fin du siècle, la liste des chantiers de construction de l'Europe sociale que l'on se propose de poursuivre ou de lancer est très impressionnante, marquant une nette volonté de prôner désormais un mode de développement plus équilibré. Reste à savoir si ces déclarations d'intention seront entièrement suivies d'effets. La question mérite d'autant plus d'être posée qu'elle fait officiellement l'objet d'un débat au sein des diverses instances communautaires.

  • Le passage du GATT à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), créée le 1er janvier 1995, marque un véritable tournant dans l'histoire des relations économiques internationales. Contrairement au GATT qui n'était qu'un accord provisoire doté d'un secrétariat, l'OMC est une véritable organisation internationale. Son champ d'intervention, beaucoup plus vaste que celui de son prédécesseur, dépasse pour la première fois les domaines traditionnels du commerce (d'ordre tarifaire et non tarifaire) pour intégrer de nouveaux secteurs des échanges internationaux : les services, la propriété intellectuelle, l'investissement... Par ailleurs, l'OMC bénéficie d'une composition étatique élargie et d'une assise institutionnelle plus solide. En ce qui concerne sa fonction de « tribunal », l'OMC est dotée d'un mécanisme de règlement des conflits plus rapide et plus contraignant que celui du GATT. Le nouveau « gendarme » du commerce planétaire n'a cependant pas la tâche facile. Il doit adapter ses principes constitutifs - la réciprocité, la non-discrimination... - aux grandes mutations économiques, en particulier celles liées à la mondialisation des marchés. Sa réussite dépendra de la politique des grandes puissances commerçantes.

  • C'est à travers un éclairage socio-économique indispensable que l'auteur présente l'histoire du mouvement ouvrier dans les principaux pays économiquement développés.

  • Cet ouvrage est une introduction à la pensée économique de Joseph Schumpeter (1883-1950) qui est sans doute le plus sociologique des grands économistes du XXe siècle. Formé à l'école autrichienne, parfait connaisseur des oeuvres de Walras et de Pareto, largement influencé par les sociologies de Marx et de Max Weber, il a développé une vision évolutionnaire du capitalisme. Son analyse économique associe économie pure, sociologie, histoire et statistique dans une perspective où le changement est considéré comme une donnée permanente, centrale et incontournable. L'opposition du circuit et de l'évolution, le rôle de l'entrepreneur, le cycle et la destruction créatrice sont au coeur de sa pensée. Les idées schumpeteriennes, longtemps éclipsées par celles de Keynes, connaissent aujourd'hui un véritable renouveau et sont reprises par les auteurs néo et post-schumpeteriens dans la recherche d'une théorie générale évolutionnaire.

  • Chômage, précarité, recherche d'emploi, contrats implicites, régulation, flexibilité. Depuis vingt ans, les questions relatives au travail et à l'emploi sont au coeur de nombreux débats entre économistes. Cet ouvrage permet de comprendre des théories qui, au premier abord, paraissent très abstraites, en évitant le recours à la modélisation mathématique, partout où elle n'est pas indispensable à la compréhension du raisonnement. L'économie du travail a pour objet d'étude les manières dont s'échange le travail, la façon dont s'organise son marché et comment il fonctionne. Est-il identique aux autres marchés ? Peut-il atteindre spontanément son équilibre ? Quel est son mode de fonctionnement spécifique ? La première partie de ce livre présente les hypothèses du modèle néo-classique, référence de la plupart des auteurs actuels. La seconde montre comment certains auteurs l'ont contesté et à quelles conclusions ils ont abouti. La troisième partie enfin souligne la manière dont certaines d'entre elles ont été intégrées pour donner naissance à la « nouvelle économie du travail ».

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