Seuil

  • Pour des hommes obligés de s'expatrier afin de vendre leur force de travail, l'absence d'affectivité se traduit quotidiennement ; abstinence forcée, refoulement croissant de leurs désirs sexuels. La misère matérielle dans laquelle ils vivent est de plus en plus connue et souvent dénoncée. Mais que dire de l'autre misère, moins visible, aussi évidente, celle de la solitude, celle qu'ils subissent dans la rue, dans la chambre, dans le sommeil ? C'est de cette misère vécue que Tahar Ben Jelloun témoigne, en transcrivant le discours de ces hommes venus le consulter dans le centre de médecine psychosomatique où il a exercé trois années durant.

  • « Un heureux pamphlet philosophique et politique... Un des livres qui m'ont le plus poursuivi..., incité à réfléchir, inventorier, retourner aux sources, relire Soljenitsyne, Lénine et Marx, réinterpréter la réalité. » Jean Daniel, Le Nouvel Observateur « La cuisinière, c'est celle que Lénine conviait dans une apostrophe célèbre à la direction des affaires soviétiques. Le mangeur d'hommes ? N'importe quel chef de camp, garde-chiourme, membre du bureau politique ou du comité central, fonctionnaire d'autorité ou non, profiteur du nouveau système, ou l'idéologue qui les couvre. Ou encore le cannibale suprême, l'État. Leur réunion : une grenade que l'on commence à se passer de main en main. » Paul Gillet, Le Monde « André Glucksmann nous fait voir non seulement la réalité de la République "socialiste", mais aussi le Goulag qui est dans nos cervelles, cet établissement "éducatif" où nous avons "mis au pas" et "redressé" nos contradictions et nos déviances. » Robert Maggiori, Libération « Comment en sommes-nous venus à supporter le plus gros mensonge du siècle et les plus grands camps de l'histoire jusqu'à voir en l'URSS le socialisme à quelques erreurs près ? » J.-P. R., Actuel « C'est féroce parce que totalement irrespectueux, mais bienveillant... Glucksmann a cette intelligence si rare de ne pas prendre Marx pour le marxisme et d'écouter en Gramsci un jeune intellectuel qui cherche et non un pape dudit marxisme. Oui, c'est féroce, mais pour le marxisme, pour l'isme... » Pierre Daix, Le Quotidien de Paris « L'espérance véritable semble se réveiller dans les cris. Le cri de Glucksmann a récusé le ronron marxiste agonisant. » Maurice Clavel, France-Culture

  • "Si vous voyez un banquier suisse sauter d'une fenêtre, sautez derrière lui. Il y a sûrement de l'argent à gagner" (Voltaire)."Neutres dans les grandes révolutions des Etats qui les environnaient, les Suisses s'enrichirent des malheurs d'autrui et fondèrent une banque sur les calamités humaines" (Chateaubriand).A quoi Jean Ziegler - né en Suisse, sociologue, spécialiste du Tiers-Monde - ajoute aujourd'hui ce livre-réquisitoire sur la Suisse contemporaine, sa face cachée, son "impérialisme secondaire" dans les pays en voie de développement, les rouages de son gouvernement visible et ceux du pouvoir réel qu'il dissimule, son rôle de receleur des capitaux en fuite, de plaque-tournante de l'activité des sociétés multinationales, grâce aux "admirables" institutions que constituent le secret bancaire et le compte à numéro - le tout voilé dans les plis du drapeau de la Croix-Rouge et couvert par un discours de neutralité et de paix qui fait passer les Seigneurs de la banque de Genève ou Zürich pour de pieux et inoffensifs philanthropes. A propos : combien d'enfants morts de faim en Amérique latine là où les trusts alimentaires ont implanté leurs monopoles ? Combien de tentatives d'étranglement économique de gouvernements populaires, du fait de la volonté discrète de quelque banques suisses ? Combien de tués par an par l'industrie de mort ou les invisibles rapines de la très-neutre et bien-pensante Confédération helvétique ?

  • Il y abeau temps que l'Afrique est mal partie. Juqu'à une période récente , les ultimes soubresauts de la décolonisation, les péripéties sanglantes ou feutrées des mainmises néo-coloniales, les affrontements intertribaux, les tyrannies néroniennes et les

  • Depuis plus de dix ans - depuis la publication en français d' « Une journée d'Ivan Denissovitch » à laquelle il fut étroitement mêlé -, Pierre Daix n'a cessé d'étudier et de se montrer l'indéfectible défenseur de l'oeuvre de Soljénitsyne. La bataille de ce dernier pour « les droits de l'écrivain » ne pouvait pas ne pas toucher directement les Lettres françaises dont Pierre Daix était, avant leur disparition, rédacteur en chef. Ce journal, né de la résistance à l'obscurantisme hitlérien, entra en lutte contre le retour aux errements staliniens dont témoignaient, en URSS, l'assassinat littéraire ou artistique, la coercition ininterrompue, la menace psychiatrique, l'organisation étatique de la misère matérielle à l'encontre des éléments jugés « pernicieux ». Au centre de ce conflit : le « cas Soljénitsyne ». Ce livre réunit le récit de sa lutte et de sa persécution, l'analyse de son oeuvre et de son rôle, là-bas comme ici, par un communiste français de la génération de l'ombre, lui-même ancien déporté : les Lettres françaises disparues, ce témoignage entend les continuer quelque peu, sur l'essentiel.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La guerre indo-pakistanaise et la naissance du Bangladesh ont révélé les enjeux et le terrain de la grande confrontation à trois : USA, URSS, Chine. Une étape s'ouvre : il y avait l'empire américain ; il faut maintenant compter aussi avec l'empire soviétique. Le deuxième monde a éclaté et, avec lui, des formules de révolution données pour infaillibles. Le tiers-monde passe des luttes d'indépendance et des rêves de Bandoeng aux années difficiles du multi-alignement, des guerres par relais, des révolutions sacrifiées. Le tournant est décisif, et il était important de faire le point sur l'évolution de ce modèle indien que la bourgeoisie locale, appuyée par les USA et bientôt par l'URSS, a voulu opposer au modèle chinois : plus de 20 ans après l'indépendance, où en sont les six cents millions de concitoyens de Mme Gandhi ? Quelles réalités sociales et politiques dissimulent les images pieuses répandues depuis si longtemps sur l'Inde : pauvre, résignée, non violente, etc. ? Qu'en est-il des diverses oppositions, légales et armées, du Kerala, du Bengale, des Naxalites, de ces foyers de luttes sans cesse rallumés sur des provinces plus vastes et plus peuplées que le Vietnam ou la France ? Au terme de plusieurs séjours, Philippe Gavi dresse un bilan de la condition actuelle et des perspectives d'avenir d'un cinquième de l'humanité.

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  • Depuis plusieurs années, avec-plus de violence que dans les sociétés occidentales développées, un certain nombre d'évêques, de prêtres et de fidèles contestent et combattent l'action souvent conjointe des autorités politiques et religieuses du continent catholique par excellence, l'Amérique latine. Cette opposition, encore légale pour beaucoup, mais déjà révolutionnaire chez certains dont Camilo Torres est le modèle, s'est fait particulièrement remarquer lors du voyage du pape en Colombie et autour de la réunion du CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) à Medellin. Alain Gheerbrant, qui a suivi sur place les événements, a recueilli ces témoignages isolés, ces lettres collectives de prêtres "contestataires" ou rebelles. Certains de ces messages n'ont pas suivi la voie hiérarchique. Tels de leurs auteurs se sont mis hors-la-loi de l'Eglise et de leur pays. Mais on n'en trouvera guère chez qui cette rébellion n'est pas d'abord parole d'amour.

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  • Certains sont privés d'emplois parce qu'ils sont de telle race, ou de telle nationalité, ou parce qu'ils affichent telles opinions politiques ou telles croyances religieuses, ou parce qu'ils adhèrent à tel syndicat. D'autres voient le secret de leur vie privée violé au nom de l'intérêt de l'entreprise. D'autres font l'objet d'enquêtes de police privée, de manoeuvres diffamatoires ou humiliantes, d'écoutes téléphoniques. D'autres, encore, perdent leur travail parce qu'ils ont eu l'audace ou l'inconvenance de critiquer la gestion de l'entreprise... Lorsque Montesquieu écrivit que tout détenteur du pouvoir est tenté d'en abuser, sans doute ne songeait-il qu'au pouvoir politique. Aussi est-il de coutume de n'examiner les libertés, de l'individu que dans ses rapports avec l'Etat. Or la liberté telle qu'elle a été conçue depuis la Déclaration de 1789 a créé et consacré de véritables pouvoirs privés. L'entreprise capitaliste qui en est le fruit est le siège d'un tel pouvoir, aussi redoutable pour la liberté individuelle que la puissance politique ; plus redoutable même, si, par la défaillance du Droit et de la Justice, il aboutit finalement à la reconstitution d'une sorte de féodalité. Ce qu'examine ce livre qui, à l'heure sans cesse annoncée de la "réforme de l'entreprise", souhaiterait pour le moins y voir faite, en cette fin du XXe siècle, la Révolution de 1789...

  • Qu'est-ce aujourd'hui qu'être un homme ? Comment les hommes se représentent-ils leur rôle, comment ont-ils acquis leurs idées « personnelles » sur les femmes, sur le sexe sur la famille, sur « la vie » ? A l'aide d'interviews, d'extraits de publicités, de citations de journaux illustrés pour enfants, les auteurs montrent comment toute vie d'homme est régie par le mythe terroriste de la Virilité, autour duquel s'organise tout un univers idéologique qui, par sa cohérence, est une des bases les plus solides de l'ordre établi. Mais la simple dénonciation de la phallocratie ne saurait suffire. L'ambition de ce livre est de contribuer à la transformation des mentalités ; les analyses qu'il contient seront précieuses à tous ceux et à toutes celles qui ne supportent plus les rapports aliénés des hommes entre eux, des femmes entre elles, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants, et qui, sans attendre le Grand Soir censé résoudre tous les problèmes, veulent jeter les bases de rapports humains nouveaux.

  • "L'importance des événements de mai-juin est telle, la mise en avant du nom de Cohn-Bendit est si bien orchestrée, que nous n'avons plus besoin d'aller supplier un éditeur, c'est lui qui vient nous chercher pour écrire un livre qui, de toute façon, bon ou mauvais, intéressant ou pas, devrait devenir - en bon objet de consommation - le gadget révolutionnaire de la rentrée... Pourquoi avons-nous alors accepté de faire ce livre ? Pour retourner l'arme contre cette société, en y disant ce qu'on a pu dire longtemps avant et pendant les événements, ce qui nous paraît important dans ce mouvement révolutionnaire et pour en dégager l'essentiel : les perspectives d'avenir, car il n'est pas question pour nous d'en rester là. Ce n'est qu'un début, continuons le combat !" C.-B.

  • En 1973, tandis que les bottes des militaires écrasaient tour à tour la Bolivie, l'Uruguay, le Chili, tout semblait indiquer que l'Argentine entrait au contraire dans un processus de démocratisation. Le retour au pouvoir de Juan Domingo Perôn - après dix-huit ans d'exil - soulevait l'enthousiasme du peuple argentin tout entier et en particulier des guérilleros montoneros, qui avaient versé leur sang pour que Perón pût revenir au pays et prendre la tête de la lutte contre l'impérialisme américain et brésilien. Mais la fête, rapidement, devait tourner au désastre : Perón puis, après sa mort, sa femme Isabelita déclenchèrent contre la classe ouvrière et la petite bourgeoisie qui les avaient soutenus une répression féroce, qui choisit ses premières victimes précisément dans la gauche péroniste. Ecartant délibérément les interprétations psychosociologiques en vogue, c'est à partir d'une analyse de la lutte des classes en Argentine, dans le passé et aujourd'hui même, que les auteurs étudient le phénomène si particulier du péronisme et cherchent à dessiner les perspectives ouvertes à une gauche qui devra éviter les différentes déviations de la petite bourgeoisie, souvent projetée à la tête des luttes.

  • Toute la France a parlé du suicide de cet enfant qui n'avait pu supporter l'incarcération de sa mère, Yvonne Huriez - mère de neuf enfants - condamnée à quatre mois de prison ferme : elle n'avait pas payé la location d'un poste de télévision. Comme si cette affaire avait fait assez de bruit, on n'a guère parlé de l'acte désespéré de René Huriez, le mari d'Yvonne, inculpé de tentative d'homicide pour avoir tiré des coups de feu sur la gendarmerie, symbole à ses yeux de cette loi et de cet ordre qui avaient provoqué la mort de son fils. Voici, par la mère de Thierry, le récit de leur vie et du drame qui les a frappés par deux fois : à travers lui, c'est l'administration de la justice et notre société dans son ensemble qui se trouvent mises en accusation.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Désormais, le renouvellement de toute la gauche est devenu le préalable évident de son unité et de sa victoire. C'est pourquoi, après "l'Enarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise", Jacques Mandrin, poursuivant sa quête dans, la société française d'aujourd'hui, livre, dans "Socialisme ou social-médiocratie" son expérience de militant et ses réflexions sur les chances et les malchances du socialisme et de son parti : cortège d'hommes, de textes et de mots dont on ne sait plus très bien lesquels des premiers ou des derniers le conduisent. Mais ce livre n'est pas seulement un pamphlet ou un essai : il se veut aussi un petit guide de la lumière et de la nuit pour d'aventureux militants.

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  • Depuis le début de l'année, le monde suit avec attention, inquiétude et espoir, le processus de libéralisation tchécoslovaque. Des dates mémorables resurgissent : 1938, Munich ; 1948, le coup de Prague ; 1956, Budapest. La présence des troupes soviétiques, les menaces voilées d'intervention, la lettre des PC réunis à Varsovie, un début de campagne d'intoxication, la dénonciation de "contre-révolutionnaires" et autres brebis galeuses à sacrifier, le soutien apporté aux ex-dirigeants staliniens rejetés par la population toute entière, ont pu faire craindre le pire en dépit de l'opposition ou des réserves de nombreux "partis-frères" et de la fermeté des nouveaux responsables du PC tchécoslovaque. Mais cette lutte contre la terreur, la sclérose, la dictature bureaucratique - outre ce qu'elle a de commun avec les combats actuels contre toutes formes d'abus de pouvoir et de "violence institutionalisée" - cette lutte ne met-elle pas en question le dogme même du centralisme démocratique, le règne du parti unique ? Entre une contestation contagieuse et la répression, y-a-t-il place pour une évolution pacifique à l'intérieur de ce qu'on ne peut déjà plus appeler le "bloc" communiste ? Voici, pour comprendre ce printemps de Prague et de Bratislava, les principaux documents de la renaissance tchécoslovaque : depuis les sombres éphémérides de l'ère Novotny jusqu'aux fameux Deux mille Mots - anthologie politique d'une nation débâillonnée.

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