Calmann-Lévy (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Dans une suite d'ouvrages, William Pitt, Wellington, le Siècle de Victoria, Winston Churchill et l'Angleterre du XXe siècle, M. Jacques Chastenet, grand connaisseur des choses d'Outre-Manche, a brossé le tableau de l'évolution de la Grande-Bretagne entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XXe. Le voici qui, sous le titre l'Angleterre d'aujourd'hui, nous donne une fresque d'immédiate actualité. L'ouvrage commence par un résumé de l'histoire politique anglaise pendant les vingt dernières années jusques et y compris les débuts du ministère Harold Wilson. Suivent une série de chapitres consacrés à l'aspect physique de la Grande-Bretagne contemporaine, à ses difficultés économiques, aux changements récents manifestés dans les moeurs et coutumes, dans le comportement de la jeunesse, dans les rapports entre les sexes, dans l'éducation, dans la pratique religieuse, dans la conception des relations internationales et du Commonwealth, etc. Pour finir, l'auteur nous donne un aperçu panoramique du mouvement intellectuel, littéraire et artistique. Nous connaissons mal l'Angleterre d'aujourd'hui. La représentation que les Français se font de leurs voisins est le plus souvent conventionnelle et en tout cas dépassée. Le chapeau melon, le parapluie roulé, l'oeillet à la boutonnière, le flegme et le goût de la litote sont assurément la marque d'un certain nombre de Britanniques ; mais ils n'existent qu'en minorité décroissante et la grande majorité ne leur ressemble pas. Le livre de M. Jacques Chastenet, livre documenté, complet, en même temps vivant, de lecture facile et semé de touches piquantes, aidera sans doute à modifier quelques-unes des idées toutes faites ayant cours en France au sujet des Anglais : il aidera aussi à mesurer l'étendue de l'effort qu'il leur faut poursuivre, non pas certes pour retrouver une primauté à jamais perdue, mais pour s'adapter à l'univers contemporain et s'y assurer une Place honorable. Les souvenirs du passé et, plus encore, le souci de l'avenir, commandent une bonne entente entre les Anglais et nous. Puisse l'Angleterre d'aujourd'hui contribuer à dissiper des malentendus nés surtout de l'ignorance.

  • Un paysan vous parle. Il ne vous dira pas la beauté des matins d'automne, même s'il aime la nature ; il ne vous chantera pas les joies du travail de la terre, même s'il aime son métier. Michel Debatisse raconte simplement les luttes et les espoirs des paysans d'aujourd'hui tels qu'ils se sont manifestés dans le jeune syndicalisme agricole dont il a été l'un des promoteurs. Et ce n'est pas l'un des moindres intérêts de ce livre que d'avoir largement laissé la parole à ceux qui ont quitté la terre, souvent malgré eux, à ceux qui s'y accrochent, avec ou sans raison, avec ou sans avenir... Les barrages sur les routes, les manifestations dans les villes, les revendications auprès des pouvoirs publics, l'affaire Gabin : autant d'événements qui ont placé les paysans sous les feux de l'actualité. Pourquoi cette levée de boucliers contre un acteur qui investit ses cachets dans l'agriculture ? Michel Debatisse répond à ces questions en les prenant, si l'on peut dire, à leur source. En effet, ce n'est pas par hasard, sous l'influence de quelque organisation politique ou syndicale que les paysans sont sortis de leur torpeur. L'auteur retrace les étapes, inconnues ou mal connues, qui ont conduit ceux qui travaillent la terre sur la place publique. La tradition veut que les paysans soient silencieux. Dans ce livre, les jeunes s'expliquent et disent ce qu'ils veulent. Alors... écoutez-les.

  • Ce livre appelé à jouer un rôle de témoin dans la bataille politique qui s'engage, marquera un tournant décisif dans l'attitude de la Gauche française à l'égard du problème régional. Au lendemain de la guerre, l'éveil de la conscience régionale, lié à la création spontanée de Comités d'expansion économique, réanime la province et incite l'État à adopter une politique de décentralisation. Mais après les élections de 1962, le pouvoir, servi par la haute administration, le grand patronat, certains notables provinciaux, prend en main l'aménagement du territoire et confisque un mouvement populaire, essentiellement démocratique. Michel Phlipponneau, universitaire, géographe, homme d'action, contribua grandement à Placer la Bretagne à la pointe de ce réveil régional. C'est de la Bretagne que part la réaction politique qui doit répondre à cette emprise du pouvoir. Livre clairvoyant et passionné, la Gauche et les régions est le fruit de quinze années d'enseignement, d'observations, de réflexions, de luttes. Expériences qui conduisent l'auteur à dénoncer la double aliénation politique et économique dont est victime la province, à faire appel à tous les Français qui n'acceptent pas de voir sacrifier l'avenir des régions à de vains rêves de grandeur. La solution dépend d'une victoire de la Gauche, d'une gauche moderne qui s'inspire de la véritable pensée jacobine : dans un régime démocratique subordonnant les intérêts particuliers à l'intérêt général, les citoyens doivent participer à la construction de leur avenir, dans le cadre, adapté aux conditions de notre époque, de l'agglomération urbaine, du district rural, de la région. A la centralisation gaulliste, la Gauche d'aujourd'hui propose aux Français la démocratie régionale.

  • « On dira de ce livre qu'il est inopportun. A la vérité, il est importun et a le courage de l'être » : ainsi Robert Escarpit présente-t-il lui-même son ouvrage. Mais, ajoute-t-il, « parler d'un tel problème hors de saison est peut-être la seule chance d'en parler avec sérénité ». Il faut d'abord dégager la querelle scolaire du verbalisme et donner au vocabulaire laïque un contenu nouveau. Ce contenu sera un contenu social. Être laïque, c'est, au nom du peuple, faire éclater les castes et les oligarchies. Ces dernières se défendent par un cléricalisme qui n'est pas forcément religieux mais qui enrôle volontiers la religion à son service. Des raisons historiques expliquent pourquoi l'Église catholique s'est laissée tenter par cette complicité qui, en soi, n'a rien de fatal. Le combat est surtout rude autour de l'école qui est, au service du peuple, une arme de conquête sociale. C'est pourquoi le peuple exige « que jamais, sous aucun prétexte d'opinion, de croyance ou d'intérêt, aucune partie n'en puisse être réservée à quelques-uns ». C'est là l'exigence laïque fondamentale. En dehors d'elle, il n'y a que de faux problèmes. L'Église catholique se dégagera-t-elle de ses complicités et acceptera-t-elle le pari laïque, le pari du peuple ? Ses origines l'y poussent, car la religion du Christ était une religion laïque. Déjà de nombreux catholiques ont choisi la laïcité. Seront-ils suivis ? Sans trop l'espérer, Robert Escarpit le souhaite.

  • Quelle est l'utilité de l'exploration de l'espace ? C'est à cette question que répond l'auteur en expliquant d'abord ce que sont la vie et le psychisme à la lumière des connaissances modernes. Selon toute vraisemblance, cette vie et ce psychisme, sous des formes probablement différentes de celles que nous connaissons, existent sur d'autres planètes, gravitant autour d'étoiles plus ou moins semblables au Soleil. La « conquête » des astres devra tendre à l'établissement de contacts fructueux avec ces autres mondes et avec les intelligences qui pourraient s'y trouver. De plus l'expansion de l'humanité pose un problème qui finira par devenir insoluble s'il ne peut dépasser les limites de la Terre. En fin de siècle, le nombre des humains aura passé de 3 milliards, chiffre actuel, à 6 milliards, pour atteindre 30 milliards vers l'an 2100. En admettant qu'une exploitation intensive et rationnelle des richesses de la planète permette encore à cette époque de nourrir ces 30 milliards d'individus, que se passera-t-il ensuite ? Hilaire Cuny souligne les difficultés de l'exode vers d'autres mondes. Il décrit ce que pourrait être la vie des hommes sur les planètes les plus proches : Mars et Vénus, puis il évoque le départ d'émigrants au-delà du système solaire, emportés par des cosmonefs géants dont la vitesse approchera celle de la lumière. Et ceci posera le problème de la « suspension » de la vie pour les cosmonautes.

  • Parmi les personnalités susceptibles de fournir sur le gaullisme un témoignage sûr et perspicace, nul, sans doute, n'était mieux qualifié que M. Louis Vallon, polytechnicien, parlementaire, rapporteur de la commission des Finances à l'Assemblée nationale et dont l'attachement à la personne et à l'esprit du général de Gaulle remonte à 1942, quand les Forces françaises libres représentaient la France. Dans un ouvrage dont la documentation s'est formée avec le temps et non pas au cours de quelque improvisation opportuniste, L. Vallon fait le bilan d'une grande expérience nationale sujette, ainsi qu'il est normal dans une démocratie, au consentement comme aux réserves. A tous ceux qui se veulent informés, cette « Question d'Actualité », importante entre toutes, apporte, outre des vues d'avenir, un historique et une analyse des interventions de l'État dans les domaines qui lui sont propres : Institutions, Constitution ; politique financière, action sociale, politique étrangère. Ainsi le lecteur dispose d'un ensemble complet d'où se dégage le climat même d'un régime.

  • Raymond Le Bourre est l'enfant terrible du syndicalisme français. Son ardeur de militant fit de lui, vers sa vingtième année, un communiste. Mais ayant vu d'assez près et assez bien comment se comportaient les hommes de Moscou, il rompit définitivement avec le P.C. et fut, en 1947, l'un des principaux acteurs de la scission qui donna naissance à la C.G.T.-F.O. dont il est secrétaire confédéral depuis 1952. Ce n'est pas seulement au communisme qu'il en a, c'est à tous les vieux préjugés révolutionnaires, à l'idéologie glorieuse mais désuète du syndicalisme de 1905. A Vienne, au congrès de l'Internationale syndicale libre, en 1955, il fait scandale en dénonçant les facilités d'un « anticolonialisme » qui, sous le couvert d'indépendances prématurées et de nationalismes agressifs, livrerait des peuples sans défense à l'anarchie, à la misère, au communisme. Aujourd'hui, dans Le Syndicalisme français dans la Ve République, c'est à la routine doctrinale des syndicats qu'il s'en prend. La Ve République diminue le rôle des partis : Aux organisations syndicales d'occuper la place laissée libre et de prendre en main une partie des pouvoirs économiques et sociaux que le Parlement avaient usurpés. Mais pour cela, il faut renvoyer aux magasins des accessoires le futurisme prétendument révolutionnaire, et travailler dans le présent, dans le concret. Depuis 1955, les accords de salaires, la création des caisses de retraites complémentaires, l'institution de l'allocation complémentaire de chômage, etc., ont montré les possibilités immenses ouvertes à l'action syndicale constructive. De ce nouveau style, Raymond Le Bourre se fait théoricien - un théoricien qui n'oublie pas le polémiste - et ce n'est pas sans raison qu'il invoque à diverses reprises l'exemple de Proudhon. Il est, comme lui, un réformiste révolutionnaire.

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  • M. Ehrhard aborde aujourd'hui de front les problèmes politiques de l'Afrique tropicale et de Madagascar. Il se sert des résultats acquis antérieurement, mais il s'est interdit toute espèce de redite. L'adoption de la nouvelle Constitution, l'indépendance brutale de la Guinée, celle plus prudente du Cameroun demain, rendaient nécessaire une étude politique d'ensemble par un esprit indépendant. Communauté ou sécession ? répond donc à une attente et à un besoin.

  • Voici l'heure du « franc lourd » : à dater du 1er janvier 1960, toute la France va compter en « nouveaux francs ». Que signifie cette révolution monétaire ? Quelles conséquences aura-t-elle dans notre vie quotidienne ? Que vaut le franc lourd par rapport au franc d'hier et d'avant-hier ? René Sédillot, qui ne s'est consacré à l'histoire générale qu'après avoir étudié l'histoire des monnaies, revient à un sujet qui lui est familier en retraçant, à l'occasion de l'« alourdissement », toute la carrière du franc, depuis la loi de germinal jusqu'aux tribulations de notre siècle : une carrière qu'ont vécue cinq générations de Français, les premières dans la sérénité, les dernières dans le tourment. À la vérité, le franc lourd n'est plus le franc. Il est une unité nouvelle, dont l'apparition clôt un chapitre d'histoire. Le moment est donc bien choisi pour embrasser ces cent soixante années d'aventures monétaires ; et quand, sous la plume de René Sédillot, on voit Bonaparte, consul, puis Charles de Gaulle, président, modelant et remodelant le franc, on ne peut s'interdire, sinon des rapprochements, au moins des confrontations.

  • Il n'y a plus en France de secret de l'impôt depuis le 1er juillet 1974. Il y a de moins en moins de secret médical, de moins en moins de secret de l'instruction judiciaire, de moins en moins de secret bancaire. Les gadgets d'espionnage électroniques atteignent aujourd'hui la perfection. Les fichiers sont de plus en plus nombreux, de mieux en mieux tenus. Bientôt, grâce à l'ordinateur, ils pourront être réunis en un seul grand fichier central. Il n'y aura plus alors de secret du tout. Plus de vie privée. Il est certes normal que la collectivité se protège contre ceux de ses membres qui seraient tentés de la détruire ou de la piller. Qu'elle cherche à identifier ceux qui complotent. Qu'elle mesure la solvabilité de ceux qui lui empruntent de l'argent et qu'elle se renseigne sur la santé de ceux qui demandent à être soignés gratuitement. Mais cette intrusion collective dans la vie privée prend aujourd'hui des proportions inquiétantes. A cause des fantastiques possibilités offertes par l'électronique. Demain, quelques hommes, quelques fonctionnaires disposeront du pouvoir exorbitant de tout savoir sur tous les autres. Et pour toujours. Car la mémoire électronique ne connaît pas la défaillance. Elle ne sait pas ce que pardonner veut dire. C'est grave. Car sans pardon, il n'est pas de vie sociale possible. Giscard d'Estaing l'a compris. Il a demandé au gouvernement de préparer un code des libertés fondamentales de l'individu. Mais n'est-il pas trop tard ? Gérald Messadié, rédacteur en chef de Science et Vie a enquêté aux États-Unis où le problème se pose depuis dix ans déjà... Il fait des révélations proprement effarantes sur ce qui nous attend, nous Français, si le gouvernement n'invente pas très vite une parade, un droit radicalement nouveau qui rendrait chaque individu propriétaire des données relatives à sa vie privée, données dont personne ne devrait pouvoir disposer sans son consentement.

  • Périodiquement, la radio et la presse se font l'écho d'attaques dirigées contre le « colonialisme russe ». La question d'une « décolonisation » peut-elle se poser au-delà du rideau de fer ? L'auteur - éminent spécialiste de l'Islam, et qui a voyagé dans les pays musulmans de l'U.R.S.S. - répond à une interrogation actuelle. La désislamisation - condition sine qua non de l'assimilation du musulman au marxisme - que le Kremlin, poursuivant l'effort des tsars, semble avoir réussi aujourd'hui à imposer dans ses marches orientales, n'était pas seulement affaire de dogme et question sociale. L'industrialisation et le développement de l'agriculture dans des régions hier déshéritées sont les conditions premières de l'adhésion des masses au matérialisme historique, mais ils ne la déterminent pas absolument. C'est la pression d'un ensemble technique, politique, sociale et économique qui a opéré une certaine implantation en Islam.

  • La question du renouvellement du socialisme et de son adaptation aux problèmes d'aujourd'hui provoque des discussions passionnées dans de nombreux pays. Elle est à l'ordre du jour en France, en particulier depuis la fondation du Parti Socialiste Unifié, à la suite d'une fusion du P.S.A., de l'U.G.S. (Union de la Gauche Socialiste) et de communistes dissidents groupés autour du journal « Tribune du communisme ». Édouard Depreux, ancien ministre de l'Intérieur et de l'Éducation nationale, a adhéré à la S.F.I.O. à l'âge de 20 ans, en 1918 après avoir été démobilisé ; à deux reprises président du groupe parlementaire socialiste il a quitté en septembre 1958 la S.F.I.O.pour devenir Secrétaire général du P.S.A. Il est aujourd'hui le Secrétaire national du P.S.U. Dans ce livre, Édouard Depreux précise son attitude face aux questions d'actualité (crise paysanne, constitution de la Ve République, guerre d'Algérie) mais il définit en même temps les principes, traditionnels et toujours neufs, à partir desquels doit se rénover le socialisme, grâce à la planification dans la liberté. Doctrinal et polémique à la fois, l'ouvrage d'Édouard Depreux est appelé à avoir un grand retentissement dans tous les milieux politiques.

  • Quand il était un très jeune préfet de la Haute-Loire, puis de la Haute-Marne, Edgard Pisani militait déjà pour le développement régional, se posant ainsi une question qui devait aboutir à celle qui est débattue publiquement avant de faire l'objet d'un référendum. Les responsabilités qu'a assumées l'ancien ministre de l'Agriculture, sa politique de modernisation, sa large expérience dans le domaine administratif et son sens des traditions, des réalités et des perspectives françaises l'ont conduit à écrire un livre important, appelé à un grand retentissement, sur une question, on ne peut plus d'actualité, et vitale entre toutes. Dans un pays comme la France, « étatiste » et centralisateur, où le Pouvoir n'a cessé d'étendre son emprise, le poids de l'appareil public devient excessif et finit par l'emporter sur le politique. L'entreprise nationale s'étiole au moment même où s'ouvrent nos frontières ; l'Université se fonctionnarise, les collectivités locales sont inadaptées à la vie réelle. Paris polarise les forces, les richesses, les espoirs. Edgard Pisani estime nécessaire la réforme régionale mais il sait aussi qu'elle est difficile et il se pose loyalement la question de savoir si elle est possible chez un peuple toujours en proie aux contradictions : nous voulons la réforme communale et aussi la sauvegarde de toutes les écharpes, la création d'une collectivité publique de Plein exercice et aussi le maintien du préfet comme exécutif régional... Nous voulons, en même temps, l'autonomie locale, qui nous flatte, et l'omniprésence de l'État, qui nous rassure. Nous sommes tous des Jacondins, mi-jacobins, mi-girondins. Et le gouvernement n'est pas le seul responsable de ce qu'il y a d'incertain et d'informe dans la réforme projetée, lui à qui il appartient cependant de rendre possible le nécessaire.

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  • Pour l'opinion française, « l'Indochine » reste un bloc, dont le Viêt-nam est l'élément principal, mais non le seul. Et l'on s'aperçoit sur place que cette manière de voir n'est pas spécifique d'une nostalgie « colonialiste », mais que les liens tissés entre les peuples vietnamiens, laotiens et cambodgiens, par quatre-vingts ans de fédération sous la tutelle française, ne sont pas qu'une vue historique. Ces pays sont complémentaires et destinés à coopérer. Si le Sud Viêt-nam détient depuis 1954 le triste privilège d'être l'État indochinois dont on parle le plus, on ne pouvait songer à étudier son évolution des dix dernières années sans la relier à celle des pays voisins, et d'abord à celle du Nord Viêt-nam, frère séparé. « La deuxième guerre d'Indochine », où les U.S.A, ont pris la relève du Corps expéditionnaire français contre un « Front de Libération » héritier du Viêt-minh d'hier, et à laquelle le coup d'État de novembre 1963 n'a pas apporté de solution, développe dans les pays voisins ses conséquences néfastes. Sur la décennie indochinoise qui s'achève, l'heure n'est pas venue de faire oeuvre d'historien, alors qu'à Saigon les cendres du régime défunt ne sont pas encore dispersées au vent du Pacifique, alors que les successeurs sinquiètent de l'avenir. Mais au moment où la France examine les possibilités de sa « rentrée » en Asie, il importait d'offrir au lecteur sensibilisé aux problèmes de la décolonisation, et qui s'interroge sur le destin de l'Indochine depuis l'indépendance, le récit, volontairement élagué, des péripéties qui ont marqué, depuis 1954, l'évoluiton des territoires entre la Porte de Chine et la pointe de Camau. C'est ce qu'a fait Georges Chaffard, mobilisé en Indochine de 1949 à 1951, envoyé spécial du Monde en 1956, 1957 et 1963. Spécialiste des affaires asiatiques, l'auteur de cette « Question d'Actualité » a interviewé Ngo Dinh Diem, Ho-Chi-minh, Norodom Sihanouk et Souvanna Phouma.

  • « Alors, tu es toujours invulnérable ? Tu continues à cracher les balles ? » Pieds et poings liés, battu et épuisé, Lumumba n'eut que la force d'acquiescer. Son bourreau noir lui enfonça une baïonnette entre les côtes et un blanc lui tira le coup de grâce. Ainsi s'achevait dans la brousse près d'Elisabethville, au fond d'un camion, la vie extraordinaire de Patrice Lumumba, escroc, patriote et prophète. Dans le livre qu'il lui consacre, Pierre de Vos - qui connaissait Lumumba depuis dix ans - décrit l'ascension incroyable du petit commis des postes de Stanleyville jusqu'à son accession aux fonctions de Premier Ministre. Ni saint, ni bandit, et certainement pas communiste, Lumumba prenait ses appuis où il les trouvait, sans être inféodé à personne. D'une ambition dévorante, il ne devint xénophobe qu'au lendemain de la mutinerie de l'armée en juillet 1960, mutinerie qui avait été dirigée contre lui. Personnage d'une dimension peu commune en Afrique noire, Lumumba serait sans doute devenu, s'il avait vécu, le champion du panafricanisme avant des Sekou Touré, des Kwanne Nkrumah, des Tom Mboya ou des Jomo Kenyatta. Disparu, il continuera pendant longtemps encore à dominer la vie politique africaine. Pour les Noirs, il est maintenant « le prophète qui marche sur les nuages » et il est significatif que les nationalistes de l'Angola portugais aient entamé la lutte pour la libération de leur pays au cri de « Viva Lumumba ! » « Vie et mort de Lumumba » jette un jour nouveau sur les événements qui ont bouleversé le monde depuis juillet 1960.

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  • Le pacte atlantique a dix ans. Conçu aux pires moments de la guerre froide pour protéger l'Europe occidentale contre la menace d'une agression soviétique, a-t-il encore un sens aujourd'hui, alors que l'on parle un peu partout de « détente » ? Plus personne, de toute façon, ne croit que notre continent constitue l'objet essentiel de la pression soviétique, ni que la guerre soit la carte essentielle sur laquelle le Kremlin compte pour faire avancer ses pions. Cette double constatation a été faite depuis un certain temps déjà, et par les voix les plus autorisées. Il a fallu cependant l'avènement de la Ve République pour que l'un des pays membres de l'O.T.A.N. pose ouvertement, et l'on peut dire brutalement, la question de l'adaptation du système défensif occidental aux nécessités nouvelles. Que vaut aujourd'hui, sur le plan militaire, politique, économique, l'alliance atlantique ? Quelles sont ses perspectives d'avenir ? Quelles sont les solutions préconisées par le général de Gaulle et leurs chances d'être prises en considération ? Telles sont les principales questions auxquelles s'efforce de répondre l'étude d'André Fontaine. Jusqu'à présent, l'O.T.A.N. a répondu aux buts essentiels qui lui avaient été assignés ; elle a su préserver l'intégrité territoriale et les libertés politiques de ses membres. Mais elle ne saurait se contenter de cette tâche de simple conservation. Il lui faut ressaisir l'initiative. Il lui faut imaginer les solutions constructives qui lui vaudront seules l'appui de l'opinion mondiale. C'est ainsi seulement, qu'elle a une chance de réussir assez pour devenir tout à fait inutile.

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