Éditions David

  • Andrée Christensen nous invite à pénétrer dans son jardin, véritable atelier à ciel ouvert et source inépuisable de réflexions et de méditations sur le visible et l'invisible. Elle nous dévoile un monde de contrastes entre la terre qui se dépouille et l'extravagance du règne souterrain, alliant les forces intimes aux secrets touffus, parfois violents, de la nature.

    Ainsi je serai devenue jardin là où tout se tait pour mieux percevoir dans l'écho de la beauté l'inaudible du commencement Dans une éclosion d'images, où chaque vers est ciselé avec la précise géométrie d'un flocon, Andrée Christensen nous fait découvrir l'ADN végétal, minéral et animal de l'hiver.

  • Que faire de soi ? s'interroge le poète pour qui le monde est comme un rivage difficile à atteindre. Le ciel de son enfance, celui de la basse-ville, devient l'occasion, pour lui, de vivre au présent et de traverser enfin la nuit. Entre les souvenirs et la mort, où se tient la vie?

    Rue st-vallier je ne sais plus qui est l'écho de l'autre il me reste un peu de soleil dans les mains comme un bibelot de verre que la nuit n'a pas rongé je protège ce petit feu de rien et souffle sur les braises pour retrouver je ne sais plus quoi Depuis « Le feu de l'autre rive » et, surtout, « La lenteur du monde », Michel Pleau a entrepris une quête d'identité qu'il poursuit admirablement dans « Le ciel de la basse-ville ».

  • Sans pitié offre un vibrant portrait des réalités quotidiennes d'un Autochtone vivant au Canada. Ce recueil traite de métissage, de culture et de souveraineté, des sujets qui sont toujours d'actualité et toujours marqués du sceau des préjugés, de l'oppression et de l'injustice. Dans une langue directe et incisive, le poète les dénonce avec force et sensibilité.

    Quand tu es un Indien au Canada
    tu sais que les policiers ne conduisent pas toujours si lentement
    à Port Arthur ou Tuxedo
    tu sais que tu es une commodité pour touristes
    et une proie facile pour l'Aide à l'enfance
    tes sens sont toujours affilés comme un rasoir
    fébrilement à l'affût
    de la société
    et ceci raccourcit notre vie
    et la rend précieuse

    Poèmes de guerre et de paix, poèmes de protestation et de résistance, poèmes de mémoire et d'espoir, ces mots d'une des voix autochtones les plus fortes de son époque nous tendent la main.

  • Des débuts sereins sur l'esplanade sablonneuse d'une marina à l'égarement présent, beaucoup plus solitaire, dans son édifice de béton qui la supporte mal, la poète d'En cale sèche s'interroge sur sa propre dérive et sur celle du monde qui l'entoure.
    Ce recueil met en mot ce qui l'enrage et ce qui l'émeut, ce qui la touche et ce qui l'excite.

    sur les rives de l'Outaouais
    avec chaque saison nouvelle l'étau
    se resserrait doucereusement

    chacune à dix-neuf ans
    nous sommes parties

    il est routinier ici de déplacer
    d'égarer son futur

    Explorer les origines, observer les « risques d'échouement », apprivoiser l'arrivée à l'âge adulte, voilà ce qu'entreprend avec brio cette nouvelle voix en poésie.

  • Dans Recoudre la lumière, la poète fait vivre la mémoire d'une Lettonie qui respire en elle, le pays de ses origines qu'elle désire retrouver d'abord, puis se réapproprier par l'écriture. Inspirée par la poésie de ses ancêtres, elle fait entendre l'histoire de son peuple en évoquant des lieux, en datant des événements, en décrivant l'horreur de la guerre et des camps, l'envahissement par l'URSS, mais surtout elle prend à témoin l'histoire de son grand-père qui a réussi à émigrer au Canada.

    À la fin du recueil, elle s'écrie « Je rentre à la maison » après cette longue traversée qui a lui a permis de ressouder les traits épars de son existence.

    Un recueil d'une grande beauté, à l'image de la mer Baltique, où s'affirment la nostalgie de l'exil et le désir d'un royaume à reconquérir.

  • Dans cette oeuvre de maturité, Michel Thérien s'interroge sur la poésie, ce qui la fait émerger, ce qui la nourrit et ce qui l'habite. Suivant son désir constant d'être et de se renouveler, la poésie traverse le temps et l'espace, prend corps et accoste sur les berges d'une nouvelle destinée.

    Ici
    le poème est au présent
    de ce que nous sommes
    il enfante toujours
    dans la précarité de naître
    où l'acte d'écrire est un cri
    à sa survivance

    Des vallées nous traversent témoigne d'un retour à une parole identitaire où le poète nous conduit à l'essence même de sa poésie.

  • Rosanna Deerchild se fait ici l'écho de sa mère, qui a vécu neuf ans d'enfer dans les pensionnats autochtones du Manitoba. Elle y a subi de la maltraitance, des humiliations de toutes sortes, de la honte, des sévices physiques au point où même les Blancs, qui ne connaissaient rien de sa réalité, ne la croyaient pas. Après cinquante ans, l'auteure aide sa mama à briser enfin le silence.

    maintenant
    j'ai presque soixante-dix ans

    et tu veux que je
    partage mon histoire
    ok d'abord
    la voici
    ici dans ce qui n'est pas écrit
    ici dans les lignes brisées
    de mon corps qui ne pourra jamais oublier

    Dans une langue coup de poing, simple, directe, et sans fioritures, Rosanna Deerchild nous rappelle ces pages de l'histoire récente des Autochtones qu'on préférerait certainement oublier.

  • Une précarité, une perte : ce petit art de vivre pourrait-il arriver dans ses retranchements, fragilisé par le temps et une certaine usure des efforts ? Une crainte, mais empreinte de désir, car il s'y glisse aussi une persévérance, une prédisposition pour quelques échappées de lumière et de beauté.

    J'ai pensé trouver au retour un paquet, une lettre, une fleur. Cela suffisait pour me donner l'envie de rentrer. J'étais déjà préparée à ce qu'il n'y ait rien, mais ce rien avait déjà une aura.

  • Lyne Richard aime les silences. Autant ceux qui sont engrangés dans la mémoire depuis la naissance que ceux d'un jour qui se lève. En effet, nombreux sont les silences dans nos vies, mais ils sont le plus souvent épars. Écrire est une occasion de les rassembler.

    tu bâtis ta demeure
    avec tous les silences éparpillés
    lentement
    d'un peu de vent
    tu dépouilles le monde

    ce qui te suffit
    est aussi maigre que l'ombre

    Dans son dixième recueil, empreint d'une grande maturité, Lyne Richard trouve dans la poésie cette étrange parole, appelée « silence », que l'on imagine sans mots.

  • Pendant deux ans, au fil des jours, Hélène Bouchard écrit à l'encre des humeurs du temps. Elle se fait l'écho de la Côte-Nord, converse avec la mer, la froidure, la nature, le silence et l'enfance.
    À quelques reprises, elle quitte ce territoire de démesure, choisit une terre coupée du continent, une île lointaine, dans la finitude d'un espace. Pour revenir ensuite chez elle, rassasiée.

    Fenêtre sur le large dans le bleu de son regard reflet de la mer « Chacun des mots de ce livre est une goutte de rosée sur un brin d'herbe qui reflète la beauté furtive de ceux qui la regardent et s'y voient. » Kim Thuy

  • Le poème involontaire est une brèche ouverte sur l'interrogation de la poésie. Il est celui qui s'écrit malgré soi et où le lecteur devient à la fois confident et témoin.

    Le poème involontaire ne sait pas.
    Il sent la puissante largesse du temps,
    la rupture et l'effacement. La fuite.

  • Un récit poétique d'une beauté terrifiante. Les légendes y sont tantôt incarnées, tantôt décharnées, dans des duels dont émane l'essence même du rapport à l'autre : la révélation de soi à soi. La violence et l'espoir s'y côtoient. Le regard et le toucher s'engagent dans une danse avec les esprits et les figures mythiques. Pulse alors, dans une ascension et au rythme du tambour, ce qui est et qui doit demeurer le plus fondamentalement humain : l'amour. À l'égard des siens. À l'égard de la terre. À l'égard de l'autrement inexplicable.

    Les Wendigos ont entendu chanter
    et ont commencé à frémir
    le Wendigo en chef, leur chef même
    a dit aux Indiens
    « Pourquoi n'arrêtez-vous pas tout ce vacarme
    personne ne peut vous entendre
    ça perturbe notre repos
    pourquoi n'acceptez-vous pas tout simplement votre destin
    tous vos braves hommes ont quitté ce monde
    nous les avons dévorés
    avons écrasé leurs os avec nos mâchoires
    et leur sang nous avons bu et encore
    ne sommes-nous pas même repus »

  • Un peu avant l'aurore, au moment d'ouvrir les yeux, un homme sent que quelque chose d'extraordinaire va bientôt se produire. Il se lève, avance vers la fenêtre. Soudainement tout s'ouvre. Il sort. Une lumière mystérieuse l'éblouit. À ce moment précis, il sait que, désormais, tout sera changé. Rien ne sera plus jamais pareil.

    Tout flanche
    enfin la fenêtre s'ouvre
    seul le rythme d'une corde suspendue
    se conjugue au silence
    comme à travers un miroir
    qui reflète tout ce qui vient avant
    tout ce qui a été
    ce qui a à peine existé
    ou qui n'a pas encore eu la force d'être

    Un recueil envoûtant sur le désir, l'attente, la fascination, l'éblouissement, la peur et la transformation soudaine. Quelque chose qui annonce le début ou la fin de quelque chose...

  • « Célébrant les noces du corps dans une union extrême qui le projette au-delà du souffle même, Corps sauvage nous dit que le poème est rythme et pollen. [...] Souvent saisissante, la voix du poète rend de façon remarquable l'insaisissable de notre

  • Quête. Tumulte. Enchantement. Une mère dessine sur son visage les traits brefs de lenfance. Avec ses fils, elle voyage, accrochée aux nuages colorés de leur trajectoire. Et sur chaque montagne, ils chaussent leurs rêves et se mettent au monde à travers leau et le feu qui les animent tour à tour.



    Quand tu tireras le rideau sur mes joues en signe de poussières pour les remous et la tendresse je promets dêtre là tu poseras les gestes quil faut Un recueil touchant et sensible sur lenfance, ce passage fabuleux où tout naît du vide et du vertige. Une voix très particulière à redécouvrir !

  • Le temps est à la lenteur et à la commémoration. Dans une chambre d'hôpital, un étrange dialogue s'établit entre une fille et sa mère, dessinant un univers restreint qui se déploie tranquillement d'heure en heure. À travers de brefs poèmes issus de l'observation et du souvenir, Ariane Bessette cherche à retrouver la trace vivante de l'autre, de son corps, de son existence pour cerner dans toute sa profondeur l'instant présent, ce moment d'Avant l'oubli.



    Quelques paroles pour ramener à la vie ce visage d'aube la confession et son retentissement le geste et sa précarité le temps, puis une naissance Un premier recueil émouvant, une nouvelle voix poétique tout en douceur.

  • Il y a éruption. Il y a ire ruption. Il y a d'abord eu ruption. C'est plus vaste et dévastant, plus actif, surtout, que rupture. Le magma, c'est les Autres. Ne restent que fumerolle et cinérite. Deux strates. Les champignons éclosent de toutes parts autour du fumeterre qu'est le poète; ils se nourrissent de la putréfaction et des coprolithes. Deux strates. Copro-duction.
    Dans la première partie, l'altérité s'avère troublante tellement elle soulage; le poète et sa poésie se décomposent, se délitent, se délient, se délisent presque. Je. Jet. Sous-je. Sujet. Dans la seconde partie, c'est l'entourage qui se saprolise au gré et au grès du contraste, du cynisme, de la bipolarité; le sujet s'objecte. Un coup d'oeil de mouche, de lucilie, porté vers l'ironie entre l'exégèse et le sens, entre la genèse et l'absurde : sujet altéré ou altérité assujetée ? Mort vécue ou naissance altéricide ?
    «Cinérite», c'est le brasero d'un poète à fleur de peau, en éruption cutanée. Dans toute l'ironie qui assure l'équilibre et le complémentarité. Dans l'inessentielle essence des objets. Dans le volte-face de l'étymologie. Seuls les mots peuvent recomposer...

  • Une chambre de motel. Une femme seule y entre. De ce lieu intime et froid émergent des souvenirs, des douleurs, des espoirs qui lui feront revivre son histoire amoureuse. Elle se réconcilie lentement avec elle-même, se détachant de l'autre et de l'espace

  • Circatrices, c'est la poésie de ceux qui veulent mal l'entendre. À peu près et de loin. La déraison d'être, l'autre «autre», l'orgasme annihilateur du moindre souffle, le désir d'indifférence, le «je» régénérateur, le «moi» enclavé, le «vous» à fleur de peau cisaillée, tous immunisent, comme des leucocytes, contre la plaie de la distance, et contre la lésion laissée par l'espoir pendant la vie qui meurt en réaction acuponctuelle. Des récits d'amour et de mort ; une nécromanie, ainsipide, en quête d'une tendre fin. Le papier est tissu, au même titre que la peau. Le moindre mot l'ébrèche, le déchire, le stigmatise. Le papier coupe sous les ongles ; seul l'espace cicatrise.

    Je suis né avec le vertige.
    La chute vers l'inconnu.
    L'angoisse de vivre.
    L'asthme du trop-plein.
    Je suis né sans savoir comment faire ;
    C'est pourquoi « naître » est un verbe d'état.

    J'ai cessé de craindre la mort puisque je ne peux comprendre la naissance.

    La poésie ne doit pas exprimer les événements ; elle doit les créer et les circonscrire, sans limites. Entre «déjà» et «peut-être», entre «jamais» et «sans doute», entre «je» et «vous», il y a l'instant.

  • La lampe-tempête est une lampe ancienne dont la flamme est protégée du vent par un verre. Sous cette «lampe-tempête», le lecteur oscillera entre la tristesse liée à une relation perdue, à une absence, à la routine du quotidien et le bonheur de reconnaître que le verbe, l'écriture, le fait de nommer servent à repousser le vide. Sous cette lampe-tempête, la poésie protège en quelque sorte des ravages du temps, de la solitude, en appelant la parole à la rescousse et en assurant un recommencement.

    Où trouver ce jour cet univers autre quand les lampes hésitent encore parmi nos mots à lier ensemble peut-être sur la pente secrète du quotidien Un premier recueil soigné, habilement construit et lumineux : une nouvelle voix poétique à découvrir.

  • Entre le ciel et la terre, une femme voyage et cherche à s'ancrer au sensible. Prisonnière de la mer, elle «s'exerce à renaître», à vivre enfin. Prélude d'un réveil, séparation inéluctable, fuite de pouvoir, destin collectif, étrangeté de l'absence, ascension vers l'avenir, autant de pas à franchir avant l'accomplissement de soi. Douée d'une sensibilité profonde, elle s'attachera à ce qui semble être l'empreinte d'une caresse.

  • Né d'une vision de l'eau, englobant les deux pôles de l'infini, la mer et le ciel, «Déserts bleus» est devenu un voyage spirituel. Pour le poète, tout être humain participe à la même oeuvre vivante et c'est par la pensée, la parole, le geste et surtout, l'intention du coeur qu'il y parvient. «Je m'évade de mon nid de douleur découvrant des paysages révélés de l'être sous le savoureux rêve du réel sondant le volcan où crépitent mille faims et autant de soifs où gît la couronne entre le vide et l'infini» «Déserts bleus» marque une étape importante dans l'oeuvre poétique, à la fois étrange et mystique, du poète franco-ontarien, François Baril Pelletier. Dans ce recueil, il s'approprie le réel et célèbre la beauté qui nous ravage et nous unit.

  • Dans un souffle aux accents épiques, Lyne Richard aborde l'amour et l'érotisme, la tendresse et la violence, le bonheur et la douleur avec la même acuité. Entre ces pôles, sa voix nous fait voyager et rappelle notre fragilité. Marcher pieds nus sur nos disparitions, c'est à la fois un parcours amoureux et un regard lucide porté sur un univers où la beauté s'étrangle. Les thèmes de la solitude, des recommencements, de l'humanité perdue résonnent à travers ces poèmes où le coeur et le corps accueillent les battements du monde. il faut rester vivants mon amour à l'heure où le monde farde ses ruines Lyne Richard allie des images sensuelles et bouleversantes à la puissance des émotions et à la musique des mots.

  • aube glaciale / des fumées de mer / tamisent la lumière Les fumées de mer sont un phénomène typique du fleuve Saint-Laurent en hiver. Ces immenses colonnes de vapeur deau qui par matin de grand froid, tels des encensoirs du ciel, montent des eaux glacées du fleuve et glissent lentement vers la mer ont dû surprendre et émerveiller les premiers Européens installés au Québec, comme elles nous transportent encore aujourdhui. Regarder passer les fumées de mer à laube, cest assister à la rencontre de la terre et du ciel et participer, en quelque sorte, au choc des éléments.

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