Éditions de l'Observatoire

  • Parler aujourd'hui d'écologie au singulier n'a guère de sens tant les mouvements qui s'en réclament sont multiples et opposés entre eux. De fait, l'écologie se divise désormais en sept grands courants : les « effondristes », qui tiennent la catastrophe pour inévitable ; les alarmistes révolutionnaires, héritiers de la critique marxienne du capitalisme, qui plaident pour la décroissance, comme les écoféministes, les décoloniaux et les véganes, qui considèrent la lutte pour l'environnement comme indissociable de celle pour le droit des femmes, des colonisés et des animaux ; les réformistes, qui pensent au contraire que la solution se situe dans la croissance verte et le développement durable. Viennent enfin les partisans de « l'écomodernisme » et de l'économie circulaire que je défends ici.  Ces différentes composantes s'accordent sans doute sur le fait que la planète va mal, mais leur opposition n'en reste pas moins parfois radicale, les effondristes et les révolutionnaires tenant notamment la croissance verte et le développement durable pour des impostures.  C'est à analyser les idées, les convictions et les propositions qui les animent que ce livre est consacré, mais aussi à proposer une alternative écomoderniste à l'écologie punitive, une vision du monde qui esquisse enfin un grand dessein enthousiasmant pour une humanité réconciliée avec elle-même comme avec sa planète.  

  • « Il est un point, dans nos vies, peut-être le plus inquiétant: quand une situation, un sentiment, un amour, soudain vient à s'inverser. Sait-on comment cela s'est effectivement passé?? Or, à partir de ce point «obscur», ensuite, tout a basculé... En tirant ce fil, on est porté à s'interroger?: n'est-ce pas là ce que notre langue, s'exprimant dans les termes de l'«être» (c'est-à-dire de «parties», de «début», de «cause», etc.), échoue à expliquer?? Mais peut-on sortir de sa langue dans sa langue, de la langue de l'Être dans laquelle, depuis les Grecs, notre pensée s'est articulée?? Peut-on ouvrir sa langue en s'aidant d'une autre langue telle que, exemplairement, pour moi le chinois?? Que serait une langue, en effet, qui pense, en termes, non de début, mais d'«amorce», de «linéaments» et d'«infléchissements»?? Non de cause et d'explication, mais de «propension» et d'implication?? Non de parties constitutives, mais de ramifications et de réseau structurant, etc.?? Et d'abord si, au lieu de diviser méthodiquement, on apprenait à «cliver» en épousant la configuration des choses?? Si, au lieu de tout sacrifier à la détermination et à sa clarté, on faisait une place légitime à l'évasif?? On pourrait en concevoir une nouvelle épistémologie que réclame aujourd'hui, je crois, le renouvellement des savoirs. Et d'abord, en délaissant la langue de l'Être, décrire plus intimement ces veinures selon lesquelles nos vies vont basculant dans un sens ou dans l'autre, d'où ensuite tout a découlé... Sans même qu'on l'ait remarqué. » F. J.  

  • Un an après L'Amour sous algorithme, qui lui a valu le titre de « la Française qui a défié Tinder », Judith Duportail se sent trahie par sa propre science. Ses analyses et conclusions ne l'empêchent pas, elle aussi, de souffrir des « incivilités affectives » de notre époque (du ghosting, à l'orbiting, et autres cruautés désinvoltes 2.0), et de traverser un burn-out émotionnel à force de luttes et d'errance dans le monde post-Tinder. Elle s'impose alors une « pause » affective pour reprendre son observation des relations amoureuses contemporaines et nous entraîne dans une (en)quête des liens et relations humaines à l'heure de la fin programmée de l'amour. Au-delà même de la problématique des applications de rencontre ou des réseaux sociaux, comment concevoir aujourd'hui le couple quand on appelle à le déconstruire ? Comment, concrètement, faire respecter ou tout simplement penser son consentement ? Ou même construire des relations égalitaires dans l'intimité quand notre société ne l'est pas encore ? 
    Dans un récit intime où le particulier touche à l'universel, Judith Duportail se met à nu et s'observe avec franchise, exi-gence et émotions. Croisant analyses sociologiques, anecdotes et confidences, elle s'empare d'un phénomène affectif contemporain encore trop peu exploré et pose des mots sur les maux amoureux de toute une génération.  

  • La désinformation, devenue notre quotidien, pénètre partout et exerce une emprise croissante sur les esprits.  Pourtant, la combattre est possible. Pour mener la lutte, il faut d'abord connaître l'ennemi, comprendre le fonctionnement de la fabrique du mensonge, les mécanismes de la montée aux extrêmes, les mutations du paysage de l'information sur lesquelles prospère le faux.  La riposte, elle, a plusieurs visages : responsabilisation des plateformes sur les contenus qu'elles diffusent, démonétisation de la désinformation, correction des effets pervers des algorithmes, intensification du fact-checking, travail d'investigation sur les réseaux et les stratégies de désinformation, défense et promotion d'une information de qualité accessible à tous, renforcement des moyens de lutte contre la haine en ligne. Fabrice Fries apporte ici le regard du praticien. Il dirige en effet l'Agence France-Presse, aujourd'hui reconnue comme le média qui dans le monde est le plus engagé dans la lutte contre la désinformation. Observateur privilégié de ce mal du siècle, il ne s'arrête pas au constat mais propose une stratégie de combat.  

  • Des milliers de générations ont rêvé à notre pays de cocagne. Grâce au progrès technique, nous avons appris à mieux exploiter nos terres, repoussé la faim et le froid, accédé à l'instruction, inventé la société de consommation et de loisirs. Mais cette abondance provoque une triple crise : de la planète, mortellement menacée par notre consommation à l'infini d'énergie et de ressources ; de l'argent, imprimé en quantités astronomiques et pourtant réparti de manière très injuste ; de l'Homme, enfin, dont le travail devient de moins en moins nécessaire face à une technologie omniprésente. Façonnés par des millénaires de rareté, nos esprits peinent à comprendre ces crises. Nous devons désormais repenser notre futur au prisme de l'abondance, et en déduire des politiques radicalement nouvelles. Dans cet essai riche, éclairant et souvent surprenant, François-Xavier Oliveau rejette à la fois une impossible croissance infinie et une décroissance mortifère, et esquisse les grandes lignes d'une troisième voie, une gestion intelligente de l'abondance, pour un monde plus juste et plus libre.  

  • De tous côtés, nous vivons une crise des limites, celle des ressources énergétiques, des moyens d'imaginer l'avenir, des possibilités d'action. Et si, pour en sortir, l'idée même de limite était à repenser ? Abolir ou renforcer les frontières, poursuivre une expansion sans fin ou imposer de nouvelles normes écologiques, respecter ou transgresser la distanciation physique liée à la Covid, instaurer ou non une limitation de vitesse à 80 km/h... partout les limites font débat. Entre ceux qui souhaitent les effacer et ceux qui veulent les renforcer, l'impasse est totale. Car tous s'affrontent au sujet des limites, pensées comme carcans par les uns, comme protections étanches par les autres - sans s'interroger sur le sens de la notion, tenu pour évident. Il n'en est rien. Monique Atlan et Roger-Pol Droit revisitent cette idée, ses définitions et ses principales représentations au long de l'histoire occidentale. À travers une série de variations, ils montrent combien la limite est décisive, positive, indispensable à l'organisation de la pensée, des sociétés et de la vie. Une promenade philosophique qui suggère une salutaire politique des limites.  

  • Contre les déraisons modernes - collapsologie, cancel culture, essentialisme, identitarisme... -, Perrine Simon-Nahum prône une «?dé-sidération?» urgente grâce à la philosophie.  La philosophie a-t-elle encore quelque chose à nous apprendre pour nous préparer à affronter le monde qui vient?? Oui, affirme Perrine Simon-Nahum, si l'on rompt avec les pensées apocalyptiques et la guerre des identités qui nous ont exclus de l'histoire. Les premières en faisant de nous les spectateurs passifs d'un futur qui nous accable, les secondes en nous décrivant comme les victimes impuissantes d'un passé qui nous hante. Contre ces déterminismes, l'auteure nous appelle à la «?dé-sidération?», à reprendre pied dans le monde actuel, à «?refaire histoire?». Comment?? En renouant avec un sujet acteur de sa propre vie. C'est à partir de la relation que la philosophie doit trouver à se redéfinir. Les liens qui nous unissent les uns aux autres, l'amour, l'amitié, mais aussi le deuil ou la perte?:?ces expériences intimes ne se comprennent que si elles sont vécues dans l'épaisseur d'un présent qu'elles permettent d'infléchir. Elles ne donnent sens à nos vies que si elles trouvent à se prolonger dans des institutions qui traduisent au niveau collectif l'importance que nous donnons à nos engagements individuels. Nous ne sommes pas condamnés à subir le sort que nous réservent les déraisons modernes. Les relations que nous tissons au monde, parce qu'elles sont nécessairement plurielles, parce qu'elles engagent, même au niveau le plus modeste, notre liberté, nous montrent le chemin à suivre.   

  • Nos libertés se réduisent sous prétexte de protectionnisme, d'écologie, d'égalité des sexes, ou de santé publique ? C'est que nous le voulons bien. Alors qu'elle est sur toutes les lèvres, la liberté individuelle a déserté les lieux. À en juger par l'extraordinaire inflation des règles, lois et autres normes, il n'est plus un domaine qui ne soit régenté par l'État. De l'éducation des enfants à la transmission du patrimoine, en passant par l'assurance, l'échange des données personnelles ou le travail le dimanche, rien n'échappe au contrôle public.  Pourtant, l'immixtion croissante du pouvoir politique dans les affaires privées n'a rien de totalitaire. Bien que vécue comme une intrusion insupportable, elle résulte de la volonté du peuple qui a fait de l'État le garant de sa sécurité, le promoteur de son bonheur et l'artisan d'une société idéale. Situation paradoxale, qui prend sa source dans une représentation fantasmée d'un État devenu une divinité à même de satisfaire toutes les attentes. À condition qu'on lui sacrifie notre liberté individuelle.  De cette relation d'amour-haine naissent le populisme, les révoltes sociales et la demande d'autoritarisme qui caractérisent la crise politique actuelle. Face à la menace d'un effondrement de la démocratie, une seule solution : réinventer un "mythe" libéral et remplacer le désir de servitude par un amour inconditionnel de la liberté.

  • La Covid-19 ébranle les grandes puissances qui prétendent à la supériorité de leur modèle. Xi Jinping a-t-il réussi son pari?? D'une catastrophe sanitaire née sur son sol, il veut faire la démonstration de l'excellence du système chinois. Aide et propagande se confondent.  Donald Trump a-t-il perdu sa réélection à force de nier l'évidence et d'ajouter au chaos d'un pays en pleines convulsions raciales et sociales?? La première puissance du monde constate la faillite de son propre modèle. Tout à son obsession de réécrire la grande histoire russe, Vladimir Poutine conforte son pouvoir aux dépens du pacte social passé avec son peuple. La course au vaccin devient une compétition géopolitique. En Europe, nos démocraties découvrent les limites du chacun pour soi et d'une Union incapable de protéger les populations. Le sursaut provoqué par Angela Merkel et Emmanuel Macron serait-il le premier chapitre d'un récit européen à l'aune de nos défis communs?? Partout dans le monde, les dirigeants sont jugés selon leur capacité à juguler la pandémie et à en gérer les conséquences. À leur opinion publique et au-delà de leurs frontières, ils proposent ou imposent leur propre récit. Accélérées, déformées, manipulées par les réseaux sociaux, information et désinformation sont inextricablement mêlées. Sur tous les fronts, la guerre des récits bat son plein.  

  • COMMENT ÉVOLUER AVEC LE NUMÉRIQUE TOUT EN ÉTANT RESPECTUEUX DU VIVANT?? On compte plus de 14  milliards de smartphones dans le monde?; 21  milliards d'objets connectés nous assistent au quotidien?; 7  milliards de requêtes Google sont effectuées chaque jour, soit 80  000 par seconde, et un milliard d'heures de vidéos sont visionnées.  Ces chiffres vous donnent le tournis?? Ils masquent surtout trois types de pollutions numériques : environnementale, mais aussi intellectuelle et sociétale, ou comment le numérique désincarné affecte au quotidien la planète, nos capacités cognitives et certaines fondations de notre société, comme le vivre-ensemble. Des mines boliviennes aux data centers des fjords norvégiens, en passant par les décharges ghanéennes, Inès Leonarduzzi, spécialiste en développement durable et en stratégie numérique, retrace son parcours en faveur de l'«?écologie numérique?», l'étude des interrelations entre l'homme, l'environnement et la machine. L'enjeu : ne pas décrier le numérique - cet outil fabuleux -, mais en initier le futur. Acquérir non pas un «?pouvoir?», mais un «?savoir d'achat?», diminuer l'empreinte carbone laissée par nos appareils, instruire nos enfants déjà accros aux écrans, apprendre à déconnecter, bien vivre avec les réseaux sociaux ou encore suivre l'itinéraire de nos données pour un jour en tirer bénéfice sont autant de gestes à notre échelle. Avec ce livre, fruit de quatre années d'actions à travers le monde, Inès Leonarduzzi réconcilie nos usages de la technologie et notre sensibilité citoyenne, pour nous faire entrer avec enthousiasme dans l'ère du numérique résilient.  

  • France-corse, je t'aime moi non plus - reflexions sur un quiproquo historique Nouv.

    Autrefois, jamais un Corse n'aurait osé dire qu'il n'était pas français. Aujourd'hui, cette objection ne se limite plus aux indépendantistes. Que s'est-il donc passé ?  La Corse française ? Jusque dans les années 1970, c'était une évidence. Mais cette époque est révolue et on a désormais l'impression que beaucoup de Corses sont Français malgré eux. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce que tente de comprendre dans ces pages Paul-François Paoli. En retraçant l'histoire de la Corse et de sa relation complexe avec les "pinzuti" - autrement dit les continentaux -, Paoli porte un regard amoureux mais lucide sur l'île de Beauté, dans sa relation torturée, passionnée, avec la France. Sa thèse est détonante : identitaires plutôt que nationalistes, de nombreux Corses ne reconnaissent plus la France dont ils s'étaient fait une certaine idée, à travers les figures tutélaires de Pascal Paoli, Napoléon Bonaparte, de Gaulle. Ils refusent à présent d'être une minorité parmi d'autres dans un pays vaincu par la mondialisation.  Dans ce texte à la fois tendre et plein de colère, franc comme un pamphlet mais réfléchi comme un essai, Paul-François Paoli cherche à recréer les liens d'affinités qui s'étaient noués au cours des âges entre la Corse et la France, et donc entre la France et le fil de son histoire.

  • Notre société postmoderne hypertechnologique vient d'être confrontée, comme elle ne pensait plus pouvoir l'être, au mystère de la mort, c'est-à-dire aussi à la profondeur du mystère de la vie.

    Ces mois de crise sanitaire qui l'ont mise à genoux ont été révélateurs et paradoxaux : des trésors de solidarité et de générosité s'y sont déployés, mais aussi un esprit de peur, voire de délation ; le monde entier a fait l'expérience inédite de son universalité, mais les particularismes culturels et nationaux et le souverainisme ont trouvé un regain de faveur inopiné ; intellectuels et savants ont multiplié les interventions dans les médias, mais la vraie liberté d'interroger les situations et les décisions a peiné à s'affirmer.

    Pour Mgr Matthieu Rougé, si nous voulons que cette crise soit le point de départ historique de modifications durables pour les personnes, les sociétés et même les religions, le temps est venu de l'analyse, mais aussi de la proposition. Menant une réflexion à la fois anthropologique et spirituelle autour de la fragilité, la corporéité, la peur, la liberté, la laïcité, l'universalité et l'éternité, ce fin observateur de notre société répond aux questions cruciales pour notre avenir que nous nous posons, à la lumière de l'expérience chrétienne et en dialogue avec les analyses contemporaines.

  • Notre société est aujourd'hui minée par des fractures profondes qui compromettent sa cohésion. Affaiblissement de notre doctrine de maintien de l'ordre ; perte du contrôle de nos frontières ; renoncement à combattre l'islamisme autrement que par les mots ; refus d'appliquer nos propres lois par crainte du qu'en dira-t-on médiatique ; gouvernance par l'émotion et non-respect de l'État de droit. Au croisement de fonctions judiciaires et politiques, fort d'une compétence reconnue, Thibault de Montbrial démontre dans cet essai implacable que notre sécurité intérieure ne cesse de reculer. Aux avant-postes de cet affaissement, l'avocat régulièrement aux côtés des forces de l'ordre invite le lecteur dans son quotidien, au plus près des justiciables. Et analyse chacun de ces mouvements qui prospèrent depuis des décennies sur l'abandon d'un principe, sans lequel toute vie en société est impossible : l'autorité. Réhabiliter l'autorité, c'est repenser le vivre-ensemble sous l'angle du respect ; notre justice dans un esprit de protection ; nos priorités budgétaires afin de redonner à l'État ses fonctions régaliennes. Telle est la voie pour dépasser nos dissensions, et renouer avec la société unie et apaisée à laquelle l'immense majorité des Français aspirent. Dire la vérité préside toujours à toute action. Il faut donc dire que notre pays est au bord de l'explosion, et que le rétablissement de l'autorité de la République est notre dernière chance.  

  • Créateur du concept mondialement reconnu de la « ville du quart d'heure », Carlos Moreno propose des solutions pour relever le triple défi écologique, économique et social de la ville de demain.

    Chercheur et expert urbain, Carlos Moreno nous interroge sur notre rapport à nos espaces de vie et au temps utile. Dans sa vision d'une ville polycentrique, les six fonctions sociales essentielles - habiter, travailler, s'approvisionner, se soigner, s'éduquer, s'épanouir - doivent être accessibles dans un périmètre de 15 minutes.

    Lanceur d'un débat mondial, indispensable à l'heure de la crise sanitaire planétaire que nous traversons, l'auteur analyse ce complexe et vibrant laboratoire à ciel ouvert qu'est la ville, où s'expriment nos contradictions et s'expérimentent les changements de nos modes de vie. Concentrant la majorité de la population du globe, mais aussi les grands enjeux du développement de l'humanité - culturels, environnementaux, technologiques, ou économiques -, les territoires urbains sont aujourd'hui pris en tenaille par les défis du siècle et doivent se réinventer de toute urgence.

    Proposant un décryptage systémique de la ville, Carlos Moreno évalue les moyens et les champs d'action du bien-vivre et définit les enjeux des mutations accélérées par l'urbanisation et la métropolisation.

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