Éditions du Noroît

  • «Poèmes 1938-1984» se compose de quatre parties et rassemble plusieurs décennies d'un travail poétique acharné qui témoigne de l'infatigable vigueur d'une femme dévouée à sa muse. Ayant lutté sa vie entière pour réconcilier les exigences de la maternité et celles de sa vocation d'écrivaine, Elizabeth Smart évoque ce combat dans nombreux de ses poèmes, traçant ainsi le portrait d'une époque où les femmes ont du mal à se tailler une place dans les cercles d'écrivains, aux prises avec les barrières qu'on leur impose et les dilemmes quotidiens. Tout au long du recueil, elle fait cohabiter le trivial et l'universel et se livre à des moments de pure exaltation, s'émerveillant par exemple devant la furie de vivre des plantes, ou de désolation extrême, notamment en face des ravages de la guerre - événement qui l'a intimement et profondément marquée. Sans se soumettre à des formes rigides, les vers de ce recueil célèbrent également les maîtres qui les ont inspirés, s'adressant à eux, avec insolence parfois, afin de permettre à leur auteure d'exister en poésie.

  • "Helleborus & Alchémille" est un choix de poèmes d'Elana Wolff tirés des recueils "Birdheart", "Mask", "You Speak to Me in Trees" et "Startled Night". Les trente-quatre poèmes choisis sont parmi les plus représentatifs de dix ans de poésie de l'auteure, dont l'oeuvre est ancrée dans l'histoire et le mystère, la vie et l'art, l'imagination et la nature. Ce sont des pièces courtes, mêlant l'ancien et le nouveau, le subtil et le sensible, les dimensions ludiques et contemplatives ; tantôt déconcertantes, tantôt romantiques, elles nous laissent entendre un constant jeu avec les sonorités. Parfois sombres, parfois lumineuses, ironiques et honnêtes, elles remettent en question la polarité du monde.
    C'est cette beauté étrange et paradoxale que rend la traduction de Stéphanie Roesler.
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  • Con augas pasadas non moven muiños - « le courant qui passe ne fera pas tourner la meule ». Les poèmes de Moure, avec cette idée derrière la tête, s'aventurent dans de petits territoires de perplexité - l'eau, la langue, emportant les sons du galicien dans notre français. En ces temps troubles et tristes, les langues - rendues violentes par les rhétoriques du commerce et de la guerre - portent de nombreuses blessures. Les poèmes de Petits théâtres accueillent de nouvelles sonorités, des gouttelettes, comme si elles pouvaient nous aider à nous reprendre, un tant soit peu, tranquillement, sans nous blâmer, pour que nous puissions de nouveau supporter nos langues et nous ouvrir à l'autre.

  • Ce nouveau recueil du poète E. D. Blodgett ose une écriture en français et en anglais pour ainsi dire simultanée, où des poèmes contemplatifs installent en peu de mots des ambiances de vieux jardins pleins de statues, de fontaines et doiseaux. En parcourant ces dyades, faites dun poème en français suivi, en regard, dun autre en anglais qui en est et nen est pas la traduction , le lecteur prolonge sa promenade méditative où lil et loreille sont en éveil. Il est invité, chemin faisant, à déchiffrer avec le poète divers signes, tels ceux que composent des petits oiseaux sur la neige, pareils aux « caractères / dun alphabet inconnu ». Le poète y trouve matière à réflexion sur son langage, mais aussi beaucoup sur ses silences.

  • Bronwen Wallace, c'est d'abord une voix, une tonalité bien particulière. Une voix nord-américaine ancrée dans son coin de pays, l'Ontario des années 70-80 et ses origines rurales. On croirait écouter une amie lors d'une conversation ordinaire, qui pose sur le monde un regard sans jugement, et plein d'amour. C'est ainsi que sans ostentation aucune, les poèmes de Bronwen Wallace vont droit au coeur, et atteignent une répercussion universelle. Cette anthologie réunit des poèmes issus de ses recueils « Signs of the Former Tenant » (Oberon Press, 1983), « Common Magic » (Oberon Press, 1985) et « The Stubborn Particulars of Grace » (McClelland & Stewart, 1987).

  • Dans «Mes souliers me font mourir», la poète Robyn Sarah se penche sur le temps qui passe, la fugacité des rêves et le plaisir doux-amer de penser au « trésor » qu'est le passé. Musical, méditatif, chaleureux et étonnamment drôle - ce que la traduction de Rémi Labrecque rend à merveille - il en va d'un recueil à l'écriture réparatrice et émouvante de l'une des poètes canadiennes les plus réputées.

  • Devenu aveugle à la suite de l'explosion d'une grenade dans son Liban natal alors qu'il est adolescent, John Asfour arrive au Canada fort des mots de James Joyce : «Quant aux yeux, ils n'apportent rien. J'ai des mondes par centaines à créer et je suis sur le point de n'en perdre qu'un.» Ce livre cherche à faire comprendre comment un handicap influe sur la vie et l'esprit de qui en est atteint. Dans une suite de poèmes parcourue d'une même thématique, l'auteur se sert de la métaphore du bandeau pour dévoiler à ceux qui voient, mais demeurent aveuglés, des sentiments complexes faits d'étrangeté, d'émotions et de pressions exercées par la société. Ces textes racontent la perte, l'abandon, l'aliénation vécus non seulement par les handicapés mais par tous les «hors-normes» de ce monde.

  • Il est de ces lieux qu'on reconnaît sans trop savoir s'ils existent. Des lieux qui se font passer pour la réalité, qui changent au gré de leurs envies, mais qui toujours attirent et intriguent. «Quel est ce lieu» nous en présente quelques-uns, issus du souvenir, du rêve ou de l'espace flou entre les deux, immatériels et précis à la fois, brûlants ou glacials, vastes et étourdissants. Et une voix qu'on reconnaît elle aussi nous les décrit dans un murmure parfois tendre, parfois halluciné, toujours fantomatique. Et on l'écoute si on veut, comme on veut, et on entre ou on reste dans l'embrasure de la porte, contribuant ou non aux variations de l'écho dans la salle.
    Ian Ferrier, figure importante de la scène spoken word montréalaise et présence familière dans les rues et sur les scènes de la ville, voit pour la première fois ses textes publiés dans un recueil en français.

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