Littérature générale

  • Orwell, penseur visionnaire, engagé, lucide, voulait élever l'essai politique au rang d'une oeuvre d'art. La preuve ici, en huit textes limpides, directs, précis ("Notes sur le nationalisme", "L'asile de nuit", "Une pendaison", "Comment j'ai tué un éléphant", "Une conviction", "Retour sur la guerre d'Espagne", "La bombe atomique et vous", et "Pourquoi j'écris"), où l'auteur de La Ferme des animaux et du Quai de Wigan fait passer les faits avant l'idéologie et montre que pour comprendre, il faut ressentir. Porté par une haute exigence morale, Orwell nous aide à retrouver l'esprit critique, à lutter contre les totalitarismes, à penser une époque guerrière, la nôtre, tissée de faits alternatifs et de fake news, de libertés à la dérive, de replis et d'horizons étriqués. Lire ses textes, c'est rouvrir les yeux sur le monde tel qu'il est et décider de se battre pour des causes qui soient justes.

  • Don, échange, partage : voici le grand livre de l'altruisme et de la coopération. Que se passe-t-il quand vous recevez un cadeau ou que vous donnez quelque chose ? Pourquoi certains objets reçus (lettres, cadeaux, etc.) nous paraissent-ils sacrés ? D'où vient la gêne que nous éprouvons parfois quand on nous offre quelque chose ? L'essai le plus connu du père de l'anthropologie sociale - un essai que Claude Lévi-Strauss jugea "révolutionnaire".
    Préface de Baptiste Mylondo, philosophe et économiste.

  • Se soucier des autres n'est pas une caractéristique féminine. C'est un travail. Apporter une réponse concrète aux besoins des autres, telle est, aujourd'hui, la définition du «care», ce concept qui ne relève pas, comme on l'a longtemps cru, du seul souci des autres ni d'une préoccupation spécifiquement féminine, mais d'une question politique cruciale recoupant l'expérience quotidienne de la plupart d'entre nous. Première synthèse sur cette notion d'une très grande ampleur après les travaux fondateurs de Carol Gilligan dans les années 1980 puis de Joan Tronto dans les années 1990, ce livre concerne aussi bien le domaine du travail que ceux du genre, de l'éthique et de la santé.

  • Quel est le but du féminisme : l'égalité ou la liberté ?
    Les femmes doivent faire la part des choses entre le combat nécessaire pour leurs droits et la finalité ultime de ce combat : la liberté réelle. Cette liberté implique qu'elles puissent choisir d'être ou non en couple, d'avoir ou non des enfants, d'aimer qui elles veulent aimer ; qu'elles puissent choisir leur vie, enfin, libérées de toutes les formes de pression - sociale ou intériorisée.
    Emma Goldman (1869-1940), considérée en son temps comme la « femme la plus dangereuse des États-Unis » par le gouvernement américain en raison de son activisme militant, est une des grandes figures du féminisme mondial.
    Traduit de l'anglais et préfacé par Thibaut de Saint Maurice.

  • L'homme moderne peut-il encore préserver la nature ? Conserver son caractère sauvage (wilderness) sans en être exclu ? Quelle place peut-il y occuper ? Pour Aldo Leopold, pionnier de la pensée écologique, à l'instar de H.D. Thoreau ou John Muir, et père de la protection de la nature, la réponse se trouve dans la quête d'un équilibre harmonieux entre la nature et l'homme moderne. Il se distingue ainsi des courants, inspirés par Thoreau, qui évacuent l'homme et prônent une communion avec la nature.
    Aldo Leopold (1887-1948) est l'un des pionniers, avec H.D. Thoreau et John Muir, de la pensée écologique et le père de la protection de la nature et des espèces sauvages. L'éthique de la terre (Land Ethic) est une référence incontestée de l'écologie.

  • Quel sens peuvent avoir l'avarice et le gaspillage, alors que l'argent se caractérise par son abstraction ? Et qu'est-ce que la pauvreté, qu'elle soit choisie comme dans le cas de certaines communautés religieuses (franciscains et bouddhistes) ou subie ? Pour y répondre, deux essais du grand sociologue allemand : un texte de 1899, inédit en français, suivi de la célèbre étude de 1907 où Simmel montre que le pauvre n'est pas caractérisé par le manque de ressources, mais bien plutôt celui que nous désignons comme pauvre et que nous plaçons dans une relation d'assistance. Dès lors, comment le pauvre peut-il sortir de la pauvreté ?

  • Le marché du luxe est évalué à environ 300 milliards de dollars par an ; on estime que celui des pauvres oscille entre 5 000 et 13 000 milliards de dollars par an. Bienvenue dans le monde du business social ! Le business social ? C'est nouveau, ça vient des Etats-Unis, et ce n'est pas très social. Une date ? Depuis l'an 2000. L'objectif ? Appliquer les méthodes de la grande entreprise aux activités sociales. Des moyens ? La start-up sociale, la théorie dite "bottom of the pyramid", et l'art de détourner le sens des mots qui ont un sens (émancipation, environnement, écosystème, alternative, coopération, etc.). Un risque ? La mort du lien social. Une conséquence ? L'augmentation de la fortune des plus riches et l'accroissement des inégalités sociales.
    Partant d'une question : pourquoi ceux qui ont le plus contribué à casser l'économie réelle sont-ils ceux qui, quelques années après, prétendent résoudre la question sociale, ce livre ne critique évidemment pas la sincérité des projets des start-ups sociales, mais nous alerte sur l'un des nouveaux visages du capitalisme et nous éclaire pour que nous ne participions pas involontairement à une idéologie que nous réprouvons profondément.

  • "Le crime et la coutume dans les sociétés primitives" ; "Le mythe dans la psychologie primitive" ; "La chasse aux esprits dans les mers du Sud" : ces trois célèbres essais des années 1920 illustrent la richesse et la profondeur de la pensée et des méthodes du premier des ethnologues de terrain.

  • L'étranger : menace ou promesse ? Une étude magistrale d'un des pères de la sociologie moderne sur une question qui agite nos sociétés à l'heure des tensions communautaires et du scandale des migrants. Pour Simmel, dans ce texte culte, c'est quelqu'un qui appartient à un groupe sans en faire partie car, venu d'ailleurs, il n'en partage ni l'histoire ni la culture. Ce n'est pas un marginal, et pas non plus un exclu. Ce n'est pas un touriste. Il y a du positif en lui puisqu'il apporte au groupe des qualités étrangères à celui-ci. Ni là-bas, ni d'ici, il est l'intermédiaire idéal, le pont, entre deux groupes. Il importe des idées et des marchandises. Il est plus libre dans son jugement, moins empêtré dans les conventions et les habitudes. On se confie à lui, et il est bon juge. C'est d'ailleurs en Italie, pays de plus en plus violemment opposé aux étrangers, que certaines cités, autrefois, ont fait appel à des étrangers pour rendre la justice. Peut-être est-ce l'occasion de le rappeler.

  • L'esprit du capitalisme, ce ne sont pas ses doctrines ni son idéologie, mais une sensibilité culturelle, un style moral, une psychologie. C'est moins le marché, le profit, le calcul, et plus un tempérament. Il intègre de l'irrationnel, donc du risque et de l'incertitude. Tel est le thème du célèbre chapitre 2 de L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme (1904), chef-d'oeuvre de Max Weber, l'un des trois pères, avec Simmel et Durkheim, de la sociologie moderne. Le texte de Weber est suivi, en postface, d'un essai d'Arjun Appadurai, "Le fantôme dans la machine financière", où l'auteur d'Après le colonialisme montre combien la pensée de Weber permet de comprendre  le capitalisme financier de ces dernières décennies.

  • Le dernier modèle du capitalisme est surprenant : il repose sur ce qui ne marche pas. La panne, la crise, la dette sont devenues les moteurs de l'économie mondiale. Plus nous sommes trahis par la finance et les défaillances des produits technologiques, plus la « machine à promettre » du capitalisme nous persuade que la réussite est au bout du chemin, et plus nous en redemandons. Pourquoi oublions-nous si vite les échecs répétés ? De l'obsolescence programmée et de la précarité délibérée des technologies numériques à la crise financière mondiale, quelle est cette société qui ne veut plus entendre parler d'entretien ou de réparation, où plus rien n'est fiable ni durable ? Nous croyons être plus libres, plus heureux ; en réalité, notre univers s'est rétréci. Il est celui du lien social brisé, de la solitude infinie, de la culpabilité et de l'animosité. Il est urgent de réagir.

  • Le coup de foudre, seule une petite minorité des couples disent l'avoir éprouvé. Comment l'immense majorité des autres font-ils donc pour devenir amoureux ? Pour le sociologue Michel Bozon, l'amour est une pratique et une histoire : pas seulement une émotion ou un sentiment, mais aussi, et surtout, une affaire permanente d'interprétation et d'échanges - d'informations personnelles, de cadeaux, de sexe -, qui évoluent dans la durée ; dès les débuts amoureux, l'abandon de soi est intimement lié à l'emprise sur l'autre. L'amour est progressif, il s'apprend, il se construit, mais il peut aussi se défaire...
     

  • Marcel Mauss a enseigné de 1926 à 1939 à l'Institut d'Ethnologie de l'Université de Paris-I-Sorbonne. Il n'a malheureusement pas pu rédiger ses Instructions d'ethnographie descriptive, mais la sténotypie du "cours de Mauss " nous en restitue toute la richesse d'informations, la rigueur dans l'analyse des faits, la force intellectuelle. Des techniques du corps à l'étude des phénomènes religieux, c'est toute la vie sociale qui est ainsi présentée grâce aux exceptionnelles compétences et connaissances que réunissait Marcel Mauss, l'un des maîtres des sciences sociales en France avec Emile Durkheim.

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