Albin Michel

  • « Il y a peu d'années, je cherchais partout des âmes républicaines ; je me désespérais de n'être pas né Grec ou Romain », écrivait Camille Desmoulins.
    C'est en effet vers les Anciens que se tournent avidement les révolutionnaires quand ils veulent fonder

  • Avec érudition, clarté et humour, La Justice du Roi nous révèle à quel point la justice tenait dans la vie de l'ancienne France une place dont nous mesurons mal l'importance. Il était de bon ton pour un seigneur ou une dame de la campagne de se

  • 13 mai 1588, un roi traqué par l'émeute s'enfuit de Paris pour n'y plus revenir. 22 mars 1594, un autre roi se glisse furtivement dans la capitale qui le repousse depuis six ans. Que cache ce vide historique entre le dernier des Valois et le premier des Bourbons ? Pourquoi tant de haine contre Henri III ? Pourquoi cette résistance désespérée à Henri IV ? Une réponse : la révolution.Révolution insolite, prêchée par des chefs religieux fanatiques et démocrates qui, une main sur l'Évangile, l'autre sur le mousquet, mettront le pays à feu et à sang pour défendre une double cause : la foi catholique, la souveraineté du peuple. Révolution née de l'exaspération de la passion religieuse, mais aussi du refus d'un pouvoir politique sans contrôle et de la prise de conscience des injustices sociales. Révolution populaire, certes, mais voulue et menée par des intellectuels, hommes d'Église et hommes de loi, transfuges de la haute bourgeoisie et étudiants contestataires.On est très loin des clichés si souvent plaqués sur ce « temps des troubles » - Henri III le dégénéré, Henri de Guise le héros, Henri IV le libérateur. Le vrai visage du drame est à chercher ailleurs, dans les rues et les églises, à la Sorbonne et à l'Hôtel de Ville, chez tous ceux qui en furent les témoins et parfois les victimes. Six ans de violence, de complots et d'assassinats, des foules en délire, des dizaines de milliers de morts : avec deux cents ans d'avance, Paris s'offre sa première grande fête révolutionnaire.Arlette Lebigre, née en 1929, docteur en droit, licenciée ès lettres, agrégée des Facultés de Droit, est professeur à l'Université de Paris XI. Spécialisée en histoire du Droit et des Institutions pour la période moderne (XVIe-XVIIIe s.), elle a notamment publié un Manuel d'Histoire du Droit Pénal (en collaboration avec André Laingui, 1979) et « Les Grands Jours d'Auvergne, désordres et répression au XVIIe siècle », 1976.

  • L'Espagne est un terme moderne, un monde particulier, une « énigme historique ». C'est tout au long du Moyen Age qu'elle se crée quand se rassemblent tardivement Castille, Aragon, Navarre, Portugal et Grenade, quand se succèdent les brillantes époques

  • « Le cognac et le vin sont les boissons d'assaut ; le vainqueur boit du vin, l'esclave boit de l'eau ». Voici le parti pris de la Revue viticole dans le grand débat entre l'idéal tempérant et le triomphe du buveur qui culmine lors de le Première Guerre mondiale. Le XIXe siècle a en effet découvert, à côté du traditionnel ivrogne, un type nouveau de buveur excessif : l'alcoolique.Le bourgeois dans son café, l'ouvrier au cabaret, la femme en cachette et l'enfant en silence, tous trinquent à des degrés divers. L'augmentation de la production due à la révolution industrielle et l'élévation du niveau de vie ont banalisé la consommation de vin, bière, cidre, mais aussi des alcools forts. L'absinthe entre en littérature grâce à Verlaine, L'Assommoir s'impose comme le grand roman de l'hérédité alcoolique.La société prend peur. On associe l'alcoolique au révolutionnaire et au criminel ; on s'inquiète de la « dégénérescence de la race ». Enquêtes sociales, littérature médicale, manuels d'hygiène se multiplient et tentent de préserver la morale et l'ordre public. À la naissance des associations anti-alcooliques, l'alcool entre dans l'arène politique pour ne plus en sortir.Didier Nourrisson, maître de conférence à l'université de Saint-Etienne, démontre dans Le Buveur du XIXe siècle combien la question de l'alcoolisme - si actuelle - tend à englober toute la question sociale. Sa thèse, Alcoolisme et anti-alcoolisme en France sous la IIIe République : l'exemple de la Seine-Inférieure, a reçu le prix Robert-Debré 1987. Didier Thimonier

  • Dans presque toute l'Europe, dès l âge du bronze, les populations savaient extraire le sel, au bord de la mer, près des sources salées ou dans des mines. Devenu « l'or blanc » indispensable à la vie et arme de lutte contre la famine, l'extension de sa production à partir du Xe siècle a contribué à l'essor économique et culturel de l'Europe au Moyen Âge.Le sel est devenu l'instrument de la richesse des États quand ils l'ont taxé d'un impôt particulier, la gabelle : les soulèvements armés des victimes de l'impôt commençaient au cri de « Vive le Roi sans la gabelle » et prenaient pour cible les greniers à sel, les gabeleurs et les privilégiés.Le Sel et le Pouvoir, synthèse sur un millénaire d'histoire européenne préparée par vingt ans de recherches, analyse dans la longue durée le labeur des sauniers, l'évolution des techniques de production, la gestion des salines, le commerce maritime ou terrestre, la consommation, l'impôt et la fiscalité, la politique des pouvoirs.Il trace aussi une galerie de portraits où se côtoient les puissants, papes, empereurs, rois, princes, évêques et abbés, marchands, fermiers et le monde du travail, les paludiers, sauniers, ingénieurs, inventeurs, paysans, contrebandiers, marins, haleurs de barques à la remontée des fleuves.L'auteur nous guide ainsi dans une réflexion sur la société d'Ancien Régime et la nature du féodalisme. Il nous entraîne à la poursuite du sel transmué en or, vieux rêve alchimiste, dès que les puissants s'en emparent, jusqu'à ce que la révolution industrielle du XIXe siècle, en supprimant l'impôt, rende à ce vil produit son rang de marchandise ordinaire.Jean-Claude Hocquet, agrégé d'histoire, docteur ès lettres, professeur à l'Université de Lille III, a écrit Le Sel et la fortune de Venise (1200-1650) et de nombreux articles de revues d'histoire maritime, économique, financière et sociale.

  • Apparue en France et en Allemagne vers 1890, l'automobile a apporté aux hommes une extraordinaire liberté et rapidité de déplacement. Elle a fait évoluer les techniques industrielles vers la production de masse, a bouleversé les conditions de la vie rurale et de la vie citadine, a poussé les sociétés développées à consommer. Aujourd'hui, l'auto est devenue universelle. Et pourtant, au moment où elle se diffuse de plus en plus dans les pays socialistes et dans le tiers-monde, elle suscite dans les Etats d'Occident - là donc où elle est le plus répandue - de très virulentes critiques... Ce livre vient sans doute à point nommé nous raconter la Révolution automobile. II ne retrace pas seulement l'histoire de ceux qui utilisent l'auto : conducteurs ou passagers, et de ceux qui la produisent : constructeurs, ingénieurs, techniciens, ouvriers. II montre aussi comment la qualité de la vie de chaque citoyen, et même la liberté d'action des Etats, dépendent d'un bon usage de l'automobile. Des tacots héroïques de la Belle Epoque aux recherches futuristes sur le véhicule électrique, des grands patrons comme Ford ou Agnelli aux O.S. de Bombay ou Liverpool, voici donc une véritable histoire mondiale du phénomène automobile. Pour les auteurs, même si le rythme de son expansion doit se modifier, même si sa place de moteur et de symbole de la croissance lui est contestée, l'automobile a encore devant elle un indéniable et incomparable avenir.

  • Entre 1500 et 1800, la vie sexuelle de l'Occident a achevé de revêtir des formes qu'elle a conservées, pour l'essentiel, jusqu'au milieu du XXe siècle, et qui commencent à peine à être remises en cause aujourd'hui. Durant cette longue période qui va de la Renaissance aux Lumières, le pilier principal de l'ordre sexuel était l'union monogame. Celle-ci, étroitement surveillée par la collectivité et les familles, négligeait de plus en plus l'attirance physique au bénéfice de considérations morales et économiques. L'Eglise, en effet, s'acharnait à réprimer la sexualité, en accord avec l'Etat moderne et son programme d'ordre moral. Toutefois, les milieux privilégiés réussissaient souvent à échapper à ce conformisme.
    La culture sexuelle se réfugiait dans la recherche esthétique et littéraire. Ainsi se développaient à la fois un érotisme de compensation et le mythe poétique ou romanesque de l'amour-passion. Ces grands thèmes, Jacques Solé les analyse ici avec profondeur et acuité. Il montre de façon convaincante combien est ambigu l'héritage sexuel que l'« époque moderne » nous a légué. Mais il va plus loin encore : il soulève bien des questions, concernant l'amour, qui bouleversent les idées reçues et exigent de nous des réponses neuves.
    Jacques Solé, né à Lyon en 1932, agrégé d'Histoire en 1956, occupe une maîtrise de conférences à l'Université des Sciences Sociales de Grenoble. Spécialiste de l'étude des idées et des mentalités religieuses aux Temps modernes, il achève une thèse de doctorat sur la controverse confessionnelle dans la France du XVIIe siècle. Collaborateur de nombreuses revues, il a participé à différents ouvrages collectifs et publié un Bayle polémiste en 1972.

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