Alma Editeur

  • En moins de deux-cents ans (VII e-VIII e s.), les conquêtes arabes lancées par Mahomet créent un empire islamique dont la genèse reste aujourd'hui un fort enjeu mémoriel et symbolique. L'Anglais Robert Hoyland en propose une histoire nouvelle bousculant les idées reçues.
    Pour les chroniqueurs et théologiens arabes du Moyen Âge, l'expansion de l'islam des premières batailles du VIIe siècle jusqu'à l'islamisation et l'arabisation de ce vaste et prospère empire au VIIIe siècle est l'une des preuves de l'élection divine et de la perfection de la révélation faite à Mahomet, qui fut aussi un chef guerrier. En s'inscrivant " dans la voie de Dieu " (c'est le sens du mot jihad), les conquêtes arabes s'affirmaient comme un indépassable alliage politico-religieux. Pour les chrétiens d'Orient et d'Occident ce succès apparemment irrésistible passa pour un avertissement et un châtiment divin.
    Archéologue et parfait connaisseur des sources écrites, Robert G. Hoyland propose, sans esprit polémique, une approche historienne de ces deux siècles qui virent les empires perse et byzantins balayés par un bouleversement géopolitique toujours à vif en ce XXIe siècle. Dans la voie de Dieu présente ainsi les conquêtes arabes de Mahomet et de ses successeurs au regard des contemporains des événements (VIIe-VIIIe siècle) en dehors de la lecture providentielle privilégiée par les historiens musulmans du Moyen Âge et souvent reprise par de nombreux historiens modernes. Il invite à voir l'expansion arabe, non pas comme un mouvement religieux (ou essentiellement religieux) mais comme un phénomène social, économique et national. Ses pages finales sur les mécanismes et de l'arabisation de l'islamisation de peuples et de cultures très divers apportent un précieux éclairage aux crises que traversent aujourd'hui le Proche et le Moyen Orient.

  • Dès la mobilisation générale et les premiers combats la guerre de 1914 - dont personne ne prévoyait qu'elle durerait jusqu'en 1918 - imposa un rythme et une violence auxquels nul n'était préparé. La psychiatrie et la médecine militaire furent prises au dépourvu. De l'homme de troupe jusqu'à l'officier, ils furent des milliers à souffrir de troubles du comportement qu'on ne savait ni soigner, ni décrire : dingos, idiots, fous... Peu à peu, toutefois, se développa une réflexion sur les névroses et les traumatismes de guerre. Mais celle-ci fut " oubliée ", refoulée, au fil des années 1920/1930 - tout comme furent marginalisés, délaissés ceux que la guerre avait rendu fous sans qu'ils aient nécessairement de blessure visible.
    Se fondant sur des documents inédits, puisés dans les archives des asiles et des hôpitaux, Hervé Guillemain et Stéphane Tison font entendre la voix des ceux qui furent brisés par la guerre : les hommes, leurs femmes, leurs enfants. Rythmant leur étude de récits vrais, bouleversants dans leur simplicité et leur sobriété, ils montrent l'ampleur du défi auquel fut confrontée la psychiatrie, et la révolution intellectuelle qui mit plusieurs décennies à s'accomplir.

  • Alors que les petits-fils de Charlemagne se disputent l'Europe, un moine errant perturbe l'ordre politique et religieux. À travers la vie et la pensée du saxon Godescalc revit une période méconnue d'intenses débats. Issu d'une grande famille saxonne, Godescalc se révolte contre son propre destin. Il refuse de se soumettre à la loi paternelle, qu'elle soit celle de sa famille ou de son ordre religieux. Il élabore une doctrine paradoxale de la prédestination : puisque Dieu seul est le maître du destin de l'homme aucun pouvoir humain ne saurait s'imposer à nous et nous dicter notre conduite. Quittant son monastère pour une vie de prédicateur errant, Godescalc porte à vif les tensions dans l'Empire carolingien et l'Église d'Occident. Ariel Suhamy campe ce monde de bruit et de fureurs, tout en faisant revivre l'audace et la sophistication du débat intellectuel et religieux - nécessairement politique. La prédestination selon Godescalc resurgit avec une virulence intacte lors de la Réforme et de la crise janséniste. Et c'est Spinoza qui, par-delà les siècles, lui répond de manière fascinante.

  • Comment devient-on Vasco de Gama ? Le découvreur de la route maritime des Indes était un homme de petite noblesse, âpre et rude, qui mourut vice-roi des Indes. Le Portugal fit de lui un héros messianique. L'Occident inscrivit sa légende au chapitre flamboyant des "grandes découvertes". La très active Asie des XVe et XVIe siècles prêta pourtant peu d'attention à ce marchand venu de l'Europe, continent marginal et mal connu.
    Voici enfin traduite en français l'oeuvre magistrale de l'historien indien. Un livre plein de bruits et de fureur qui satisfera ceux que passionne une histoire désormais globale et tout autant les amateurs de récits d'aventure ou de voyage.

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