Religion & Esotérisme

  • Il n'existe pas un régime alimentaire chrétien. Selon la tradition des apôtres, peu importe ce que vous mangez, ce qui compte c'est la manière dont vous le faites.
    Au commencement, le Christ des Évangiles est tributaire des normes alimentaires juives. Mais dans une page des Actes des Apôtres, un songe de Pierre libère la communauté chrétienne naissante de ces interdits. Les hommes cependant ont besoin de règles, raison pour laquelle le christianisme au cours des siècles élabore une série infi nie de modèles alimentaires hérités de la tradition juive, de la philosophie grecque et de la science de l'alimentation : rôle du pain et du vin dans l'Eucharistie, rapport à la viande, au sang et au gras, valeur de rachat du jeûne, modes culinaires, y compris monastiques, règles d'abstinence.
    Dans cet essai paru en 2015, en Italie, Massimo Montanari parle de questions complexes avec une grande simplicité. Son autorité scientifi que l'exonère des démonstrations pesantes et lui permet d'aborder les sujets avec une grande intelligence.
    Un sujet d'actualité ; entre l 'attirance pour le véganisme ou le végétarisme et les banquets de boudin, hier marqueurs d'anticléricalisme en période de carême, aujourd'hui destinés à discriminer d'autres religions, on voit que l'alimentation n'est pas qu'une aff aire de goût.

  • Selon la tradition Moïse est censé avoir écrit les cinq premiers livres de la Bible. Il s'y dépeint de façon très étrange : avec et contre Dieu ; avec et contre son peuple ; porteur des tables de la Loi, qu'il brise ; prophète incapable de parler, guide vers une Terre promise où il n'obtient pas le droit d'entrer, mort dont nul ne connaît le tombeau... La tradition, jusqu'à nos jours, semble toute aussi déroutante, d'autant que Moïse est aussi revendiqué, réinventé, par le christianisme et l'islam. Sans compter Freud et la psychanalyse....
    Puisant dans la tradition rabbinique et dans sa propre imagination autant que dans la Bible elle-même, Jean-Christophe Attias interroge les mots et les silences des textes. Il y distingue la silhouette d'un Moïse bien différent de celui, d'un seul bloc, qui encombre nos mémoires. Un Moïse fragile. Un homme de l'exil et de la dispersion.
    A travers une série de portraits possibles - y compris celui d'un Moïse féminin - l'enquête de Jean-Christophe Attias étudie les métamorphoses, à travers les âges et les traditions, du libérateur des Hébreux : un judaïsme de l'esprit, de l'errance, de la diaspora et de l'inachèvement - voire de l'échec. Ou presque.
    Recevoir et transmettre. Écouter, quand bien même le message serait confus. Questionner, avec insistance surtout quand il n'y a pas de réponse. Tel semble bien être le judaïsme de Moïse, " un judaïsme qui parle aux Juifs et pas seulement à eux, invitant à en finir avec l'orgueil de la tribu, la violence des armes et la tyrannie du lieu ".
    294p 13.5*18.5 cm

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