Vie pratique & Loisirs

  • " Nos rapports aux animaux sont un miroir dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus au fil des siècles. Ce ne sont pas seulement les horreurs dont notre espèce se rend coupable en exploitant d'autres êtres sensibles qui apparaissent dans ce miroir, mais le visage blafard d'une humanité en train de perdre son âme. " Soulignant l'universalité de la cause animale, Corine Pelluchon montre que les violences infligées aux animaux reflètent les dysfonctionnements de la société. Raison pour laquelle il convient de politiser la cause animale et de donner des repères théoriques et pratiques pour y parvenir. Pour commencer il convient de cesser la stigmatisation et l'ère des compromis qui ne donnent aucun résultat tangible. Stratégiquement ensuite, il faut aider les personnes travaillant dans l'élevage, l'expérimentation, l'alimentation ou la mode à se reconvertir et à innover étant entendu que la principale cause de l'exploitation animale provient d'un système économique qui étend la dérégulation sur toute la surface de la terre. Sensibiliser dès le plus jeune âge, découvrir la richesse des existences animales, enseigner l'éthique animale et l'éthologie dans le secondaire et à la faculté également. Car la culture et l'éducation sont les piliers de la justice. L'idée poursuivie par l'auteure est de donner aux citoyens, aux représentants politiques et aux différents acteurs de l'économie les moyens d'opérer la transition vers une société juste prenant en compte les intérêts des humains et ceux des animaux.

  • En vue des élections européennes, deux acteurs de la cause animale font le point. Un livre qui s'adresse à toute personne qui veut savoir où l'on en est, en France et en Europe, sur la quasi-totalité des sujets liés à la défense et aux droits des animaux.
    Dans L'Europe des animaux, le député européen Pascal Durand et Christophe Marie, cadre associatif, situent les enjeux de la cause animale telle que celle-ci s'inscrit depuis une cinquantaine d'années dans l'espace européen. Cette collaboration unique offre une approche claire, concise et précise des rouages de l'Union européenne, ses apports pour la condition animale mais aussi ses limites. Conscients de l'impasse et de la situation politique tendue en France, où le risque de diffusion de fausses informations est constant, les auteurs dressent un diagnostic sans concession des graves lacunes de la condition animale, chez nous, qui dans bien des domaines est loin de souffrir la comparaison avec bon nombre d'États membres. Ils identifient les blocages et avancent des pistes pour les surmonter, afin que la cause animale puisse enfin progresser dans notre pays.
    Corine Pelluchon - auteure du Manifeste animaliste (Alma éditeur, 2017) salue, dans sa préface, un livre engagé, à la fois radical, réaliste et ouvert, refusant les querelles militantes. " Il s'adresse, précise-t-elle, à toute personne qui veut savoir où l'on en est, en France et en Europe, sur la quasi-totalité des sujets liés à la cause animale. "

  • Ce livre, paru en 2011 chez Oxford University Press, est destiné à devenir un classique pour tous ceux qui pensent qu'il est urgent de s'engager politiquement à améliiorer la condition animale. En matière de droit des animaux les théories classiques visent à protéger les animaux contre les violences qu'ils peuvent subir et érigent une barrière protectrice autour d'eux. Or, une telle approche ne donne aucun résultat pratique significatif. Raison pour laquelle Will Kymlicka et Sue Donaldson se focalisent non sur les droits des animaux mais sur nos obligations concrètes à leur égard. Ce qui suppose que l'on examine nos relations avec eux. Ils proposent trois catégories d'animaux : domestique, sauvages et liminaire. Et pour chacune, trois modèles de vivre ensemble : la citoyenneté, la souveraineté, le statut de résident. Pour ce faire, ils s'appuient sur des travaux concernant les personnes en situation de handicap et la manière dont on peut les sortir de l'invisibilité sociale et politique. Aujourd'hui les théories de la justice intègrent enfin la notion de vulnérabilité reléguant par là même l'idée de citoyens de seconde zone. Cette reconnaissance, à la fois morale et politique, d'individus vulnérables, les auteurs de Zoopolis suggèrent de l'appliquer aux animaux.

  • La France n'a pas attendu les années 1970 pour s'intéresser à l'environnement. L'Américaine Caroline Ford, dans cet essai novateur, montre la vivacité du débat français sur la nature de 1800 jusqu'aux années 1930. Scientifiques, politiques et artistes rivalisent d'initiatives et d'interventions. Bien au-delà de l'Hexagone.
    Tout au long du XIXe et du XXe siècle, la guerre, les bouleversements politiques et les désastres naturels - particulièrement les grandes inondations de 1856 et de 1910 à Paris - ont provoqué l'inquiétude grandissante des Français. La déforestation, l'urbanisation et l'industrialisation agitèrent l'opinion dès le règne de Napoléon Ier, suscitant de nombreuses interventions de l'État (l'administration des Eaux et Forêts) ou de la société civile.
    Non seulement les naturalistes et les scientifiques mais aussi les politiques, les ingénieurs, les écrivains et les artistes se passionnèrent pour la cause environnementale. Le triomphe de la peinture " au grand air " et de l'impressionnisme au temps des chemins de fer et de l'industrialisation n'est pas un hasard... Et que dire du projet de " verdir Paris " et les grandes villes, cher au Second Empire ?
    L'expansion coloniale fut elle aussi propice au développement de la conscience environementale notamment en l'Algérie, qui devint un laboratoire en ce domaine. Et c'est au tout début du XXe siècle que la France mit en place un arsenal juridique visant à protéger l'environnement (création de parcs naturels, de réserves, etc.). C'est elle qui, la première, appela la communauté internationale à coopérer sur le sujet.
    Avant cet ouvrage fondateur, il n'existait pas d'étude synthétique du " souci de la nature " propre à la France. Personne jusqu'à présent n'a si finement étudié l'arsenal intellectuel et juridique déployé à la fois dans l'Hexagone et dans son empire colonial.

  • Lundi mon amour

    Guillaume Siaudeau

    Puisque l'agence de voyage refuse de lui fournir deux billets pour la lune, Harry décide de se lancer, en chambre, dans la construction d'une fusée, faite de bric et de broc. L'humour, la tendresse et la poésie de Guillaume Siaudeau font une nouvelle fois merveille.
    " Une grande majorité d'entre nous pourrait citer le nom du premier homme à avoir été sur la lune, mais personne ne saurait dire qui a été le premier à être dans la lune. Il faudrait, pour cela, remonter bien plus loin. Ce livre n'est donc pas un hommage à ce qu'il y a dessus, mais bien à ce qu'il y a dedans. Quand avez-vous été pour la dernière fois dans la lune ? Combien de temps y avez-vous passé ? Combien étions-nous ce matin, dans la lune, au lieu d'être au turbin ? Alors, c'était bien, dans la lune? Pas possible, tu y as été toi aussi ?
    La lune dont nous parlons ici pourrait être facilement remplacée par n'importe quel endroit, de type plage, petite maison de vacances avec volets bleus, ou encore creux de bras de ceux qui nous sont chers, bien au chaud. Voilà pourquoi je voulais que ce livre parle d'un lieu où nous avons tous été, et duquel, heureusement, on ne revient jamais vraiment. D'un lieu où tout le monde, sans exception, a déjà mis les pieds. Nul besoin de billet de banque ou de transport, de poser des jours de congé, nul besoin d'attendre la fin de la réunion ou d'écouter jusqu'au bout les niaiseries qu'on nous raconte.
    Pour ne rien vous cacher, il m'arrive d'y passer des journées entières dans la lune. Qui sait, peut-être nous y croiserons-nous un de ces quatre ?
    Bon voyage à toutes et à tous. " (G. S.)

  • La population urbaine ne cesse d'augmenter. En 2050 nous serons dix milliards, dont sept vivront en ville contre quatre actuellement. Nous ne pourrons pas étendre la ville en proportion. Pour éviter l'étalement urbain, la ville se densifie inexorablement. Est-ce une raison pour priver les citadins du contact avec la nature ?
    À travers l'exemple d'initiatives novatrices dans des villes françaises et étrangères, Jean-Noël Carpentier montre qu'une nouvelle ère urbaine est possible. La végétalisation des villes est devenue un impératif écologique autant qu'un instrument d'agrément. Il faut planter, planter et planter encore. Fermons les yeux un instant et imaginons la ville-jardin. Des arbres dans les rues, l'herbe qui grignote le bitume, des fruits et des légumes dans les espaces publics, des insectes plus nombreux, le bruit des oiseaux enfin perceptible... La ville se confond avec la nature. C'est le rêve que nous pouvons faire et l'espoir que nous devons porter.

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