Armand Colin

  • S´interrogeant sur la démarche scientifique, Carl Hempel en déploie successivement les diverses opérations : concepts, hypothèses, lois et contrôles. Chacune de ces opérations concoure à la construction d´une théorie. Cette démarche est animée par la volonté de donner une explication. Non pas une explication qui consiste à invoquer une cause factice, mais une explication qui rend possible la précision extrême à laquelle les sciences de la nature nous ont habitués. La concurrence entre théories conduit alors à un approfondissement continuel. Et l´auteur complète sa reconstruction rationnelle par une prise en compte de la dynamique de la science.

    Carl Hempel (1905-1997) a participé dans sa jeunesse au mouvement du positivisme logique à Berlin et à Vienne. Il a enseigné ensuite à l´université de Princeton, et ses travaux ont marqué l´orientation de la philosophie analytique des sciences.

    Anastasios Brenner est professeur de philosophie à l´université Paul- Valéry de Montpellier. Ses principaux axes de recherche sont, entre autres, la philosophie des sciences, l´histoire de la philosophie des sciences, la sémantique historique des concepts scientifiques.

  • Qui songe encore aujourd´hui à Tirso de Molina en évoquant le nom de Don Juan ? Qui peut savoir ce que doit la définition moderne du « donjuanisme » à l´idée qu´a eue Molière d´adapter à son personnage des vers d´une élégie écrite par Ovide il y a deux mille ans ? Personne, à part les connaisseurs. Ne parlons pas de toutes les métamorphoses que l´histoire de Don Juan a subies depuis les Romantiques. Or c´est cela qui caractérise le mythe : la dissolution des spécificités marquantes d´une histoire dans la mémoire collective qui permet à cette histoire et à ses personnages de se réduire à ses éléments structurels fondamentaux. Comme le montre ici Jean Rousset, Don Juan, est devenu un mythe parce qu´il est devenu « un bien commun que tout le monde s´approprie sans jamais l´épuiser ». Admirable formule, qui suffi rait à résumer le caractère encore novateur et toujours indispensable de ce livre.  Jean Rousset (1910-2002), professeur à l´université de Genève, a été l´une des figures les plus marquantes de la critique littéraire de la 2e moitié du XXe siècle. Il a notamment révolutionné la compréhension de la littérature française du XVIIe siècle avec sa Littérature de l´âge baroque en France - Circé et le paon (1953) et apporté une contribution essentielle à l´histoire de la critique avec Forme et signification - Essai sur les structures littéraires de Corneille à Claudel (1962).  Georges Forestier est professeur à l´université Paris-Sorbonne (chaire « Études théâtrales du XVIIe siècle ») et membre senior de l´Institut universitaire de France (IUF).

    Préface de Georges Forestier

  • Cet ouvrage de Jacqueline Russ, philosophe qui a beaucoup écrit pour transmettre aux jeunes générations le savoir philosophique, illustre la fécondité de l´histoire des idées qu´elle a toujours défendue avec une belle détermination et un solide talent de pédagogue. Elle réussit à mettre de l´ordre dans les savoirs pour mieux les diffuser. Ce parcours de l´antiquité à nos jours réussit le tour de force d´offrir un panorama assez complet de l´histoire de la philosophie depuis Platon. L´originalité de Jacqueline Russ est de considérer les idées à partir de leur contexte historique d´énonciation. Si elle établit un certain nombre de filiations perceptibles dans le temps, elle n´en délaisse jamais le contexte spécifique et essaie de retrouver la fraicheur, la surprise de l´apparition des concepts dans leur nouveauté. Elle s´appuie tout au long de son parcours sur le binôme constitué par un individu, un penseur particulier et la situation historique dans laquelle il conçoit sa philosophie, ce que l´historien Lucien Febvre appelait son « outillage mental ». Dans le jeu de va et vient entre passé et présent, Jacqueline Russ s´interroge aussi pour savoir en quoi cette longue histoire des idées depuis l´antiquité peut être pour notre présent un riche gisement de sens. Le fi l d´Ariane choisi par l´auteur, au risque parfois d´une forme de téléologie, est ici l´évolution de la raison occidentale.

    Jacqueline Russ, agrégée et docteur en philosophie, est l´auteur de nombreux ouvrages pédagogiques de philosophie qui ont accompagné la réflexion et le travail des étudiants des classes de terminale, préparatoires aux grandes écoles et à l´université pendant 30 ans.

    François Dosse, historien et spécialiste de l´histoire intellectuelle, éclaire dans sa préface ce travail de transmission.

  • Issu d´une enquête réalisée en 1959 par l´Institut national d´études démographiques, Le Choix du conjoint d´Alain Girard (1914-1996) est aujourd´hui un des grands classiques de la sociologie française. L´ouvrage est célèbre parce qu´il a émoussé les flèches de Cupidon : en popularisant le concept d´homogamie, il a montré que la rencontre amoureuse obéissait à de nombreux déterminismes et que les individus avaient tendance à épouser leur semblable.  Le Choix du conjoint est aussi l´occasion de revisiter une époque bien différente de la nôtre, caractérisée par un exode rural important, des rôles sociaux très clivés entre les hommes et les femmes dans les sphères du travail et de la vie privée. La spécificité de la période étudiée par Girard (des unions formées entre 1914 et 1959) correspond à un « âge d´or » de l´institution matrimoniale entre les deux guerres mondiales et qui se poursuivra jusqu´aux années 1960.  L´ouvrage offre ainsi une image du couple à la veille de cinquante années de transformations importantes telles que l´affaiblissement du mariage, l´essor de l´union libre et des séparations, et plus récemment l´apparition du pacs et l´émergence de nouveaux modes de rencontre. Sa lecture est aujourd´hui incontournable pour mieux comprendre les mutations qu´ont connues la famille et la vie privée.  Il est présenté par Wilfried Rault et Arnaud Régnier-Loilier, chercheurs à l´INED, qui, à la suite d´Alain Girard, préparent une nouvelle enquête nationale sur la formation des couples et les séparations.

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