Sciences & Techniques

  • La crise dramatique que vit la psychiatrie publique transparaît souvent, ne serait-ce que par la chronique judiciaire. La prise en charge par l'institution de pans entiers du malheur social, vraie pathologisation de la misère, se télescope avec le manque de psychiatres, de moyens, de structures alternatives, le déclin du travail d´équipe et des référents psychanalytiques ou de psychothérapie institutionnelle. D'où l'importance particulière de ce travail sociologique qui dresse un portrait sans idée préconçue mais sans concession du fonctionnement des institutions, méconnu par les intervenants eux-mêmes ; l'auteure consacre une attention particulière à la psychiatrie de secteur, celle d´après les murs de l´asile (alors que les débats se polarisent souvent entre « les fous de l´asile » et « les déprimés qui consultent en libéral ») ; offre une description passionnante et souvent troublante de la vie et de la prise en charge des personnes ayant des troubles mentaux graves (les « malades mentaux ») en psychiatrie publique.

  • Au-delà d'un discours sur les nécessités du partenariat entre l'hôpital et les parents de l'enfant hospitalisé, ce livre permet de comprendre les difficultés persistantes dans l'accueil des parents à l'hôpital, les obstacles qu'ils rencontrent, l'ambivalence des professionnels à leur égard et les défis que ces derniers ont à relever pour accompagner les parents dans cette difficile expérience.  Il retrace tout d'abord l'histoire de l'ouverture des portes de l'hôpital aux parents. Ensuite, il décrit, à partir d'une belle enquête de terrain dans deux services hospitaliers contrastés - un service spécialisé dans les pathologies du foie et un service de pédiatrie générale - les conditions d'accueil des parents dans les services, le rôle que ces mères et pères jouent auprès de leur enfant hospitalisé. Il donne les deux points de vue, celui des parents et celui des équipes de soignants, qui doivent coordonner leurs rôles auprès des enfants malades.  À partir de l'étude poussée d'une situation particulière, cet ouvrage a le mérite de mettre en évidence bien des aspects des évolutions qui « travaillent » le corps social français, tiraillé entre désir de coopération et exigence démocratique d'un côté, logique d'autorité et choix de gouvernance de l'autre. 

  • Que faut-il entendre par « être en bonne santé » et « être malade » ? Peut-on bien se porter en étant malade ? Et qu'est-ce que soigner, finalement ? Pourquoi tant de soignants connaissent-ils de plus en plus le burn-out et l'épuisement désenchanté au sein de professions en crise ? Le risque sanitaire est-il devenu l'enjeu d'une bataille dont le sens échappe de plus en plus à ses combattants ? Peut-on intervenir pour modifier les conduites de santé et de maladie ?Sur ces questions anciennes, la psychologie sociale de la santé apporte l'éclairage de ses investigations empiriques, de ses cadrages théoriques et de ses propositions d'interventions. Elle permet de décrire l'univers de la santé et de la maladie comme un parcours balisé de dangers et de promesses.L' analyse et les références au concret, au fil d'un parcours qui prend la mesure de ces états distincts que sont « être en bonne santé », « rester en bonne santé », « devenir malade », « être malade », « vivre avec la maladie », ouvrent sur la nécessité d'une démarche de santé novatrice, guidée par le souci constant de promouvoir la qualité de la vie, en lien avec le caractère spécifique de chacun de ces états, et de mettre un terme au mal-être et à l'usure actuels des soignants.Cet ouvrage s'adresse aux acteurs de santé (médecins, infirmières, psychologues, chercheurs), aux membres d'associations, aux étudiants. Il concerne tous ceux qui s'intéressent à l'évolution des problématiques de santé publique et à l'application des outils d'analyse de la psychologie sociale dans le champ de la prévention et de la prise en charge thérapetique.Michel Morin est professeur de psychologie sociale à l'université Aix-Marseille I où il dirige un DESS de psychologie sociale de la santé ainsi que le groupe de recherche « Santé et maladie » au Laboratoire de psychologie sociale. Il est également responsable d'une équipe de recherche dans l'Unité INSERM 379 « Épidémiologie, Sciences Sociales et innovation médicale » de Marseille. Être en bonne santé : une affaire sociale ou un état psychosocial ? Rester en bonne santé, éviter la maladie : la bataille du risque. Devenir malade : l'entrée en maladie et ses préludes psychosociaux. Être malade : identité et pratiques sociales. Vivre avec une maladie : ajustements et qualités de vie. Traiter, soigner : incertitudes dans les professions de santé. Prendre en charge, aider, accompagner : l'usure des soignants.

  • Nous sommes entrés, grâce au décryptage du génome humain, dans l'ère « post-génomique » et il est désormais possible de concevoir le développement d'une médecine largement fondée sur une approche individuelle et personnalisée du patient. Des thérapeutiques adaptées à l'interaction de la réalité génétique de l'individu et de son environnement devraient permettre d'accroître notablement la vie en bonne santé et de ralentir le vieillissement. De plus, cette médecine prédictive personnalisée, qui s'inscrit dans la voie ouverte par le professeur Jean Dausset, Prix Nobel de Physiologie et de Médecine 1980, autorisera une réduction importante des erreurs médicales, comme des troubles et effets indésirables liés à la médication actuelle. Après une présentation de l'état actuel du savoir, des pratiques et des lignes de recherche, et un examen de ce qu'il faut entendre par spécificité génétique individuelle, l'auteur développe dans une seconde partie les ressorts de l'approche individualisée et témoigne du possible concernant les maladies multifactorielles, les pathologies cardiovasculaires et les troubles psychosomatiques. Une attention spécifique est apportée aux problèmes d'ordre éthique que pose la mise en place de cette nouvelle médecine : comment éviter que le « plus » considérable lié à la prise en compte de la spécificité individuelle ne se retourne en une formule moins disante où l'« inégalité » génétique des individus déboucherait sur des soins inégalitaires ? Comment l'avantage de mieux diriger son rapport aux soins peut-il l'emporter sur l'angoisse de connaître les risques auxquels on est soumis ? Comment concilier le droit de chacun au savoir et le respect de la confidentialité ? Cet ouvrage entend à la fois informer des possibilités extraordinaires de la médecine prédictive, insuffisamment connues en France, et donner les clés essentielles pour que puisse être mené dans le maximum de transparence possible le débat de société qui s'impose.Helena Baranova, médecin, docteur en sciences en génétique moléculaire cellulaire, diplômée en épidémiologie génétique et clinique, s'est spécialisée dans la clinique génétique des maladies multifactorielles. Organisatrice en France du premier Diplôme Inter-Universitaire en Médecine Prédictive, elle est également experte au niveau européen.

  • Le logement, la santé et la formation sont trois conditions de l'intégration sociale, explorées depuis longtemps et désormais bien connues. Mais il en est une quatrième, de plus en plus prégnante, même si elle n'a guère fait l'objet de travaux d'ensemble : la mobilité. C'est l'objet de cet ouvrage. La société contemporaine vit en effet sous le signe de la dispersion spatiale et temporelle. En moyenne constatée, les lieux où nous avons à faire (médecin, amis, travail) sont de plus en plus éloignés les uns des autres ; les temps de la vie quotidienne sont de plus en plus fragmentés, surtout dans le domaine du travail : les deux tiers des embauches s'effectuent aujourd'hui dans le cadre de contrats atypiques et de l'enchaînement des petits boulots, des journées discontinues, du travail de nuit et de week-end. Or, une part croissante de la population ne dispose pas des moyens et de la capacité de mobilité correspondante. L'absence de permis de conduire, le manque des moyens d'acheter et d'entretenir une voiture, l'inaptitude à se diriger dans le métro, une résidence à l'écart des transports collectifs, autant d'empêchements de mobilité qui font obstacle à l'accès au travail, à la formation et aux autres ressources de l'intégration sociale. Au plus près du terrain, le présent ouvrage propose une description inédite de ces difficultés de mobilité rencontrées par les femmes isolées, les personnes issues de l'immigration, les jeunes et les moins jeunes sans qualification, dresse un bilan et ouvre des pistes, à travers l'examen de démarches innovantes engagées dans le nouveau chantier des aides à la mobilité.Éric LE BRETON est maître de conférences en sociologie à l'université Rennes 2 et chercheur au RESO (ESO/UMR 6590). Depuis trois ans, il anime le programme « Mobilité et insertion » de l'Institut pour la ville en mouvement (IVM) qui a soutenu la parution de ce livre.

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