Autrement (réédition numérique FeniXX)

  • Comment s'inculquent le bon et le mauvais, l'authentique et le faux, le "mangeable" et "l'immangeable", comment doit-on faire honneur à une table et comment, aussi, s'apprend, après l'abondance, la privation ? Mon grand-père Victor était cuisinier, artisan exemplaire, véritable artiste à son insu. Avec lui, notre ordinaire devenait exceptionnel. Nous nous régalions de ses plats avec un respect presque religieux et nos papilles atteignaient l'extase. Ma mère se mit en quatre toute sa vie pour être à la hauteur. Mon père jouait au gastronome distancié mais à cheval sur les principes, et moi, je faisais sans vergogne le "petit difficile". Tels étaient les principaux rôles de cette comédie de la sainte table et de la communion. Sans compter quelques comparses, pitoyables gâte-sauce, qui nous servaient de bouffons.

  • En pleine fièvre des découvertes, éclate une étrange affaire d'espionnage. Un planisphère royal a disparu. Il représentait, pour la première fois, les Indes atteintes par Vasco de Gama. Il s'agit d'un véritable secret d'Etat. Disparu, reparu en 1503, puis de nouveau disparu en 1598, il reparut en 1859. Le roman historique de ces péripéties.

  • En juillet 1889, accompagné d'une jeune femme élégante et voilée, Freud se rend à Nancy afin d'améliorer sa technique hypnotique auprès de Bernheim et de Liébault. C'est le moment où à Nancy, Barrès mène une campagne électorale nationaliste et raciste.

  • On peut se demander dans quel état Paris va passer le cap du troisième millénaire. Ce que nous proposent des auteurs de « polars » et de romans noirs, ce qu'ils nous disent, en minuscules, de la capitale, n'est pas à mettre entre les mains d'un "millénariste" quelconque. Ils nous offrent la vision fragmentaire d'une métropole en crise, à la dérive, étrangement située d'un seul côté de la Seine. La Ville Lumière est devenue ville « noire ». Non pas une capitale éteinte, mais plutôt une cité brillant du côté obscur de la vie quotidienne. Tous ces auteurs, qui célèbrent la mort tardive d'Haussmann, qui restent persuadés que les histoires remplacent l'Histoire, manient un humour glacé, s'amusent du pessimisme général, noircissent les cartes postales, entonnent a cappella le Grand Air de la violence et du désespoir.

  • Un corps à l'Institut médico-légal, à Paris, deux images en alternance pour la narratrice, Martine Lewine : celle de la femme en tailleur de lin, collier de perles, celle de ce corps cireux et décharné. Seul lien entre les deux, les cheveux courts. Le triomphe des femmes sur le polar.

  • Comment s'inculquent le bon et le mauvais, l'authentique et le faux, le "mangeable" et "l'immangeable", comment doit-on faire honneur à une table et comment, aussi, s'apprend, après l'abondance, la privation ? Mon grand-père Victor était cuisinier, artisan exemplaire, véritable artiste à son insu. Avec lui, notre ordinaire devenait exceptionnel. Nous nous régalions de ses plats avec un respect presque religieux et nos papilles atteignaient l'extase. Ma mère se mit en quatre toute sa vie pour être à la hauteur. Mon père jouait au gastronome distancié mais à cheval sur les principes, et moi, je faisais sans vergogne le "petit difficile". Tels étaient les principaux rôles de cette comédie de la sainte table et de la communion. Sans compter quelques comparses, pitoyables gâte-sauce, qui nous servaient de bouffons.

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