Autrement

  • A l'heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m'alléger de ce qui m'encombre devient plus fort que tout.
    Je garde l'espoir, naïf peut-être, qu'un tel aveu sera comme l'amputation d'un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu'elle soit, permet de sauver le reste du corps. Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d'elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes.
    Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits... Dans le silence de l'heure, derrière le précaire rempart de l'ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son coeur, explorant les replis les plus secrets de l'âme.

  • François Vallier, jeune pianiste célèbre, découvre un jour que Sophie, qu'il a aimée passionnément puis abandonnée dans des circonstances dramatiques, est internée depuis plusieurs années. Il quitte tout pour la retrouver. Confronté à un univers inconnu, il va devoir se dépouiller de son personnage, se regarder en face. La musique de nos vies parfois nous échappe. Comment la retrouver ?

  • Algérie, Tibhirine, années 1990. Des moines français vivent retirés dans un monastère perdu aux confins des monts algériens. L'histoire politique et religieuse algérienne trouble la retraite de ces ecclésiastiques et l'équilibre qu'ils ont trouvé avec leurs voisins musulmans, pour s'achever dans un bain de sang.

  • « Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages. » Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l'âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d'autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.
    Une chose les unit encore : l'attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd'hui, l'heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c'est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute...
    Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d'une magnifique amitié et véritable chant d'amour au Midwest américain.

  • « Pourquoi avoir choisi Mr Gatacre comme victime ? Je suppose que vous n'avez rien à lui reprocher ?- En partie parce qu'il était petit, frêle, facile à endormir... Et je ne tenais pas à ce qu'il souffre. »Westease, adorable village de la campagne anglaise, préservé des horreurs d'une guerre encore toute fraîche, est bien tranquille... trop, peut-être ?Lorsque Roger Liddiard, jeune et brillant romancier, s'y arrête au volant de sa Jaguar, il en tombe amoureux et décide de s'y établir, non loin du Professeur, vieux gentleman solitaire, du peintre Wyldbore Ryan, et de Mary Gatacre, la fille du révérend.Voici que Mr Gatacre est assassiné, sans raison ni indice évidents... Liddiard brûle de résoudre l'énigme. Sans savoir à quel point sa propre responsabilité pourrait être engagée.Traduit de l'anglais par Micha Venaille.

  • « Nos visages sont devenus blêmes, certains ont la voix presque brisée, d'autres songent avec gravité aux souffrances et aux drames qui se jouent dans cette nuit diluvienne et opaque... » Le soir du 3 novembre 1966, Florence est engloutie par son fleuve.

  • D'abord il y a Yankel, le grand-père, mi-aventurier mi-rêveur. Dans son Ukraine natale, il ne fait pas bon être juif ! Arrivé à grand-peine à Memphis, Yankel se replonge aussitôt dans la Torah, laissant à sa femme Tillie la charge du Grand Bazar Kabakoff et son capharnaüm d'articles improbables. Puis apparaît le père, Mose, l'infatigable entrepreneur, ridiculisé par son bon à rien de fils, Itchy. Ce « mouton noir » du clan, devenu membre de la parade de monstres d'une fête foraine, est revenu hanter les Kabakoff avec un sombre projet de vengance.
    Propulsés dans une Amérique où tout semble possible, les Kabakoff restent d'éternels exilés, tiraillés entre le Livre, le magasin familial et une généalogie tortueuse. Seul Steve Stern, narrateur compulsif, grand inventeur d'histoires, recycleur de mythes rafistolés, pouvait élever leurs tribulations au rang d'épopée moderne avec une aussi phénoménale drôlerie.

  • « Je me souviens d'avoir tenu chaque oeuf dans ma main avant de le briser dans le bol pour apprécier sa perfection. Je cuisinai lentement, John attendit patiemment et, assis face à face, en nous regardant au-dessus de nos assiettes et de nos verres, nous

  • « Lorsqu'elle entre, sa présence transforme la salle, à un point incroyable. Comme un gigantesque souffle. Vêtue de noir, elle force l'attention de la Villa Nova, tandis qu'elle avance avec une lenteur étudiée jusqu'à la table. On dirait que la salle s'est éclairée, que les flammes des chandelles sont plus hautes. » C'est une apparition : rayonnante, évidente, animale. Elle est au firmament, et pourtant rien ne la sauvera. Ni son mariage avec DiMaggio. Ni Sinatra, ni Arthur Miller, ni ses amis. Sa vie ? Une suite de scènes indélébiles. Pour en écrire le film, Adam Braver multiplie les angles et ménage la tension dramatique avec un extraordinaire sens du détail.
    Son approche libre, sensible, invite à redessiner soi-même, au fil de la lecture, l'identité d'une Marilyn vulnérable, qui fuit et se cache dans son propre mystère.

  • - Roma, c'est ton anniversaire aujourd'hui.
    - Anniversaire ?
    - Lorsqu'on fête le jour où l'on est né.
    - C'est quoi être né ?
    - Naître c'est être fabriqué. Une autre personne, ta mère, te fait à l'intérieur d'elle, et quand tu sors ça s'appelle être né.
    -

  • Lluís Frederic Picàbia, jeune bourgeois barcelonais, voit sa vie basculer le jour où sa fiancée le quitte.
    Il décide alors de faire de la perte un mode de vie qui le mène de New York à Paris en passant par la Chine et le Caucase. Une véritable entreprise voit le jour, des associés sont recrutés...
    Au milieu de cent autres aventures ahurissantes et absurdes, disparaissent la Couronne de Suède, des tableaux de Miró et une jolie secrétaire... qu´on retrouve.
    Au fil des années à orchestrer des disparitions, c´est bientôt Picabia lui-même qui signera sa propre perte.

  • Nous sommes en 1939. Pour sauver leur fils condamné à mort par les franquistes, M. et Mme Forest sont prêts à tout. D´abord intrigués par l´inviation à dîner du commissaire Carpentier, ils décident de saisir leur chance.
    Récital d´opéra, domestiques impassibles, conversations saugrenues : les Forest sont désarçonnés. Vont-ils enfin pouvoir parler de leur fils ?
    Sans compter cette interminable succession de mets au goût férocement épicé...

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