Littérature générale

  • "Tout a commencé un jour d'octobre 1978. Inspecteur à la brigade de renseignement de la police de Colorado Springs, j'avais notamment pour mission de parcourir les deux quotidiens de la ville à la recherche d'indices sur des activités subversives.
    Les petites annonces ne manquaient jamais de m'étonner. Parfois, entre stupéfiants et prostitution, on tombait sur un message qui sortait de l'ordinaire. Ce fut le cas ce jour-là.
    Ku Klux Klan
    Pour toute information :
    BP 4771
    Security, Colorado 80230
    Moi qui voulais de l'inhabituel, j'étais servi. J'ai décidé de répondre à l'annonce. Deux semaines plus tard, le téléphone a sonné.
    "Bonjour, je suis chargé de monter la section locale du Ku Klux Klan. J'ai reçu votre courrier."
    Merde, et maintenant je fais quoi"

  • « Quand devient-on infirmière ? Est-ce le jour où l'on obtient son diplôme ? celui où l'on pose son premier pansement ? où l'on perd son premier patient ? Est-ce celui où l'on apprend à se blinder, ou celui où l'on espère ne jamais arriver à le faire ?
    Je suis devenue infirmière sur les bancs de l'école, bien sûr, mais aussi au contact des patients. J'ai appris les gestes et les dosages dans les manuels et grâce aux profs, mais aussi et surtout par la pratique et par ce que les autres soignants m'ont transmis. Soigner, c'est cet ensemble de technique, de psychologie et d'attention qui fait que l'humain reste au coeur de chaque contact, de chaque geste et de chaque intervention. Soigner, c'est penser à préserver la pudeur du patient dont je fais la toilette, même si c'est le dixième de la matinée ; c'est savoir quelle est la robe du dimanche de ma patiente, et quelle quantité d'eau de Cologne elle aime que je lui dépose au creux des poignets ; c'est aussi comprendre à la voix de l'un qu'aujourd'hui est un mauvais jour. Et cette connaissance intime des joies, des craintes, des manies ou de la fatigue de chacun est au cooeur de mon métier. C'est pour cela que je l'aime : parce que chacun est unique. C'est aussi pour cela qu'il faut le protéger, ce métier : parce qu'il est essentiel que nous, les soignants, puissions être disponibles, attentifs et compétents auprès de vous lorsque vous en avez besoin. »

  • Vous rêvez d'avoir la peau de l'homo interruptus, ce type au boulot qui parle toujours plus fort (et en même temps) que vous en réunion ? Faut-il vraiment que ce soit vous qui organisiez les pots de départ ? (Réponse : non. Technique : arrêtez de vous proposer) Avez-vous bien en tête le potentiel discriminatoire de la machine à café ?
    Ce guide (plein d'humour mais fort sérieux) est le fruit du Fight Club féministe : quand un groupe de femmes lassées du sexisme au travail se réunissent et rassemblent leurs expériences, cela donne un manifeste piquant, débordant d'astuces et de stratégies de résistance. Avec ses illustrations mordantes, ce manuel aidera les féministes en herbe et averties à comprendre et démanteler le sexisme ordinaire : apprendre à reconnaître l'ennemi, identifier les pièges dans lesquels vous tombez toutes seules, Mesdames, et peut-être même adopter la technique du QFJ (« Que ferait Josh ? », i. e. l'homme blanc lambda qui n'a jamais entendu parler du syndrome de l'imposteur). Parce que le vrai changement commence avec chacune de ces petites victoires, suivez le guide !

  • « Cet été-là, alors que mon pays se divisait pour savoir si un adolescent noir non armé méritait de mourir, quelque chose a changé en moi. Cet été-là, je me suis réveillée. »
    La ségrégation raciale fait désormais partie du passé. Officiellement. Pourtant, chaque jour, aux États-Unis et ailleurs, femmes et hommes noirs continuent d'être victimes de discrimination, voire bien pire.
    Confrontée à la violence diffuse du racisme institutionnalisé, Brit Bennett s'interroge, dans neuf essais aussi brillants que corrosifs, sur ce qu'être noir.e signifie dans la Great America revendiquée par Trump. À travers le prisme d'objets du quotidien ou d'une actualité souvent tragique, Brit Bennett montre que si le racisme a changé de visage, il n'en est pas moins toujours réel.

  • «Je voudrais que ces pages soient consolatoires. Si elles vous donnent le goût d'écouter une chanson, de lire, de danser, ou vous divertissent simplement, leur mission sera accomplie.»

    Eva Bester rassemble et raconte mille et un remèdes à la mélancolie glanés au fil de ses entretiens sur France Inter. Livres, musique, films, recettes, idées réconfortantes : de Bertrand Blier à Sébastien Tellier, de Marie Desplechin à Gérard Garouste, de Tonino Benacquista à Philippe Starck, chacun dévoile ses antidotes personnels en cas de spleen.
    Le livre que vous avez dans les mains est une consolation en soi, mais aussi la promesse de découvertes jouissives, de plaisirs inattendus, de rires et de poésie pure.

    La présente édition de Remèdes à la mélancolie comporte un essai inédit de l'auteure sur l'oeuvre du peintre Léon Spilliaert (1881-1946).

  • Dans un monde chaotique où la politique s'exerce à coups de tweets virulents et où le repli sur soi est aussi en vogue qu'Instagram, quel sens peuvent encore avoir les contes de fées de notre enfance ? Et si Jack plantait du tofu magique ? Que penserait Mona Chollet de la sorcière de Hansel & Gretel ? Les trois petits cochons (démocrates) arriveraient-ils à résister au grand méchant loup (libéral) ? Voyons comment se passe le Brexit lorsque Boris Johnson débarque chez les trois ours, et attendez-vous à tout moment à tomber sur Poutine.

    Parce que mieux vaut en rire qu'en pleurer, voici un recueil réjouissant de contes revisités, entre humour britannique et sarcasme français. Un grand éclat de rire (jaune) !

  • « Tout le paradoxe de ce mur est là : facile à escalader, il est plus symbolique qu'efficace. Le contourner à la nage ne poserait aucun problème à un nageur moyen. Pourtant, la barrière s'avance dans l'océan, comme un bras de terre n'appartenant à aucune des deux nations. »

    « Build that wall ! Finish that wall ! » Dans les meetings de Donald Trump, la construction du mur entre Mexique et États-Unis est plébiscitée avec ferveur. Mais dans la zone frontalière, que représente-t-il pour les deux pays ? Quelles sont les marques physiques de sa présence ?
    Pour connaître et peut-être mieux comprendre ce mur dont tout le monde parle sans savoir même à quoi il ressemble, deux journalistes ont choisi d'aller voir de quoi il retourne. Dans un roadtrip de 3 141 kilomètres, ils ont arpenté cette frontière d'est en ouest. Parcourant les rives du Rio Grande où les pays se font face, traversant l'aridité parfois mortelle du désert du Sonora, ce livre est une enquête, un témoignage qui confronte les fantasmes à la réalité ; celle d'un territoire complexe, aux habitants souvent hauts en couleur, où hostilité aux migrations et élans de solidarité s'entrechoquent et se renforcent, jusqu'à donner vie à cette région si singulière : l'Amexique.

  • Du travail de tous dépend le travail de chacun d'eux. De leur parcours professionnel, ils font leurs titres de noblesse. Ils se sentent héritiers, continuateurs et passeurs d'une grande entreprise publique de service public. Ils forment une famille, et cassent facilement la vaisselle. Ils sont toujours attentifs à l'usager-citoyen, facilement circonspects face au client-roi. Ils se sentent porteurs d'une mission unique, source d'amour-propre et d'orgueil, et renouvellent chaque jour la même prouesse collective. Ils sont cheminots. Journalistes de métier, cheminotes de passage, Ariane Verderosa et France Berlioz proposent dans cet ouvrage une enquête sociologique précise et imagée, étayée de témoignages vivants. Loin des préjugés et des lieux communs, les deux auteures livrent un point de vue singulier, un éclairage à part, sur la communauté de travail des cheminots et montrent que contraintes spécifiques, règles sociales particulières et culture professionnelle unique sont indissociables.

  • C'est d'abord un brouillard, ses perceptions qui se troublent, le sentiment que son identité lui échappe. Puis la voix du Capitaine qui assiège sa conscience, assène des ordres, lui met des coups. Pourtant, en même temps qu'elle se fait battre, Arnhild Lauveng a bien conscience que la main qui la bat, c'est la sienne.
    Aujourd'hui guérie d'une schizophrénie pourtant réputée inguérissable, l'auteure partage son expérience. Dans un témoignage exceptionnel, elle raconte la perte du sentiment de soi, les hallucinations qui dévorent le quotidien, le repli et l'isolement, jusqu'à l'internement et la prise en charge médicale. Cette parole rare et sensible dit la souffrance mais aussi l'humanité qui persiste toujours, à chaque instant - la personne qu'il ne faut jamais cesser de voir à côté de la maladie.
    Traduit dans une dizaine de langues, ce récit sidérant est considéré comme un livre de référence sur la schizophrénie.
    Préface de Christophe André

  • «Ça va être compliqué...» : quatre mots leur suffisent pour se débarrasser du problème. Le problème, c'est Ethan. Ethan est un petit garçon polyhandicapé. En soi, bien sûr, Ethan n'est pas un problème, c'est un petit garçon qui demande plus d'attention que les autres, une présence plus soutenue : il faut s'adapter à lui. Mais c'est précisément ce que tout le monde refuse de faire, et voilà comment, par mauvaise volonté plus que par malveillance, un enfant se voit privé d'école.
    Il faut toute l'énergie et tout l'amour de sa mère pour se battre contre ceux qui baissent les bras avant même d'avoir levé le petit doigt.

    Depuis plus de dix ans, Kristelle Chassang se bat pour que son fils aille à l'école, conformément à la loi du 11 février 2005. Malheureusement, ce combat quotidien, c'est aussi contre des soignants et des enseignants qu'elle le mène : cruel paradoxe... Ce témoignage bouleversant met en lumière les défaillances de notre système, la charge immense que portent les parents d'enfants handicapés et notre silence coupable, notre responsabilité collective. Quelle société traite ainsi ses enfants? Pourquoi avons-nous si peur de la différence?

  • Une araignée vivait en moi, un petit parasite, hargneux et pathétique. Je devais l'empêcher de nuire, trouver le moyen de l'expulser.
    Anne Steiger a longtemps souffert sans pouvoir mettre de mots sur sa douleur. Il aura fallu dix ans pour qu'un médecin pose enfin un diagnostic : elle souffre d'endométriose. Fin de l'histoire ? Pas vraiment.
    C'est un véritable parcours du combattant qui commence alors : de médecins en hôpitaux, de prescriptions médicamenteuses en actes chirurgicaux, elle va être confrontée à toutes sortes de traitements, plus ou moins efficaces, et à leurs effets secondaires souvent d'une violence extrême. Jusqu'au jour où elle décide de reprendre son corps en main, d'enquêter sur la maladie et le business qui l'entoure, et de ne plus subir.
    À la croisée du récit intime et de l'enquête journalistique, un cri d'alarme qui plaide pour une meilleure prise en charge globale de la maladie et pour que la souffrance des femmes soit entendue, enfin.

  • Dans un monde que l'on traverse en quelques heures et où s'expatrier semble si simple, la notion de foyer a-t-elle encore un sens ?
    Oui, découvre Daniel Schreiber lors d'un long séjour dans l'une des capitales européennes où il a ses habitudes. Une rupture amoureuse qui ravive le sentiment d'un vide ancien le ramène à son enfance dans un village de RDA, où la vie n'était pas tendre pour le petit garçon efféminé qu'il était. Sur les traces d'une grand-mère haute en couleurs, il se met en quête de ses racines. Cette promenade personnelle, historique et intellectuelle s'interroge avec Arendt sur le sens de la patrie, avec Didier Eribon sur le rapport à son milieu social, avec Maggie Nelson sur la possibilité d'inventer son foyer ou encore avec J. M. Coetzee sur le rôle de l'imagination dans la reconstruction autobiographique.
    Loin des lieux communs, cet essai élégant esquisse avec pudeur les contours d'une nouvelle façon d'habiter le monde.

  • Petrograd, octobre 1917 : portés par un idéal de liberté et de justice, galvanisés par la possibilité d'un monde meilleur, les bolcheviks s'emparent du pouvoir. Pourtant, pour nombre d'historiens, 1917 n'a pas été une révolution du peuple, mais un coup d'État, une manoeuvre politique destinée à installer au pouvoir le premier régime communiste de l'histoire, qui fera le lit du totalitarisme stalinien. Fin du débat ? Pas si simple.
    Olivier Besancenot a fait le choix de se pencher sur le principal acteur de cette période, le peuple russe, qui s'est dressé il y a cent ans contre le tsarisme et contre la guerre, et s'est auto-organisé pour bâtir une société nouvelle. À travers l'exemple de 1917, c'est aussi la question de l'émancipation humaine, aspiration spontanée, universelle et intemporelle, qui est ici posée.
    Un essai vigoureux qui offre un regard à contrecourant sur l'un des événements les plus discutés de l'histoire contemporaine.

  • Des camps de réfugiés jordaniens aux couloirs de l'ONU, des prétoires de la Cour pénale internationale aux routes cahoteuses de Centrafrique empruntées par les soldats français, des cellules crasses de Donetsk, en Ukraine, aux villes tranquilles où tentent de se reconstruire les prisonniers violés à Guantanamo, neuf femmes journalistes ont enquêté sur les violences sexuelles en temps de guerre.
    Leur travail inédit, mené sur ces terrains de conflits, rassemble des documents, mais aussi des témoignages exceptionnels de victimes, de bourreaux et de lanceurs d'alerte. Surtout, il met au jour les défaillances des systèmes judiciaires qui permettent la perpétuation des crimes sexuels.
    Impunité zéro est un livre, mais surtout le pari que tout peut changer.
    Avec Cécile Andrzejewski, Delphine Bauer, Hélène Molinari,
    Ariane Puccini, Ilioné Schultz, Sophie Tardy-Joubert.

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