Belin

  • Souvenirs et solitude

    Jean Zay

    En 1936, à 32 ans, Jean Zay se voit confier par Léon Blum le ministère de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts. Il démocratise et modernise le système scolaire français. Il crée le CNRS, le Musée de l'Homme, le Festival de Cannes, le Musée d'Art Moderne, l'ENA. Il favorise la création artistique. Il défend les droits de l'écrivain. Il est sans relâche violemment attaqué par l'extrême-droite française comme ministre du Front Populaire, antimunichois, juif et franc-maçon. En 1940, hostile à l'armistice, il est l'une des premières cibles du régime de Vichy. Après un simulacre de procès, il est emprisonné à Riom, jusqu'à son assassinat par la milice, le 20 juin 1944. Il n'a pas 40 ans.

  • La musique

    Elisabeth Brisson

    Des choeurs de la tragédie antique aux oeuvres électro-acoustiques, toute la musique est ici explorée au plus près de ses codes et de ses techniques ; chaque forme est étudiée à la lumière de l'époque qui la vit naître. De nombreuses analyses d'oeuvres ponctuent ce parcours historique. En fin d'ouvrage, on trouvera un glossaire des termes musicaux, une présentation des instruments de musique, une bibliographie, un index et des repères chronologiques.

  • Dans ce traité écrit en latin (ici en édition bilingue), Dante ne se borne pas à défendre les droits de l'Empereur face à l'autorité du Pape. Il conçoit, avec l'idée d'un pouvoir universel, celle d'une humanité une dans l'espace et le temps. Il associe à la recherche par chacun du salut de son âme la conquête par tous du bonheur sur terre. Ce texte est ici précédé de La Modernité de Dante, un important essai de Claude Lefort.

  • Homère : l'aède aveugle qui chante pour les princes ou le poète mendiant qui erre à travers le monde grec. L'Odyssée : un récit d'aventures si célèbre qu'il est devenu un nom commun. Au-delà des clichés qui hantent la mémoire collective, ce livre fouille au plus profond un « récit primitif » dont la complexité n'a rien à envier aux plus sophistiqués des romans modernes. Voici que s'éclairent les valeurs du monde d'Ulysse. Et l'on comprend mieux pourquoi, d'Homère à Joyce ;et Kazantzakis, cet être de mémoire, qui ne rêve que de retour, n'a cessé d'incarner l'humanité.

  • Le succès que rencontrent aujourd'hui les mises en scène du théâtre de Sénèque dément une tradition académique qui n'y voyait qu'un exercice littéraire, injouable. La lecture nouvelle de Sénèque que propose Florence Dupont est une redécouverte de formes oubliées d'exploitation du corps et de la voix, une invitation, pour les gens de théâtre d'aujourd'hui, à inventer, à partir de cette théâtralité perdue et retrouvée, des formes contemporaines d'expression.

  • L'érotisme à Rome est fondé sur la distinction sociale plus que sexuelle. Il s'accompagne de certaines pratiques verbales : invectives obscènes, poèmes érotiques de banquets ou portraits d'empereurs en monstres d'obscénité. La pédérastie tout à la fois fascine et fait l'objet d'une sévérité extrême. L'analyse des auteurs se fonde sur de très nombreux extraits de textes, dont la crudité va souvent au-delà de l'obscénité et laisse ébahi le lecteur d'aujourd'hui.

  • Du sublime

    Collectif

    La question du sublime est transmise à notre époque en tant que question de la présentation. Les textes de cet ouvrage, sont réunis selon une distribution thématique.

  • Les droits de l'homme

    Thomas Paine

    Avec Les Droits de l'Homme (1791-1792), Paine, Anglais devenu Américain, épouse la cause de la Révolution française, en réponse aux Réflexions sur la Révolution de France, passionnément anti-révolutionnaires, de Burke. L'un des enjeux de cet affrontement fiévreux est la notion de « droits de l'homme » qui, prônés et critiqués, libérateurs quoique si souvent travestis, n'ont certes pas fini, aujourd'hui, de courir le monde.

  • La révolution

    Edgar Quinet

    « La clef et la nouveauté de ce livre, écrit Quinet, c'est la critique de la Révolution au nom de la Révolution [...] Tout un peuple s'est écrié par des millions de voix : être libre ou mourir. Pourquoi des hommes qui ont su si admirablement mourir n'ont-ils pu ni su être libres ? »
    L'oeuvre présente un intérêt exceptionnel ; elle nous incite, avec une vigueur qui n'a pas faibli, à nous interroger, sans céder au scepticisme ou au cynisme, sur les retournements de la liberté en servitude et sur la conversion en mythes des idées les plus neuves et les plus chargées de vérité.

  • La rumeur

    Pascal Froissart

    Elle court, elle court la rumeur, d'autant plus vite et d'autant plus loin qu'elle a trouvé dans la presse, sa courroie de transmission idéale. Et depuis l'essor des médias et d'Internet, elle se nourrit des nouveaux moyens de communication, tout comme ceux-ci se nourrissent des rumeurs. N'est-ce pas ainsi que l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone n'a jamais existé ? Ce livre démystifie et la rumeur et le discours scientifique qui prétend en rendre compte. L'enquête fouillée, critique et souvent drôle de Pascal Froissart démontre que la « science de la rumeur », inventée il y a un siècle, est aussi farfelue que l'objet dont elle traite. Il n'y a nul savoir sur la rumeur, mais les rumeurs existent bien, avec leur cortège de crédules, d'affabulateurs et de manipulateurs dont la durée sera celle des sociétés humaines.

  • Qui placeriez-vous au hit-parade des scientifiques qui ont marqué l´histoire ? Galilée peut-être (la Terre est ronde). Einstein sans doute (la relativité). Et Darwin, y penseriez-vous ? Ce naturaliste a révolutionné la pensée scientifique en proposant, en 1859, sa théorie de l´évolution. Cette dernière fournissait rien de moins qu´une explication à l´extraordinaire diversité des êtres vivants sur notre planète : les espèces ne sont pas fixes, elles ne sont pas « créées » une fois pour toutes, elles évoluent. Mieux, elles sont reliées entre elles, formant une sorte d´immense arbre généalogique. Voilà qui bouleversait totalement la vision du monde vivant et l´idée que l´homme se faisait de lui-même. Il n´était plus au centre, ni au sommet du monde. C´était un animal comme les autres. Il fallait oser ! Alors, comment et pourquoi Charles Darwin a-t-il osé ? En 160 pages et moins de deux heures, ce livre vous plonge dans le récit palpitant de la vie de cet homme exceptionnel. Et il vous donne la réponse...

  • Le film de Claude Lanzmann, Shoah, fut un événement majeur. Avec la sortie d'un tel film, la réalité qui se nomme Auschwitz a ressurgi dans le monde en rejoignant des générations et des nations, en atteignant les coeurs et les mémoires qui n'en avaient qu'une opinion vague, un savoir abstrait - au point que le nom propre de l'Événement est devenu « Shoah ». On trouvera ici des méditations où se lit le retentissement du chef-d'oeuvre sur la pensée et le savoir d'historiens, d'écrivains, de poètes.

  • En décembre 1793, en pleine Terreur, le Jacobin Camille Desmoulins, qui avait accompagné la radicalisation de la révolution, entreprend désormais de penser ce que serait une politique révolutionnaire soucieuse de la liberté des individus. Tel est le contenu des six numéros du Vieux Cordelier, publiés de son vivant. S'y ajoute ici le n° 7, qui ne parut pas : Desmoulins fut guillotiné en avril 1794.

  • Comment Jacques Chirac est-il devenu l'héritier du gaullisme ? Ce personnage atypique et parfois dérangeant avait-il toute légitimité à cette filiation ? Ce livre s'attache à révéler les ressorts d'un débat qui est loin d'être clos. On découvre ici un autre Chirac, moins empressé à s'emparer de l'héritage gaullien qu'on ne l'imaginait. Ainsi se dessine une autre histoire du gaullisme et de la Ve République.

  • C'est à certains des témoins majeurs des camps nazis ou des camps soviétiques que cet ouvrage est consacré. Primo Levi, David Rousset, Robert Antelme, Tadeusz Borowski, Varlam Chalamov, Alexandre Soljénitsyne : Alain Parrau analyse ces écrits affrontés à la violence extrême. Il les compare, les distingue, leur permet de s'éclairer réciproquement.

  • « Les vrais moyens du gouvernement ne sont pas dans ces instruments directs et visibles du pouvoir [ministres, préfets, maires, percepteurs, soldats]. Ils résident au sein de la société elle-même et ne peuvent en être séparés. C'est là qu'il faut les chercher pour les trouver, là où il faut les laisser pour s'en servir ».
    Guizot

  • Voici enfin un Livre de théorie et d'analyse littéraire qui plaide non pour l'excellence des procédés qu'il met en oeuvre, mais pour l'objet même auquel il s'est voué. Laurent Jenny défend. avec les mots les plus justes, la cause d'une " parole taciturne " : " Il n'est pas de parole qui ne soit tressée avec un silence dont. tout à la fois, elle procède et qu'elle étend après elle ".
    Jean Starobinski

  • L'époque où surgit la dynastie capétienne ne se confond pas avec « la naissance de la France ». Sans doute le royaume de Francie occidentale puis de France, qui embrasse alors la Catalogne au sud et la Flandre au nord, devient-il une entité politique qui ne se partage plus, mais le souverain continue explicitement de se dire « roi des Francs » plutôt que « roi de France ». Si la monarchie construit et élargit méthodiquement son domaine, le sentiment d'une unité française n'existe pas alors. La France féodale demeure une mosaïque de régions de langues et de coutumes diverses. Soucieux d'échapper à toute téléologie dynastique ou nationale, le propos tenu ici accorde une grande attention à ces singularités régionales. Il embrasse aussi les nombreux territoires, aujourd'hui français, qui relevaient alors d'autres rois et princes et s'efforce d'insérer l'ensemble des analyses dans une perspective européenne.
    Les siècles de la féodalité, longtemps décrits comme des siècles de fer, correspondent en réalité au moment du « décollage » européen. Dynamisme économique, expansion chrétienne et mutations sociales vont alors de pair, portés par l'affirmation d'un ordre seigneurial effaçant peu à peu les derniers vestiges de l'empire carolingien. Comme le montre cet ouvrage, les acquis des recherches historiques des vingt dernières années ont profondément renouvelé la compréhension de ce long moment de transition. Ils permettent de décrire une croissance rurale plongeant ses racines jusque dans l'époque carolingienne, même si le développement urbain et commercial en modifie les formes et en accroît la vigueur à partir de la fin du XIe siècle. Ils conduisent à réexaminer des questions aussi fondamentales que le regroupement des populations et la « naissance du village », l'instauration de la seigneurie châtelaine, le rôle des réformes monastiques ou l'épanouissement de l'art roman et gothique. Ils amènent surtout à remettre en cause la thèse d'une « mutation féodale » rapide et brutale autour de l'an mil au profit d'une appréciation plus nuancée des évolutions, articulée sur les deux inflexions majeures que sont la décomposition de l'ordre carolingien, à partir de la fin du IXe siècle, et la réforme « grégorienne », dans la seconde moitié du XIe siècle. Comme le montre le chapitre consacré à l'atelier de l'historien, les apports de l'archéologie et de l'anthropologie ont beaucoup contribué à ces renouvellements.

  • Le long XIIIe siècle marque l'âge d'or de la dynastie capétienne qui compte alors de fortes personnalités?: Philippe II Auguste, saint Louis, Philippe IV le Bel. Elle bénéficie également, jusque vers 1270, d'une forte dynamique agricole, ainsi que d'une révolution technique, qui s'exprime en premier lieu dans l'érection des cathédrales. La prospérité - relative - des campagnes fonde cet extraordinaire programme monumental, financé par les dîmes. Elle permet aussi l'essor des échanges et des villes. Le commerce « international » a ses centres principaux en Flandre et en Champagne et le réseau urbain se fixe tel qu'il persiste jusqu'à la révolution industrielle. L'époque connaît un certain bonheur de vivre, qui s'exprime dans la littérature courtoise et dans le naturalisme de la sculpture gothique.
    En parallèle, la monarchie construit progressivement un territoire et un État. Philippe II exploite à cette fin les structures féodales, mais au fil du temps s'élabore une doctrine qui s'appuie sur la souveraineté et non plus sur la suzeraineté. Trois lieux illustrent la royauté?: Reims où le roi est sacré?; Paris, sa capitale fixe, où siège l'administration, où se développe l'Université et où est érigée la Sainte Chapelle?; Saint-Denis, où sont abrités les insignes royaux et où la nécropole atteste de la continuité de la lignée royale des Mérovingiens aux Carolingiens et aux Capétiens.
    En un siècle qui voit la religion informer toute la vie et toute la société, le caractère sacral de la monarchie, renforcé par la canonisation de Louis IX et celle de son petit-neveu, Louis d'Anjou, constitue un des fondements primordiaux du pouvoir capétien. Un autre réside dans l'alliance étroite du trône et de l'autel, même si cela ne va pas sans tensions avec les papes les plus attachés à la théocratie pontificale, Innocent III et Boniface VIII.
    Après 1270, la crise du système féodal provoque difficultés, famines, chômage et troubles sociaux, préliminaires de la grande crise du XIVe siècle. Le pouvoir monarchique, cependant, ne cesse de se renforcer. Se met alors en place un binôme caractéristique du futur État moderne?: guerre et fiscalité.
    Le contexte des temps, positif ou négatif, réinterprété à la lumière des recherches récentes, est éclairé avec pertinence par des cartes et des textes et une iconographie, abondante et magnifique, qui concourt à mettre le lecteur de plain-pied avec un des « grands siècles » de l'histoire de France.

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