Belin

  • Staline

    Oleg Khlevniuk

    « Cela fait plus de vingt ans que je me consacre à l'étude de Staline et des mécanismes qui ont sous-tendu son action. Une action qui aboutit à la destruction de millions de vies humaines. Malgré le caractère éprouvant, sur le plan émotionnel, de ce travail, je m'y suis tenu avec constance », écrit Oleg Khlevniuk en introduction à cette nouvelle biographie saluée par la critique internationale. Unanimement reconnu comme le plus éminent spécialiste russe du stalinisme, fort d'une connaissance exceptionnelle des grands fonds d'archives soviétiques, l'auteur suit la vie et le parcours de ce dictateur hors catégories. Il pose un regard neuf sur le « système de règles » de Staline, les mécanismes politiques de son ascension, les ressorts d'un mode de gouvernance fondé sur un interventionnisme de tous les instants et un travail quotidien titanesque.
    Cette biographie brillante et captivante a reçu le prestigieux Prose Award 2016 décerné par de grandes universités américaines.

  • Entre 1939 et 1945, le meurtre systématique de près de 90 % de plus de trois millions de Juifs polonais laisse exsangue l'une des communautés juives les plus florissantes du monde d'avant-guerre.  Les dizaines de milliers de survivants font alors face à l'incompréhensible : la persistance d'un antisémitisme après Auschwitz. Craignant leurs voisins polonais mais fuyant aussi le nouveau régime socialiste, plus de la moitié des juifs rescapés choisirent les chemins de l'exil. Que devinrent ceux qui restèrent dans une Pologne devenue communiste ? Ce livre retrace l'histoire oubliée de ces survivants et de leur descendance, à travers la manière dont ils ont été perçus par la société et les autorités polonaises. Entre assimilation systématique, efforts pour préserver la mémoire juive et rejet récurrent lors de soubresauts à caractère antisémite, les débats demeurent toujours vifs sur les relations polono-juives. 

  • Nous vivons dans une époque où les spectres des terreurs, brune, rouge noire ne cessent de nous entourer et de solliciter nos mémoires. Peut-on parler de terreur sans penser à « La Terreur » de 1794 ? Le lien a été - et demeure - encore discuté notamment depuis Hannah Arendt.
    L'objet de ce livre est d'examiner comment se sont développés au fil du temps ces échos de la terreur qui influencent nos imaginaires et de mettre en évidence les prolongements jusqu'à aujourd'hui de cet épisode décisif de l'histoire de France. Il s'agit de rendre compte des liens entre terreur politique et démocratie, de la terreur comprise comme mode de gouvernement, de la terreur comme structure politique indissociable de la Révolution française. Il s'agira aussi de mettre en lumière les lacunes de la démonstration, qui a renversé le sens même du mot terreur, qui a utilisé sans précaution le mot terroriste, qui a aussi oublié, voire masqué, d'autres véritables terreurs.

  • Loin d'être tout simplement conflictuelles, les relations entre juifs et musulmans en France sont anciennes, complexes, changeantes. La République qui les abrite et accueille tous ceux qui traversent la Méditerranée au moment des indépendances leur offre sa laïcité. Le monde tel qu'il se reconfigure au lendemain de la guerre impose interrogations, contradictions et violences. Comment, dans l'espace colonial d'abord, puis sur le sol de la métropole, ces deux groupes ont-ils cohabité au XXe siècle? Quelles ont été leurs relations, au Maghreb d'abord, en France ensuite?

    Ethan Katz, à l'issue de plus de 10 années de recherches, s'attache à décrire et analyser ces relations entre juifs et musulmans. Il montre que la réduction de ces catégories de Français à des identités religieuses et conflictuelles est récente et que la question coloniale en premier lieu a créé un fossé progressif entre les deux communautés. 

    Juifs et musulmans en France offre un regard neuf sur une histoire, ici toute en nuances, des relations entre juifs et musulmans depuis la Première Guerre mondiale. Cet ouvrage constitue une contribution inédite à la compréhension de la société française contemporaine.

  • Juillet 1940. Vichy, ville d'eaux et de villégiature, devient capitale de l'État français. Les somptueux palais se muent en bureaux du nouveau gouvernement et le Maréchal s'installe dans le luxueux Hôtel du Parc. Durant quatre années de guerre, les Vichyssois observent et attendent. Habitués à être au service de leurs hôtes, ils ne prennent que rarement position.

    Après la guerre, les récits se superposent, se complètent, et se contredisent parfois. Les commémorations se multiplient. La ville semble stigmatisée mais l'ostracisme est limité : le tourisme thermal connaît un regain fulgurant et la guerre n'est plus qu'un mauvais souvenir qu'il faut oublier ou, tout du moins, taire.

    Vichy reste à ce jour un non-lieu de mémoire et une anomalie dans le paysage mémoriel français de la Seconde Guerre mondiale. Audrey Mallet retrace toute l'histoire de cette capitale sans mémoire.

  • Les convulsions de la révolution bolchevique jettent hors de Russie plus d'un million de réfugiés, qui croient leur fuite temporaire. Elle va s'avérer irréversible, la perte de la patrie se conjuguant bientôt avec celle des droits nationaux. Parmi ces « sans-droits », quelques centaines de grandes familles arméniennes, issues des marges caucasiennes de l'Empire des Romanov. Banquiers et industriels, artistes, professeurs d'université, hommes politiques : tous, vers 1920, s'enfuient avec femmes et enfants, par crainte des violences que le nouveau régime de Moscou inflige à ses « ennemis de classe ». Hors de Russie, et tout particulièrement en France où convergent des dizaines de milliers d'exilés, leurs trajectoires croisent celles des Arméniens de Turquie, persécutés quant à eux pour des motifs ethno-confessionnels.
    L'histoire des exils arméniens s'écrit ici à hauteur d'hommes et de femmes en fuite, de familles soudées face au danger, parfois séparées, plongées dans l'opacité après le renversement de l'ordre ancien. Que faire ? Où aller ? Quel projet poursuivre en ces temps de chaos et d'incertitude ? Comment préserver ses ressources et recréer un ordre pour soi ? Les parcours de ces anciens sujets d'empires donnent à penser ce que reconstruit l'exil, lieu de mise à l'épreuve individuelle et de réélaboration des destinées collectives.

  • Entre avril et juillet 1994, ce sont environ 800 000 tutsis qui ont été tués par leurs voisins hutu. En novembre 1994, alors que la justice rwandaise est exsangue, l'ONU crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
    Le 2 septembre 1998, Jean-Paul Akayesu, bourgmestre de Taba, est condamné à la prison à vie pour le massacre de 2000 tutsis et l'incitation aux viols collectifs : c'est la première fois au monde que le viol est reconnu comme arme génocidaire. Il aura fallu quatre années pour qu'un tribunal international rende un verdict sur l'un des massacres les plus terrifiants de notre histoire contemporaine.
    En partant du récit de l'enquête et du procès du bourgmestre de Taba, Ornella Rovetta nous livre une analyse approfondie de ce que peut être la justice internationale et nous dit, en somme, la place qu'occupent les génocides dans notre monde contemporain.

empty