CNRS Editions

  • Phénicien, araméen, hébreu, grec, latin, étrusque, berbère, arabe, turc, espagnol, italien, français : ces langues du pourtour méditerranéen nous parlent de l'histoire de ce continent liquide. Elles sont d'abord la trace des empires et puissances qui se sont succédé en Méditerranée, mais aussi celle du commerce des hommes, des idées et des denrées, qui ont constitué cet espace en un ensemble homogène. Ce livre se fondant sur une approche sociolinguistique et géopolitique, prend donc les langues, « linguae nostrae », comme le fil rouge de cette histoire. Car les langues et les mots ont une mémoire. Ils sont le témoin des interactions, des conquêtes, des expéditions, des circulations. Que ce soit dans les emprunts, la sémantique, les alphabets, ou la toponymie, les traces des échanges au sein de cette mare nostrum sont nombreuses. Du voyage d'Ulysse aux migrations d'aujourd'hui, en passant par les croisades et les échelles du Levant, ces langues ont façonné et habité la Méditerranée, au rythme des événements historiques qui l'ont marquée, et qui en font le laboratoire de l'humanité depuis plus de 3 000 ans.

  • Une oeuvre monde, avec ses langues, sa mythologie, sa géographie, ses villes et ses royaumes peuplés d'Elfes, de Hobbits, de mages et autres créatures imaginaires. Qui, toutes générations confondues, ne connaît pas Bilbo ou Frodo ? Écrivain, poète, critique, philologue, médiéviste, J.R.R. Tolkien est devenu, dès les années 1960, avec Le Seigneur des Anneaux puis récemment, avec les adaptations cinématographiques de Peter Jackson, un phénomène de société.
    Ce dictionnaire est le premier en français à donner une vision globale de cette oeuvre unique en son genre : personnages, sources d'inspiration, lieux, religion, politique, poésie, postérité, jeux vidéo ou de rôles... À côté de l'écrivain, le lecteur fera connaissance avec le Tolkien illustrateur, père de famille, médiéviste érudit. Y sont également interrogés le prétendu conservatisme de Tolkien, son projet de mythologie pour l'Angleterre...
    Un dictionnaire encyclopédique prenant en compte les acquis des recherches les plus récentes et des traductions nouvelles ; découvrant toutes les facettes d'une oeuvre à l'imaginaire débordant, le travail constant d'un créateur-artisan soucieux du moindre détail, et le développement d'un univers en constante expansion.
    Un dictionnaire à la mesure de l'oeuvre de Tolkien.

  • Qui est Sony Labou Tansi ? Celui que l'on considère aujourd'hui comme l'un des plus grands auteurs africains d'expression française n'est pas né en un jour.

    Qui est Sony Labou Tansi ? Celui que l'on considère aujourd'hui comme l'un des plus grands auteurs africains d'expression française n'est pas né en un jour. Il lui a fallu s'imaginer, se fabriquer, se faire connaître et reconnaître par un Congo en proie aux convulsions de l'Histoire. Tout s'est décidé pour lui à la fin des années 1960, quand son goût de l'expérience créatrice s'est changé en un besoin, toujours plus impérieux, de construire son propre univers, dense et homogène. L'anonyme Marcel Ntsoni invente la figure flamboyante de Sony Labou Tansi, écrivain explosif qui, en marge de l'ordre littéraire, ne craint rien ni personne, dans son projet hyperbolique de fonder une nouvelle littérature. Entre les coups d'État et les fièvres révolutionnaires, le Congo a beau traverser des tempêtes, l'apprenti grand écrivain ne désarme pas. La société devient paroxystique ? À l'écriture d'aller plus loin encore en lui administrant son paroxysme à elle, jusqu'à faire voler en éclats ses normes et ses institutions.

    Scénarios existentiels et fictions compensatoires aident le jeune Sony à modeler son oeuvre et son identité, mais l'exposent aussi à de multiples contradictions : affirmer publiquement son statut d'écrivain et assouvir sa haine du régime au pouvoir ; s'attaquer à une France taxée de néocolonialisme et tenter d'y diffuser ses écrits ; démolir les figures d'autorité et partir en quête de conseillers, d'intercesseurs et de pères littéraires.

    Pour l'essentiel inédits, les premiers écrits donnent l'image d'une création débondée, véritable geyser de lave, de boue et de sang. Dans l'espace privé des manuscrits, tout peut se dire, des folies les plus intimes aux visions les plus impitoyables. Vivre l'écriture comme le seul absolu, au-delà des tabous, telle est l'expérience hors norme sur laquelle Sony Labou Tansi cherche à édifier la destinée qu'il s'est choisi : devenir écrivain, au sens radical du terme, c'est-à-dire démiurge.

  • Avec la rdition de ses Portraits, accompagne de nombreux textes critiques, il s'agit d'ouvrir, pour la premire fois, le procs du postcolonial au Maghreb - le terme procs tant pris dans sa double acceptation de procdure de remise en cause et de processus. C'est donc une pense l'oeuvre laquelle ces Portraits nous donnent accs, de la situation coloniale la situation postcoloniale.

  • Qu'ont en commun d'anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l'OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d'Action Directe ? D'avoir été jugés par la Cour de sûreté de l'État, une juridiction d'exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d'Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat. Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l'arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l'OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd'hui, c'est toute la généalogie de l'antiterrorisme que ce livre retrace. Par cet ouvrage passionnant qui s'appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l'État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l'utilisation de dispositifs d'exception en régime démocratique.

  • Littérature et anthropologie ne sont pas des inconnues l'une pour l'autre, elles ont partie liée depuis longtemps avec Montaigne et les Cannibales, Montesquieu et les Persans, ou encore Rousseau et les bons Sauvages.

    Littérature et anthropologie ne sont pas des inconnues l'une pour l'autre, elles ont partie liée depuis longtemps avec Montaigne et les Cannibales, Montesquieu et les Persans, ou encore Rousseau et les bons Sauvages. Multipliant les perspectives, attentives aux petits faits ou à l'imaginaire des autres : elles savent se comprendre et dialoguer l'une avec l'autre selon différents registres, qu'ils soient scientifique, épique, onirique ou ludique.

    Cet ouvrage joue de cette histoire et de cette proximité complice en croisant les approches : tout en constituant les oeuvres de fiction comme objets d'une enquête ethnologique au même titre que mythes, rites et croyances, il cherche à évaluer l'apport de ces oeuvres à la compréhension du fonctionnement intime d'une société, qui est le projet même de l'anthropologie.

    Shakespeare, Goethe, Dumas, Büchner, Melville, Rimbaud, Segalen, Faulkner, Bataille, Leiris... sont enrôlés dans cette investigation, et permettent de repenser des approches ou des notions classiques de l'anthropologie, telles que l'exotisme, l'observation participante, la réflexivité.

  • Le « Siècle de Louis XIV » s'est imposé dans notre mémoire collective comme celui des classiques par excellence. Mais quel fut le prix de cette consécration ? Qu'a-t-on fait dire aux classiques ? Pourquoi a-t-on dressé leur héritage contre celui des Lumières ? Sous quelles bannières ont-ils été enrôlés ?

    En répondant à ces questions, l'auteur retrace les grandes manoeuvres, au lendemain de la Révolution, autour d'une tradition littéraire semée de malentendus et de distorsions. Héritiers des Lumières et apôtres de la reconquête catholique s'affrontent violemment, mais tous revendiquent la référence aux classiques. S'engage alors une guerre des mémoires dont nous ne sommes peut-être pas sortis. À leur corpus défendant, on verra ainsi Corneille, La Fontaine, Madame de Sévigné, Molière ou La Bruyère intervenir dans les débats politiques de la France postrévolutionnaire, Racine érigé en chantre des valeurs familiales, Rotrou enrôlé au service de la propagande napoléonienne ou encore le duel entre Fénelon et Bossuet se poursuivre dans les débats parlementaires de la Restauration.

    À qui appartiennent les classiques ? Oscillant entre la légende et l'histoire, leur vie posthume constitue une projection des passions françaises. Elle attise, dès le XIXe siècle, les controverses sur l'identité nationale.

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