Denoël (réédition numérique FeniXX)

  • "Familles, je vous aime", clame Maurice Champagne-Gilbert... mais à condition qu'elles changent. Oui, la famille peut et doit être le lieu par excellence où se développent et s'épanouissent adultes et enfants, dans l'amour, le respect, et la liberté. Cela exigerait une attention véritable aux constants besoins de croissance de la personne humaine, c'est-à-dire une conception révolutionnaire des rapports humains dans nos sociétés occidentales. Avec une immense passion pour la vie, pour l'être humain, avec une infinie tendresse, l'auteur réévalue tous les aspects de la vie familiale : des repas pris, ou non, en commun, au problème de ce qu'on appelle à tort la fidélité conjugale, en passant par la sexualité des adolescents. Un livre généreux, tonique et fort qui interpelle tous les publics et qu'on pourrait résumer ainsi : savoir vivre avec soi-même pour pouvoir vivre avec les autres.

  • Une femme atteinte d'un cancer de l'utérus doit se faire opérer. Ce livre est le compte rendu de son parcours médico-hospitalier. Elle est successivement soignée dans deux pavillons qui sont deux mondes différents : l'un dirigé avec amour par un médecin qui y consacre tout son temps et où tout est fait non seulement pour soigner mais aussi pour respecter et informer les malades. L'autre dirigé par un grand patron compétent et efficace mais qui laisse une atmosphère inhumaine s'instaurer dans son service. L'auteur, en outre, évoque avec vigueur le problème du "tabou" qui pèse sur le cancer et qui est responsable en grande partie du manque d'information du public. Telles sont les grandes lignes de ce livre écrit avec simplicité, pudeur et franchise. Rosemonde Pujol brosse de saisissants portraits des personnages secondaires, raconte avec tendresse et humour les réactions de son entourage, ses propres sentiments face à une maladie grave qu'elle ne "sent" pas. Un livre réquisitoire certes, mais aussi un récit plein d'espoir et de force.

  • Quatre femmes, quatre écrivains, connues ou célèbres mais protégées ici par l'anonymat, tour à tour, au long de vingt années, aiment la même femme, Omphale, et lui écrivent. Ces Lettres à Omphale sont donc des lettres d'amour comme en écrivent les femmes qui savent ce qu'aimer veut dire : lettres d'amour, c'est-à-dire lettres de questionnement sur soi et sur l'autre, lettres d'approfondissement, lettres de tendresse et d'exigence, lettres de générosité envers l'autre et de fidélité à soi. Ainsi, grâce à ces femmes qui, par un choix décisif refusent les schémas réducteurs de l'érotique et de l'éthique masculines, nous sommes conviés à une réflexion aiguë sur l'amour et sur l'être, réflexion où la plupart des femmes devraient reconnaître une atmosphère qui leur est essentielle et dont quelques femmes ont déjà fait, dans leur pratique quotidienne, une arme insidieusement subversive. Recueil de lettres d'amour, roman à reconstituer, essaie quasi philosophique, ce livre est tout cela simultanément porté par une langue très pure et toujours transparente.

  • Bien qu'elle n'ait pas publié d'ouvrage d'ensemble sur la question féminine depuis « Le Deuxième Sexe » en 1949, Simone de Beauvoir n'a cessé de s'exprimer en de nombreux articles, interviews, préfaces, etc., et ses prises de position l'ont constamment maintenue à l'avant-garde du féminisme. En étudiant tous ces textes et l'action militante de Simone de Beauvoir à partir de 1970, cet ouvrage présente un exposé clair, exhaustif et pénétrant du néo-féminisme beauvoirien qui, en de nombreux points, a évolué et s'est radicalisé. Où l'on voit que si Beauvoir n'a pas varié, par exemple, quant à la nécessité pour chaque femme d'être économiquement indépendante, elle ne croit plus, désormais, à la libération des femmes par le seul avènement du socialisme et considère cette libération des femmes comme première et fondamentale pour une révolution globale engendrant de nouveaux rapports entre tous les êtres humains. Alors qu'on parle d'une stagnation du féminisme, la pensée de Simone de Beauvoir est plus que jamais provocante et singulièrement stimulante.

  • Alchimie, tarot, mythes, légendes et textes sacrés, rites initiatiques et sociétés secrètes, étudiés et interrogés par Patrick Houque nous révèlent, non pas seulement comme une évidence qui nous paraît désormais aller de soi, mais à travers toute la mémoire de l'humanité, le rôle essentiellement complémentaire des deux principes, masculin et féminin. L'homme a toujours cherché à réaliser cette complémentarité des deux principes pour parvenir à un troisième, plus parfait : c'est ce qu'évoquent, par exemple, la troisième colonne du temple maçonnique, ou le triangle, symbole des francs-maçons et l'aspect ternaire de tant de religions et de philosophies. Pour l'auteur, l'érotisme est l'un des moyens privilégiés qui s'offre à l'être humain de transgresser son incomplétude, d'opérer une fusion qui le fait pénétrer dans un autre monde : il est, comme tel, un acte sacré, un acte initiatique. Et l'on comprend, dès lors, pourquoi Eros a pu être entouré de tant de tabous. Une étude remarquable et enthousiasmante qui dépassé de beaucoup le cadre d'une simple réhabilitation de la femme dans l'histoire et les religions.

  • Soixante-dix ans après ou l'histoire d'un "petit Hans" moderne, non plus analysée à partir d'un matériau rapporté comme le fit Freud, mais à partir d'une observation directe de l'enfant. Lucas vit dans une famille libérée, avec une mère féministe et un "père nouveau", entre deux soeurs qui ne s'en laissent pas conter. Il n'ignore rien de la sexualité, il n'est pas réprimé dans ses "travaux pratiques", il s'exprime librement et, ô surprise, on découvre qu'il a les mêmes angoisses de castration et les mêmes fantasmes que ses lointains prédécesseurs, Hans, Arpad ou Fritz. La formulation en est simplement devenue plus moderne. Mais ce que les pionniers de la psychanalyse avaient négligé apparaît ici en toute clarté : l'envie de l'utérus, des seins et des autres prérogatives féminines. En effet, s'il est permis à une petite fille d'être un "garçon manqué", le petit garçon ne peut se permettre de déchoir en faisant la fille, arborant, par exemple, boucles, volants et fanfreluches. Comme quoi le sexe défavorisé n'est pas toujours celui qu'on pense. À partir d'observations vivantes et d'anecdotes souvent réjouissantes, dans une constante confrontation avec les célèbres analyses de Freud et de Mélanie Klein, ce livre tonifiant non seulement pose le problème de l'éducation du petit garçon, mais apporte encore une contribution intéressante à notre connaissance de l'inconscient et de son évolution. Après OEdipe, après Jocaste, voici Lucas ou la résolution du complexe d'Adam et Eve...

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