Langue française

  • Parmi les très nombreuses traductions françaises de La Divine Comédie de Dante celle de Joachim-Joseph Berthier occupe incontestablement une place à part. En effet, ce dominicain, qui a été recteur de l'Université de Fribourg (Suisse), entend proposer une traduction littérale qui permet, en respectant les conseils de traduction de Chateaubriand, de « suivre le texte, ligne à ligne, mot à mot », calquant ainsi le poème avec une exacte transparence.Toutefois, cette littéralité n'est pas la seule spécificité de cette traduction publiée en 1924. Convaincu que Dante le poète fut aussi un docteur, à savoir un philosophe et un théologien, Berthier considère que le « poème sacré » transmet un enseignement qui doit servir « pour le bien du monde qui vit mal », conformément à l'intention de Dante lui-même (Purgatoire XXXII, 103). L'étonnante beauté du poème est donc entièrement au service de la vérité.
    Traduction littérale avec notes Joachim-Joseph Berthier, o.p.Sous la direction de Ruedi Imbach

  • Liens transgénérationnels, secrets de famille, syndrome d'anniversaire, transmissions des traumatismes et pratique du génosociogramme. Anne Ancelin Schützenberger livre dans cet ouvrage, à travers son analyse clinique et sa pratique professionnelle de près d'une vingtaine d'années, une « thérapie transgénérationnelle psychogénéalogique contextuelle ». En langage courant, ceci signifie que nous sommes un maillon dans la chaîne des générations et que nous avons parfois, curieusement, à « payer les dettes » du passé de nos aïeux. C'est une sorte de « loyauté invisible » qui nous pousse à répéter,que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou pas, des situations agréables ou des événements douloureux. Nous sommes moins libres que nous le croyons, mais nous avons la possibilité de reconquérir notre liberté et de sortir du destin répétitif de notre histoire, en comprenant les liens complexes qui se sont tissés dans notre famille. Ce livre passionnant et truffé d'exemples s'inscrit parmi les toutes récentes recherches en psychothérapie intégrative. Il met particulièrement en évidence les liens transgénérationnels, le syndrome d'anniversaire, le non-dit-secret et sa transformation en un « impensé dévastateur ».

  • Au coeur du mystère du mal qui traverse notre monde, comment envisager la beauté ? Et, allant plus loin, comment la dévisager en vérité, sans fuite ni artifice ?À travers une méditation aux confins de l'Occident et de la grande tradition chinoise, François Cheng invite à cette authentique contemplation. Car par-delà la création artistique, la sainteté révèle la beauté de l'âme et se découvre l'autre mystère, celui du Beau qui justifie notre existence terrestre. Alors, nous ne pouvons entrer que pas à pas dans ce qui nous dépasse et nous transfigure. L'oeil ouvert et le coeur battant.
    Écrivain, membre de l'Académie française, François Cheng a publié notamment Le Dit de Tian-yi, Le Dialogue, À l'Orient de tout et Cinq méditations sur la beauté.

  • Elle me fait promettre que je ne la forcerai pas à quitter sa maison. Je la rassure et, pour la première fois, je lui mens. Je l'embrasse tendrement et referme doucement la porte. Ça y est : le cancer s'apprête à nous emmener sur sa route et je n'ai pas d'autre choix que de l'y accompagner". C'est l'histoire d'une femme. Elle a soixante-dix-neuf ans. Elle est italienne. Immigrée. Témoin de Jehovah. On lui annonce un cancer des os. Durant une année, sa petite-fille va l'accompagner dans la maladie. Par des ponts lancés entre passé et présent, elle va tenter de comprendre le destin tragique de cette grand-mère discrète et courageuse qui payera de sa vie le poids de bien trop de non-dits.".

  • « Penser, vivre, être présent au monde, c'est essayer d'écouter-voir ce qui monte du fond des temps, se laisser troubler par des songes venus d'ailleurs, d'infiniment plus loin que soi, et cependant nous concernant au plus intime. »En méditant sur les fêtes, en parcourant les saisons d'un hiver à un autre, de l'Avent à la Toussaint, en s'arrêtant aux bords des jours les plus ordinaires comme des plus irradiés de mystère, en traversant aussi quelques nuits, étoilées ou obscures - Sylvie Germain donne au poids du temps un relief inédit.
    Docteur en philosophie, Prix Femina en 1989, Prix des Libraires religieux 1997, Sylvie Germain est l'auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels : Le Livre des nuits, Les Échos du silence et À la table des hommes. Son dernier roman, Le vent reprend ses tours, est paru chez Albin Michel en 2019.

  • Écrites un demi-siècle durant, de la veille du premier conflit mondial (1913) à la fin de la Guerre d'Algérie (1962), les 492 lettres et cartes échangées par Louis Massignon (1883-1962) et Jacques Maritain (1882-1973), Raïssa Maritain (1883-1960) y figurant plus passagèrement, apparaissent comme un des grands dialogues spirituels du xxe siècle. Un concert intérieur tendu et vibrant qui unit deux hommes apparemment dissemblables mais que soude l'essentielle vérité : celle de leur foi en Christ. En effet, si Maritain est l'homme de la clarté radieuse, d'explicitations calmes et rigoureuses, proche des milieux artistiques et cheville ouvrière d'un néo-thomisme où la raison rayonne, portée par la grâce, un défenseur d'Israël persécuté, Louis Massignon, professeur au Collège de France, initiateur de l'islamologie mystique par ses travaux sur Hallaj, incarne la passion doloriste et sacrificielle d'un catholicisme issu de Huysmans et de Charles de Foucauld, une âme encordée à la Croix du Golgotha, marquée par le message de Gandhi, dont la vocation fut la défense des plus pauvres, au premier rang desquels les victimes de l'ordre colonial et le peuple palestinien. Massignon-Maritain, fraternellement dissemblables, que des combats et des dévotions communes surent néanmoins rapprocher : un amour pèlerin pour Notre-Dame de la Salette, une vision tragique commune de l'histoire, imprégnée du millénarisme d'un Léon Bloy, qui trouva à s'exprimer lors des multiples conflits qui marquèrent leur siècle. Un jalon essentiel, catholique, humaniste et mystique, pour la compréhension du XXe siècle.
    Producteur à France-Culture (Mauvais Genres), collaborateur du Monde des livres, François Angelier, auteur de travaux sur François de Sales, Hello, Huysmans, Claudel, Massignon et Bernanos, travaille depuis vingt ans sur la figure, la pensée et l'action de Louis Massignon. Michel Fourcade enseigne l'histoire religieuse et culturelle contemporaine à l'Université Paul Valéry-Montpellier III. Il préside le Cercle d'études Jacques et Raïssa Maritain, après leur avoir consacré sa thèse (Feu la modernité ? Maritain et les maritainismes, Arbre bleu éditions, 2020) et de nombreux travaux.Secrétaire et archiviste du Cercle d'études Jacques et Raïssa Maritain jusqu'en 2014, René Mougel a été notamment l'artisan de la publication des oeuvres complètes de Jacques et Raïssa Maritain (17 vol.), et de leur correspondance avec le cardinal Journet (6 vol.)

  • Le destin a voulu qu'à partir d'un certain moment de ma vie, je sois devenu porteur de deux langues, chinoise et française. Était-ce tout à fait du au destin ? A moins qu'il y entrât tout de même une part de volonté délibérée ? Toujours est-il que j'ai tenté de relever le défi en assumant, à ma manière, les deux langues, jusqu'à en tirer les extrêmes conséquences. Deux langues complexes, que communément on qualifie de "grandes", chargées qu'elles sont d'histoire et de culture. Et surtout, deux langues de nature si différente qu'elles creusent entre elles le plus grand écart qu'on puisse imaginer. [...] Rien d'étonnant à ce que depuis lors, au coeur de mon aventure linguistique orientée vers l'amour pour une langue adoptée, trône un thème majeur : le dialogue... " F. C.".

  • Épreuveset espérances toujours vives, solitude tantôt recherchée, tantôt détestée,amour et compassion, souffle et urgence de la création : l'âme humaine - ses fragilitéset ses forces - est au coeur de l'oeuvre de Marie Noël. Choisis par ColetteNys-Mazure, les mots de la poète nous accompagnent chaque jour de l'année enune spiritualité rebelle et fulgurante. Ils éclairent notre chemin.
    Marie Noël a vécu une foi traverséede ténèbres et de lumière. Elle est connue par ses poèmes en forme de chansons(Les Chansons et les Heures) et son journal spirituel (Notes intimes).Poète, Colette Nys-Mazure, estaussi romancière, nouvelliste et essayiste (Célébrationdu quotidien).

  • « Elle a lu la quatrième de couverture, a frissonné d'étonnement. Ce récit ressemblait à s'y méprendre à un épisode de son existence. Elle a déposé l'ouvrage sur le comptoir et est allée ouvrir la porte de la librairie. À neuf heures, les clients sont encore rares et, dans la lumière du matin qui glissait sur la vitre, elle a commencé à lire ce texte inattendu. » Les événements de notre vie, même les plus obscurs, sont posés dans la main des anges. Quand les hasards se rencontrent, c'est la lumière qui les rassemble. Une jolie libraire retrouve un fait marquant de son passé dans un livre qui la conduit à tisser des liens et à s'interroger sur son présent. Ce roman délicat, qui rend hommage aux libraires et qui chante l'univers des livres, est une ode à la lumière, à la tendresse et à l'amour.

  • Entre le jour de Noël et l'Épiphanie, fête des Rois mages, s'étendent les Douze petits mois: douze jours différents des autres, douze nuits de clarté et de neige.De ce moment d'hiver, Marie Rouanet fait un temps privilégié, celui du dépouillement nécessaire.Renonçant chaque jour à un objet, de ceux qui tissent son univers quotidien, à un symbole, et même à certains souvenirs, elle apprend à s'alléger du poids des choses pour retrouver une sorte d'essentiel, à se séparer pour naître davantage.Marie Rouanet propose un véritable petit traité du dépouillement, une variation profonde et belle sur le thème du détachement.
    Écrivain, auteur de films et interprète de chansons en langue d'oc, Marie Rouanet a notamment publié La Marche lente des glaciers, L'Ordinaire de Dieu et Luxueuse austérité.

  • Christine Jordis est habitée par « une faim d'Asie ». Après avoir arpenté de nombreuses terres et cultures asiatiques, de la Birmanie à la Corée en passant par Bali, elle part découvrir le Japon au printemps 2018, un pays dont elle rêvait depuis longtemps. Elle décrit ici l'émerveillement de cette première fois autour de Kyoto, la découverte des jardins secs ou fleuris, des temples, des rues, d'une montagne...Comme guide d'ouverture, elle a choisi l'une des figures les plus vénérées du Japon, dont on ne sait presque rien en France : le moine Kukai (Kobo Daishi) 774-835, fondateur de l'école du bouddhisme Shingon. Sa vie est un roman : celui d'un homme de haute spiritualité, mais aussi d'un grand voyageur, d'un bâtisseur, d'un philosophe aux textes vibrants qui fut un ami de l'empereur.L'auteur suit Kukai à Koya-san, un site exceptionnel qui garde vivante la présence de son fondateur, puis nous fait pénétrer dans les temples du Daitoku-ji ou du To-ji.D'autres présences inspirent et accompagnent le voyage, Claudel, Barthes et Nicolas Bouvier, ou ce musicien qui entend le message de pierres...Un pas vers le moins, autrement dit : un pas pour mieux comprendre l'énigmatique Japon.
    De livre en livre, depuis Bali, Java, en rêvant jusqu'à Paysage d'hiver, en passant par sa biographie de Gandhi, Christine Jordis poursuit sa découverte de l'Asie. Un goût de l'aventure, intérieure aussi bien qu'extérieure, dont elle donne les raisons dans deux récits récents : Une vie pour l'impossible (2012) et Tu n'as pas de coeur... (2019).Sacha Jordis est illustrateur et critique musical. De nationalité autrichienne, il publie en Allemagne.

  • Saisissable ou insaisissable Marie Noël ? Telle est la question qui a partie liée avec l'énigmatique invitation de l'écrivaine : « Connais-moi. » Cet essai propose de rencontrer Marie Rouget dans sa simplicité, mais aussi dans sa complexité, avec ou sans le masque de son pseudonyme. Conçu comme un album, il met une photographie et un texte en miroir. Se reflètent alors les différentes facettes d'une femme de génie qui laisse affleurer ses pensées et ses sentiments secrets dans sa traversée mouvementée des temps modernes.
    Chrystelle Claude de Boissieu est professeure et docteure en Littératures comparées. Elle a édité en 2011 chez Desclée de Brouwer un livre inédit de Marie Noël, Almanach pour une jeune fille triste. Elle est par ailleurs membre de la Commission historique constituée dans le cadre de son procès en béatification, initié par l'archevêque de Sens.

  • Shakespeare est le plus grand poète de langue anglaise. Mais l'homme qui a créé cette oeuvre nous apparaît comme dans un Caravage : une série de taches lumineuses surgissant des ténèbres. Entre sa naissance à Stratford-sur-Avon, en 1564, et sa mort dans la même ville, en 1616, nous ne savons quasiment rien de sa vie.Eugène Green analyse ces rares éléments biographiques autour du contraste qui réunit, dans une même personnalité, un artiste incomparable et un entrepreneur ambitieux cherchant à assurer à sa famille confort et sécurité. Interrogeant les oeuvres, il montre comment Shakespeare se situe à la charnière de deux mondes : celui qui, dans les années 1590, était encore un reflet de la volonté divine, et celui qui, après 1600, bascula dans la modernité.Nous passons ainsi, d'une pièce à l'autre, du monde médiéval encore fondé sur une hiérarchie sacrée, au monde baroque tendu entre un univers scientifiquement observable et un Dieu caché. En ressort la figure énigmatique et fascinante d'un Shakespeare clandestin, créateur de formes théâtrales capables d'exprimer toute la complexité de l'univers baroque.
    Eugène Green est cinéaste, écrivain et dramaturge. Il a réalisé de nombreux films parmi lesquels : Le Pont des Arts (2004) ; La Religieuse portugaise (2009) ; La Sapienza (2014) ou Le Fils de Joseph (2016). Il a publié des romans : La Reconstruction (2008) ; La Bataille de Roncevaux (2009) ; La Communauté universelle (2011) ou L'Enfant de Prague (2017) ; et, chez Desclée de Brouwer, un recueil de contes : La Rue des canettes (2003) et deux essais : La Parole baroque (2001) et Présences : essai sur la nature du cinéma (2003).

  • Déambuler dans Rome et y découvrir des lieux méconnus, c'est à cette joie toujours renouvelée que nous convie ici Édith de la Héronnière.Familière de cette ville d'un inépuisable génie artistique, elle nous entraîne sur ses places, dans quelques-unes de ses neuf cents églises, dans ses jardins, dévoilant des tableaux, des musiques et des personnes hautes en couleur. Elle convoque le poète latin Martial aux épigrammes insolentes, Goethe, Stendhal, Berlioz, Zola, Fellini, qui ont aimé Rome chacun à sa manière, et tant d'autres, plus contemporains, dont les oeuvres et les destins souvent tragiques ont sacralisé la ville. Nous y croisons Pierre et Paul au moment de la naissance de l'Église, le facétieux Philippe Néri ou le philosophe Giordano Bruno, brûlé sur le Campo de' Fiori, lieu d'un marché coloré où les Romains d'aujourd'hui ont plaisir à se rencontrer.Avec fantaisie et gravité, Édith de la Héronnière nous entraîne, au fil des saisons, dans des incursions à la surface et dans les profondeurs de la Ville Éternelle dont les traces et les oeuvres s'impriment au fond des yeux de tous ceux qui ont eu un jour la chance de s'y rendre.
    Édith de la Héronnière est l'auteur d'essais, de biographies et de récits de voyages, parmi lesquels La Ballade des pèlerins, Du volcan au chaos, Vézelay, et récemment La Sagesse vient de l'ombre (Klincksieck) sur les jardins de Sicile.

  • En 1920, aux lendemains d'une guerre mondiale et de conflits intérieurs, Marie Noël effectue une cure de repos à Bellevue où elle rencontre une jeune fille qui souffre, elle aussi, de lassitude et de mélancolie. Elle compose à son intention un florilège de textes qu'elle collecte au gré de ses cueillettes livresques : citations d'auteur, exercices d'écriture, recettes de cuisine, remèdes de grand-mère, sentences de morale, scènes des Évangiles, chansons d'autrefois, poèmes d'aujourd'hui. Elle annote ainsi quatre carnets aux couleurs des saisons. L'écriture terminée, elle quitte sa compagne de convalescence sans lui remettre les feuillets manuscrits. Ceux-ci ne semblent pas lisibles en l'état. Ils sont donc corrigés à de multiples reprises, et ce jusqu'à la mort de la poétesse. Livre inédit qui respecte l'esprit de Marie Noël et la lettre des versions originales, cet Almanach pour une jeune fille triste propose, tout comme les Notes intimes un recueil de pensées écrites page après page pendant une année. Il invite à (re)découvrir le bonheur dans la simplicité du quotidien.

  • Les études sur Dante ont été grandement renouvelées par les chercheurs qui, en Amérique et dans le sillage de Charles Singleton, ont interprété La Divine Comédie. C'est à cette tradition qu'appartient John Freccero, dont le présent livre, rassemblant ses essais parus de 1959 à 1984, est vite devenu un classique.Disposées dans l'ordre du poème, du prologue de l'Enfer à la vision finale du Paradis, ces études sont centrées sur la notion de conversion. La transformation du pèlerin en poète ouvre sur une double perspective, humaine et divine, qui permet à Freccero d'éclaircir de nombreuses énigmes : pourquoi l'un des deux pieds du pèlerin est-il « plus ferme » que l'autre ? Qui sont les « anges neutres » ? Pourquoi Dante a-t-il peur de Méduse en enfer ? Comment donner à voir un paradis immatériel ?La réponse à ces questions nécessite de reconstruire l'univers intellectuel du poète, de Platon et Aristote à saint Thomas d'Aquin, en passant par saint Augustin ou saint Bonaventure. Freccero nous invite à un voyage dans les cosmologies allégoriques de l'Antiquité et du Moyen Âge, éclairant ainsi certains enjeux de la relecture du paganisme par le christianisme. Dans ce bouillonnement d'images et de métamorphoses, la poésie atteint un sommet.
    Traduction de Laurent Cantagrel / Préface d'Efraín Kristal
    John Freccero est un éminent spécialiste de Dante, Pétrarque et Machiavel. Professeur émérite à l'université de New York, il a enseigné à Yale, Stanford, Cornell et Johns Hopkins. Maintes fois distingué par la ville de Florence et la République italienne, il a également publié de nombreux articles sur le cinéma, la philosophie et la littérature.

  • Écrivain, journaliste, apologète, polémiste prolifique, Gilbert KeithChesterton (1874-1936) ne peut s'empêcher de croiser la plume avec sesadversaires : littérature, religion, philosophie, politique, ses articles fontfeu de tout bois, pour le plus grand plaisir du lecteur amusé, mais aussi stimulé,voire étourdi par ce prestidigitateur féru de paradoxes. Voilà, en substance, Le Puitset les Bas-fonds, compilant d'excellents essais chestertoniens des années1930.Chesterton y fournit également une nouvelle justification de soncatholicisme  il s'est converti en 1922 : « Je ne pourraisabandonner la foi sans tomber dans quelque chose de plus creux que la foi. Jene pourrais cesser d'être catholique, sauf à devenir quelque chose de plusétroit qu'un catholique... Nous avons quitté les bas-fonds et les lieuxdesséchés pour l'unique puits profond. La vérité est au fond. » Défense du christianisme, de la famille, de la propriété privée et du bonsens élémentaire, certes. Mais les essais rassemblés ici nous font découvrir enoutre un Chesterton préoccupé de la situation politique européenne, au point dedonner l'alarme devant le péril nazi qui allait bientôt incendier tout lecontinent : une vue prophétique dont seul les vrais sages sont capables. Cette traduction inédite comble un oubli de plus de quatre-vingt ans depuisla parution originale en 1935 de The Welland the Shallows. Traduction, présentation et notes par PatrickGofman et Wojciech Golonka

  • « À Port-Louis, quel temps fait-il ? C'est le printemps là-bas et il voudrait s'y rendre. Pour faire la paix avec ce fils. Pour tenter de recréer avec lui un lien malgré la présence de Maryline et d'Antoine dans leur vie. Malgré les phrases définitives... Il s'est retenu de pleurer, il n'a cueilli aucun mot pour lui rétorquer... Il a écouté claquer la porte et il s'est effondré. » Qui est ce « vieil enfant » - comme le nomme tendrement sa femme - qui, enfermé dans sa vie de papier, n'a pas su comprendre la détresse de son enfant, le faisant fuir à l'autre bout du monde ? Pourquoi la charmante belle-fille et le petit-fils qu'il vient de découvrir ont-ils été abandonnés par son fils ? Quel secret se cache derrière ce geste ? Suite de Jolie libraire dans la lumière, ce nouveau roman de Frank Andriat qui chante l'écriture, l'amour et l'espérance, nous offre une réflexion profonde sur la famille, la confiance et les nondits qui creusent parfois nos vies jusqu'au désespoir,

  • À l'âge de vingt ans, Jean-Sébastien Bach se rend à Lubeck pour écouter le plus grand compositeur allemand de son temps, le vieux Dietrich Buxtehude. Ce voyage, il le fait à pied : quatre cents kilomètres aller, et autant au retour. Un pèlerinage. Parti pour trente jours, il est resté absent quatre mois. Que s'est-il passé à Lubeck ? Aucun document ne nous l'apprend : le temps a fait son oeuvre d'oubli, la guerre a cruellement mutilé la ville en 1942, des archives ont été détruites. N'empêche : l'influence de Buxtehude est si grande sur le génie de Bach qu'il s'est forcément produit là quelque chose d'essentiel, la transmission d'un savoir et d'une sagesse. Restait à imaginer comment. C'est ce à quoi s'est plu Gilles Cantagrel, grand connaisseur des oeuvres des deux musiciens, des documents anciens et du contexte historique. Tout ce qu'il raconte ici a pu se passer, tout est logique et plausible, même si rien ne permet d'affirmer quoi que ce soit. Il en résulte un voyage sensible dans le passé, coloré et émouvant, onirique parfois, un récit d'apprentissage ou un roman initiatique, qui mériterait d'être vrai.

  • Tous les chemins mènent à la mer. Sur cette plage du Nord, un peintre a posé son chevalet. Il peint le ciel changeant, les silhouettes en vacances. Mais voici qu'un cheval fou fend l'espace et révèle à chacun sa part de rêve et de souffrance. Résidents ou locataires, qu'on ait cinq ou soixante-quinze ans, il arrive qu'on perde pied : on se pose les questions vitales et on cherche un écho près des autres. Le jeune homme en fauteuil roulant écoute l'adolescente en mal de père ; une famille nombreuse joue non loin d'une femme esseulée ; un couple savoure la joie de vieillir ensemble. Les solitudes sont avides d'attention, de tendresse et d'apaisement. Mais comment reprendre pied lorsque la vague trop forte a bousculé le fragile équilibre ? Dans ce roman, l'auteur de Célébration du quotidien poursuit son exploration des visages et des paysages, des choses de la vie, en quête de l'essentiel sous les apparences.

  • Réflexion sur le temps du vieillir.
    Mêlant gravité, humour et poésie, l'auteur évoque les moments de la vie quotidienne : l'escalier et le rapport à la marche, un séjour à l'hôpital, la relation à la faiblesse, les rapports avec les autres, enfants et petits-enfants, etc.

  • Né d'une idée du CER-SNCF du Nord Pas de Calais, ce coffret donne la parole à trois modes d'expressions par des femmes. Il comprend, outre les textes de l'écrivain belqe, un compact disc reprenant quatre chansons des Belles Lurettes (dont trois inédites) et un livret composé autour d'un choix de vingt photographies noir et blanc de Laurence Verrier.

  • Charles Coutel est professeur émérite à l'université d'Artois et directeur de l'IEFR (Institut d'études des faits religieux).

  • La droite française a bien changé. Depuis la Manif pour tous, la jeunesse conservatrice fait sa révolution : elle a l'individualisme et le libéralisme en horreur, affiche un catholicisme militant et n'est plus dégoûtée par le Rassemblement national, qui pour la première fois sait qu'il peut compter sur le soutien d'une part massive des jeunes de ce pays.Qu'est devenue la fringante droite littéraire qui sévissait il y a quinze ans ? Muray et Dantec sont morts, Houellebecq est maintenant consensuel, Nabe n'est plus audible... Le panthéon intellectuel de la jeunesse conservatrice d'aujourd'hui, bercée aux éditos de Zemmour et aux livres de Michéa, est d'un tout autre genre.Une droite « décomplexée » qui ne croit plus à la littérature est-elle toujours de droite ? Deux visions du monde s'opposent : l'une est idéologique, l'autre artistique. L'une joue sans fard le jeu de la politique, l'autre cherche à lui échapper. Reste à savoir laquelle des deux l'emportera.
    Alexandre de Vitry est né en 1985. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Lyon, il est l'auteur de deux essais : L'Invention de Philippe Muray (2011) et Conspirations d'un solitaire. L'individualisme civique de Charles Péguy (2015), ainsi que d'un récit : La Conquête de l'Alsace (2014).

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