Romans & Nouvelles

  • Elle me fait promettre que je ne la forcerai pas à quitter sa maison. Je la rassure et, pour la première fois, je lui mens. Je l'embrasse tendrement et referme doucement la porte. Ça y est : le cancer s'apprête à nous emmener sur sa route et je n'ai pas d'autre choix que de l'y accompagner". C'est l'histoire d'une femme. Elle a soixante-dix-neuf ans. Elle est italienne. Immigrée. Témoin de Jehovah. On lui annonce un cancer des os. Durant une année, sa petite-fille va l'accompagner dans la maladie. Par des ponts lancés entre passé et présent, elle va tenter de comprendre le destin tragique de cette grand-mère discrète et courageuse qui payera de sa vie le poids de bien trop de non-dits.".

  • « Elle a lu la quatrième de couverture, a frissonné d'étonnement. Ce récit ressemblait à s'y méprendre à un épisode de son existence. Elle a déposé l'ouvrage sur le comptoir et est allée ouvrir la porte de la librairie. À neuf heures, les clients sont encore rares et, dans la lumière du matin qui glissait sur la vitre, elle a commencé à lire ce texte inattendu. » Les événements de notre vie, même les plus obscurs, sont posés dans la main des anges. Quand les hasards se rencontrent, c'est la lumière qui les rassemble. Une jolie libraire retrouve un fait marquant de son passé dans un livre qui la conduit à tisser des liens et à s'interroger sur son présent. Ce roman délicat, qui rend hommage aux libraires et qui chante l'univers des livres, est une ode à la lumière, à la tendresse et à l'amour.

  • Écrivain, journaliste, apologète, polémiste prolifique, Gilbert KeithChesterton (1874-1936) ne peut s'empêcher de croiser la plume avec sesadversaires : littérature, religion, philosophie, politique, ses articles fontfeu de tout bois, pour le plus grand plaisir du lecteur amusé, mais aussi stimulé,voire étourdi par ce prestidigitateur féru de paradoxes. Voilà, en substance, Le Puitset les Bas-fonds, compilant d'excellents essais chestertoniens des années1930.Chesterton y fournit également une nouvelle justification de soncatholicisme  il s'est converti en 1922 : « Je ne pourraisabandonner la foi sans tomber dans quelque chose de plus creux que la foi. Jene pourrais cesser d'être catholique, sauf à devenir quelque chose de plusétroit qu'un catholique... Nous avons quitté les bas-fonds et les lieuxdesséchés pour l'unique puits profond. La vérité est au fond. » Défense du christianisme, de la famille, de la propriété privée et du bonsens élémentaire, certes. Mais les essais rassemblés ici nous font découvrir enoutre un Chesterton préoccupé de la situation politique européenne, au point dedonner l'alarme devant le péril nazi qui allait bientôt incendier tout lecontinent : une vue prophétique dont seul les vrais sages sont capables. Cette traduction inédite comble un oubli de plus de quatre-vingt ans depuisla parution originale en 1935 de The Welland the Shallows. Traduction, présentation et notes par PatrickGofman et Wojciech Golonka

  • Né d'une idée du CER-SNCF du Nord Pas de Calais, ce coffret donne la parole à trois modes d'expressions par des femmes. Il comprend, outre les textes de l'écrivain belqe, un compact disc reprenant quatre chansons des Belles Lurettes (dont trois inédites) et un livret composé autour d'un choix de vingt photographies noir et blanc de Laurence Verrier.

  • Tous les chemins mènent à la mer. Sur cette plage du Nord, un peintre a posé son chevalet. Il peint le ciel changeant, les silhouettes en vacances. Mais voici qu'un cheval fou fend l'espace et révèle à chacun sa part de rêve et de souffrance. Résidents ou locataires, qu'on ait cinq ou soixante-quinze ans, il arrive qu'on perde pied : on se pose les questions vitales et on cherche un écho près des autres. Le jeune homme en fauteuil roulant écoute l'adolescente en mal de père ; une famille nombreuse joue non loin d'une femme esseulée ; un couple savoure la joie de vieillir ensemble. Les solitudes sont avides d'attention, de tendresse et d'apaisement. Mais comment reprendre pied lorsque la vague trop forte a bousculé le fragile équilibre ? Dans ce roman, l'auteur de Célébration du quotidien poursuit son exploration des visages et des paysages, des choses de la vie, en quête de l'essentiel sous les apparences.

  • Des femmes, des hommes rêvent, se croisent, courent sous l'averse. Quel que soit leur âge, ils éprouvent doutes et désirs, peurs et plaisir. Ils tentent de vivre au plus près d'eux-mêmes. L'enfance n'est jamais loin de la mémoire. Les obstacles et les revers du quotidien les bousculent parfois gravement, mais ils traversent, vont de l'avant. Sur le quai d'une gare, dans une chambre de malade, crié ou chuchoté, s'élève l'appel à la rencontre vraie. Pour Victor Hugo, la forme, c'est le fond qui remonte à la surface. Sous le travail de l'écriture, aussi précise qu'une broderie, se dévoile la quête de l'amour sans mesure auquel nous aspirons tous.

  • « À Port-Louis, quel temps fait-il ? C'est le printemps là-bas et il voudrait s'y rendre. Pour faire la paix avec ce fils. Pour tenter de recréer avec lui un lien malgré la présence de Maryline et d'Antoine dans leur vie. Malgré les phrases définitives... Il s'est retenu de pleurer, il n'a cueilli aucun mot pour lui rétorquer... Il a écouté claquer la porte et il s'est effondré. » Qui est ce « vieil enfant » - comme le nomme tendrement sa femme - qui, enfermé dans sa vie de papier, n'a pas su comprendre la détresse de son enfant, le faisant fuir à l'autre bout du monde ? Pourquoi la charmante belle-fille et le petit-fils qu'il vient de découvrir ont-ils été abandonnés par son fils ? Quel secret se cache derrière ce geste ? Suite de Jolie libraire dans la lumière, ce nouveau roman de Frank Andriat qui chante l'écriture, l'amour et l'espérance, nous offre une réflexion profonde sur la famille, la confiance et les nondits qui creusent parfois nos vies jusqu'au désespoir,

  • Connu pour être un des grands polémistes du XVIIIe siècle et héritier du libertinage érudit, le marquis Boyer d'Argens (1704-1771) l'est moins en revanche pour ses Lettres chinoises. À l'époque, les Lettres persanes de Montesquieu ont imposé un procédé littéraire cher aux philosophes des Lumières, qui consiste, selon Roger Caillois, à se feindre étranger à la société où l'on vit " pour mieux la critiquer. Montesquieu conte ainsi les surprises de deux Persans visitant l'Europe, spécialement la France. Ici, l'on présente un choix des Lettres chinoises du marquis d'Argens, analogues par plus d'un trait à cette démarche. Avec une différence notable cependant, à savoir que l'auteur met en valeur la civilisation même de ses voyageurs, Chinois, en s'appuyant sur l'information diffusée en Europe par les jésuites alors établis en Chine. On ne peut donc manquer de se demander : quelle est la Chine des Lettres chinoises ? Et quelle est l'authenticité de cette Chine ? Cette ouverture à une autre culture mérite en tous cas le détour.".

  • Dans un style vif et poétique, Anne Liu raconte les derniers mois passés auprès de son époux, de l'annonce de la maladie aux premières brillances de la solitude, soutenue par ses enfants. Comment vivre ? Comment survivre ? Une succession de courtes lettres à l'en allé témoignent d'un amour vivifié par l'approche de la séparation. Un accompagnement au plus près dans la foi et l'espérance qui nous arrachent à la douleur, nous aident à aller au plus loin de nous-mêmes, pour vivre maintenant. Ce court témoignage a la puissance des grandes oeuvres littéraires lorsque, d'une écriture ciselée, elles mettent des mots sur l'indicible.

  • Qui se cache sous la silhouette de ce prince", rencontré au détour d'un parc ? Un simple passant, un inconnu, un homme comme un autre et pourtant rayonnant d'une lumière unique? Emmanuel Godo marche sur ses traces d'une écriture haletante. Ainsi que l'écrit le poète Jean-Pierre Lemaire en ouverture, ce "prince" n'est pas sans faire penser à "celui de Dostoïevski, le prince Mychkine", mais la silhouette de celui-ci " est encore plus mystérieuse, plus proche de la frontière de ce royaume qui est notre vie même si nous savions la vivre comme il faut". A sa manière, ce livre nous introduit dans cette "poésie de charité" évoquée par Baudelaire. Et donne une chair et une figuration littéraire à l'autre, notre semblable, si mystérieux et si proche.".

  • On dit que ça ne lui plaisait pas tant que ça de faire des miracles. Souvent il fallait le prier et il s'exécutait de mauvaise grâce. Mais attendu qu'il commença vers trente ans et qu'il mourut à trente-trois, il tint une bonne moyenne d'un miracle par mois. " C'est sur ce ton de malice, entre ironie et poésie, que Tanguy Viel réécrit la biographie du plus célèbre des hommes. Retraçant les étapes canoniques de la vie de Jésus, à la fois documenté et romanesque, ce récit " flaubertien " doit autant aux évangiles qu'au péplum hollywoodien. On peut se demander, avec Bruno Bouvet (La Croix), " par quel miracle, précisément, le jeune écrivain, renommé pour des romans qui n'ont rien de spécifiquement chrétien et encore moins d'authentiquement pieux, réussit-il à s'approprier le plus universel des récits littéraires ? "".

  • " C'est au regard qu'on porte sur ce qui nous entoure qu'on peut se reconnaître capable d'aimer. Le vide que je voyais dans le monde n'était qu'en moi. Le jugement que je portais sur les autres aussi. " À quarante ans, Julien ne sait plus où il en est. Proche du chaos, vide de lui-même. Désoeuvré, il va s'asseoir sur un banc du pont des Arts, en face de l'île de la Cité. Il se laisse glisser dans son absence jusqu'au moment où, soudain, il se sent rencontré. Un roman qui dit, avec une grande sobriété, que c'est souvent au plus bas de nous-mêmes que nous devenons capables de recevoir l'espoir et la lumière.

  • Si nous voulons comprendre l'évolution du monde contemporain sur la question de Dieu, il nous faut chercher en nous-mêmes les éléments de réponse en nous posant aussi la question de manière singulière. Laisser surgir nos interrogations en les confrontant non pas à ce que nous avons appris, mais à notre expérience. Et même plus radicalement ne pas vouloir répondre à la question " Qui est Dieu ? ", mais nous mettre en cause dans la formulation de la question " Qui suis-je devant Dieu ? "Nous serons ainsi conduits à ne jamais séparer la question de Dieu de l'homme qui se pose la question. Aussi le champ d'investigation est-il immense et pourtant limité par la relativité de la condition humaine. En définitive en posant la question de Dieu, c'est la question de l'homme que nous explorons. Cette démarche représente une révolution dans l'univers des religions. Celles-ci partent toujours de Dieu pour définir l'homme. Le renversement est de partir de l'homme pour explorer l'émergence de l'homme vers le divin.

  • " On voudrait toujours savoir ce qui est derrière la mort... Moi je crois que je ne peux pas connaître ma mort autrement que par amour... La mort et l'amour, ça se ressemble. Pour moi, la mort c'est une main qui s'ouvre et il s'en échappe d'incroyables volières... Ce n'est pas moi qu'on enterre, ce sont seulement mes souvenirs, moi je serai ailleurs là-bas, tout au fond du jardin. " A travers l'histoire de Germaine et de sa révolte, Jean Debruynne propose un autre regard sur la vieillesse, au rebours d'une société qui la rejette. Et si, pour une fois, les personnes âgées prenaient la parole ?

  • A l'occasion du 25e anniversaire de mort de dom Norbert Calmels (1908-1985), de l'abbaye de Saint-Michel de Frigolet, ce volume rassemble la correspondance échangée par ce religieux qui fut général de l'Ordre des Prémontrés avec l'écrivain Marcel Pagnol (1895-1974). Si ce dernier est l'auteur et l'homme de cinéma bien connu, dom Calmels est aussi une belle figure de religieux, qui s'illustra pendant la résistance, dans les relations avec l'Islam et auprès du pape Jean-Paul II. De 1954 à 1974, le moine et l'écrivain échangent une soixantaine de lettres qui traduisent une attention réciproque et une véritable amitié. Si les deux personnages se retrouvent dans un même enracinement dans la Provence (dom Calmels écrira d'ailleurs sur Mistral et Mireille), ils échangent dans cette correspondance sur des points d'histoire (dont la question controversée du Masque de fer) et également sur des questions plus spirituelles.

  • À l'âge de vingt ans, Jean-Sébastien Bach se rend à Lubeck pour écouter le plus grand compositeur allemand de son temps, le vieux Dietrich Buxtehude. Ce voyage, il le fait à pied : quatre cents kilomètres aller, et autant au retour. Un pèlerinage. Parti pour trente jours, il est resté absent quatre mois. Que s'est-il passé à Lubeck ? Aucun document ne nous l'apprend : le temps a fait son oeuvre d'oubli, la guerre a cruellement mutilé la ville en 1942, des archives ont été détruites. N'empêche : l'influence de Buxtehude est si grande sur le génie de Bach qu'il s'est forcément produit là quelque chose d'essentiel, la transmission d'un savoir et d'une sagesse. Restait à imaginer comment. C'est ce à quoi s'est plu Gilles Cantagrel, grand connaisseur des oeuvres des deux musiciens, des documents anciens et du contexte historique. Tout ce qu'il raconte ici a pu se passer, tout est logique et plausible, même si rien ne permet d'affirmer quoi que ce soit. Il en résulte un voyage sensible dans le passé, coloré et émouvant, onirique parfois, un récit d'apprentissage ou un roman initiatique, qui mériterait d'être vrai.

  • Dans la parabole biblique du bon Samaritain, un voyageur prend en charge un blessé trouvé sur la route et l'apporte à un aubergiste pour qu'il soit soigné...Ainsi, Jésus, le Seigneur Samaritain, a confié l'humanité malade à l'Auberge Église et s'en est allé, laissant quelques petits moyens pour soigner le blessé et promettant de revenir.Or il se fait attendre. Et le blessé n'est pas toujours commode à soigner ; les choses changent ; l'auberge connaît des hauts et des bas, se transforme et suit tant bien que mal les évolutions du monde dont elle fait partie... Jusqu'à quand ?Subtilement, derrière les aventures de cette auberge, racontées tout au long des lettres que l'aubergiste envoie au Seigneur Samaritain, on peut lire quelques traits de l'histoire de l'Église (le temps des débuts, le temps des martyrs, le temps du triomphe, le temps des révolutions et des effacements...).Mais chacune de ces lettres parle surtout d'une relation profonde issue d'une rencontre improbable entre un Dieu-voyageur et un aubergiste un peu perdu...Une réflexion poétique sur l'Église et son histoire. Guy Luisier, prêtre, chanoine de l'abbaye de Saint-Maurice, a déjà publié Les carnets du Fils prodigue dans la collection «Littérature ouverte» de Desclée de Brouwer.

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