Editions Rue d'Ulm

  • Écrit directement en français il y a exactement un siècle, en 1921, à l'occasion du sixième centenaire de la mort de Dante, De Francesca à Béatrice est le premier essai original de V. Ocampo. Très tôt, le texte de Dante est devenu pour elle le lieu d'une méditation personnelle, comme chez T. S. Eliot ou O. Mandelstam. Mais quand Eliot formule, à travers le Florentin, sa conception personnelle de la poésie, quand Mandelstam se penche avec lui sur la douleur de l'exil, Ocampo revient, avec Francesca, avec Béatrice, et guidée par Dante, à la méditation de « l'amour incorruptible, impérissable, qui émeut encore le monde ».
    Publié en 1924 dans une traduction espagnole présentée par J. Ortega y Gasset, le texte ne parut dans sa « version française » originale qu'en 1926 (Paris, Bossard) : la présente édition le restitue pour la première fois aux lecteurs français.

  • Traduit une première fois en 1953, ce roman faulknérien servi par une écriture splendide devait être réédité. Il égale, à plus d'un titre, les plus belles réussites de la littérature sudiste contemporaine, et c'était celui de ses six romans que Shelby Foote préférait.
    Ampleur de la période historique embrassée, de la fin de la guerre de Sécession à la Seconde Guerre mondiale, ingéniosité de l'intrigue, personnages inoubliables, subtilité de l'analyse psychologique, richesse des thématiques abor­dées, exigence non dénuée d'humanité, portée par un humour parfois désespérant - L'Amour en saison sèche démontre de manière exemplaire ce que peut être une fidélité vraiment créatrice.
    L'oeuvre nous transporte dans ce Sud qui a toujours fasciné les lecteurs français à travers ses plus brillants représentants : Edgar Poe, Eudora Welty, Flannery O'Connor, Truman Capote, Erskine Caldwell, William Styron...
    Une redécouverte.
    Du même auteur sont disponibles en français : Shiloh (Rivages, 2019), Tourbillon (Imaginaire Gallimard, 2006), L'Enfant de la fièvre (nouvelles, Imaginaire Gallimard, 1986), Septembre en noir et blanc (10/18, 1984).

  • Ce texte est né d'une idée originale de De Amicis : faire des tramways à chevaux de Turin à la fin du XIXe siècle un sujet d'écriture romanesque. Pendant les douze mois de l'année 1896 (une année marquée par la funeste guerre d'Afrique entre l'Italie et l'Éthiopie), ces « carrosses pour tous » qui sont un lieu de rencontre des différentes classes sociales, serviront à l'écrivain d'observatoire privilégié. Dans ce roman « expérimental » - qui pourrait aussi être défini comme un singulier récit de voyage et un livre-enquête -, les personnages sont les passagers, dont certains, au gré de leurs apparitions répétées, vont composer une véritable galerie : leurs personnalités, révélées par le regard pénétrant du narrateur, forment un roman choral où les trajectoires des uns et des autres se trouvent reliées au sein d'une structure unitaire. La simplicité de l'invention est compensée par la précision avec laquelle est décrite la société d'une grande ville italienne, fière des gloires du Risorgimento mais vivant à l'enseigne d'une activité intense et de la culture de masse naissante. La « question sociale » joue un rôle fondamental et constitue l'un des filtres du jugement de De Amicis, qui venait d'adhérer au parti socialiste ; sa vision du socialisme ici n'est pas celle de la lutte des classes, mais plutôt d'une collaboration apaisée.
    Le texte est inédit en français.

  • Le Goethe-und-Schiller-Archiv de Weimar conserve un document fascinant : les « Instructions pour la réalisation d'une carte générale des langues » adressées par W. von Humboldt à Goethe le 15 novembre 1812. Elles devaient fournir à ce dernier les indications nécessaires à l'établissement d'une carte des langues d'Europe qu'il avait appelée de ses voeux à la suite d'un séjour commun à Carlsbad en juin 1812. Bien que Goethe se soit attelé à la tâche, jusqu'à faire monter sur des planches à dessin des fonds de carte d'Europe afin de les colorer, rien ne prouve que la carte ait été effectivement produite. Seul subsiste aujourd'hui ce document. Encore inédit en Allemagne, il est reproduit en fac-similé et traduit ici pour la première fois.
    Témoin d'un projet plus vaste de cartographie des langues du monde, le texte ouvre une fenêtre sur un moment particulier de l'histoire, et de la rencontre, des études linguistiques et de la cartographie. Outre la carte elle-même, réalisée aujourd'hui, nous proposons au lecteur des voies d'approche pour mieux comprendre ce projet dans son contexte scientifique et littéraire, en retraçant ses étapes successives, en explorant le rapport entre langues et géographie chez Humboldt, en le replaçant dans le contexte de l'histoire de la cartographie et en éclairant le rôle des représentations spatiales et des cartes dans l'oeuvre de Goethe.
    Édition de David BLANKENSTEIN, Julien CAVERO, Mandana COVINDASSAMY et Sandrine MAUFROY.

  • Comme l'indique son sous-titre, Le Soi et son cerveau plaide la cause de l'interactionnisme. Ce n'est pas le premier texte consacré par Popper à ce que les philosophes de langue anglaise appellent le « body-mind problem ». Non plus que son premier texte soutenant que la solution correcte à ce problème est l'interaction des états mentaux et des états physiques. Ce n'est pas non plus la première fois que Popper précise sa théorie en affirmant que cette interaction ne concerne pas seulement le monde des états mentaux et celui des états physiques, mais aussi un troisième monde ou « Monde 3 ». C'est en revanche la première fois qu'il met au centre de son interactionnisme une théorie du self, du « soi », de son existence, de son unité, de son identité, de sa continuité. C'est la grande nouveauté de ce livre, inédit en français.

  • Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s'épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l'usage de la langue vernaculaire et s'en prend au moralisme confucéen. Certaines d'entre elles, comme «Le Journal d'un fou», publiée dans Nouvelle jeunesse en 1918, ou «L'édifiante histoire d'A-Q», sont devenues canoniques. D'autres, comme «Terre natale» ou «L'opéra de village ,», représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du bas-Yangtse dans laquelle a grandi Lu Xun. Errances, publié en 1926, contient onze nouvelles évoquant, sur un ton souvent mélancolique, l'errance des intellectuels chinois des années 1920.
    Anciens lettrés devenus petits fonctionnaires, ils semblent piégés entre leurs souvenirs d'un passé rural familier mais cruel et la modernité incertaine ou trompeuse des grandes villes occidentalisées, où ils peinent à trouver une place.
    Mauvaises herbes, recueil de vingt-trois poèmes en prose, dont la forme rompt avec la plupart des pratiques poétiques antérieures, rassemble des méditations, oniriques ou nostalgiques, sur le passage du temps et les efforts humains pour changer l'histoire.

  • La position de l'Allemagne impériale soucie Georg Simmel : où doit-elle se situer vis-à-vis de la catastrophe survenant dans la vieille Europe disloquée, et à l'heure de son « américanisation » ? Dans les textes de ce recueil réunis pour la première fois, Simmel s'exprime moins en universitaire qu'en penseur du lien social, à qui les formes et l'intensité de la guerre en cours imposent une difficile épreuve de vérité. Épreuve personnelle aussi, car la Grande Guerre oppose les philosophes de la même école de pensée - comme on le voit en lisant les pages de Simmel en regard des adresses de Bergson à ses collègues académiciens (rééditées aux PUF en 1972 par A. Robinet dans les Mélanges), puis à l'opinion américaine, lors de ses deux voyages aux États-Unis, en 1917.

  • Le Discours sur notre langue (1524) est la seule incursion de Machiavel dans la linguistique et l'une de ses oeuvres les plus personnelles. Véritable plaidoyer patriotique en faveur des droits du parler florentin, il affirme que la littérature italienne naît à Florence avec Dante, Pétrarque et Boccace, dont tous les autres écrivains d'Italie ont dû apprendre la langue, tant leur propre parler était inapte à la littérature. Le Discours constitue ainsi l'acte de naissance de la « question de la langue », qui mobilisera ensuite pendant des années de nombreux lettrés italiens. Il vaut notamment par le dialogue central entre Dante ressuscité et Machiavel, qui convoque l'auteur de La Divine Comédie en personne pour le soumettre à un interrogatoire serré sur ses choix linguistiques et stylistiques - et le désavouer.
    Edition bilingue et nouvelle traduction

  • Des écrits de Bramante ne sont parvenus jusqu'à nous qu'un fragment de traité sur l'architecture, une brève missive et les vingt-cinq sonnets réunis ici, jamais traduits en français. Deux grandes thématiques se dégagent : la souffrance d'amour, traitée sur le mode pétrarquisant, et les demandes de soutien financier que le poète adresse à son mécène et ami, Gaspare Visconti.
    Ces sonnets illustrent la richesse et la finesse du style de Bramante, certainement plus accompli que celui de Léonard, et témoignent de son goût du burlesque. Ils sont aussi un document précieux sur ce qu'on peut appeler la forma mentis, la « mentalité » d'un homme de la Renaissance.
    La traduction française s'efforce de rendre justice à la forme canonique de ces sonnets, en optant pour un vers régulier et rimé, et en proposant parfois des variantes métriques.
    Inédit en français, texte bilingue

  • De l'âme du monde (1798) représente un moment clef dans la formation de la philosophie schellingienne, et plus généralement de l'idéalisme allemand. Schelling y précise sa philosophie de la nature, en s'appuyant sur une analyse

  • En 1878, Edmondo De Amicis séjourne à Paris et envoie à son journal en Italie une série d'articles sur la capitale française et sur l'Exposition universelle, prétexte initial de son voyage. Emblématiques du travail de reportage de l'écrivain, les Souvenirs de Paris documentent remarquablement la fascination exercée par la ville sur les visiteurs italiens. Jouant avec les lieux communs, l'auteur rend hommage à la culture française, s'interroge sur le rôle international de la France au lendemain de Sedan et de la Commune, s'amuse des vices et des travers des Parisiens plus qu'il ne les condamne, se met en scène en touriste étourdi par tant de merveilles et de tentations.
    Avec le compte rendu foisonnant de la visite de l'Exposition, c'est au coeur des lumières et du brouhaha de la ville, déesse de la modernité et des plaisirs, que nous plonge ce texte malicieux et virevoltant.

  • Texte fondateur du féminisme américain, cet essai de 1843 est exemplaire du rejet transcendantaliste de toutes les formes d´oppression (notamment celle des noirs), de tradition, de convention, d´institution (telle que le mariage) et de

  • En 1934, Gertrude Stein retourne aux États-Unis, son pays natal, après plus de trente ans d'exil, pour y donner une série de conférences. L'écrivain a alors soixante ans. Établie à Paris, elle y est connue pour sa collection d'art, son amitié avec Picasso, sa poésie réputée difficile. Elle est aussi nouvellement célébrée pour L'Autobiographie d'Alice Toklas, publiée en 1933, qui lui apporte une attention dont elle était jusque-là relativement frustrée. La tournée américaine durera huit mois et connaîtra un important succès ; Stein y expose ses idées sur la littérature en général et sur la sienne en particulier. À l'invitation de Thornton Wilder, universitaire et romancier, elle intervient à l'Université de Chicago pour quatre conférences qui sont publiées aux États-Unis dès 1935 sous le titre Narration, et sont traduites pour la première fois en français dans ce volume. Stein tente d'y définir ce qui constitue la spécificité de la littérature américaine, la ligne de séparation entre poésie et prose, les conditions de possibilité du récit. Elle ne propose cependant pas une théorie des genres ; la langue des conférences contourne l'explication académique, provoque plutôt la pensée par sa poésie propre.

  • Des rivages de Manhattan aux côtes de Long Island, la rumeur va bon train : et si la région regorgeait de trésors ? Enfouis par le capitaine Kidd et ses pirates à la fin du XVIIe siècle, ils attendent leur inventeur, avec le diable en embuscade. Quatrième et dernière partie des Contes d´un voyageur (1824), « Les déterreurs de trésors » met en scène, au fil de cinq récits enchâssés, les aventures burlesques de personnages en quête d´improbables richesses. Loin des pieuses légendes sur les ancêtres puritains, ce contre-récit des origines de New York nous fait remonter à la protohistoire du capitalisme en Amérique.
    Édition de Thomas Constantinesco et Bruno Monfort

  • Premier roman psychologique italien, Fidélité (1840) parut la même année que l'édition définitive du principam roman du XIXe siècle en Italie, Les Fiancés, d'Alessandro Manzoni, qui depuis sa première publication en 1827 s'imposait comme le seul modèle romanesque.
    Pour le public français, la lecture de Fidélité offre l'occasion de découvrir le regard, souvent impitoyable, d'un écrivain italien sur la France de la monarchie de Juillet, car l'essentiel de l'action se déroule à Paris, Marseille, Lyon, mais aussi Nantes, Quimper et Bastia. Des moeurs à l'architecture, de la gastronomie à la vie politique, des paysages au "génie de la nation", la France toute entière est passée au crible du jugement féroce de Tommaseo. Par-delà cet intérêt historique, le lecteur trouvera dans Fidélité un récit qui explore des solutions narratives et une histoire d'amour poignante où la sensualité et la passion finissent par innerver toute l'écriture. "Moitié jeudi gras, moitié Vendredi saint", disait Manzoni de ce roman...

  • Les trois essais qui composent ce recueil, L'actualité de la philosophie, L'idée d'histoire de la nature et les Thèses sur le langage du philosophe, datent du début des années trente. Contemporains du premier grand livre d'Adorno, la thèse sur Kierkegaard, ils constituent le point de départ de toute cette philosophie. Témoignage essentiel sur la situation de la philosophie en Allemagne à la veille du nazisme, ces textes montrent Adorno aux prises avec Husserl, Heidegger, Lukács et Benjamin, à un moment crucial où la philosophie, minée par la crise de l'idéalisme, se voit confrontée à la menace de sa propre liquidation par les progrès des sciences. Le contre-programme que formule Adorno, qui repose sur une nouvelle pensée de l'histoire et une méthode d'interprétation de la réalité profondément originale, déterminera tous ses travaux ultérieurs et constituera le cadre de référence de toute théorie critique à venir. Outre sa valeur de document, le présent ouvrage contribue à une réflexion critique exigeante sur la société contemporaine et la place du philosophe.Theodor W. Adorno (1903-1969) fut, avec W. Benjamin, Horkheimer et Marcuse, l'un des représentants les plus marquants de l'« école de Francfort ». L'originalité de sa conception de la « théorie critique » de la société tient à la place essentielle qu'y occupe l'art, et en particulier la musique. Lecteur critique de toute la tradition philosophique, Adorno fut également le témoin des horreurs qui ont ensanglanté le XXe siècle. Sa « dialectique négative » lui permit de déployer une critique radicale de l'époque, sans pour autant opposer au désastre présent la nostalgie d'un âge d'or irrémédiablement perdu ou le fantasme illusoire de lendemains qui chantent.

  • Parue en 1965 pour faire pièce à la réaffirmation d´un Japon en marche à l´approche du centenaire de Meiji, l´Histoire spirituelle du désespoir est une réécriture libre du parcours du Japon contemporain, de la fin du XIXe siècle jusqu´à la catastrophe de 1945, à équidistance entre l´essai historique, les mémoires personnels et l´anthologie poétique. Pour étayer son postulat d´un désespoir nippon conditionné par la géographie et l´histoire, Kaneko tire de ses souvenirs une série de personnages rencontrés à différentes étapes de sa vie, dont le dénominateur commun est la propension à l´échec. Les convictions libertaires et nihilistes de l´auteur, son existence aventureuse, au Japon, mais aussi en Europe, en Chine ou dans l´espace malais, écartent cette fresque expressionniste des sentiers battus. De la bohème de Tôkyô aux trafiquants de Singapour et aux artistes ratés de Paris, c´est là le portrait d´une société nippone méconnue, disparue dans l´absurde du totalitarisme et de la guerre.

  • Récit de voyage écrit sous forme de journal par Dorothy Wordsworth, les Souvenirs d'un voyage en Écosse, en l'an 1803 offrent une image vivante de ce pays au moment où il commençait à s'ouvrir aux « étrangers », aux touristes anglais notamment.
    Découverte de nouveaux paysages, confrontation avec l'altérité, le périple de 1803 stimula également la créativité de William Wordsworth. Les poèmes qu'il composa alors se trouvent enchâssés dans le texte de Dorothy ; ils s'en détachèrent bientôt pour former le noyau du recueil publié par la suite : En mémoire d'un voyage en Écosse, 1803.
    En réunissant les textes de Dorothy et de William Wordsworth, on a souhaité donner au lecteur la possibilité de confronter deux évocations, interdépendantes certes, mais possédant chacune sa propre tonalité.

  • Chaconne est un texte virtuose, composé, comme une oeuvre musicale, de « concertos pour phrase », d'une chaconne et d'une coda. L'auteur se plaît à perdre son lecteur dans les extases de la langue, là où le Verbe devient musique et la musique érotisme. Tout se passe durant un concert donné par un violoniste de renom : on retrouve, au fil du récit et au fil de leurs pensées, un professeur de violon que sa femme a quitté, un jeune violoniste qui a raté un concours à Vienne, le gardien de la salle de concert et surtout, figure centrale, Virginia, concertiste et professeur de violon, qui, à Vienne, a vécu de tout son corps un échange troublant, où extase esthétique et extase érotique se sont fondues. Édition de Marie VRINAT-NIKOLOV

  • Sources scripturaires canoniques et apocryphes, dévotion populaire médiévale et littérature antique s'y trouvent mêlées. Le recueil connut immédiatement le succès, au point d'être traduit en français par Jean de Vauzelles dès 1539 à la demande de la dévote Marguerite de Navarre, avant de tomber dans l'oubli à la fin du siècle.
    Ces Trois livres apportent un témoignage irremplaçable sur le sentiment religieux et le traitement des oeuvres d'art pendant la première moitié du XVIe siècle, associant de façon plaisante et efficace le texte et l'image au service d'une Bible revêtue d'habits neufs, et cela bien avant la Contre-Réforme. Les rapprochements suggérés dans cette édition avec l'iconographie contemporaine de l'Arétin permettront de juger de la pertinence d'un projet aussi étonnant.
    />

  • Publié pour la première fois à Paris en 1785, cet ouvrage constitue une encyclopédie des États-Unis d'Amérique au lendemain de la guerre d'Indépendance, écrite par un témoin et acteur majeur de l'histoire de la jeune nation. Animé par l'esprit scientifique des Lumières autant que par la passion politique, Jefferson dresse le portrait d'une Virginie conçue à l'image du pays tout entier. Mêlant fierté patriotique et vigilance citoyenne, il entendait non seulement légitimer l'indépendance du nouvel État mais conforter son expérience démocratique.
    Traduit une première fois en français en 1786 dans une version qui suscita la colère de Jefferson, version devenue rapidement indisponible et jamais rééditée depuis, ce texte fondamental de Jefferson bénéficie d'une traduction entièrement nouvelle et conduite avec toute la rigueur requise, ainsi que d'une étude détaillée qui donnera enfin au public français accès au contexte historique et à la pensée de l'une des plus grandes figures de l'histoire intellectuelle et politique des États-Unis.

  • Écrits par des auteurs de renom, les textes ici réunis, très représentatifs de l'évolution du genre littéraire de la nouvelle en Grèce, ont fait l'objet d'une réception biaisée par les interdits idéologiques ou culturels qui traversent l'histoire contemporaine de ce pays. Méconnus en Grèce même, presque tous traduits pour la première fois en français, ils sont révélateurs des crises politiques, éthiques et esthétiques qui, de manière récurrente, frappent la définition de l'identité grecque au sein de la construction européenne.
    Avec un inédit de Georges Séféris, prix Nobel de littérature 1963
    Nouvelles de : Dimitrios BIKÉLAS, Alexandros PAPADIAMANDIS, Constantin P. CAVAFY, Constantin THÉTOKIS, Haris STAMATIOU, Nicos CAVVADIAS, Georges SÉFÉRIS, Cosmas POLITIS, Marios HAKKAS, Andonakis EUGÉNIOU, Costas TACHTSIS, Tolis KAZANDZIS, Yannis RITSOS, Sotiris DIMITRIOU, Maria TSOUTSOURA

  • Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s´épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l´usage de la langue vernaculaire et s´en prend au moralisme confucéen. Certaines d´entre elles, comme « Le journal d´un fou » ou « L´édifiante histoire d´A.-Q », sont devenues canoniques. D´autres, comme « Terre natale » ou « L´opéra de village », représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du bas-Yangtse dans laquelle a grandi Lu Xun. Ce recueil, qui balance entre la dénonciation iconoclaste et la nostalgie d´un monde perdu, se compose donc de « cris » ambigus, dont l´auteur ne se soucie guère de savoir s´ils sont « hardis ou tristes, s´ils inspirent la haine ou le ridicule », et dont la seule gloire sera d´éveiller une petite minorité de lecteurs à « la souffrance d´une mort imminente et irrémédiable ».

  • Quels sont les facteurs de la croissance urbaine ? Pourquoi certaines villes se développent-elles plus que d´autres ? Comment explique-t-on qu´une population cesse d´augmenter ?
    Autant de questions, propres aux sciences sociales modernes, qui dès 1588 orientent la réflexion de Botero dans ce petit livre, chef-d´oeuvre de la géographie et de la pensée urbaine. Nourri de l´information produite par l´extension considérable du monde connu au XVIe siècle et d´une forme nouvelle de comparatisme, il témoigne d´une approche déjà « globale » et présente une idée neuve de la ville.
    Édition de Romain Descendre

empty