Editions du Cerf

  • Première mondiale, ce monument savant et accessible, qui réunit trente spécialistes internationaux, offre, en trois mille pages, une synthèse complète et critique des travaux passés et des recherches présentes sur les origines du Coran, sa formation et son apparition, sa composition et sa canonisation : vingt études exhaustives sur le contexte introduisent ici à l'analyse circonstanciée du texte, les éléments archéologiques et épigraphiques, les environnements géographiques et linguistiques, les faits ethnologiques et politiques, les parallèles religieux éclairant, verset après verset, en un commentaire total les cent quatorze sourates du livre fondateur de l'islam.
    Une aventure inédite de l'esprit.
    Une somme sans précédent dans l'histoire.
    Une contribution majeure à la science.
    Une avancée décisive pour la compréhension mutuelle des cultures.
    VOLUME 3 : Bibliographie des études sur
    le Coran.

  • Les approches chrétiennes de l'islam ; tensions, déplacements, enjeux Nouv.

    De plus en plus de chrétiens s'interrogent sur la réalité de l'islam et sur la place d'une religion apparue après l'avènement du Christ, confessé comme l'ultime manifestation de Dieu au monde. Mais à la différence de la tradition musulmane qui, dans ses textes de référence, le Coran et la sunna, a développé des positions relatives aux chrétiens et à leur foi, la tradition de l'Église a diversement intégré la question de l'islam. À l'aide de huit entrées spécifiques : l'islam pris dans sa globalité ; le Coran ; le prophète de l'islam ; la foi musulmane ; les rites et les pratiques prescrits et vécus ; l'anthropologie associée à la tradition musulmane ; la communauté des musulmans ; le dialogue islamochrétien, l'ouvrage de Michel Younès vise une double opération. La première présente une grande variété d'harmoniques de la parole prononcée au nom de la foi chrétienne : depuis Jean Damascène (v. 676-749) jusqu'à Mouchir Basile Aoun (n. 1966). La seconde envisage une expression musulmane tout aussi complexe et riche dans le temps et dans l'espace. En s'appuyant sur les études les plus récentes, l'ouvrage fait apparaître la variété des discours contemporains, depuis une position intégrale illustrée par Morta Moahhar (1920-1979), jusqu'à l'approche libérée des lectures traditionnelles du texte coranique portée par Muammad Šarr (1938-2019).

  • Comment vivre dans la joie ? Pour répondre à cette question cruciale, deux modèles se sont souvent affrontés : l'existence joyeuse a été conçue comme une vie contemplative ou bien comme une vie créatrice. Entre le repos contemplatif et l'acte créateur, de nombreux penseurs nous ont condamnés à faire un choix. Pourtant la créativité ne trouve-t-elle pas sa source d'inspiration dans la contemplation ? Le philosophe et l'artiste s'émerveillent face à la beauté du monde et cet émerveillement a suscité le désir de créer une oeuvre. Quant à la personne charitable qui crée de nouvelles relations avec les plus démunis, elle contemple leur malheur puis leur renaissance. Sur le plan du vrai (la philosophie), du beau (l'art) et du bien (la charité), attitude contemplative et démarche créatrice sont intimement liées. Nous avons ainsi étudié cinq auteurs qui ont pressenti la nécessité de penser ensemble contemplation et création (Schiller, Jacques Maritain, Bergson, Luigi Pareyson et Simone Weil) avant de proposer une thèse plus personnelle : contemplation et création forment deux pôles entre lesquels se joue une alternance féconde. Deux pôles entre lesquels la vie oscille, s'inscrivant dans une dynamique de progrès et s'élevant vers des joies toujours plus grandes.

  • Le 19 février 1800, Bonaparte s'installait aux Tuileries. L'ancienne demeure des Bourbons devenait ainsi la résidence offi cielle du Premier consul, devenu empereur des Français en 1804, servant désormais de cadre à la vie quotidienne du chef de l'État, aux grandes décisions politiques et au développement d'une cour qui devait contribuer au prestige du nouveau régime. Incendié pendant la Commune, avant d'être entièrement démoli sous la Troisième République, le palais des Tuileries s'est peu à peu effacé de la mémoire collective. L'édifice fut pourtant le symbole même du pouvoir tout au long du XIXe siècle, notamment au cours de ses quinze premières années. Les embellissements qui y furent conduits avec la collaboration des artistes les plus fameux de leur temps, dont l'arc de triomphe du Carrousel constitue aujourd'hui le principal vestige, en fi rent l'un des bâtiments les plus en vue du Paris napoléonien. C'est donc tout le faste du Premier Empire qui transparaît à travers l'histoire de ce lieu de mémoire à nul autre pareil, que l'auteur retrace en s'appuyant sur une documentation d'une richesse insoupçonnée.

  • La parole et l'infini Nouv.

    Que se passe-t-il quand nous faisons, dans notre vie, l'expérience d'une parole qui nous touche, nous bouleverse, nous interpelle, et dont nous avons l'intuition, pour un instant, qu'elle nous dit bien plus que ce qu'elle dit et qu'elle fait signe vers quelque chose qui la dépasse, comme " la trace d'un ailleurs ", selon l'expression de Jean Grondin dans sa préface à La parole et l'Infini ? La conviction qui traverse ce livre est celle-ci : il y aurait dans ces événements de parole ce que l'on pourrait appeler à la suite du philosophe Emmanuel Levinas, la " trace de l'Infini ". C'est cette trace que Jean-Yves Rémond s'attache à retrouver tout au long d'un parcours dans les grands textes du judaïsme et du christianisme, dans la philosophie depuis Platon et Descartes jusqu'à la phénoménologie, avec notamment Martin Heidegger, Paul Ricoeur et Jean-Luc Marion, et enfin dans la poésie. Cette réfl exion est ancrée dans une lecture dynamique de ces textes, lecture théologique et philosophique, mais aussi poétique et spirituelle, car cette idée d'une parole reflétant l'Infini peut parler à tous ceux qui cherchent, au-delà du seul monde matériel, mais aussi dans le monde, une spiritualité vraie. À l'opposé de la parole totalitaire, qui tue la parole et la vie, la parole en recherche de l'Infini sait qu'elle ne l'atteindra jamais, mais persévérer dans cette recherche de l'Infini, c'est ce qui nous fait humains et vivants, c'est-à-dire toujours en devenir. Ainsi reconnaître dans la parole humaine la signifiance infinie, qui est trace de l'Infini, hors d'atteinte tout en l'espérant, c'est sans doute ce que le poète Hlderlin nous signifie quand il nous invite à " habiter poétiquement le monde ".

  • Éduquer engage " une certaine conception de l'homme, de sa place dans le monde, de ce à quoi il s'occupe, de même que des possibilités d'agir pratiquement sur l'homme et de le former ". Malgré l'importance que revêt chez Édith Stein la thématique éducative, elle reste néanmoins disséminée dans son oeuvre, sans faire l'objet d'une élaboration systématique. L'enjeu de notre travail est de déterminer méthodiquement les liens qui rattachent la conception steinienne de la structure de la personne humaine et sa conception de l'éducation. Il s'agit de rendre compte de la manière dont se constitue sa phénoménologie de la personne humaine, de telle sorte que soit possible une théorie de l'éducation porteuse d'un certain idéal. À partir d'une analyse phénoménologique de la constitution de la personne, où l'intériorité de l'âme tient une place essentielle, nous cherchons à rendre compte de l'éducation comme " façonnement de l'être humain dans sa complétude pour qu'il devienne ce qu'il doit être ", c'est-à-dire " un homme véritable " et " authentiquement lui-même ". La théorie steinienne de l'éducation apparaît comme une doctrine compréhensive de l'être humain et du sens de son existence qui porte le sceau de l'orientation métaphysique de sa recherche philosophique.

  • Cet essai évoque la portée spirituelle de l'oeuvre du célèbre psychologue et théoricien de la culture Carl Gustav Jung (1875-1961). Son approche, qui demeure largement sous-exploitée, peut en effet éclairer les racines profondes de la crise de civilisation que traverse l'Occident, et, partant, aider à préciser les défis qui s'imposent au christianisme contemporain. Dans cette perspective, le présent ouvrage se concentre sur les bouleversements de la relation au masculin et au féminin qui caractérisent notre culture. C'est ainsi qu'il examine d'abord le destin du récent protestantisme en faisant ressortir plusieurs enjeux majeurs de son fonctionnement anthropologique. Il étudie ensuite la montée contemporaine des idéologies " politiquement correctes " et évoque leurs connexions avec un féminisme anglo-saxon souvent radicalisé dans sa relation à la symbolique sexuée. Il analyse enfin le débat relatif à la " théorie du genre " et en propose une mise en perspective originale. Rédigé dans un style précis et sans concession, courageusement voué à des questions dont l'urgence ne cesse de croître, cet essai ne constitue pas un pamphlet mais une réflexion éclairante.

  • Que vaut le corps humain ? Le corps est le lieu privilégié de l'action du médecin. Or, il est pris dans le dilemme entre valeur marchande et valeur inestimable. Le coût de notre médecine risque d'entraîner nos sociétés à privilégier la première au détriment de l'autre. Sans douteconvient-il de ne jamais extraire le corps de la relation interpersonnelle entre soignant et soigné. Plus encore, la complexité du rapport du corps à la personne exige que nous mobilisions d'autres ressources que celles de la raison pour garder à ce rapport sa qualité humaine. Il s'agit de prendre appui sur l'expérience de notre propre corps, des capacités de notre mémoire, de notre imagination, de notre coeur, de notre esprit créatif. Une telle mobilisation peut donner lieu à une meilleure compréhension de chaque personne humaine, vulnérable dans son esprit comme dans son corps. L'enjeu est de taille car nous avons affaire, précisément, au destin d'êtres de chair et d'âme. Or, la personne peut être oubliée au profit des ressources potentielles de son corps. Au nom de certaines " valeurs ", des personnes peuvent même être niées ou détruites, physiquement comme moralement. Dans la richesse d'un regard croisé, médecin et philosophes, juriste et exégète, artiste et psychanalystes partagent leur expérience réfléchie dans le souci de garder le corps dans une vision intégrale de la personne.

  • Lettres à quelques autres :
    - À un ami, humaniste et religieusement indifférent : sur la différence religieuse (ou la crainte de Dieu)
    - À un prêtre, sexuellement aphasique : sur la sexualité
    - À tant de visages anonymes, avec le nez sur le smartphone : sur l'addiction
    - À de jeunes pasteurs, de la part d'un vieux : sur la distinction entre le spirituel et le temporel
    - À un évêque, pour un problème (ou : en guise de partage critique) : sur l'Église
    - À des jeunes, qui s'interrogent sur le christianisme : sur la suivance du Christ
    Et à quelques autres encore :
    - À un ami qui vient de perdre son père : sur le travail de deuil
    - À des amis musulmans, différents et proches : sur le voisinage
    - À des frères et soeurs chrétiens, rattachés à des Églises différentes : sur des rencontres interecclésiales.

  • Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion de " chrétiens virtuels " dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentale de l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfl échit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout êtrehumain. Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fondeson inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle définit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défi ni comme un " chrétien virtuel et potentiel ". Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?
    Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion
    de " chrétiens virtuels " dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentalede l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfléchit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout être humain.
    Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fonde son inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle défi nit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défini comme un " chrétien virtuel et potentiel ". Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?

  • Cinquante ans après Vatican II, il est temps de faire le point sur le vaste mouvement de transformation des
    espaces de célébration généré par la réforme liturgique. Le constat posé par les théologiens de l'Institut Supérieur de Liturgie est celui d'un très fréquent défi cit théologique dans la réflexion conduite suite à la réforme liturgique, réduisant les choix à leur dimension fonctionnelle, esthétique voire idéologique aux dépens de leur dimension fondamentalement théologique. Le Colloque dont cet ouvrage reprend les principales contributions visait à poser les linéaments d'une véritable théologie de l'espace liturgique au moyen d'une approche pluridisciplinaire : scripturaire, historique, philosophique, architecturale et dogmatique. L'enjeu est de taille, il s'agit de rendre possible un dialogue confiant entre communautés, architectes et théologiens pour que nos espaces liturgiques retrouvent une dimension initiatique, hospitalière... au service de la mission.

  • " Son visage est déformé, ses yeux sont devenus petits, enfoncés dans l'empâtement de la face. Ce n'était pas facile ! J'étais émue " raconte Dorothée, bénévole ; " cependant, nous avons échangé un regard et nous nous sommes souris ". S'engager auprès d'un malade, c'est approcher une justesse de relation, rencontrer quelqu'un dont le corps est déformé, accepter un autre qui ne veut pas parler, tolérer ce qui pourrait donner envie de fuir. Il s'agit d'un engagement de deux humanités, démarche altruiste, fraternelle et bienveillante. L'engagement de l'accompagnant implique générosité et simplicité. Ce guide cherche à aider les accompagnants de personnes en fin de vie à travers la complexité de la relation entre accompagnant et malade en explorant ses diverses facettes. Il s'adresse à toute personne souhaitant s'investir sur ce chemin délicat de l'accompagnement, parsemé de difficultés, de joies et de la beauté de nouer une telle alliance.

  • Considérant la tyrannie comme l'éternelle incarnation de l'arbitraire, de la coercition et du pouvoir outrepassant ses justes prérogatives, Femmes, totalitarisme & tyrannie embrasse la généalogie du phénomène totalitaire et entend brosser un panorama de l'apport féminin à l'insurrection de l'esprit contre l'idéologie, la démagogie et la logomachie. Consacrant cet apport éthique et intellectuel à la Résistance anti-tyrannique, trente-cinq auteurs de dixnationalités différentes et de toutes sensibilités apportent des théorisations inédites sur la nature et la teneur des processus totalitaires leurs tenants et aboutissants spécifi ques, des témoins illustrant la place des héroïnes et le rôle des anonymes. Constatant une amnésie séculaire sur l'apport des femmes à la pensée et, spécialement, à cette séquence majeure de l'histoire que fut le totalitarisme, on s'attache ici à réhabiliter leur réflexion stratégique et leur apport à la philosophie politique. Constituant une première, cette histoire au féminin tente d'échapper à l'écueil de tous les dogmatismes, en fournissant matière à comparaison, méditation et réflexion.

  • Depuis l'origine du christianisme, l'unité de l'Église fondée sur la foi, le culte et la communion hiérarchique avec le successeur de Pierre se trouve confrontée à des dissensions doctrinales ou disciplinaires. Tantôt ces crises prennent la forme de controverses internes à l'Église romaine. Tantôt elles aboutissent à de véritables dissidences impliquant des ruptures institutionnelles. Aujourd'hui, les catholiques peinent à parler d'une seule voix sur des thèmes essentiels, tandis que le dialogue oecuménique tarde à restaurer l'unité parfaite entre baptisés. Ces deux problématiques méritent d'être abordées conjointement, car l'unité entre catholiques est le prélude indispensable à toute réconciliation entre chrétiens. L'histoire est maîtresse de vie. C'est pourquoi à travers un long parcours chronologique qui mène le lecteur de l'Antiquité à l'époque contemporaine, cette étude évoque les solutions doctrinales, canoniques et pastorales mises en oeuvre au fil des siècles pour résoudre les crises qui ont surgi dans l'Église, puis répond à trois questions en lien avec l'actualité. Que faire pour éviter de nouvelles ruptures dans l'Église ? Comment réagir face aux conflits ? Quel chemin emprunter pour réconcilier les chrétiens ? Résolument ancrée dans la Révélation chrétienne et la tradition catholique, cette étude interdisciplinaire propose une série de réflexions stimulantes sur l'unité, afin d'aider tous les disciples du Christ à affronter courageusement leurs divergences.

  • L'herméneutique comme art et comme théorie interprétative de la compréhension ne devient une théorie de la connaissance qu'à partir de l'exégèse théologique des textes sacrés. Sa forme philosophique se matérialise dans la pensée romantique de Schleiermacher qui voulut fonder une herméneutique générale, et qui sera suivi par Dilthey qui établit que la démarche de compréhension du chercheur en sciences de l'homme, à l'inverse de la démarche explicative en sciences naturelles, doit s'investir dans les manifestations humaines inscrites au sein des processus historiques afin de parvenir à les comprendre de l'intérieur. Les réflexions vont vite évoluer : du projet méthodologique et épistémologique, l'herméneutique ne sera plus seulement générale, elle devient fondamentale et universelle. C'est le chemin suivi par Heidegger et Gadamer. Selon eux, " la compréhension constitue bien plutôt la structure fondamentale de l'existence humaine, ce qui la propulse au centre de la philosophie ", comme le dit Gadamer. Ricoeur, par son côté phénoménologique fort, ne s'en éloigne pas, il donne encore plus de place à l'herméneutique en conciliant l'expliquer et le comprendre comme deux facettes d'une seule démarche scientifique. L'herméneutique devient ainsi incontournable et s'impose dans les sciences aussi bien psychologique, sociologique, théologique que juridique, comme ce livre tente de le montrer. La petite histoire de l'herméneutique et ses infi ltrations dans toutes ces sciences peuvent désormais intéresser tout chercheur et tout lecteur. C'est ce qu'explique cet ouvrage.

  • Jésus, dans son intelligence humaine, savait-il tout sur tout ? Jouissait-il d'une connaissance humaine en tous points semblable à la nôtre ? Celui qui était plein de grâce et de vérité et qui avait reçu l'Esprit sans mesure pouvait-il être surpris, étonné, admiratif ou même grandir en sagesse et en grâce ? Pouvait-il être bienheureux sur la terre tandis qu'il souffrait et se déclarait abandonné par Dieu dans la Passion ? L'ouvrage expose la doctrine de saint Thomas d'Aquin sur la scientia visionis - la vision immédiate de l'essence divine par l'intellect humain - du Christ durant sa vie terrestre pré-pascale. D'après le docteur commun, cette science est bienheureuse parce qu'elle constitue la béatitude de l'âme fixée dans le bien. Or cette question divise les théologiens. Pour les uns, l'enseignement du docteur commun sur la vision bienheureuse du Christ pré-pascal est dénué de fondement scripturaire ; il est une sorte d'aporie, le fruit d'une déduction métaphysique, d'un principe a priori de perfection de l'humanité de Jésus. Pour les autres, elle est une vérité théologique et métaphysique qui s'impose en tant que conséquence intrinsèque nécessaire de l'union hypostatique. L'originalité de cette étude est de montrer que la position de saint Thomas est déterminée par des motifs premièrement scripturaires. L'ouvrage se concentre tout d'abord sur les commentaires bibliques majeurs de l'Aquinate, pour ensuite analyser la doctrine de la Somme de théologie à la lumière de l'étude desdits commentaires.
    Prix Henri-de-Lubac 2019

  • Pourquoi Bernard de Fontaine (1090-1153), abbé de Clairvaux, a-t-il mis plus de quinze ans à rédiger cet admirable livre où son coeur tente de partager ce qui le fait battre ? Voulait-il articuler avec rigueur les deux volets de la raison que nous avons d'aimer pour Lui-même " le Dieu et Père de Jésus " (Col 1, 3) ? " Rien n'est plus juste, écrit-il, et rien n'est plus fructueux. " De fait, si Dieu n'a pu, ne peut, ne pourra jamais nous aimer davantage qu'en nous livrant son Fils afin qu'Il soit " l'Aîné d'une multitude de frères " (Rm 8, 29), nous sommes appelés à nous trouver, par-delà tout intéressement et tout désintéressement, en laissant ce Fils, que la grisaille nous enveloppe ou que nous ravissent de soudaines trouées de lumière, devenir la Vie plus haute et plus douce de la nôtre. Mais Bernard a si peu cerné ce qu'il lisait de neuf dans les Écritures qu'il a dû conclure en recopiant une lettre ancienne sur la Charité.

  • Cet ouvrage collectif traite de la question de la singularité des rationalités culturelles et religieuses et de leur possible dialogue, et de son importance pour la théologie et les sociétés de notre temps. " Rationalité " désigne ici une vision, une approche, une appréhension rationnelle singulière de la réalité. Croisant sciences humaines, sciences des religions, philosophie, théologie, management, art, etc. - et y invitant les différents mondes, cultures et religions, l'ouvrage contribue à montrer la pertinence qu'un changement de paradigme est nécessaire : " La reconnaissance de la singularité culturelle et religieuse d'un monde avec ses aspects irréductibles à d'autres mondes n'est pas un problème ou un obstacle à un dialogue véritable. Bien au contraire, prendre conscience de la singularité d'autrui est un des atouts décisifs pour avancer dans une connaissance plus juste de soi et pour la construction d'un projet commun de société. " Il est le fruit (79 contributions) des travaux du Congrès organisé sous l'égide du Laboratoire de recherche sur le dialogue de l'Institut de Science et de Théologie des Religions (ISTR) du Theologicum, dans le cadre de l'Unité de recherche " Religions, culture et société " - EA 403 de l'Institut catholique de Paris, en collaboration avec la Revue internationale de théologie -
    Concilium, l'Ordre des Prêcheurs, le laboratoire Shangai Sacred (Chine), et une quarantaine d'institutions universitaires et de partenaires du monde entier.

  • " Nos contemporains n'ont plus le sens du péché ! ", entend-on parfois. Pourtant l'allusion fréquente aux sept péchés capitaux dans les films ou la publicité ou les marques permet d'en douter. Si le péché dérange nos contemporains, est-ce seulement parce que beaucoup en ont encore une vision culpabilisante ? De plus, les prédicateurs parlent plus volontiers du pardon que du péché. Il faut mettre l'accent sur la force et la miséricorde de Dieu vainqueur du mal et du péché en Jésus-Christ, et sur la Bonne Nouvelle pour toute l'humanité. Pourtant, si l'on n'a pas conscience de l'étendue de la blessure, comment mesurer la puissance de la guérison divine ? Dans le contexte du Jubilé de la Réforme, le Colloque des Facultés organisé au printemps 2017 par l'Institut supérieur d'études oecuméniques (ISÉO) a voulu approfondir cette gêne à l'égard du péché, pour aider de nombreux acteurs de la vie oecuménique, éclairés par des théologiens de diverses confessions, à chercher ensemble une vision véritablement chrétienne du péché. Vingt ans après la signature de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification par l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale, bien des incompréhensions autour du " Simuliustus et peccator " de Luther ont été surmontées. Mais des différences de style et d'accentuation théologiques continuent de marquer notre manière d'aborder le lien entre grâce et péché lorsque nous devons faire face ensemble aux défis du monde contemporain.

  • La signature entre l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale, le 31 octobre 1999, d'une Déclaration commune sur la doctrine de la justification a constitué une étape majeure sur le chemin oecuménique qui nous conduit vers l'unité visible des Églises qui se réclament de la même foi chrétienne. Pour fêter le vingtième anniversaire de cet accord, en tenant compte des communions ecclésiales qui se sont officiellement associées à cette démarche, le Colloque des Facultés qu'organise chaque année l'Institut supérieur d'études oecuméniques (Institut protestant de théologie, Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, Theologicum, Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Institut catholique de Paris) a rassemblé des intervenants de différentes confessions chrétiennes venant du monde entier. La conférence magistrale du Dr Martin Junge, Secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (Genève), inaugure ces actes qui reprennent les conférences et les prédications. Honorant les pratiques des Églises (liturgie, catéchèse, diaconie), les contributions variées cherchent à faire un bilan de la réception de cet accord, tout en proposant de nombreuses pistes d'approfondissement.

  • La vie du cardinal Josef Beran a été profondément marquée par l'ascension des régimes totalitaires du XXe siècle. En 1942, en tant qu'ecclésiastique, il est déporté par l'occupant nazi dans le camp de concentration de Dachau. Après la guerre, devenu archevêque de Prague, il persiste dans sa fidélité à Dieu et à son Église, ce qui fait de lui un ennemi du régime communiste : en 1949, il est placé dans une résidence surveillée par la police secrète. Ce comportement arbitraire préfigure la vague de persécutions qui frappe par la suite toute l'Église catholique en Tchécoslovaquie. En 1951, l'archevêque Beran est interné pour une durée de quatorze ans, avec pour objectif d'effacer jusqu'au souvenir de son existence. À la fin de sa vie, il connaît un dernier coup du sort : l'exil forcé. Et même après sa mort, le cardinal charismatique reste redouté des communistes, qui interdisent le rapatriment de son corps, de peur que les commémorations en son honneur donnent lieu à un mouvement de contestation de grande ampleur. Les communistes avaient souhaité qu'il tombe dans l'oubli, mais le peuple tchèque n'a pas perdu la mémoire. En 2018, sa dépouille est transférée de la basilique Saint-Pierre de Rome à Saint-Guy de Prague, et le peuple tout entier célèbre les qualités humaines exceptionnelles du cardinal, archevêque de Prague et primat de Bohême ainsi que les prises de positions qui lui ont valu l'ire des régimes nazi et communiste.
    Son procès en béatification est actuellement en cours.

  • En 1919, Benoît XV publie une lettre apostolique,
    Maximum illud, pour relancer l'activité missionnaire dans le monde. Le pape y rappelle l'importance de la formation des missionnaires et du clergé autochtone. Il les invite à la sainteté, en insistant sur l'effort à consentir pour connaître les langues et les cultures des régions évangélisées. Prédication et gratuité des aides apportées aux populations doivent être articulées. L'implication des congrégations féminines, dans l'éducation et les soins médicaux, est vivement encouragée. Benoît XV sollicite l'aide des chrétiens pour les OEuvres missionnaires. Il évoque d'illustres missionnaires comme saint François Xavier et Bartolomé de Las Casas ; il dénonce, surtout, toutes formes de collusion entre mission et intérêts nationaux.
    Maximum illud consacre une nouvelle manière d'évangéliser et une missiologie que le concile Vatican II précisera, notamment dans le document Ad gentes. En choisissant le mois d'octobre 2019 comme Mois missionnaire extraordinaire pour célébrer le centenaire de Maximum illud, le pape François remet l'accent sur l'engagement et la formation missionnaires, en lien avec le baptême. Ce volume rassemble les principaux textes des colloques organisés durant ce mois à Paris, à Marseille et à Lyon. Les réflexions historiques et théologiques proposées ouvrent des perspectives missionnaires pou nos Eglises au XXe siècles.

  • " Les homélies sont souvent ennuyeuses ", entend-on régulièrement dire sur un ton résigné. Et si la rhétorique pouvait contribuer à ce que celles-ci soient plus vivifiantes ? Certains ont tendance à se méfier de la rhétorique, au prétexte qu'elle voilerait la Parole, jusqu'à accorder trop d'importance à l'intelligence pratique du prédicateur. D'autres pensent, au contraire, que le travail rhétorique est central dans l'annonce de la Parole, et en appellent volontiers au célèbre discours de saint Paul sur l'aréopage. Si la rhétorique est une aide précieuse pour discerner la justesse de nos actions, n'est-elle pas un outil dans la prédication afin que ses auditeurs soient mieux à même de discerner comment vivre une vie plus authentiquement christique ? Comment concevoir la place des émotions (pathos), de l'authenticité (ethos) et de la parole structurée (logos) dans l'annonce de la Parole qui doit enivrer spirituellement ? Qu'en est-il de la signification de la parole et de son rapport au silence et au réel ? Cet ouvrage aborde de manière interdisciplinaire et originale ces questions et espère contribuer à des homélies plus vivifiantes.

  • Avec sa très fine sensibilité au monde invisible, saint John Henry Newman oriente sa prédication paroissiale vers l'attente de la glorieuse venue du Christ. Le prédicateur anticipe cette venue dans une vision de foi. Témoin de cette vision, il s'emploie à former une vision analogue en ses auditeurs, puis en ses lecteurs, lorsqu'il publie ses sermons. La présente recherche étudie l'empreinte littéraire de cette vision. Elle cherche à atteindre le génie théologique qui commande sa communication. Mettant en évidence la présence d'une 'vision eschatologique' dans les Sermons paroissiaux, l'étude détaille la physionomie de l'auditeur ou du lecteur qu'elle implique ; elle décrit les procédés de discours et la langue de la foi utilisés pour la former peu à peu chez ces derniers. Afin d'enraciner historiquement et théoriquement la théologie de la 'vision eschatologique' qu'elle établit, l'étude analyse dans d'autres oeuvres de Newman l'intention du prédicateur lui-même. Elle appréhende enfin le génie de ses compositions dans les termes d'une rhétorique de la foi et d'une fiction théologique. La théologie de la 'vision eschatologique' manifeste alors chez ce prédicateur récemment canonisé par l'Église une véritable théologie de la prédication.

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