Editions Michalon

  • Se démarquant des projets d'émancipation des Lumières, du marxisme et de la sociologie critique, le philosophe français Jacques Rancière affirme que nous n'avons pas à devenir égaux. Nous devons nous présupposer égaux hic et nunc et créer et explorer les conséquences de cette présupposition. Ainsi, plutôt que de fournir le principe d'un ordre meilleur à construire, la présupposition de l'égalité suspend l'ordre institué et ouvre, ce faisant, d'autres "paysages du possible" : des espaces d'expérimentation des savoirs, des perceptions et des capacités qui constituent nos communs.
    Jacques Rancière, pratiquer l'égalité entend reconstituer les moments forts du cheminement intellectuel multiple menant à ces idées : sa rupture avec le marxisme althussérien et son exploration des archives ouvrières du 19e siècle ; sa fascination pour le projet de l'émancipation intellectuelle du "maître ignorant" Joseph Jacotot ; la constitution de sa pensée politique centrée sur l'égalité et la démocratie ; et, finalement, l'élaboration de sa pensée esthétique. Ce cheminement n'aboutit pas à un seul concept d'égalité, mais oscille entre trois conceptions de l'égalité - égalités intellectuelle, politique et sensible -, lesquelles impliquent de réévaluer la pensée ranciérienne de la démocratie moderne, ouvrant sur de nouveaux potentiels conceptuels.

  • La pensée de Chaïm Perelman a profondément marqué la théorie du droit du XXe siècle. S'opposant au positivisme juridique, c'est-à-dire aux théories qui réduisent le droit à la loi, l'essentiel de son apport réside dans une théorie de l'argumentation qui rebat les cartes de la logique juridique, en mettant l'accent sur la manière de raisonner, et plus profondément de discuter.

  • La vie de Vaclav Havel illustre à merveille cette réflexion de son ami Patocka. Le destin a parlé une première fois : jeune dramaturge - il a tout juste vingt ans -, il interpelle en 1956 les participants au congrès de l'union officielle des écrivains réunis au château de Dobris pour leur reprocher leur passivité devant l'injustice et le mensonge.

  • Twitter ou mourir Nouv.

    Dans la nuit du 16 au 17 avril 2018, après plusieurs années de violences conjugales, Laura trouve enfin le courage de porter plainte : son conjoint a tenté de l'étrangler sous les yeux d'Alice, leur fille de deux ans.

    Après un an de détention provisoire pour tentative d'homicide, stupéfaction : son ex-conjoint est remis en liberté dans l'attente du procès et placé sous contrôle judiciaire qu'il enfreindra à plusieurs reprises. Sourde au danger que courent les deux victimes dont elle ignore les appels à l'aide, la justice ne lui laisse pas le choix : Laura se tourne vers les réseaux sociaux. Le 14 mai 2019, elle lance un SOS sur Twitter : « Je ne sais pas si je vais mourir demain, je veux juste être entendue. Protégez-moi, protégez ma fille jusqu'au procès. »

    Que faire lorsque la justice abandonne les victimes à elles-mêmes ? Avec une précision clinique, Laura Rapp restitue sa lente descente aux enfers, broyée par un système favorable aux criminels. Un récit choc, qui interroge sur l'urgente réflexion à mener sur notre institution judiciaire.

  • Mais qui est Bernardo qui fait courir - enfin pas trop - Etienne Liebig entre les bibliothèques, les femmes et les continents ? Quel lien entre la Révolution mexicaine de 1810-1821, un meurtrier en série, un éditeur grognon, les archives de Barcelone, et

  • Portalis présente une figure complex. Auteur des « deux masses de granit » que furent le Concordat (1801) et le Code civil, il fut tout à la fois un homme de compromis incarnant « l'esprit de modération » et homme engagé manifestant une pensée originale et des convictions courageuses. Ainsi Portalis développe-t-il une conception véritablement moderne de la justice et des sources du droit.

  • Engagé volontaire à 19 ans, Jean Peyrissac est envoyé en novembre 1917 en Macédoine, petit pays des Balkans aux influences grecque, turque et albanaise.
    Des régions situées au bord de la Vrina, des plaines de la Cerna ou encore de la ville de Monastir (aujourd'hui Bitola), le jeune soldat nous livre une vision intime des habitants et de la culture populaire, ainsi que de la cohabitation avec les armées française et anglaise. Ses dessins décrivent aussi bien les désastres de la guerre, qui dura jusqu'en 1923, que l'exode de sa population turque. Chaque planche évoque le folklore des peuples, l'étude des modes de vie, où abondent les détails d'une narration qui se veut ethnologique, poétique et artistique, avec l'utilisation de couleurs vives restées dans un état de conservation exceptionnel.

    Présenté par la petite-fille de l'artiste et enrichi du regard d'Éric Allart, spécialiste du front macédonien, cet album inédit composé de 23 gouaches réalisées entre 1917 et 1919 constitue un regard exceptionnel et rare sur la campagne d'Orient, épisode peu connu de la Première Guerre mondiale. Il témoigne également des premiers pas d'un artiste aujourd'hui considéré comme une figure majeure de l'art abstrait en France.



  • Parce qu'entre la gestation pour autrui et la réforme des allocations familiales, la placentaphagie, le congé parental, et les places en crèche, l'univers de la maternité se révèle complexe, politique, rock'n'roll, et surtout pluriel, tout comme la définition du mot « mère » qui en appelle mille autres.

  • En 2050, les plus de 60 ans seront 22,3 millions en France. Autrement dit, ils représenteront près d'un tiers de la population. Face à ce bouleversement démographique, le discours dominant se fonde sur la peur, associe vieillissement et déclin et ne porte que sur un approche comptable des enjeux économiques et sociaux. L'auteur, au contraire, postule que loin d'être une charge ou un fardeau, les seniors sont l'avenir de la France. Il s'agit désormais de se poser les bonnes questions.

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