Littérature traduite

  • Des rivages de Manhattan aux côtes de Long Island, la rumeur va bon train : et si la région regorgeait de trésors ? Enfouis par le capitaine Kidd et ses pirates à la fin du XVIIe siècle, ils attendent leur inventeur, avec le diable en embuscade. Quatrième et dernière partie des Contes d´un voyageur (1824), « Les déterreurs de trésors » met en scène, au fil de cinq récits enchâssés, les aventures burlesques de personnages en quête d´improbables richesses. Loin des pieuses légendes sur les ancêtres puritains, ce contre-récit des origines de New York nous fait remonter à la protohistoire du capitalisme en Amérique.
    Édition de Thomas Constantinesco et Bruno Monfort

  • Premier roman psychologique italien, Fidélité (1840) parut la même année que l'édition définitive du principam roman du XIXe siècle en Italie, Les Fiancés, d'Alessandro Manzoni, qui depuis sa première publication en 1827 s'imposait comme le seul modèle romanesque.
    Pour le public français, la lecture de Fidélité offre l'occasion de découvrir le regard, souvent impitoyable, d'un écrivain italien sur la France de la monarchie de Juillet, car l'essentiel de l'action se déroule à Paris, Marseille, Lyon, mais aussi Nantes, Quimper et Bastia. Des moeurs à l'architecture, de la gastronomie à la vie politique, des paysages au "génie de la nation", la France toute entière est passée au crible du jugement féroce de Tommaseo. Par-delà cet intérêt historique, le lecteur trouvera dans Fidélité un récit qui explore des solutions narratives et une histoire d'amour poignante où la sensualité et la passion finissent par innerver toute l'écriture. "Moitié jeudi gras, moitié Vendredi saint", disait Manzoni de ce roman...

  • Parue en 1965 pour faire pièce à la réaffirmation d´un Japon en marche à l´approche du centenaire de Meiji, l´Histoire spirituelle du désespoir est une réécriture libre du parcours du Japon contemporain, de la fin du XIXe siècle jusqu´à la catastrophe de 1945, à équidistance entre l´essai historique, les mémoires personnels et l´anthologie poétique. Pour étayer son postulat d´un désespoir nippon conditionné par la géographie et l´histoire, Kaneko tire de ses souvenirs une série de personnages rencontrés à différentes étapes de sa vie, dont le dénominateur commun est la propension à l´échec. Les convictions libertaires et nihilistes de l´auteur, son existence aventureuse, au Japon, mais aussi en Europe, en Chine ou dans l´espace malais, écartent cette fresque expressionniste des sentiers battus. De la bohème de Tôkyô aux trafiquants de Singapour et aux artistes ratés de Paris, c´est là le portrait d´une société nippone méconnue, disparue dans l´absurde du totalitarisme et de la guerre.

  • Récit de voyage écrit sous forme de journal par Dorothy Wordsworth, les Souvenirs d'un voyage en Écosse, en l'an 1803 offrent une image vivante de ce pays au moment où il commençait à s'ouvrir aux « étrangers », aux touristes anglais notamment.
    Découverte de nouveaux paysages, confrontation avec l'altérité, le périple de 1803 stimula également la créativité de William Wordsworth. Les poèmes qu'il composa alors se trouvent enchâssés dans le texte de Dorothy ; ils s'en détachèrent bientôt pour former le noyau du recueil publié par la suite : En mémoire d'un voyage en Écosse, 1803.
    En réunissant les textes de Dorothy et de William Wordsworth, on a souhaité donner au lecteur la possibilité de confronter deux évocations, interdépendantes certes, mais possédant chacune sa propre tonalité.

  • Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s´épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l´usage de la langue vernaculaire et s´en prend au moralisme confucéen. Certaines d´entre elles, comme « Le journal d´un fou » ou « L´édifiante histoire d´A.-Q », sont devenues canoniques. D´autres, comme « Terre natale » ou « L´opéra de village », représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du bas-Yangtse dans laquelle a grandi Lu Xun. Ce recueil, qui balance entre la dénonciation iconoclaste et la nostalgie d´un monde perdu, se compose donc de « cris » ambigus, dont l´auteur ne se soucie guère de savoir s´ils sont « hardis ou tristes, s´ils inspirent la haine ou le ridicule », et dont la seule gloire sera d´éveiller une petite minorité de lecteurs à « la souffrance d´une mort imminente et irrémédiable ».

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