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  • Les débats pédagogiques et éducatifs qui traversent aujourd'hui la sphère scolaire dans la perspective de la mondialisation placent la pensée de Paulo Freire dans une étonnante actualité. La lutte contre l'illettrisme notamment trouve ici des cadres d'analyse fort pertinents. Cet ouvrage est le dernier de Paulo Freire avant sa disparition brutale. Il s'inscrit dans la philosophie éducative et politique, orientée par une vision optimiste de l'être humain, qu'il a développée à travers sa pratique d'éducateur et ses nombreux écrits dont Pédagogie des opprimés (Maspéro, 1974).

  • « Depuis la première publication de cet ouvrage en 1995, le paysage social s'est alourdi sérieusement et la place des éducateurs, modifiée, empire. Le déferlante du néolibéralisme, pointe la plus avancée du capitalisme qui livre la planète et les humains l'habitant à leur transformation en marchandise, touche de plein fouet un travail social qui s'est longtemps - trop longtemps - cru à l'abri. Les éducateurs, comme d'ailleurs toutes les professions qui ont pour essence la transmission de l'humaine condition - référée peu ou prou - à la fonction dite paternelle - se présentent forcément comme des empêcheurs de commercer en rond. Le travail éducatif n'est pas une marchandise, n'en déplaise aux fonds de pension qui lorgnent sur ce secteur d'activité porteur. Les éducateurs, qui font le pari de l'humain, s'inscrivent fatalement à l'encontre d'une société où le paraître et l'argent roi ont force de loi. Ils rappellent les principes de base de l'humanisation : l'être humain est castré et les humains ne tiennent ensemble qu'au prix de la perte de jouissance de chacun. Les éducateurs ont pour tâche, auprès des parents, des enseignants et des praticiens d'autres professions, de rappeler sans cesse cette évidence et d'en transmettre le sens. Oh ! Pas dans des grands discours, mais en les mettant en oeuvre au quotidien. Pris entre le marteau de politiques sociales de plus en plus répressives et ségrégatives et l'enclume du respect des sujets qu'ils accompagnent, ils se soutiennent d'une position forcément subversive. Cet ouvrage a donné lieu à bien des rencontres, bien des échanges. Il a constitué le fond de formations, de journées de réflexion, de confrontations. Souhaitons qu'il poursuive son chemin. Comme nos enfants, les livres sont fragiles, il faut un certain temps les tenir par la main. Ensuite, qu'ils mènent leur vie ! Bref le travail d'éducateur est un travail permanent de démocratisation. Parole d'éduc... »

  • Cet ouvrage vise une ouverture au traitement des psychoses dans le champ socio-éducatif, sans trahir les concepts issus de la psychanalyse et sans perdre de vue la clinique, de fait, pluridisciplinaire. La psychose n'est finalement qu'une des modalités de structuration de l'être parlant. Joseph Rouzel propose dans cet ouvrage un repérage, à la fois clinique et théorique, indispensable dans la clinique socio-éducative des psychoses. Un ouvrage accessible aux travailleurs sociaux qui ont de plus en plus la charge d'accompagner des personnes psychotiques.  

  • Dans des récits incarnés, les auteurs, frères ou soeurs de personnes handicapées donnent à comprendre leurs sentiments, leurs attitudes, leurs réactions, leurs faiblesses, leurs forces, leurs attentes. Tout comme leur enfant handicapé, il est indispensable que les parents soient entendus : on ne peut accompagner efficacement l'un sans se placer à proximité des autres. On ne saurait donc se contenter d'expliquer, il faut donner à comprendre. Aussi, dans cet ouvrage, Charles Gardou n'a-t-il pas seulement souhaité offrir l'occasion de prendre connaissance de l'odyssée de quelques parents « pas comme les autres », mais il s'est attaché à leur donner un visage. Charles Gardou, professeur à l'université Lumière Lyon 2, est l'auteur de nombreux ouvrages publiés chez érès, parmi lesquels Fragments sur le handicap et la vulnérabilité et Pascal, Frida Kahlo et les autres... Ou quand la vulnérabilité devient force. À partir d'un itinéraire qui l'a confronté à la diversité humaine dans différents lieux du monde, il consacre ses recherches à la vulnérabilité et à ses multiples expressions.

  • Dans des récits incarnés, les auteurs, frères ou soeurs de personnes handicapées donnent à comprendre leurs sentiments, leurs attitudes, leurs réactions, leurs faiblesses, leurs forces, leurs attentes. Pour explorer les mystères de ces vécus fraternels « hors normes », Charles Gardou a demandé à des acteurs directement concernés de faire un retour sur leur passé et de revisiter leur « roman familial ». Sans faux fuyants, sans écran interposé, mais avec authenticité, pudeur et capacité de distanciation, ils dévoilent leur expérience existentielle singulière, mettant ainsi au jour ce qui reste habituellement dans l'ombre et que ne peuvent ignorer ceux qui ont la charge de les aider. Charles Gardou, professeur à l'université Lumière Lyon 2, est l'auteur de nombreux ouvrages publiés chez érès, parmi lesquels Fragments sur le handicap et la vulnérabilité et Pascal, Frida Kahlo et les autres... Ou quand la vulnérabilité devient force. À partir d'un itinéraire qui l'a confronté à la diversité humaine dans différents lieux du monde, il consacre ses recherches à la vulnérabilité et à ses multiples expressions.

  • L'eau a coulé sous les ponts depuis la première édition en 1997 de cet ouvrage, où je tentais de mettre en mots, à ma façon, selon mon style propre, cet ''acte éducatif'' si difficile à capter. En effet l'acte éducatif ne se voit pas. On ne peut pas l'enregistrer, le filmer. Ça n'imprime pas ! Il ne saurait faire l'objet, comme le croient naïvement les managers de l'action sociale, d'un pointage dans les items d'une grille d'évaluation.
    L'acte éducatif ne se résume pas à la somme des actions entreprises au quotidien. Ce n'est pas l'agir, ni l'activité, encore moins l'activisme. On peut juste l'évoquer dans les rets de l'écriture. Ce qui fait des éducateurs des professionnels dans l'ombre, des travailleurs dans les soutes du lien social, des gueules noires des politiques sociales. On les attend au tournant, les éducateurs. Ils sont pris en tenailles entre commande sociale et demandes des usagers. Les impératifs de la commande sociale d'un côté, ce qui se dit ''réduire les inégalités'', mais signifie au fond ''ne pas faire de vague''.
    Que les pauvres, les démunis, les handicapés, les cabossé de la vie restent à leur place et se satisfassent de miettes (AAH, RSA, allocations diverses et (a)variées...). Et de l'autre les demandes des sujets, tous différents, tous singuliers, qui essaient, dans un moment de l'histoire d'une totale intolérance, de survivre et de vivre. Entre commande sociale et demande de ceux que l'on nomme usagers (bien usagés !), comme entre l'écorce et l'arbre, si j'en crois l'adage, il ne fait pas bon mettre les doigts. Or l'acte en travail social se produit dans cette tension, d'une position que l'on peut sans peine désigner comme ''éthique''. Une éthique du sujet et une éthique de la responsabilité. Une éthique de conviction et une éthique de la morale sociale, celle qui exige de prendre parti, pour ou contre. Pour une société plus juste, plus humaine ; contre la machine infernale du capitalisme, machine à briser les collectifs et à détruire la subjectivité. Pour la dignité humaine et contre la transformation de tout ce qu'il y a sur terre en marchandise, l'humain y compris. » Joseph Rouzel dans sa préface à l'édition de poche

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