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  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  •  « Qu'y a-t-il de vif, de libre, d'intransigeant dans la transmission de la psychanalyse ? Voici, de la part de Charles Melman, une suite de séminaires qui s'empare sans ambages de cette question. Face au déclinisme pompeux qui met du pathétique à la place de la recherche, ces paroles d'enseignement ont presque un caractère allègre et ne jouent pas la profondeur facile d'un choix de thèmes étiquetés importants et graves. La gravité est perceptible après coup, au détour d'un éclair de pertinence clinique, un peu comme dans la psychopathologie de la vie quotidienne de Freud. Le comique abyssal de l'inconscient éclaire d'un jour nouveau et exact nos symptômes les plus désespérants, et propose ici, à la place de la commémoration névrotique, un lieu possible d'invention. » Christiane Lacôte-Destribats

  • Le réel est dépourvu de sens, ce qui ne veut pas dire qu'il est sans représentation. Très tôt, Lacan l'énoncera dans son oeuvre. Et c'est par le biais du symptôme que l'analysant donne au psychanalyste les moyens d'appréhender ce qui se passe pour lui dans le réel. Cet ouvrage met au travail cette notion, que Lacan reprend et élabore tout au long de son enseignement, comme une recherche en lien avec la clinique.

    Pour les sciences, voire pour « la Science », cette notion de réel, tout aussi importante, se révèle indispensable à son élaboration.

    Des psychanalystes et des scientifiques de renom montrent en quoi le réel compte dans leur discipline et dans leurs recherches. En toute intelligence, les différences étant évidemment marquées, les exposés des deux approches viennent alimenter un débat d'une brûlante actualité. Ce dialogue vigoureux ouvre des perspectives passionnantes pour un travail encore en chantier.

  • L'art prolonge l'enfance et l'adolescence, période où la culture est particulièrement investie. Le goût pour les jeux vidéo et les références pop, notamment numériques, se sont imposés et laissent supposer que les héros de séries ou les super-héros sont entrés dans notre vie, comme de nouveaux amis ou des membres substitutifs de notre famille interne. Séries, cinéma, peinture, jeu vidéo, bande dessinée, livre ou autre flash mob, la pop culture ne se décline pas seulement en fonction de son média, elle a modifié notre façon de vivre.

    L'auteur explore la possibilité d'un voyage associatif à partir de son expérience clinique et d'artistes qui ont laissé une empreinte souvent essentielle. Des peintres modernes au Street Art, d'Arcimboldo, Iron Man aux transhumanistes en passant par Michaël Jackson et certains de ses patients, il s'attache à créer un décalage en subvertissant le réel.

    Cet entrelacs entre la culture et la clinique pose sans cesse de nouvelles questions voire de nouveaux défis quant à la compréhension de l'humain au contact de la modernité.

  • Le rêve, matériel décisif dans le travail analytique, constitue en quelque sorte un dialogue permanent avec l'inconscient. L'avancée de sa connaissance et les progrès de son déchiffrage continuent de représenter un enjeu important pour les rêveurs qui s'y consacrent et pour tous ceux qui s'intéressent aux modalités de la pensée du sommeil.

    Gisèle Chaboudez propose un abord renouvelé du déchiffrage des rêves, à la lumière des apports freudiens, de leurs remaniements et de leurs prolongements lacaniens, ainsi que de sa longue expérience clinique personnelle. Le rêve est exploré dans les processus littéraux qui le construisent, dans cette écriture en images dont le sens n'apparaît pas spontanément, dans la logique qui l'anime en séquences successives, comme en plusieurs actes d'un théâtre dont on ne perçoit pas aussitôt l'enchaînement. Il comporte encore des zones à éclairer pour saisir plus loin en quoi consiste cet inconscient qui écrit, qui secrète au sein du langage ses assemblages de mots en images, qui se manifeste comme un langage se servant des images pour faire apparaître son écrit.

  • Cet ouvrage a été le premier à montrer en quoi la psychanalyse contribue à éclairer le malaise dans la civilisation d'aujourd'hui. Il a généré nombres de colloques, rencontres, formations, et reste une référence pour les psychanalystes, les psychiatres mais aussi les travailleurs sociaux. Augmenté d'une partie parue dans Les désarrois nouveaux du sujet (érès, 2001), cette version constitue un document de travail de première valeur, qui a ouvert un champ entier pour la psychanalyse : analysant les conséquences de la mutation que nous vivons passage du primat de la religion à celui de la science il fournit au lecteur des repères pour comprendre les enjeux de notre monde actuel.

  • Si Charles Melman a jugé bon de travailler la clinique de la névrose obsessionnelle durant deux ans de séminaire, c'est qu'il la considère à la fois comme une clinique du passé et une clinique actuelle.

    Dans ses formes bénignes, on l'aperçoit à peine si l'on n'est pas un praticien averti. Par contre les formes graves sont très handicapantes, surtout socialement. Il y a dans cette pathologie de l'immuable, de la répétition, la culpabilité d'un meurtre que le patient aurait commis sans s'en apercevoir, sans parler de son impossibilité à réaliser ses voeux et son impuissance.

    L'étude très fine que fait Charles Melman dans le domaine de la linguistique et de la grammaire éclaire et élargit le travail de Freud à partir des carnets de l''Homme aux rats. Dans le texte allemand, il repère l'insistance de certaines lettres, propre à cette pathologie et met en évidence le travail de l'inconscient.

    Mise en vente le 27 août 2015.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud (

  • Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

    Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.

    Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

  • Depuis quelques années, un nouvel humanisme, une éthique et un droit de la vulnérabilité sont en train de naître sous nos yeux. Mais qu'est-ce que la vulnérabilité ? Pourquoi cette idée prend-elle tant d'importance aujourd'hui dans les débats politiques, juridiques, philosophiques et éthiques ? Comment comprendre qu'une politique de protection des personnes vulnérables puisse devenir aussi source d'exclusion, voire de restriction des droits ?

    Fruit d'un travail entre chercheurs et acteurs de terrains engagés dans les domaines du droit, de la psychanalyse, de la santé, de l'éducation et du travail social, cet ouvrage resitue la notion de vulnérabilité dans son contexte d'apparition historique, culturel et philosophique. Il soulève les problèmes et les opportunités que pose son usage dans le champ social. Tout en évitant le piège d'en  faire l'éloge, les auteurs analysent à quelles conditions une prise en compte renouvelée des vulnérabilités en société peut être vue comme une bonne nouvelle.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Peut-on se passer de la notion de sublimation en psychanalyse ? En clarifiant les apports freudiens et lacaniens, l'auteur contribue à étoffer cette notion et en révèle toute l'actualité pour les psychanalystes. 

    Dans son retour à Freud, Lacan a fourni à la sublimation les bases structurales d'une approche qui l'inscrit dans le cadre de « l'avènement exigé d'une érotique pour la psychanalyse », résolvant ainsi certaines contradictions qui pouvaient être engendrées à partir de Freud.

    En se demandant pourquoi cet apport lacanien reste méconnu, Erik Porge s'attache à montrer comment Lacan a pris appui sur la sublimation pour redéfinir la pulsion à partir de repères structuraux nouveaux (la Chose, la satisfaction de la répétition de la mêmeté de la différence, l'incommensurabilité de l'objet cause du désir...).

    La sublimation est au carrefour de points fondamentaux de la théorie analytique. Elle révèle le caractère propre de la pulsion sexuelle. Dans le prolongement des perspectives ouvertes par Lacan, l'auteur en propose une écriture borroméenne qui associe amour, désir et jouissance.

  • L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra-hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.

    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.

    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon. Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ». Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • La différence freudienne : ce titre s'impose de lui-même. Il marque le franchissement d'une frontière qui ne serait réversible qu'au prix d'une régression obscurantiste - malheureusement toujours menaçante.

    Tout en se tenant à l'abri des risques d'une vulgarisation contaminée par un idéal pédagogique, ce livre, en s'appuyant d'une part sur l'oeuvre de Freud et l'enseignement de Lacan, d'autre part sur la pratique psychanalytique des auteurs, propose des solutions précises et claires à une série de questions fondamentales au coeur de la psychanalyse contemporaine : le désir crée-t-il sa cause ? Le symptôme est-il insurrectionnel ? La jouissance est-elle à éradiquer ou à dévaloriser ? Le savoir psychanalytique peut-il se savoir lui-même? Qu'est-ce que la fonction phallique ? Peut-on et doit-on distinguer sexuation du côté femme et féminisation ?

  • Défendant des causes et vérités sans faille, les fanatismes religieux, idéologiques ou politiques font aujourd'hui retour en donnant lieu à de nouveaux types d'extrémismes. Dans leurs formes radicales, ils reposent sur des croyances et des idéaux instrumentalisés, au nom desquels des actes de violence sont parfois commis ? comme en témoigne leur dramatique récurrence ces dernières années.

    Cette montée en puissance des fanatismes nécessite d'être examinée dans ses conditions d'émergence et de diffusion (sociale et politique), dans ses soubassements et ressorts subjectifs ainsi que dans ses incidences sociopolitiques et psychopathologiques.

    Les auteurs s'attachent à transmettre des repères conceptuels, éthiques et cliniques de la radicalisation pour penser ses modes de prévention et de traitement en institutions. Ils montrent que les figures actuelles et variées de l'extrémisme sont à la fois la conséquence et la réponse à ce qui fait désormais malaise dans la civilisation.

    Publié avec le soutien, notamment, de l'équipe d'accueil 4050, laboratoire « Recherches en psychopathologie : nouveaux symptômes et lien social » de l'université Rennes 2 et de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF).

  • Comment aborder le « symptôme » non pas simplement pour le faire disparaître ou le camoufler, mais pour y trouver la matière à développer toute la richesse et la complexité de l'humain ? Voilà le « SINTHOME » et toute la fécondité du dernier Lacan.

    Le « sinthome » n'est pas le symptôme de telle maladie spécifique, c'est le déploiement de la pensée clinique.  Chaque figure de pensée clinique ne vaut en effet que par les erreurs, échecs et réparations qui la mettent en mouvement. Toute faute, toute lacune peut ainsi devenir le lieu d'une invention vivifiante. Tel est le vrai sens de la topologie lacanienne. L'explicitation précise et détaillée du séminaire XXIII de Lacan que propose Christian Fierens en donne un éclairage nouveau.

  • Si l'interprétation psychanalytique relève bien de l'action du psychanalyste et de la responsabilité qui lui incombe quant à son savoir-faire, elle n'est pourtant pas réductible à un énoncé (ou à un silence) de l'analyste. Lacan l'a plutôt définie comme un « dire de l'analyse » et n'a jamais cessé d'en interroger le sens.

    Nicolas Guérin suit l'évolution des propos de Lacan relatifs à la catégorie du sens, au carrefour d'autres disciplines comme la logique et la poésie. Il aborde ainsi des problématiques tangentielles comme la place de l'athéisme en psychanalyse et la reliogiosité de l'idéologie en vogue dans la communauté analytique sur les « nouveaux sujets ». Mais c'est en approfondissant ce que Lacan entend finalement par « sens blanc » (notion furtive qui n'apparaît que deux fois à la fin de son enseignement) qu'une conception spécifiquement lacanienne de l'interprétation peut être mise au jour et, avec elle, une reconsidération du champ de la parole et du langage en psychanalyse. 

  • La complexité croissante de la vie en société rend le changement social plus difficile. La transaction sociale constitue un bon outil pour comprendre et changer le monde. En 1978 et 1980, Jean Remy, Liliane Voyé et Émile Servais publiaient l'ouvrage fondateur de la transaction sociale, depuis longtemps épuisé, Produire ou reproduire ? en écho au débat qui opposait Pierre Bourdieu, défenseur de la reproduction de la société, à Alain Touraine, pour lequel il y avait production d'une société nouvelle par les mouvements sociaux. Entre ces deux visions incompatibles, les trois auteurs imaginaient des rapprochements ponctuels et partiels, ou transactions sociales.

    Contrairement à la transaction économique, la transaction sociale fait passer les valeurs avant les intérêts. Elle ne fait pas disparaître les conflits mais les « apprivoise » : la transaction sociale génère des compromis acceptables qui permettent de coopérer malgré des désaccords persistants. 

    En rendant les textes majeurs accessibles à un large public, cet ouvrage en montre la fécondité comme outil d'analyse de la réalité sociale. Sa conceptualisation s'est enrichie et complexifiée en quarante ans grâce notamment aux travaux du comité de recherche « Transactions sociales, cultures, émancipation » de l'Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) .

  • « Depuis la première publication de cet ouvrage en 1995, le paysage social s'est alourdi sérieusement et la place des éducateurs, modifiée, empire. Le déferlante du néolibéralisme, pointe la plus avancée du capitalisme qui livre la planète et les humains l'habitant à leur transformation en marchandise, touche de plein fouet un travail social qui s'est longtemps - trop longtemps - cru à l'abri. Les éducateurs, comme d'ailleurs toutes les professions qui ont pour essence la transmission de l'humaine condition - référée peu ou prou - à la fonction dite paternelle - se présentent forcément comme des empêcheurs de commercer en rond. Le travail éducatif n'est pas une marchandise, n'en déplaise aux fonds de pension qui lorgnent sur ce secteur d'activité porteur. Les éducateurs, qui font le pari de l'humain, s'inscrivent fatalement à l'encontre d'une société où le paraître et l'argent roi ont force de loi. Ils rappellent les principes de base de l'humanisation : l'être humain est castré et les humains ne tiennent ensemble qu'au prix de la perte de jouissance de chacun. Les éducateurs ont pour tâche, auprès des parents, des enseignants et des praticiens d'autres professions, de rappeler sans cesse cette évidence et d'en transmettre le sens. Oh ! Pas dans des grands discours, mais en les mettant en oeuvre au quotidien. Pris entre le marteau de politiques sociales de plus en plus répressives et ségrégatives et l'enclume du respect des sujets qu'ils accompagnent, ils se soutiennent d'une position forcément subversive. Cet ouvrage a donné lieu à bien des rencontres, bien des échanges. Il a constitué le fond de formations, de journées de réflexion, de confrontations. Souhaitons qu'il poursuive son chemin. Comme nos enfants, les livres sont fragiles, il faut un certain temps les tenir par la main. Ensuite, qu'ils mènent leur vie ! Bref le travail d'éducateur est un travail permanent de démocratisation. Parole d'éduc... »

  • Comme le montre la lecture de l'Hommage de Lacan à Marguerite Duras, la transmission de la clinique de l'analyste fait partie de la dynamique de la sublimation de celui-ci.

    L'hommage fait par Lacan à Marguerite Duras pour Le  Ravissement de Lol V. Stein garde son actualité 50 ans après. Il noue la problématique de la sublimation (destin d'une pulsion sans refoulement) à celle d'une fiction clinique faisant cas ; en l'occurrence, une folie féminine qui s'inscrit dans la suite de celles de Marguerite Anzieu (cas Aimée) et des soeurs Papin.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.

    Dans ce nouveau volume, il amplifie et complète les thèmes abordés dans le tome 1 en étudiant la névrose obsessionnelle à partir des carnets où Freud consigne au jour le jour les séances de l'Homme aux rats.

    Ce journal permet une analyse plus fine des grands traits de la névrose obsessionnelle à partir du texte même de son discours où se révèlent son besoin incessant de vérification, son impossibilité à se déterminer chaque fois qu'il doit faire un choix, la manière dont il répète toujours les mêmes attitudes... mais aussi sa culpabilité constante et son sentiment d'être un criminel.

    Tout au long de ce texte, Charles Melman nous mène, pour notre plus grand intérêt, dans le dédale de cette pathologie qui conserve malgré tout sa part de mystère.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud

  • Y-a-t- il une pensée politique chez Jacques Lacan ? Comment la psychanalyse, en intension, traite-t-elle ses propres agencements d'école (formation, passe, transmission...) ? Comment, en extension, peut-elle se situer par rapport au champ politique ? Le « politique » relèverait-il simplement de la fascination des idéaux, du miroitement des images ou renverrait-il aux régimes pulsionnels qui soutiennent les idéologies ?

    Dans une séance de son séminaire La logique du fantasme (1966-1967), Lacan déclare abruptement : « L'inconscient, c'est la politique. » Qu'entendre par là ? Tout en critiquant le côté religieusement messianique de sa doctrine, il a pu reconnaître en Marx l'inventeur du symptôme, forger sa notion de « plus-de-jouir » au regard de la plus-value marxiste, recomposer le rapport valeur d'échange/valeur d'usage...

    Au-delà de l'analyse classique de la politique souvent réduite à des rapports de pouvoir, Jean-Louis Sous met l'accent sur l'économie de la jouissance et des pulsions qui sous-tend l'assujettissement du sujet aux dispositifs institutionnels dans lesquels il est inscrit. Son hypothèse est que la politique, selon Jacques Lacan, renverrait plus largement à une économie politique qui concerne le régime de chaque sujet dans sa réponse aux représentations, aux mythes, aux fictions qui ne cessent de le phagocyter.

  • « Une nouvelle génération qui pense en images est née. Cette génération digitale peut vivre le meilleur comme le pire avec sa main, métaphore du moi.

    J'en ai évoqué le meilleur, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux modes d'accès au savoir, aux modes d'être, de pensée et de langage, aux modes relationnels et aux compétences aussi. Mais cette génération peut aussi connaître le pire des usages toxiques. Je ne suis pas assez naïf pour le nier.

    La voie de l'avenir me semble être à mi-chemin entre la surexcitation face à tout ce que la main peut entreprendre dans le virtuel et le rejet massif des mondes numériques. J'ai choisi l'enthousiasme parce que je suis confiant dans les ressources humaines pour apprivoiser un outil encore sauvageon, et pourquoi pas, empoisonné, dont je cherche pourtant comme psychanalyste à explorer les usages thérapeutiques.

    Je reste chercheur tout en estimant d'expérience que le virtuel est un outil plein de richesses pour panser des blessures. J'ai surtout voulu montrer que les mondes numériques peuvent réellement aider les enfants à grandir et les adultes à retrouver l'enfant qui est en eux, à cheval entre illusions nécessaires et désillusions constitutives. » M.S.

  • En nous, peu à peu, le doute s'est insinué : cette humanité dont le paradigme, plus ou moins idéalisé, a structuré le rapport des Occidentaux à eux-mêmes et aux autres existe-t-elle encore ? A-t-elle jamais existé et si oui depuis quand ? Et si oui encore, quels sont ses traits distinctifs ? Ces traits sont-ils universels (au sens de identiques toujours et partout) ? Constate-t-on dans la modernité un effacement ou une déformation, un délitement ou une transformation de ces traits ?

    Ces interrogations s'inscrivent dans la continuité du questionnement porté par Michel Foucault il y a 50 ans. Les auteurs le reprennent et le transforment, à partir de cet objet intime et toujours étranger que le corps constitue pour chacun et pour les autres.

    C'est donc du corps qu'il s'agira ici, au sens non seulement du corps propre, mais également du corps pulsionnel, imaginaire, malade, etc. Quelles projections anthropomorphiques sont à l'oeuvre dans les inventions technologiques de l'intelligence artificielle et des biotechnologies ? Quels sont les enjeux subjectifs de la demande de maîtrise technologique sur le corps en matière de génie génétique, prothèses, ou lutte contre le vieillissement ? Comment les dispositifs machiniques interfèrent-ils dans la vie affective du sujet et la construction de son image ? Quels rapports de pouvoir sont impliqués dans les techniques génétiques et les appareillages prothétiques ?

    C'est à l'élaboration de ces interrogations que concourt ce travail collectif.

  • Ce livre est le fruit d'une rencontre entre un psychanalyste concerné par l'évolution de la société et les accueillants de la structure Dolto, « Le Jardin Couvert », qui fonctionne à Lyon depuis plus de trente ans dans l'esprit de la psychanalyse.

     

    L'enfant vient au Jardin Couvert avec son père, sa mère ou tout autre adulte proche pour rencontrer les autres et apprendre à vivre avec eux dans la sécurité d'une présence familière. Parfois, les familles, préoccupées par des difficultés minimes ou plus sérieuses, viennent y chercher des repères, un éclairage neuf, une direction à inventer. Elles sont assurées d'être entendues dans leur singularité. La demande d'aide, de conseils peut constituer un évitement à s'engager dans ce que, comme parents, ils savent déjà. Les accueillants s'attachent à leur faire découvrir qu'ils ont en eux les possibilités de trouver des solutions adéquates et de s'occuper d'une façon juste de leur enfant.

    Des moments vécus au Jardin Couvert constituent la matière de ce livre. Ils font entendre combien pour grandir, il est important que enfants, parents et accueillants se laissent guider par la parole et par ce que parler implique.

    Dans sa postface « OEdipe empêché », Jean-Pierre Lebrun rend compte conceptuellement, mais de manière accessible à tous, du quotidien au Jardin Couvert, à savoir les effets actuels du néolibéralisme qui modifie en profondeur les liens sociaux et par conséquent les rapports parents-enfants.

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