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  • La démocratie confinée ; l'éthique quoiqu'il en coûte Nouv.

    Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • Lire l'entretien avec l'auteur

    Sollicitée par la grande presse brésilienne, Betty Milan a tenu pendant longtemps la rubrique du Courrier du coeur. En répondant en écrivain qui a une formation analytique aux lettres des lecteurs, elle s'est attachée à développer une nouvelle forme d'éducation sentimentale en phase avec les interrogations de notre époque.

    « Pour répondre aux questions, en mettant en relief les mots utilisés, les lapsus et les répétitions, je souligne ce qui est important pour que mon correspondant puisse découvrir la raison de sa souffrance.

    Ce qui me guide, c'est le désir de faire passer deux idées de base. La première, c'est qu'il est aussi important de se libérer des préjugés que de la tyrannie du sexe. La liberté sexuelle dépend de la liberté subjective, qu'aucune révolution ne saurait enseigner. Le sexe n'est libre que s'il échappe à l'incrimination, à la contrainte et à la compulsion. La seconde idée, c'est que pour s'affranchir de son inconscient, il est nécessaire de prendre en compte son existence et interpréter ses manifestations quand il le faut. » BM

  • La crise sanitaire révèle les failles béantes de nos sociétés : elle agit comme un révélateur au sens de précipité chimique. Nous nous retrouvons tous démunis. À l'évidence, le coronavirus est un accélérateur d'entropie. Cette entropie que nous refusions d'accepter, que nous avons cherché à éradiquer par tous les moyens, cette entropie qui est la cible des utopies transhumanistes, la voilà qui ressurgit de façon violente.

     

  • Le couple nous fascine, et quelque part nous épouvante, car il pose les questions existentielles des normes et des valeurs sociales d'un côté, des investissements psychiques et des sentiments de l'autre. À l'époque de la renégociation du contrat de genre dans les sociétés démocratiques et néolibérales, du speed dating, du démariage et de l'obsolescence programmée, on assiste à un renouvellement en profondeur des formes sociales de la vie commune et des positionnements subjectifs que nécessite l'existence même du couple.

    Les solutions, désormais, sont individuelles et ce livre permet de mieux comprendre la complexité des questions que le couple suscite aujourd'hui. Les auteurs en analysent les multiples facettes - des circonstances de leur naissance aux difficultés de leur maintien - ainsi que la diversité des pratiques conjugales : place des nouvelles technologies dans la formation des couples, de l'infidélité, diverses conceptions de l'amour chez les jeunes, augmentation des couples mixtes ou des unions homosexuelles.

  • L'originalité de cette recherche est d'explorer les motivations, le parcours, le vécu d'hommes devenus pères (ou désireux de le devenir) dans un contexte homoparental. Beaucoup se sont tournés vers la coparentalité. Quelques-uns vers l'adoption. En choisissant la gestation pour autrui, ils se trouvent confrontés à des questions totalement inédites. Fondé sur les témoignages de ces nouveaux pères recueillis lors de longs entretiens, l'ouvrage rend compte de la partition originale qu'ils ont en partie improvisée, repensée au long du parcours, parfois réévaluée avec l'arrivée de l'enfant. Ces parents hors norme interrogent la société sur la parenté, la parentalité, la place du lien biologique dans l'enfantement, la diversité des projets parentaux, la démultiplication des modalités d'enfantement, le « vivre ensemble » dans un monde marqué du sceau de la parenté plurielle.

    Martine Gross est ingénieure de recherche en sciences sociales au CEIFR (CNRS). Ses recherches ont notamment porté sur les relations intergénérationnelles, la transmission des identités religieuses, la désignation des liens dans les familles homoparentales, le désir d'enfant chez les gays et les lesbiennes.

  • Les médecins hospitaliers n'ont pas l'habitude de se plaindre. Leur vocation est de soigner les autres et non de se préoccuper de leur propre santé physique et psychique. Et pourtant burn-out, suicides et accidents professionnels ne sont pas rares dans la communauté médicale.

    Au CHU de Montpellier, à la suite de la mort tragique d'un jeune médecin, un groupe « bien-être au travail » s'est créé dans l'objectif de valoriser l'expression du vécu du métier plutôt que de rechercher les coupables. Les difficultés relationnelles au sein des équipes médicales et le sentiment de non-reconnaissance sont apparus comme facteurs principaux de souffrance. Ce changement de représentation sociale du médecin à l'hôpital a conduit à des actions concrètes : amélioration des relations médecins /directeurs, ouverture d'une consultation spécifique pour les médecins, rédaction d'une charte des relations en équipe... 

    À l'ère d'un management centré sur la performance et l'inflation des messages électroniques, cette expérience, qui se poursuit aujourd'hui, montre combien les échanges « en chair et en os » entre collègues sont les garants d'une coopération efficace et de la santé au travail. Médecins et directeurs en témoignent. Une bande dessinée illustre quelques aspects de leur vie dans l'hôpital du XXIe siècle.

  • Le travail social est « un sport de combat ». Devant les réformes qui modifient l'exercice de leurs métiers, les auteurs se mobilisent collectivement pour défendre leur histoire, leurs pratiques et leurs formations.

    Notre modèle social, nourri d'égalité et de solidarité, n'est pas qu'affaire de droits, d'allocations et de services. Pour les différents métiers du travail social, qui sont, quoi qu'en disent certains, bien adaptés aux exclusions et souffrances actuelles, la qualité de la relation doit rester centrale dans une clinique singulière du quotidien et des circonstances. La parole dédiée en est l'outil de base, elle s'impose et mérite considération. La relation clinique, tout comme la relation éducative, est et doit rester l'exact opposé de la relation client.

    Contre le social bussiness et pour une solidarité organisée et durable, les professionnels du travail social souhaitent légitimement faire bouger les lignes depuis qu'il est question de « réingénieriser » de façon autoritaire leurs professions, sans doctrine globale faisant projet commun, ni véritable engagement public sur le sens et la nécessité de la protection sociale aujourd'hui au XXIe siècle.

  • Un ouvrage de référence sur la psychosociologie : repères conceptuels et méthodo-logiques, auteurs précurseurs et fondateurs de la discipline. Enrichie de dix notices inédites, cette nouvelle édition rend compte de l'actualité de cette discipline.

    Les articles ont été rédigés par les chefs de file de la psychosociologie qui ont contribué à diffuser l'influence de la discipline dans de nombreux domaines (sciences de l'éducation, formation, pédagogie, enquête sociale et économique - travaux sur l'opinion publique, études de marché ou de motivation -, compréhension, analyse et traitement des situations sociales, en psychothérapie ou dans le travail social en général) et ont renouvelé les perspectives concernant les groupes et les relations de groupe, les structures d'organisation, les processus de changement, le traitement des conflits sociaux et leurs incidences sur les personnes.

    Le présent ouvrage dirigé par Jacqueline Barus-Michel, Eugène Enriquez et André Lévy, psychosociologues, enseignants et chercheurs, a été conçu et réalisé dans le cadre du CIRFIP (Centre international de recherche, formation et intervention psychosociologiques). Avec notamment, Gérard Mendel, Jean-Claude Filloux, Jacques Ardoino, Jean Dubost, Max Pagès, Florence Giust-Desprairies, Guy et Jacqueline Palmade, Vincent de Gaulejac, André Sirota, Dominique Lhuilier, Guy Jobert, Gilles Amado, Georges Lapassade, Ophélia Avron, Jacques Cosnier, Rémi Hess, Anne Ancelin-Schutzenberger, André de Peretti.

  • Dans les années 1980, des centres d'accueil pour femmes victimes de violences conjugales fleurissent sur le territoire. Chaque institution est marquée par les circonstances de sa naissance et par les hommes et les femmes qui la font vivre, autant du côté des professionnels que des usagers. Ce livre raconte l'histoire d'un lieu, les histoires des femmes qui y sont passées plus ou moins rapidement, qui y ont vécu parfois longtemps : histoires de rencontres, histoires de vie.

  • Les chercheurs en sciences sociales ne prennent généralement pas en compte le facteur religieux lorsqu'ils analysent les transformations des formes familiales. La démarche novatrice du présent ouvrage réside dans la mise en relation systématique du religieux et de la parenté en explorant les représentations sociales, les normes et les pratiques des acteurs pris entre normes religieuses et mutations contemporaines de la famille. Martine Gross, ingénieure de recherche en sciences sociales au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (CNRS) Séverine Mathieu, agrégée de sciences sociales, docteure en sociologie, enseignant-chercheur à l'EPHE, membre du groupe « Sociétés, religions, laïcité » (CNRS) Sophie Nizard, maître de conférences à l'université de Strasbourg, chercheur au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (CNRS)

  • À partir d'une longue expérience de juge des enfants, l'auteur raconte six histoires d'enfants-otages (enfants-miroirs , enfants-boucliers, enfants-trésors de guerre...) pris dans des conflits d'adultes, en se plaçant « à hauteur d'enfant ». Au moment où le discours social et médiatique se focalise majoritairement sur la délinquance des mineurs, ce livre voudrait recentrer l'attention de notre société sur la détresse de nombreux jeunes. En choisissant d'écrire des récits de vie, du strict point de vue de l'enfant prisonnier dans les déchirures des adultes, l'auteur veut donner à penser la place de l'enfant dans notre société et crier « aux voleurs d'enfance » avant qu'il ne soit trop tard.

  • A partir des observations systématiques des audiences correctionnelles en matière de comparution immédiate menées pendant six mois à Toulouse, soumises à une analyse statistique et qualitative, puis commentées par des spécialistes, cet ouvrage met en lumière les particularités d'une démarche judiciaire, de plus en plus souvent utilisée, qui peut être qualifiée d'expéditive, voire d'aveugle. Aux motifs de gestion des flux et de réponse immédiate à des faits délictueux, celle-ci accentue la dégradation d'un système social dans lequel les personnes défavorisées sont plongées.

    Patrick Castex (ancien magistrat), Rémi Cochard, Hervé Dubost, Daniel Welzer-Lang (sociologue) sont militants de la Ligue des Droits de l'Homme (Toulouse)
    De nombreux spécialistes de la justice (magistrats, avocats, sociologues, psychiatre...) ont collaboré à cet ouvrage. Parmi eux : Serge Portelli, Laurent Mucchielli, Pascal Nakache (Président de la section de Toulouse de la Ligue des droits de l'Homme).

  • De par son actualité et son originalité tenant à la diversité des disciplines représentées, cet ouvrage collectif participe au débat scientifique sur la question des précaires, des précarités et des multiples formes de précarisations qui sévissent dans notre pays, mais aussi dans d'autres pays européens et outre-Atlantique, et ont un impact sur la vie des familles et des enfants. Une telle publication est aussi l'occasion de confronter les résultats de recherche issus de travaux scientifiques nationaux et internationaux, d'échanger sur des pratiques professionnelles diversifiées et de préciser les politiques sociales et les multiples actions menées auprès des familles.

    Chantal Zaouche est professeure en psychologie du développement à l'université Toulouse-II

  • Des auteurs et écrivains d'horizons différents (philosophie, sociologie, médecine, psychanalyse, littérature, poésie, art...) confrontent leurs émotions, leurs expériences, leurs réflexions, à propos de cette injonction difficile " Vivre quand le corps fout le camp ! " au coeur de nos sociétés jeunistes plutôt habituées au déni de la maladie, de la perte et des monstruosités du corps. Parce que l'image est à ce point difficile à soutenir, l'art et la peinture de Jean Rustin accompagnent les textes. Parce que le langage même se perd à vouloir comprendre, c'est à la poésie de lier et délier nos soubresauts existentiels... Parce que finalement, être, c'est mourir.

  • Comment se construit-on socialement et professionnellement quand on est handicapé ? Cinq personnes avec un handicap physique nous confient les clés de leur art d'être différent.

    Deza Nguembock, Lalie Segond, Benoît Walther, Nicolas Bissardon et Marie Decker vivent chacun avec un handicap physique inné ou acquis au cours de l'enfance. Ils ont entre 31 et 45 ans, ont des vies professionnelles, personnelles, amoureuses, familiales et amicales riches et remplies. Dans leur dialogue avec Blandine Bricka, ils racontent sans pathos mais non sans nuances leur parcours de vie et d'initiation à soi, questionnent leur relation à eux-mêmes tout au long de leur développement et de leurs contacts avec les autres - corps médical et proches. Ils évoquent le rôle fondamental de leurs parents, et la manière dont aujourd'hui, ils sont à leur tour devenus parents ou envisagent de l'être.

  • L'auteur, à travers huit récits, s'intéresse à ceux qui vivent la prison à l'extérieur des murs : femme, mère, enfant, petit frère, surveillant, éducateur, bénévole. Ces histoires sont reliées entre elles par la présence plus ou moins prégnante du juge d'application des peines Vermorel, véritable « fil rouge », dont on mesure l'implication dans un établissement ordinaire, la prison de Nantes. A travers des histoires émouvantes accessibles à tous, créées à partir d'une expérience professionnelle de juge et d'innombrables heures d'écoute en prison et au tribunal, ce livre rassemble des points de vue et des souffrances multiples autour de la question de l'enfermement... Odile Barral, actuellement juge des enfants à Toulouse

  • Historien, psychologues, psychanalyste, sociologues, musicologue, géographe, spécialistes de l'art et des sciences de l'éducation, philosophe, linguiste présentent un état des lieux des études de genre sur les « masculinités ». Le livre aborde ainsi de vastes domaines des vies masculines : sexualités, vie scolaire, loisirs, musiques urbaines, paternité, homoparentalité, violences, prison, guerre, suicide, art, etc. Il questionne l'avenir des relations homme/femme dans notre société en transition rapide et aborde concrètement certains changements masculins, mais aussi certaines résistances masculines au changement. Daniel Welzer-Lang, sociologue, professeur en étude de genre à l'université Toulouse II-Le Mirail Chantal Zaouche Gaudron est professeure en psychologie du développement à l'université Toulouse II-Le Mirail

  • « L'Europe est sous l'eau. Des habitants de Bagatelle, quartier populaire de Toulouse, attendent sur le toit d'un immeuble une embarcation pour partir en Afrique. Pendant ce temps, dans un bunker sous marin, se tient une réunion exceptionnelle des ministres européens de l'environnement ». Ailleurs est une expérience de création théâtrale avec des habitants d'un quartier populaire de Toulouse. Cet ouvrage révèle cette aventure singulière, rencontre humaine et défi artistique à laquelle se sont joints des universitaires.

  • L'objectif de cet ouvrage est d'appréhender, dans une double perspective développementale et psychosociale, le processus de socialisation différenciée des filles et des garçons au sein de leurs différents milieux de vie, en examinant notamment les enjeux personnels (identitaires), scolaires et professionnels. Dans ces analyses, est privilégié le point de vue du sujet (enfant, adolescent, adulte) : comment celui-ci structure ses différentes expériences de vie en leur donnant du sens, comment il se construit en tant que fille, femme, garçon, homme, etc. Véronique Rouyer est maître de conférences en psychologie du développement, (Toulouse) Sandrine Croity-Belz est maître de conférences en psychologie sociale (Toulouse)Yves Prêteur est professeur en psychologie du développement et de l'éducation, (Toulouse)

  • Ce volume est à la fois un livre d'histoire et un livre d'histoires : histoire de l'implantation du service social colonial et son devenir après les indépendances ; histoires de celles qui furent les pionnières et les actrices.

    Grâce à un considérable travail d'archives, Simonne Crapuchet, auteur coordinatrice, retrace un pan encore méconnu de l'histoire coloniale et post-coloniale. Sa triple position de chercheuse, enquêtrice et actrice de cette histoire explique la diversité et la qualité des témoignages qu'elle a su recueillir à côté du sien : témoignages savoureux parfois, instructifs
    toujours, de femmes qui, au Tchad, au Vietnam, en Côte d'lvoire, au Congo, au Burkina-Faso, à Madagascar, au Cameroun, au Sénégal, au Laos, en Guinée, en Centrafrique, contribuèrentà la création et au développement de services sociaux ruraux et urbains, furent assistantes sociales des Armées ou d'entreprises, qu'elles soient laïques ou religieuses, et quels que furent leur bord politique ou leur lucidité face à l'irréversibilité des indépendances.

    Ces femmes se trouvèrent parfois en butte à l'incompréhension des administrations et/ou des services divers, mais elles surent s'imposer grâce à leur volonté de pionnières et grâce à leur connaissance du terrain. Elles éclairent ici, avec leurs souvenirs et la mise à jour qu'en fait Simonne Crapuchet, bien des aspects encore vivants de continents qu'un Occident trop sûr de lui a tendance aujourd'hui à uniformiser dans une même misère.

  • La défaite et l'exode de 1940 amplifient démesurément les problèmes de l'enfance et suscitent par là-même des situations inédites : un cinquième de la population erre le long des routes, de nombreuses familles sont disloquées, près de 90 000 enfants sont "perdus" et la délinquance des jeunes augmente de façon sensible. Pour faire face à cette désorganisation sociale, vont se créer, dans la France de l"0ccupation, de nouvelles institutions : initiatives publiques ou privées mais aussi entreprises de personnes agissant avec l'accord, l'appui ou même parfois à l'instigation des autorités en place. Ce sera le cas, exemplaire, de l'Institut pédotechnique de Toulouse Saint-Simon. Ces tentatives vont se situer, pour les pouvoirs publics, dans une visée politique à plus long terme : coordonner à l'échelle régionale l'ensemble des équipements concernant l'enfance en difficulté actuels et à venir.

    Créé le 22 juin 1941 par l'Abbé Plaquevent, l'Institut pédotechnique de Toulouse Saint-Simon peut être considéré comme significatif de ce qui deviendra après la guerre "le secteur de l'enfance inadaptée" par son double caractère 1 centre d"observation pour enfants en difficulté et centre de formation de personnel éducatif. Mais cette institution présente aussi une forte singularité : dès sa fondation, ces deux structures distinctes sont liées organiquement au sein d'un même ensemble.

    Cette recherche à visée historique s"appuie sur le dépouillement d'archives publiques et privées complété par des entretiens avec une vingtaine d'acteurs, témoins de l'époque. Elle s'est déroulée à l'initiative et dans le cadre d'institutions héritières de l'Institut pédotechnique - le collectif St-Simon, l'Institut régional de formation aux carrières éducatives et sociales - gérées
    par l'Association régionale pour la sauvegarde de ltenfant, de l'adolescent et de l'adulte (ARSEAA) créée en 1943. L'association Echo Saint-Simon a joué un rôle moteur dans ce travail collectif.

  • Les sciences humaines connaissent, en ce début de XXIe siècle et depuis trois décennies déjà, une période d'important reflux alors que, nées seulement depuis un peu plus d'un siècle, elles auraient dû au contraire s'orienter vers une phase de plein épanouissement. Revenir sur leurs fondements s'avère nécessaire pour questionner la pertinence de leur projet. L'auteur s'attache donc ici, non à faire l'histoire de ces sciences, mais à restituer la problématique à partir de laquelle elles se sont élaborées, dans le seul but d'éclairer les problèmes dont nous héritons aujourd'hui concernant l'homme saisi dans son fonctionnement spécifique. Cet ouvrage d'une grande clarté a par conséquent une portée épistémologique.

  • Éprouver le corps. Au croisement des conformations sociales, des injonctions biopolitiques et des constructions biographiques individuelles, l'objet de cet ouvrage est de saisir les expériences dont le corps est le lieu, au sens d'abord le plus physique et sensible du terme. Cet éprouvé du corps est envisagé sous l'angle de « l'apprendre », d'un apprendre généralisé entendu comme la somme des processus de formation et des apprentissages de toutes natures dont le corps est à la fois l'objet et le sujet.

    À travers la polysémie d'un « éprouver » renvoyant aussi bien au ressenti, à la connaissance par l'expérience qu'à la mise à l'épreuve d'un moi-corps, les auteurs invitent à une approche sensible des corps. Corps angoissé des enseignants, corps contraint des élèves, corps extrême des conduites à risque, corps transformé ou assigné dans un sexe ou un genre, corps maternant, désirant, handicapé, corps de l'artiste ou du politique : le corps est appréhendé dans son espace propre et dans les espaces qu'il déploie à partir de lui.

    Ouvrage publié avec le soutien scientifique du Centre interuniversitaire de recherche EXPERICE (Paris 13- Paris 8).

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