Fayard/Mille et une nuits

  • En octobre 1946 - après un cruel congé guerrier -, Jean Rouch embarque avec deux amis, comme lui jeunes ingénieurs des Ponts et Chaussées, sur un radeau fabriqué par leurs soins à la source du Niger. Les trois hommes seront les premiers à réussir l´exploit, tenté avant eux par Mungo Park, de descendre les 4 200 kilomètres du grand fleuve de sa source jusqu´à son embouchure. La « belle promenade » de huit mois scelle le destin de Jean Rouch : le cours du fleuve lui dévoile tout un monde qu´il n´aura de cesse ensuite, devenu ethnologue et cinéaste, d´explorer. Dès les années suivantes, il met sur pied deux autres missions pour pénétrer les «mystères et la poésie des hommes du Niger ». Au pays des mages noirs, des Songhay, des pêcheurs sorko et des danseurs possédés par les dieux, l´aventure est avant tout humaine. Il ne sera jamais un « savant aux yeux secs ». Il a trouvé sa méthode : indépendant, il mène ses études d´«homme à homme», tel un étranger venu « le plus humblement possible, c´est-à-dire le plus amicalement possible ». Et ses compagnons africains seront ses meilleurs alliés dans son travail scientifique. Alors le Noir et le Blanc seront amis est le récit des trois premières missions de Jean Rouch, de 1946 à 1951, publié en 1951 dans le journal Franc-Tireur, jamais repris en volume.Jean Rouch (1917-2004) est l´un des grands ethnologues du XXe siècle. Arrivé en 1941 à Niamey (Niger) comme ingénieur pour construire des routes, il publie en 1943 dans Notes africaines un « Aperçu sur l´animisme songhay ». Au lendemain de la guerre, il fait sa thèse avec Marcel Griaule et entre au CNRS en 1953. Son oeuvre cinématographique, fondée sur ses recherches, est très vite reconnue dans le monde entier : Initiation à la danse des possédés (1949), Les Maîtres fous (1957), La Chasse au lion à l´arc (1965) sont primés à Biarritz et à Venise. Jean Rouch a disparu le 18 février 2004 dans un accident de voiture au Niger. Après des funérailles nationales et rituelles, il repose au bord du fleuve.

  • Alors que le capitalisme néolibéral multiplie ses ravages (crises économique, écologique, alimentaire.) et que la vie, soumise au travail abstrait, apparaît toujours plus fragmentée, privée de sens, toute critique radicale du monde existant a disparu.Face au marxisme - et avec lui à tous les restes de la gauche - qui réduit la pensée de Marx à une théorie apologétique du capitalisme interventionniste d'État, Moishe Postone débarrasse les concepts de Marx du ballast marxiste et réélabore une théorie critique qui s'attaque à l'essence même du capitalisme : la forme de travail spécifique à cette formation sociale.Le travail sous le capitalisme n'est pas une activité extérieure au capitalisme, et donc à libérer ; il est le fondement du capitalisme, et donc à abolir. Les marxistes de tout poil dénonceront comme abusive une telle lecture de Marx, et les divers marxologues y trouveront matière à faire vivre un peu leur spécialité sans emploi. Mais ce qui jugera vraiment le livre de Postone, ce sera s'il fournit, ou non, la base d'une critique du capitalisme adéquate à notre époque.

    Né au Canada en 1942, Moishe Postone est professeur au département d'Histoire et d'Études juives de l'université de Chicago. Il a publié Temps, travail et domination sociale en 1993. En plus de la présente version française, ce livre a été traduit en allemand et en espagnol. Un recueil de trois textes de Postone est paru aux Editions de L'Aube en 2003 sous le titre Marx est-il devenu muet ?.
    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Olivier Galtier et Luc Mercier.

  • À l'instar de Platon, qui s'interrogeait sur la possibilité d'enseigner la vertu, Schopenhauer doute fortement que la philosophie, c'est-à-dire l'amour de la sagesse, puisse faire l'objet d'un enseignement scolaire, qui plus est rémunéré. Aussi accuse-t-il les professeurs de philosophie de son temps (en premier lieu Hegel, sa tête de turc préférée) d'être de nouveaux sophistes, voulant vivre de la philosophie plutôt que vivre philosophiquement.Le véritable philosophe ne saurait être un docile fonctionnaire d'État, mais un esprit libre et impertinent. Nietzsche se souviendra de cette leçon de son « éducateur » dans Par-delà le bien et le mal quand il opposera les philosophes de l'avenir aux simples « ouvriers

  • Penser d´une façon conspirationniste, c´est non pas croire que les complots existent, car ils n´ont jamais cessé d´exister, mais voir des complots partout et croire qu´ils expliquent tout ou presque dans la marche du monde. Il faut clarifier les termes employés, car l´expression « théorie du complot » (conspiracy theory, Verschwörungstheorie) est trompeuse. L´histoire universelle est remplie de complots réels, qui ont abouti ou échoué. Mais elle est aussi pleine de complots fictifs ou imaginaires attribués à des minorités actives ou aux autorités en place (gouvernements, services secrets, etc.), objets de croyances collectives. Dans l´expression mal formée « théorie du complot », le « complot » est nécessairement un complot. Dans un monde de fortes incertitudes et de peurs, où l´adhésion aux « grands récits » de nature religieuse a faibli, la multiplication des représentations ou des récits conspirationnistes, leur diffusion rapide et leur banalisation, est un phénomène remarquable, mais aisément explicable : ces récits, aussi délirants soient-ils, présentent l´avantage de rendre lisibles les événements. Ils permettent ainsi d´échapper au spectacle terrifiant d´un monde chaotique dans lequel tout semble possible, à commencer par le pire. D´où le succès public de ces récits. Sous le regard conspirationniste, les coïncidences ne sont jamais fortuites, elles révèlent des connexions cachées, et permettent de fabriquer des modèles explicatifs des événements. Les cas fourmillent, de l´« affaire DSK » à la grande crise financière actuelle...

  • Pierre Legendre, historien du droit et philosophe, s´attache, au-delà du cas spécifique des sociétés occidentales, à cerner, nommer et décrire les structures anthropologiques primordiales qui font la cohésion des groupes humains en sociétés. De quoi est donc faite cette « colle », qui permet que cela tient ensemble ? aime-t-il dire familièrement. Dans deux conférences inédites, prononcées à l´automne 2011 et au printemps 2012, il revient à la charge, et, met au jour ce soubassement qu´il nomme le Fiduciaire. Dans sa première conférence, il explique pourquoi il importe de prendre ses distances avec le concept occidental de « Religion », tout à fait usé, qui ne permet plus de comprendre notre civilisation et nourrit les malentendus avec les autres. Il donne les premiers « Éléments pour une théorie du Fiduciaire », terme juridique d´origine romaine qui désigne un montage triangulaire, assurant le transfert d´un bien et mettant en jeu deux personnes engagées vis-à-vis d´un garant. Une fois l´obstacle du mot religion levé, il peut faire retour sur les figures du garant qui accompagnent depuis toujours l´humanité, autour desquelles se constitue le lieu de la légitimité et se déploie le théâtre de la parole. Car, les mots sont un « mode de présence qui ne se discute pas » ; on a foi dans les mots ; « l´autorité des mots est fiduciaire ». Fonder l´autorité des mots est un enjeu fondamental. Dans la seconde, intitulée « La politique, le droit. Le silence des mots », il revient sur la manière dont l´Occident a posé et interprété la question « Qu´appelle-t-on gouverner ? » : c´est toute notre histoire, que le reste du monde regarde avec les lunettes de ses multiples traditions.

  • L'alerte a été lancée par les scientifiques : un profond changement climatique est en train de s'accomplir, qui inquiète les populations. Ces prévisions alarmantes obligent les hommes politiques et les pouvoirs économiques à se positionner? Dans l'esprit de bon nombre de citoyens, il serait temps de passer à une phase qui marquerait une rupture réelle avec la société productiviste négatrice de l'environnement. Or, dans l'esprit des dirigeants, il est au contraire temps de tirer profit de la crise environnementale.De fait, la finance s'est déjà emparée de la crise environnementale et la "valorise". Derrière les émissions de CO2 que tout le mondeou presque affirme vouloir diminuer dans le cadre du fameux protocole de Kyoto, a été taillée sur mesure une "solution" pour les industriels et les investisseurs : le boursicotage des "droits à polluer". Comme si le marché était à même de remplir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre... Nouvel étage de la finance internationale, des marchés où s'échangent les "droits à polluer" sont depuis peu en activité.Plus de dix ans après l'entrée en vigueru de Kyoto, il est crucial d'analyser les conséquances de la "finance carbone".L'auteur décrit pour la première fois les coulisses d'un secteur émergent, promis à un avenir radieux, juqu'aux krachs certains : spécultaif et écologique.Membre d'Attac France jusqu'en 2007, président de l'association Inf'OGM, secrétaine national du Mouvement politique d'éducation poupulaire (M'PEP), Aurélien Bernier est chargé de mission dans l'environnement. Il a travaillé pendant dix ans pour l'Agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe).

  • Que renferme l'expression « démocratie participative » ?N'est-elle pas un pléonasme ? toute démocratie n'appelle-t-elle pas une participation de tous ?La démocratie participative peut-elle encore, en ce cas, être légitimement opposée, et comme « démocratie directe », à la démocratie représentative ? Ne traduit-elle pas plutôt une forme de populisme ?Quelle consistance donner à ce qui pourrait constituer une très belle proposition politique ? remettre la participation au coeur d'un nouveau projet politique ? Et face à quelle menace contre la démocratie ? Et que dire, et de cette menace, et de l'actuelle mise en oeuvre d'une « démocratie participative » dans la campagne électorale ? Celle-ci peut-elle remédier à la crise de défiance des citoyens ?La participation est-elle réductible à une prise de parole puis à un bulletin dans une urne ? En quoi les technologies dites collaboratives peuvent-elles contribuer à la mise en oeuvre d'une nouvelle sorte de démocratie, et en quoi ne peuvent-elles pas y suffire ? La participation ne concerne-t-elle pas l'organisation de toute l'économie politique industrielle telle qu'elle se met en place en ce début de XXIe siècle ? Chacun ne sent-il pas que, faute d'une nouvelle participation des hommes à la construction de leur avenir dans toutes ses dimensions, et comme nouvelle forme de civilisation, le monde court à sa perte ?

  • Qu'y a-t-il de commun entre les romans à énigmes de Dan Brown, thrillers ésotérico-religieux devenus best-sellers internationaux, et la masse des pamphlets d'extrême droite dénonçant des complots organisés par des puissances occultes ou semi-occultes visant à installer un « gouvernement mondial » ? Quelles croyances et quelles passions partagent les amateurs de la série télévisée X-Files, les fans de films, de BD ou de jeux vidéo mettant en scène des sociétés secrètes ou des invasions d'extraterrestres, les consommateurs immodérés de nourritures « ésotériques » en tout genre, et les demi-savants peuplant le monde des « historiens alternatifs », dénonciateurs fanatiques du « complot mondial » ?En fournissant des éléments de réponse à ces questions, Pierre-André Taguieff nous invite à explorer la nouvelle culture populaire massivement diffusée sur Internet, ce qu'il faut bien appeler le bazar de l'ésotérisme. Il part d'un constat : les fictions signées Dan Brown, parmi de nombreuses autres n'ayant pas rencontré un succès comparable, puisent dans le même fonds symbolique qu'une multitude de pamphlets conspirationnistes publiés depuis le début des années 1980. Ce stock de rumeurs, de légendes et de croyances - nées parfois il y a plus de deux siècles, comme la légende des Illuminati - ne cesse d'être exploité par des entrepreneurs culturels spécialisés dans « l'ésotérisme » au sens ordinairement vague et attrape-tout du terme, renvoyant à « tout ce qui exhale un parfum de mystère ».La Foire aux « Illuminés » porte sur la production, la circulation et la réception de ces produits culturels ésotéro-complotistes ordinairement négligés ou méprisés par les travaux universitaires. Ce livre constitue une réflexion exigeante sur les formes contemporaines du croire hors des frontières strictes du religieux institutionnel non moins que du champs idéologico-politique. Il s'inscrit dans la série des ouvrages publiés par Pierre-André Taguieff depuis La Force du préjugé (1988), dont l'ambition commune est d'élaborer une anthropologie historique de la modernité, à travers l'analyse des représentations, des valeurs et des croyances saisies dans leurs origines et leurs métamorphoses.

  • Le Coran, texte fondateur d'une communauté religieuse, n'est pas susceptible en tant que tel d'une lecture libre et ouverte comme le serait n'importe quelle oeuvre littéraire. Il n'y a même pas, à proprement parler, de lecture littéraire du Coran car ce texte elliptique n'est pas lisible en dehors de la geste littéraire qui s'est créée autour du prophète de l'islam et de ses compagnons. Il ne se lit pas en dehors d'une Tradition qui en donne le sens en restituant au texte son contexte. Il nous est impossible de lire le Coran et d'en tirer quelque profit dans l'ordre pratique et intellectuel pour nous faire entendre des musulmans si nous ne possédons pas les clefs de cette Tradition. La lecture directe ou littérale est une illusion du fondamentalisme moderne.Donner des clefs de lecture, c'est la raison première de ce livre constitué comme un dossier à l'usage de l'honnête homme qui voudrait avoir à sa disposition les éléments nécessaires pour forger son propre jugement sur les questions toujours actuelles du djihad, des lois alimentaires, du statut de la femme, du voile et de la mixité. Une des façons de clarifier le débat aujourd'hui en France pourrait être de venir à bout de la méconnaissance totale de cet objet opaque qu'est le Coran et de placer les interlocuteurs des intégristes en situation de poser les bonnes questions avec des références précises à des textes précis. Même si l'on pense que ce que le Coran dit importe peu, ce qui importe, c'est ce que les musulmans en disent.

  • La crise a une traduction idéologique : l´occidentalisme. La gauche (française) est confrontée à la plus importante question qui soit : est-elle ou non capable de développer une vision du monde alternative pour transformer la société dans la durée ? Le combat culturel est le grand impensé du débat public français. Or, la force historique d´un camp politique se mesure à sa faculté d´imposer son hégémonie, ou tout au moins sa domination culturelle. La gauche pense qu´elle continue à être hégémonique, parce que ses idées sont nimbées de l´évidence, c´est à peine si elle a pris conscience que le nouvel environnement idéologique est décliniste et occidentaliste, qu´il porte inexorablement la droitisation de nos sociétés. Au confluent de l´oeuvre de Gramsci et des cultural studies, il s´agit de repenser le combat culturel. Les années à venir verront croître les paniques morales et le spontanéisme droitier. Elles seront, en Occident, celles de la guerre culturelle à laquelle la gauche ne pourra échapper si elle ne veut pas disparaitre.

  • « Le Rien, je l'ai vu à ma petite échelle lorsque plus rien, plus rien ne m'a paru banal. Plus rien de ce que je trouvais tel auparavant. Ce n'était pas la plénitude pour autant, non c'était beaucoup trop tremblé pour cela, surtout pas assuré. Alors, s'il m'est permis de me prendre pour support d'expérience, j'ai constaté qu'une tranquille avidité résulte chaque fois de notre redécouverte ahurie d'une parcelle du monde. on n'appréhende jamais mieux que dans l'inquiétude. Inquiet, on est prêt à tout capter, d'où que ça vienne, surtout de là où on ne l'attend pas, on éprouve la jubilation de l'étonnement. Devant un bâtiment, un paysage, un infime détail. De banalité apparente. Car tout se joue dans l'apparent, évidemment. Le banal n'est pas, il paraît tel. II est verbalement étiquetée « banal ». Un a priori hérité nous fait penser que tel objet, tel lieu, tel comportement est banal, et le regard glisse dessus, nous passons à autre chose. C'est apparemment que ceci nous semble banal et cela non. Donc ceci, qui nous semblait banal, peut ne plus nous le sembler. Tout dépend de notre regard, constatais-je.
    Le banal n'est pas dans la masse du réel, il n'est que dans notre tête, dans la masse des préconceptions et préjugés dont elle est farcie et en vertu desquels nous regardons là et pas ailleurs. C'est pourquoi cette petite affaire de banal, anodine s'il en est, m'a paru engager jusqu'à la pensée et la conception que l'on s'en fait. Jusqu'à la pensée de notre pensée, autrement dit. » Dans les années 1970, à la suite des promenades surréalistes et des dérives situationnistes, Jean-Philippe Domecq invente une nouvelle discipline du regard, la banalyse. Un dépôt Pernod, une usine désaffectée, des maisons abandonnées, sa chambre, des couloirs - lieux d'une uniformité à couper le souffle -, tout est bon pour l'exercice qui lui offre des expériences toujours troublantes. II en naît des textes poétiques, souvent drôles, que le romancier et critique littéraire rassemble dans ce Traité de banalistique.

  • En Afghanistan, l'opium a financé les guerres au cours des trois dernières décennies. L'opium sera-t-il un obstacle à la paix ou y contribuera-t-il ?
    La réussite de la reconstruction du pays dépend d'un défi économique et politique unique. L'économie de la drogue représente, en effet, environ 60 % du PIB - chiffre qui n'a été égalé par aucun autre pays, pas même par la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, dont la part n'excéda jamais les 7%. La situation inédite de l'Afghanistan invite donc à s interroger non seulement sur le rôle que la production et le commerce de l'opium jouent dans une économie de post-conflit dévastée, mais aussi sur l'influence qu'ils peuvent avoir dans le processus complexe de reconstruction de l'Etat.

    Plusieurs responsables de gouvernements occidentaux et d'organisations internationales s'accordent à dire qu'il ne faut pas négliger le risque réel que l'Afghanistan, premier producteur mondial d'opiacés depuis une dizaine d'années, devienne un « narco-État ». D'autres observateurs estiment que cette situation n'a pas que des effets négatifs, du moins à court terme. Dans la mesure où les campagnes anti-drogue se révéleraient efficaces, une baisse très sensible de cette ressource ne risquerait-elle pas de déstabiliser le pays ? Le président Hamid Karzaï s'est engagé devant la communauté internationale à lutter contre la culture du pavot, mais le niveau de la production reste fies élevé.

    Alain Labrousse revient sur l'histoire récente de la production d'opium à laquelle prirent part les seigneurs de guerre et les taliban aujourd'hui acteurs sur le nouvel échiquier politique - pour mieux éclairer les enjeux tant nationaux qu'internationaux devant lesquels le pays est placé. Car, pour de nombreux pays occidentaux, la « guerre à la drogue » est une justification supplémentaire pour intervenir en Afghanistan.

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